On en rira avec les anges - Ysabelle Marchand - E-Book

On en rira avec les anges E-Book

Ysabelle Marchand

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Beschreibung

Toutes les familles ont leurs secrets ou leurs non-dits ; la mienne n'a pas échappé à la règle. Petite fille je sentais qu'on me cachaIt des choses et adolescente, qu'on ne me disait pas tout. Un retour en arrière pour expliquer le passé et apaiser le présent. Faire honneur à tous ceux et celles que j'aime et rendre hommage aux disparu(e)s.

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Seitenzahl: 174

Veröffentlichungsjahr: 2021

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Table des matières

Préface

Eric-Vicky

Confinement

Mamita

René – Guy – Zab

Papy, Mamie

Bernard

Le crabe

Mes Compagnons

La Sophrologie

Pré-départ dans le Sud

Sète

Préface

C’est avant tout pour mes fils Hugues et Thibault, que j’écris, afin qu’ils connaissent un peu l’histoire de leur maman au travers du passé et des générations précédentes. Parce qu’excepté mon grand frère Eric âgé de 4 ans de plus que moi, nous n’avons malheureusement plus aucune famille proche vivante. Alors, il est important pour moi aujourd’hui de leur laisser ces quelques feuillets où ils pourront trouver des réponses à d’éventuelles questions, ou découvrir des informations jamais ou peu dévoilées. J’ai personnellement beaucoup souffert d’avoir été privée de la connaissance d’événements familiaux importants ; Des vérités restées trop longuement enfouies dans un méli-mélo de hontes et de tabous aux yeux de mes parents ! Je ne souhaite donc pas que mes fils vivent la même désagréable expérience.

Ensuite, pour mes ami(e)s et je pense particulièrement à ma grande Amie Marie-Caroline qui est la sœur que je n’ai pas eue. Nous connaissons depuis notre enfance ; elle est une partie de moi, et elle est également ma mémoire, car si elle n’en manque pas, moi à l’inverse je ne sais pourquoi, j’ai des passages de ma vie complètement effacés ! Elle sera surprise je pense, d’un passage ou deux où je dévoile des mésaventures ou événements sensibles dont je n’ai jamais parlé.

MCaroline c’est un doux mélange de pudeur, de réserve, de constance, de générosité, de gentillesse absolue et d’humour.

L’Amitié a eu très rapidement beaucoup d’importance pour moi comme si je savais qu’elle serait essentielle dans ma vie future, d’abord, parce que je me sentais seule « petite fille et adolescente » ; Mon grand frère Eric était d’une autre génération et pendant que j’écoutais Dave, Michel Delpech ou encore Mike Brant, il renchérissait sur sa mini chaîne stéréo avec les Beatles, Bob Dylan ou Gérard Manset.

Après le départ d’Éric, mes parents se sont alors beaucoup « reportés » sur moi, il me fut alors très difficile de m’émanciper…

Il y avait beaucoup de règlements et d’interdits à la maison, on ne parlait pas flirt, sexualité ; J’ai eu mes règles sans savoir réellement ce qui m’arrivait et j’avais 16 ans ! Au même âge, je me laissais embrasser sur la bouche, pour la première fois par un garçon et j’avais attendu avec impatience qu’il parte, pour aller me laver les dents !!

J’avais ressenti du dégoût de cet échange qui ne m’avait semblé que baveux !

J’étais alors allée trouver ma grand-mère paternelle (Mamita, que j’évoquerais plus loin) qui ce jour-là, prenait le thé avec Maman, pour lui confier mon ressenti.

Elle m’avait rassurée en me disant que c’était normal et que « le plaisir viendrait plus tard avec un jeune homme qui me plairait sûrement beaucoup plus » ; Sceptique, j’étais repartie dans ma chambre en me demandant si j’arriverais un jour à sortir avec des garçons ou si peut être, je préférerais les filles… Mais ma grand-mère avait eu raison.

L’Amitié c’était donc ma deuxième famille, une porte sur l’insouciance et une certaine forme de liberté, avec de la complicité, des rires, des larmes et des échanges sans retenue aucune.

