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Quand on pense que la vie nous sourit enfin, il y a toujours quelqu’un pour nous rappeler que le bonheur n’est jamais acquis. C’est ce que Malicia va apprendre à ses dépens. Entre le bonheur auprès de Douglas et Steve et la sécurité de ceux qu’elle aime, Malicia doit faire un choix déchirant : profiter de quelques moments de bonheur au risque de tout perdre ou sacrifier son bonheur pour assurer leur survie, quitte à y laisser sa propre vie.
Malicia devra affronter un dilemme qui pourrait tout bouleverser, tandis que le Vice-Président, en désaccord avec ses choix, verra-t-il son propre bonheur s’échapper ? L'amour, le danger, et les sacrifices se croisent dans une lutte où rien n'est garanti…
Un roman captivant sur le sacrifice, le pouvoir des choix et la quête du bonheur, même quand tout semble perdu !
À PROPOS DE L'AUTEURE
Âgée de 37 ans et originaire de Seine-et-Marne, l’auteure vit actuellement en Picardie avec ses deux garçons. Vendeuse et commerciale dans l'âme depuis 20 ans, elle est passionnée par l’écriture depuis l’âge de 15 ans, avec une prédilection pour le surnaturel, la fantasy et le fantastique. Inspirée par de nombreux films et séries de ces genres, elle se plonge avec passion dans l’écriture pour partager des histoires où la magie et les choix difficiles s’entremêlent.
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Seitenzahl: 325
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Natacha Marchand
Red
Eagles Riders
3- La vengeance est une vile tentatrice
Illustration graphique : Graph’L
Images : Adobe stock
ISBN: 9782383850656
www.aem-editions.fr
Art en Mots éditions
La route s’est effectuée calmement, malgré ma vitesse un peu plus excessive, mais pas assez pour risquer un accident avec Steve à mes côtés. Sa sécurité est bien trop importante pour faire quoi que ce soit qui le mettrait en danger. Voilà aussi la raison principale qui m’a fait accepter la demande de Mathias. Il n’en reste pas moins que je n’apprécie que peu d’avoir été placé ainsi sur le banc de touche, alors que tous engagent leurs vies par ma faute.
Ils pourront dire ce qu’ils veulent, il n’en est pas moins que c’est le cas, s’ils sont en danger actuellement, c’est parce que Wyatt se sert d’eux pour m’atteindre et autant préciser que ça a le don de jouer avec mes nerfs. Ses derniers étant déjà à vif risquent de ne pas tenir très longtemps. Seulement pour ne pas inquiéter encore plus le petit mec qui se trouve assis devant moi, sur ma moto, je ronge mon frein et tente de ne rien laisser paraître. Plus facile à dire qu’à faire, mais je le dois.
Il nous faut près de deux heures trente pour arriver devant l’immense portail qui entoure la villa des Snake. Je ne suis venue que peu de fois, mais n’en reste pas moins toujours aussi impressionnée par leur moyen de protection. Une caméra est dirigée vers nous et je n’ai pas le temps de poser le deuxième pied à terre, afin de maintenir encore plus stable la moto, que le portillon coulisse pour nous laisser entrer.
Je ne perds dès lors pas une minute et m’infiltre alors sur le chemin qui mène devant la bâtisse et un parking, où quelques engins s’y trouvent déjà. Un homme me fait signe de mettre ma bécane dans le garage, ce que je finis donc par faire, ne souhaitant pas causer de problème.
Lorsque l’on est enfin stationné, je descends la première et attrape Steve qui vient entourer mon cou de ses bras et nicher sa tête dans celui-ci. Geste qui me fait sourire et je referme les miens autour de son petit corps, pour le tenir bien en sécurité. Une fois certaine de ma prise, j’avance à la suite du biker qui m’indique de le succéder.
— Si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à me demander, mon nom est Eliott, me précise-t-il avec un rictus empli de bienveillance.