« Un ami qui comprend nos larmes a beaucoup plus de valeur que plein d’amis qui ne comprennent que notre sourire »

-Françoise Sagan-

Eric-Vicky

Au moment où j’aurais pu me rapprocher de mon frère, vers 15 ans, il est parti l’été 1975 avec son ami d’enfance Denis, voyager aux USA puis au Canada où il est resté vivre 1 an au Québec dans une ferme autogérée. Il est revenu en 1976 pour enchaîner les petits boulots afin de se faire de l’argent et repartir au Mexique qu’il avait traversé rapidement et dont il était tombé amoureux ! Le 7 Juillet 1979 alors qu’il se trouve à San Cristobal de las casas dans le Chiapas depuis 3 ans, il rencontre Vicky (Virginia) avec qui il continue son chemin. Ils y sont restés jusqu’en 1980 ;

En 1981, ils sont arrivés en France et ont été guides pour des touristes dans 8 pays d’Europe. Ils sont repartis au Mexique et ont ouvert en 1982 à Patzcuaro dans le Michoacán, un café musical «El Cayuco » avec également un autre ami Philippe. L’aventure a duré 1 an et demi.

Ils sont revenus à nouveau en France car Vicky avait besoin de se faire opérer d’un pied, suite à un terrible incident des années auparavant. Elle fut opérée dans une petite clinique du 16e dont la réputation était bonne : L’opération se révéla catastrophique car le chirurgien coupa un nerf servant à relever le pied !!!

À mon grand regret et dégoûtés, ils n’ont pas porté plainte. Repartis au Mexique, Eric s’intéressa aux cultures protégées et devint Technicien en la matière en suivant une formation à Perpignan et en obtenant le diplôme. Son souhait était d’aller s’installer au Mexique pour cultiver des fleurs sous serre et de façon intensive.

Mais, suite à une rencontre pendant ces études, on lui proposa d’aller voir comment fonctionnait dans la pratique le projet de culture sous serre sur l’altiplano bolivien. Ils ne devaient partir que quelques mois et y sont restés 5 ans car entre-temps, Eric et Vicky ont pro-posé une série de réformes au projet qu’ils ont dû mettre en place. C’est ainsi qu’ils sont devenus des travailleurs pour des ONG de développement en Amérique Latine.

Pour leur plus grand bonheur, leur premier enfant, Jonathan-Amaël naît sur les hauts plateaux Boliviens.

La petite famille revient alors en France à Montpellier car Eric s’inscrit au CNEARC pour présenter le diplôme d’ingénieur agronome. Ils sont accompagnés d’Ymelda une jeune bolivienne engagée comme « jeune fille au pair » depuis la naissance de Jonathan. Moi, je suis enceinte de Thibault et Hugues 3 ans qui disait à l’époque : « Quand est-ce qu’on va à ton pellier ? ».

Lorsque nous nous rencontrons à Montpellier, c’est le coup de cœur. Ymelda souhaite rester en France, parfaire le français. Il fut donc prévu qu’elle vienne vivre à Boulogne.

Elle restera avec nous jusqu’aux 3 ans de Thibault et ce fut pour moi une compagnie merveilleuse et une aide formidable : un cocktail pétillant d’humour, de gentillesse et de générosité. Ymelda rencontra lors d’une soirée dansante, un jeune français Christian. Ils ne se quittèrent plus et aujourd’hui c’est une femme épanouie avec deux magnifiques enfants jumeaux prénommés Guillaume et Carla.

Ensuite, Eric, Vicky et Jonathan sont partis pour El Salvador afin de rédiger le mémoire de fin d’études. Premier ordinateur et avec l’aide de Vicky, des entrevues sur le « campo » servant à la rédaction du mémoire. Il fut ensuite engagé par une ONG pour travailler dans le pays. Ils y restèrent une quinzaine d’années. Là-bas, ils avaient pris la décision d’adopter une petite fille car il n’était pas possible médicalement parlant pour Vicky de porter un deuxième enfant et ils désiraient absolument que Jonathan ait un frère ou une sœur.

C’est ainsi que la petite Wendy-Johana est arrivée dans leur foyer à l’âge de 3 ans et demi. Ils avaient fait sa connaissance dans un orphelinat Salvadorien et venaient la voir régulièrement.

J’espère qu’il écrira lui aussi tout ce qu’il a vécu et réalisé dans tous ces pays avec Vicky sa merveilleuse femme. Je suis toute aussi fière et admirative de lui, car il a véritablement su se donner les moyens physiques, psychologiques et mentaux pour avoir la vie qu’il souhaitait et ça n’a pas toujours été facile.

Jonathan-Amaël a la gentillesse, la générosité et l’humour de ses parents. Il est aujourd’hui devenu un jeune homme brillant après un cycle d’études impressionnant comme : une licence en Philosophie, Sciences Politiques et un Doctorat en Sociologie.

Wendy est profonde, sensible et pleine de charme. Elle a un sens absolu de la justice, de l’égalité et du partage.

Je regrette que mon neveu et ma nièce soient si loin aussi. Comme mon frère et Vicky, ils sont si précieux !

Confinement

Nous sommes le 24 mars 2020 et le confinement vient de se mettre en place le 17 ; c’est le début des travaux de mon nouvel appartement acheté 1 semaine avant. Travaux à l’arrêt ainsi que toutes les commandes des sols et de la cuisine ; youpi !

Décidément l’acquisition de cet appartement aura été compliquée et pleine de surprises depuis le début ; d’abord, une annulation temporaire de signature pour le compromis de vente, puis une signature d’achat sous haute tension suite à des malversations de l’acheteur qui aurait profité des largesses de la dame âgée propriétaire du bien, elle-même fâchée avec ses deux fils.

Chez le notaire, tout ce petit monde était réuni et si les yeux de certains avaient été des mitraillettes, ce n’est pas une signature qui aurait eu lieu, mais un règlement de comptes sanglant.

Me voici donc logée chez Mister Izy, mon ostéopathe préféré de Boulogne depuis une vingtaine d’années, qui a eu la gentillesse de me proposer son appartement de vacances à côté des plages de Sète pendant la durée initiale de mes travaux. J’étais partie pour y être 1 mois ½, j’y serais restée 5 mois !

Autant dire que je connais plus que par cœur les lieux, car ne sachant plus quoi faire de moi et privée de mes affaires personnelles qui étaient au garde-meubles, je me suis permise de ranger, en réorganisant le rangement des outils, accessoires nautiques, linge de maison et produits ménagers.

En arrivant pour les grandes vacances, en ouvrant ces placards, il aurait, j’espérais, le plaisir de trouver l’ensemble de ses différentes affaires triées et regroupées, ainsi que celles de sa compagne, en priant que ce ne soit pas l’inverse qui se produise : que je n’allais pas recevoir des SMS ou des appels cet été, me demandant où sont ces piles, ces stylos ou ces rallonges électriques !

Parfois on veut faire bien et nos initiatives n’ont pas la finalité positive que l’on aurait voulu. Je suis assez spécialiste de ça !

J’ai eu beaucoup de chance d’être logée chez lui, l’appartement étant bien agréable avec sa grande terrasse donnant sur la marina où je n’entendais que le cri des goélands. La mer à 3 minutes à pieds, l’immensité des 14 kms de plage de sable fin, déserte.

Un spectacle tout aussi beau qu’impressionnant par son silence, sinon les sons berçants de la mer, mais l’absence quasi-totale d’êtres humains.

Seul un voisin et ami de Jeff m’a apporté du baume au cœur. J’ai fait la connaissance de Claude : un homme attentionné, gentil et généreux. J’ai eu beaucoup de plaisirs à partager quelques bons repas chez lui, traiteur à la retraite, il n’avait rien perdu de son savoir-faire et nous avons pu aussi échanger sur nos vies ; Il avait deux enfants dont un fils qui vivait au Mexique ! Un petit clin d’œil au hasard qui n’existe pas !

Lorsque je sortais de l’appartement pour aller faire un tour, je pouvais ne croiser personne ; Ça me faisait un peu penser à ce que pourrait être la fin d’un monde, la fin de la vie.

Parce que soyons honnête, même si je pense avec certitude (j’y reviendrais après) qu’il y a bien « quelque chose quelque part » qui nous attend après notre mort, je n’en reste pas moins traumatisée à l’idée que ma vie telle que je l’ai toujours connu, va s’arrêter un jour !

C’est juste inacceptable pour moi et sans doute pour beaucoup d’autres, de réaliser que mon corps actuel va finir en poussière entre 4 planches, que je disparaîtrai pour toujours de cette vie-là ; que je ne parlerai plus, ne verrai plus, n’entendrai ni ne sentirai plus, jamais !

Même si je pense qu’il y a un « Dieu » ou quelqu’une force qui expliquerait qu’à toute création il y a un créateur, je n’arrive pas à trouver la sérénité que certains arrivent à avoir avec cet esprit et cette foi de croyance.

Alors, depuis que je suis en âge de réaliser que la mort existe, j’ai choisi le parti de l’humour pour planquer ma terreur.

Woody Allen dit « Ce n’est pas que j’ai peur de mourir, mais je préfère ne pas être là ».

J’ai donc décidé de profiter à fond des moments ou des êtres qui me donnent l’envie de faire un bout de chemin avec eux.