— OK, merci ! Moi, c’est Malicia, mais tu peux m’appeler Mal, c’est plus simple, lui dis-je en réponse.
— Je sais parfaitement qui tu es, Miss !
— Ah oui ? Comment est-ce possible ? lui demandé-je alors avec curiosité et inquiétude.
Il semble remarquer la nervosité que ses paroles ont créée en moi, car il se tourne et stoppe ses pas quelques secondes, afin de discuter plus facilement.
— Hey, pas besoin de paniquer ! Ici, vous ne risquez rien, toi et ton fils ! Toutes les personnes présentes dans ce lieu te connaissent, car Mathias et Laura nous ont pas mal parlé de toi, tout comme William qui lui ne cesse de nous vanter tes talents de boxeuse, m’avertit-il avec amusement.
Paroles qui me font sourire aussi, je dois avouer, car cela ne me surprend pas venant de Will. Ce gars est à la fois sans filtres et imperturbable. Peu importe la situation, il parvient à demeurer neutre et pour l’avoir vu, une fois à l’œuvre, je sais qu’il peut également se montrer impitoyable quand on touche aux siens.
Réaction que je peux parfaitement saisir d’ailleurs, car même si je n’ai que peu de personnes à protéger, il n’en reste pas moins que je mets un point d’honneur à veiller sur eux. Pour preuve avec le meurtre de ce Panthéras et qui me vaut maintenant de demander de l’aide aux Snake.
Je ne réponds rien à l’explication que vient de me donner Eliott et lui offre un simple hochement de tête en guise de compréhension. Je sens la prise de Steve autour de mon cou faiblir légèrement et son souffle lent sur celui-ci me permet de me rendre compte qu’il s’est endormi. Ce qui n’est pas une mauvaise chose, ainsi il ne prendra pas conscience de la situation, ni de l’absence de son père et des Red Eagles. Puis, avec tout ce qu’il a vécu ses dernières heures, je ne peux qu’imaginer sa peur et son stress.
La pression de tout ça retombe maintenant et qu’il le fasse dans mes bras me prouve aussi sa confiance envers moi et son amour. Constat qui me fait déposer un baiser sur le front de ce petit mec qui, en si peu de temps, a pris une place des plus importante dans mon cœur. Je ne suis pas certaine de pouvoir m’en séparer sans en pâtir. Une part de moi ne le veut pas et souhaite le garder à mes côtés encore un long moment. Voir peut-être même pour toujours qui sait.
Enfin ça, c’est si les choses prochaines avec Lorden me le permettent et m’offrent cette chance, ce qui n’est pas gagné, j’en ai bien conscience. Tout comme le résultat de cette attaque envers les Red sera des plus décisif dans la suite à venir.
On entre finalement dans la villa et comme à chaque fois, mon regard se paume dans la contemplation de ce lieu. La sérénité qui y règne ne laisse pas voir ni même songer qu’un MC y réside, ainsi que nombreux Bikers. Comme quoi il ne faut jamais se fier aux apparences, car elles peuvent être bien trop souvent trompeuses.
Je suis rapidement sortie de mes pensées par l’entrée de deux femmes, Laura et Izzie, auxquelles j’offre un sourire et elles ne perdent pas de temps pour me le rendre, tout en s’approchant de nous.
— Quand Mathias m’a informé de ton arrivée, j’ai cru à une grosse blague de sa part, me précise Laura avec douceur. Mais lorsqu’il m’a ensuite expliqué pourquoi, j’ai été ravie que tu te tournes vers nous pour t’aider, continue-t-elle de me dire en venant poser une main sur ma joue avec affection.
— Pourtant, vous ne devriez pas… Vu dans quoi ils se sont engagés… l’avertis-je en fuyant son regard.
— Hey ! Regarde-moi, Mal ! me demande-t-elle en attrapant mon menton pour ancrer ses yeux au mien. Tu as bien fait, et ce, peu importe les raisons ! Encore plus si c’est pour protéger ceux que tu aimes, tu m’entends ! Ton fils sera ici en sécurité et Mathias va se charger de ramener son père, afin que vous soyez enfin réuni, d’accord ?