Que ce soit par mon double signe astrologique de Sagittaire, discipline de croyances à laquelle j’attribue un grand intérêt ou par l’hérédité d’une grand-mère paternelle dont je parlerai par la suite, ou encore par le lien spirituel d’une arrière grande tante que j’aurais pu rencontrer avec fierté et bonheur si elle n’avait pas décédée si tôt (Bonjour tristesse), j’ai tout le temps ressenti en moi ce côté passionnel, ce besoin de vivre avec élan, enthousiasme et ivresse, ma vie.

Mamita

Il était une fois l’histoire d’un « secret » de famille que j’ai découvert petit à petit et « maux à mots » par ma grand-mère tout d’abord, qui la veille de son décès voulait absolument m’en parler, puis par ma mère suite à des incohérences qui m’apparaissaient après la disparition de Mamita et pour finir, le moins possible par mon père ; Un secret horriblement tabou et douloureux pour lui ;

Mamita, ma grand-mère paternelle d’origine Corse par sa mère, que l’on appelait Maud, a eu dans sa jeunesse un grand amour. Elle avait dû rencontrer cet homme sur un paquebot où à l’époque elle était hôtesse de bord. C’était une belle femme aux cheveux châtains clairs, la peau très blanche, les yeux verts et au sourire lumineux.

L’homme qui se prénommait René dont elle était tombée « en amour » (j’adore cette expression canadienne), était grand, mince, blond et les yeux verts. Ils se fréquentèrent plusieurs années dans une relation secrète puisque Monsieur était marié. De cette union de deux corps amoureux, sont nés mon oncle Alex et 5 ans après, papa.

Malheureusement, si René ne manquait pas de spermatozoïdes, il était dépourvu de couilles et n’a jamais eu le courage de reconnaître ses deux fils. Pour ma grand-mère, être une fille-mère était tout aussi délicat que triste pour ses fils. À l’époque, en 1930, ce n’était pas une chose très courante même si cela avait toujours existé.

C’est alors qu’elle croisa le chemin d’un homme veuf et éperdument amoureux d’elle. Je n’ai malheureusement pas beaucoup de détails sur cette rencontre ; je sais juste que Maud l’aimait beaucoup sans être véritablement amoureuse ; Dans toute sa générosité, cet homme qui s’appelait Georges Marchand, lui proposa de l’épouser pour donner son nom à ces deux fils et puis… de divorcer. Ce qu’ils firent.

Ils vécurent ensemble quelques années en faisant, je crois, chambre à part ;

Bien plus tard, alors que j’avais 10 ans, Maud et Georges se remarièrent pour le meilleur ;

Georges avait eu une fille Christine, de sa première union dont je ne comprenais pas certaines réactions lorsque j’allais dormir chez ma grand-mère. En réalité, privée de sa maman décédée trop tôt, elle avait eu du mal à partager son papa avec Maud et peut-être avec moi aussi, sa petite fille.

Ce que j’ai réalisé bien plus tard, c’est que mes parents redoutaient les questions inévitables sur le pourquoi du même nom de famille des deux frères et de Christine une sœur dont on ne m’avait jamais véritablement parlé !

Ce qui me paraît incroyable également aujourd’hui, c’est que pendant des années, personne n’évoquait à la maison le père de papa ! Les quelques questions qui avaient dû être posées avaient probablement été évincées avec subtilité et fermeté ;

Pourtant, j’aurais pu connaître ce secret bien plus tôt ; j’avais 21 ans lorsque ma grand-mère est tombée gravement malade ; c’était l’été, j’étais en vacances dans la Drôme à Montélimar, avec mon petit ami de l’époque Olivier et sa famille. Un matin, il y eut un coup de téléphone de mes parents me demandant de rentrer car Mamita était très souffrante.

Sans rien savoir d’autre de son état, 24 h après je me retrouvais à son chevet ; elle semblait très faible, mais a pris le temps de me dire « qu’un jour elle me confierait un secret » ; par compassion pour son état de fatigue et malgré une énorme curiosité, je ne lui posais aucune question en me promettant de le faire si elle oubliait. Elle est décédée le lendemain…

Outre la colère de ne pas avoir été préparée à ce départ si rapide et la peine immense de perdre brutalement cette grand-mère adorée, je n’ai pu donc l’entendre me raconter avec ces mots, son histoire d’Amour.

Mamita était une grand-mère à l’écoute et moderne ; C’est avec elle que j’ai pu parler de flirts, de sentiments Amoureux et de mes premiers rapports sexuels ; Elle me guidait et me conseillait lorsque j’étais perdue ; Je me sentais plus proche d’elle que de maman, elle avait ce côté romantico-passionnée ; nous étions en symbiose. Elle était Sagittaire…

Quelque temps après, un week-end où mes parents étaient à la campagne, fragilisée par cet énorme chagrin ajouté à des tumultes amoureux et un peu trop seule à l’appartement de Boulogne, l’envie subite de dormir, de partir, d’en finir, me prit…

Je trouvais une boîte de Temesta (un somnifère) dans l’armoire à pharmacie de Maman. Sans réfléchir à quoique ce soit et inondée de larmes, j’avalais tous les comprimés avec du porto !

Quelques minutes après, je ressentis le besoin d’appeler MCaroline.

Elle était absente et c’est son frère qui m’avait répondu. Quand sa sœur rentra, il l’avertit de mon appel en lui disant que je n’avais pas l’air d’aller bien ; MCaroline tenta de me rappeler immédiatement, mais le téléphone sonnait dans le vide. Elle donna l’alerte à mes parents, qui envoyèrent une amie sonner à la maison.

Sans réponse, ce sont les pompiers qui forcèrent la porte d’entrée. On me trouva inanimée. Je n’ai plus aucun souvenir de mon réveil ;

Mes parents n’ont jamais su en parler avec moi ; je ressentais d’eux un mélange de colère et d’incompréhension et on m’envoya juste consulter un psy. J’ai le souvenir d’un homme silencieux assis à son bureau à qui j’étais censée parler.

Les quelques consultations n’ont servi à rien.

« Mes maux restaient sans mot dire »…

René – Guy – Zab

Dès lors que j’ai pris connaissance du « secret », j’ai cherché à en savoir davantage. C’était sans compter sur tous les efforts de mes parents pour que j’en sache le moins possible !

Mais c’était également sous-estimer ma volonté d’en apprendre plus, car je voulais absolument comprendre le pourquoi du comment et découvrir ce grand-père inconnu.

J’ai pu, au décès de ma grand-mère paternelle, avoir quelques premières bribes du père biologique qui apparemment, n’avait pas été très présent dans la vie de ses fils.

Ce n’est que quelques années plus tard que j’ai enfin pu mettre un visage sur un prénom et un nom !

Lorsque je suis tombée sur de vieilles photos appartenant à ma grand- mère, j’ai cru voir mon père à un âge impossible à l’époque. La même silhouette, le même visage, le même blond des cheveux. René Schœller n’aurait pas pu renier son fils !

À l’époque, il était Directeur Général de la maison Hachette. Un homme public et « reconnu ». Il était du signe du Capricorne, ce qui ne me surprend pas puisque la Sagittaire que je suis également, est très attirée par ce signe.

Mamita, avait dû apprécier l’homme à la personnalité sérieuse, disciplinée, persévérante, profonde et sensible. Mais le Capricorne peut être également rigide, introverti, exclusif et méfiant ; L’homme Capricorne, c’est le feu sous la glace, mais quelqu’un qui peut aussi sortir d’une vie tranquille pour vivre une passion.

René était aussi cet homme marié, qui avait eu un fils qui se prénommait Guy, né en 1915.

Après la naissance de mon oncle Alex en 1925, Il avait dit à ma grand-mère que si elle lui donnait une fille, il lâcherait sa femme. 5 ans plus tard en mai 1930, papa naissait. C’est, entre autre, ce qui pesa beaucoup à mon père : Il avait toujours imaginé qu’il n’avait pas été désiré ;

Guy Schœller le seul enfant que René eut avec sa femme, avait été un éditeur, qui travailla tout d’abord aux éditions Hachette, puis fut le fondateur un peu plus tard de la collection « Bouquins » chez Robert Laffont. Il fut également directeur du magazine « Femmes d’aujourd’hui ».

Mais il fut surtout le mari de Françoise Sagan de 1958 à 1960 ; C’est là où le destin a quand même sa grande part de « non-hasard » !

sans savoir bien évidemment, que j’avais une filiation indirecte avec cette romancière, il se trouve que j’ai dévoré tous ces livres entre 20 et 40 ans…

J’ai toujours été attirée par cette femme particulière : Libre, passionnée, entière et dont la plume moderne répondait à tous ses traits de caractère.

Elle avait écrit « J’ai trop le désir qu’on respecte ma liberté pour ne pas respecter celle des autres » et je partage entièrement cette volonté.

En février 1993, je faisais la connaissance d’un couple lors d’un dîner chez un cousin de mon ex-mari. Coup de cœur pour la jeune femme qui s’appelait Isabelle, mais que tout le monde surnommait Zab.