— Comment ?
— Comment je le sais ? me demande-t-elle.
— Oui…
— Déjà parce que mon mari m’a averti, mais même sans cela, je l’aurais deviné à la façon dont tu es avec lui… Tu le tiens avec amour et protection, ce qu’une mère fait pour son enfant et bien qu’il ne soit pas le tien biologiquement, je pense que ce petit gars s’en moque. Puis vu comment il est lové dans tes bras, cela le prouve ! finit-elle par m’expliquer avec un fin sourire aux lèvres.
— Tu devrais aller le coucher, pour qu’il se repose et si tu le souhaites, restes avec lui afin de t’assurer qu’il est bien, me précises ensuite Isabella qui prend enfin la parole. On viendra te prévenir dès que l’on aura des nouvelles des mecs !
J’accepte, même si je sais que je ne m’attarderais pas dans la chambre. J’ai bien conscience que dès que je ne l’aurais plus dans mes bras, que son petit souffle dans mon cou ne m’apaisera plus, mes démons et peurs referont surface. Ma nervosité risque de le réveiller, donc il vaut mieux que je le laisse se reposer seul, de plus je ne serais pas loin au cas où.
Une fois que je suis certaine qu’il est bien et qu’il dort toujours à poing fermé, je sors doucement de la chambre qui nous a été attribuée, le temps de notre passage ici, afin de ne pas le réveiller. Puis, je descends rejoindre Laura, Isabella et Eliott. Ces derniers semblent en pleine conversation que mon arrivée coupe et c’est Laura qui avance à ma hauteur.
Il ne me faut qu’un instant pour remarquer son regard empli d’inquiétude, ce qui ne veut dire qu’une chose, elle a eu des nouvelles et celles-ci ne sont pas bonnes.
— Viens t’asseoir, Mal ! me dit-elle en prenant ma main pour me guider.
Je la suis, même si l’envie n’y est pas et surtout en sachant que cela n’annonce rien de correct. Seulement étant une simple invitée, je ne souhaite pas paraître impolie envers elle. Ce qui serait mal vu, étant donné qu’ils m’aident avec gentillesse.
Mais son attitude ne me rassure pas et mes nerfs commencent à lâcher, ou ne sont pas loin de le faire si ça continue.
— Que ce passe-t-il, Laura ? finis-je par lui demander en voyant qu’elle ne sait pas quoi dire.
— Mathias vient de m’appeler, l’attaque est terminée ! Ils ont vaincu les Panthéras et sont sur le chemin du retour, là…
— C’est une bonne nouvelle ça ! Alors pourquoi est-ce que j’ai l’impression que vous ne me dites pas tout ? la questionné-je avec inquiétude.
— Mal, ma chérie… Ils les ont battus, mais pas sans qu’il y ait eu des blessés…
— Quoi ? Non ! Qui ? hurlé-je en ôtant ma main de la sienne et me relevant d’un bond, tout en m’éloignant d’eux.
— Deux des nôtres sont touchés, mais rien de bien grave… Chez les Red en revanche… commence-t-elle à dire avant de se stopper, ne sachant certainement pas comment m’annoncer la suite et cela suffit à me faire comprendre qui.
— Putain, non… Pas lui… Ne me dites pas qu’il est mort ? dis-je avec désespoir face à cette possibilité, ma main appuyée sur le dossier d’un des fauteuils pour m’éviter de m’effondrer.
— Il est gravement blessé et ils l’amènent ici afin de le soigner au mieux… Nous avons ce qu’il faut rassure-toi ! Mais tu dois être forte et tenir le coup pour lui, ainsi que pour votre fils, Mal ! Il va avoir besoin de toi…
Un rire jaune s’échappe d’entre mes lèvres, sans que je ne puisse vraiment l’empêcher, pendant que je lui rétorque.
— Bien sûr, il désirera avoir à ses côtés celle qui sera responsable de la mort de son père, s’il ne survit pas à ses blessures ! lancé-je en sortant, sans attendre de réponse de leur part.
Je n’ai pas besoin qu’ils tentent de me calmer, car j’ai conscience, au fond de moi, qu’un jour ou l’autre si Doug décède, Steve m’en voudra en apprenant la vérité. Il aurait totalement raison et le droit de le faire, ainsi que de me haïr pour ça. Je n’ai pas le temps de me perdre plus dans mes pensées que j’entends des bruits de moteur arriver vers moi et remarque le véhicule de William, ainsi que plusieurs motos qui les entourent.
Il ne m’en faut pas plus pour courir vers le SUV où je sais que Douglas se trouve. Seulement, avant que je n’y parvienne, William m’en empêche en me maintenant contre lui, afin que je ne puisse pas rejoindre les autres. Ce qui me rend folle et je me débats des bras du Sergent d’armes des Snake, pour qu’il me lâche. Je m’apprête à lui gueuler de le faire, quand mon corps se paralyse en entendant les mots de Cayden.
Mon sang se glace, mon cœur se fissure et une larme coule sur ma joue quand un hurlement sort de ma bouche. Ce qui semble leur rappeler ma présence et alors que j’aperçois enfin Cay, qui s’active à faire un massage cardiaque à Douglas, mon cerveau se ferme sur cette image et une ombre rouge voile mes pupilles. Le besoin de revanche devient vital pour moi, afin de venger l’homme que j’aime, car maintenant je le sais et en ai plus que conscience.
Je sens la poigne de mon ami se desserrer, donc j’en profite et m’échappe en direction de la villa, afin de récupérer mes affaires et ressortir aussi vite. Non sans avoir demandé à William de prendre soin des miens à ma place.
Ma rapidité ne leur laisse pas le temps de m’arrêter et je remarque tout de même que les infirmiers prennent en charge Douglas. Seulement, toujours aucune réaction de sa part ne se fait voir et ne me prouve ainsi qu’il est mort par ma faute.
Tout ça, car ils ont eu le malheur de m’approcher. Je lève le regard une ultime et brève fois vers l’une des fenêtres où doit se trouver mon fils endormi, loin de se douter de ce qu’il se passe. Une nouvelle larme coule sur ma joue et je ne l’efface pas, comme un dernier souvenir de tout ce que je viens de gâcher, une fois de plus.
Celle-ci sera la dernière, car tout cela doit cesser maintenant, soit par la mort de Lorden ou la mienne, mais dans les deux cas, ils seront enfin tranquilles. Voilà la pensée qui surpasse toutes les autres et qui s’ancre de plus en plus dans mon esprit quand j’enfile mon casque et enfourche ma moto.
Le moteur vrombit, lorsque je donne un bon coup d’accélérateur et prends la route, non sans éviter avec soin Peter et Cayden qui tentent de me barrer le chemin. Je leur offre un regard désolé, avant que la haine ne réapparaisse, ce qui je le sais ne leur plaira pas. Seulement, je ne peux leur accorder autre chose quand cette dernière est ce qui prédomine actuellement.
Ma maîtrise de ma bécane m’aide à effectuer un écart périlleux pour les esquiver et une fois le portail passé, je ne pense plus à rien pour me focaliser sur une unique chose, la mort de Wyatt. Une bonne fois pour toutes, afin que plus jamais il ne cause de tort à qui que ce soit. J’ai parfaitement conscience qu’ensuite il me faudra fuir loin, tout quitter et redémarrer une existence, si toutefois c’est possible, autre part.
Le voir ainsi, couvert de sang et sans vie, m’a fait comprendre que oui j’affectionne cet homme et être la responsable de tout cela, de ce qui lui est arrivé me bouffe, voire même me tue à petit feu. Je n’aurais jamais cru avoir cette chance un jour, d’être aimé pour moi et non pour mes aptitudes.
Certes, je sais que Nox m’apprécie comme sa nièce et Célia une sœur, mais là, ce n’est pas pareil. Je ne peux vraiment pas l’expliquer, mais au travers de son regard, j’avais l’impression de revivre, de me sentir à ma place. Seulement, comme toujours dans ma vie, cette chance vient de m’être ôtée. Rien que d’y penser me fait accélérer encore plus, en direction du chalet où j’espère trouver Lorden.
Je ne me soucie pas des limitations de vitesse, ni d’attirer les forces de l’ordre sur moi. Plus rien ne compte hormis ma soif de meurtre envers Wyatt. Tant qu’il sera en vie, je ne vivrais que pour le voir mort, une bonne fois pour toutes. Pensée qui immédiatement me rappelle le corps sans mouvements de Doug et cette vision me donne aussitôt l’envie de vomir.
Je m’arrête au plus vite sur le bas-côté de la route, sans éteindre ma moto et enlève mon casque rapidement, quand je sens un nouveau haut de cœur me prendre. Mon estomac se vide alors sur le sol et me soulage. Je m’essuie la bouche avec rage et enfile mon casque de nouveau, afin de ne pas perdre un instant de plus.
Mais aussi, afin de ne pas laisser la possibilité aux occupants du SUV noir qui me suit, de me rattraper et me contrecarrer. J’ai un doute sur l’identité du conducteur et pour l’avoir découvert, il n’y a pas si longtemps, je penche plus pour Bullet. Ce dernier doit y voir là, une façon de tenir sa promesse en m’évitant de faire une connerie.
Cependant, si avant il avait une chance de me convaincre, maintenant il n’a plus aucune opportunité de m’empêcher de mettre en œuvre ma vengeance. Pas après ce que je viens d’apercevoir. Mon cœur brisé et ma rage sont à présent les deux seules choses qui me gardent encore debout à l’heure actuelle. En ce qui concerne la suite, je doute de parvenir à m’en relever, mais j’aviserai, comme toujours.
Après tout, ce n’est pas comme si ma vie était un conte de fées idyllique et non un enfer perpétuel, pensais-je avec amertume. Le destin vient de me faire un douloureux rappel que le bonheur n’est pas pour moi. Cependant, ce qu’il semble avoir oublié, c’est que j’en avais déjà conscience donc il n’était pas obligé de me le remémorer de cette façon, en m’offrant une part de joie pour me l’enlever avec force et fracas.
Ou peut-être est-ce une façon de me faire savoir que l’espoir d’une vie meilleure est vain et qu’y croire ne sera que désillusion et souffrance. Ouais, voilà, je pense avoir élucidé ce fait. Bah, on ne m’y reprendra plus, pas après avoir vu mort le seul homme avec qui j’aurai aimé essayer quelque chose, ainsi qu’ouvrir mon cœur pour la première fois.
Le reste du trajet se fait sans accrocs, le SUV toujours à ma suite, mais chose assez surprenante, il ne tente pas de m’arrêter ni de me barrer la route. Ce que j’aurais pensé. Pourtant, il semble que le conducteur avec ses occupants, car j’ai pu discerner deux autres silhouettes avec lui, me laissent aller jusqu’à ma destination. Je n’ai aucune idée s’ils comptent après m’empêcher de tuer Lorden, mais si tel est le cas, je leur souhaite bonne chance, tant je suis bien trop décidée et remontée pour y renoncer.
Oh non, impossible que je permette à ce pourri de vivre après qu’il s’en soit pris à lui, à eux même. Alors bon courage à ces derniers s’ils viennent à se mettre en travers de mon chemin. Je risque de ne plus répondre de mes actes, tant cette haine prend de plus en plus place en moi. Mon sang chauffe. Ma vision devient progressivement rouge de rage. Mes muscles tendus et mes doigts crispés autour des poignées ne demandent qu’à servir et frapper leur cible avec force et précision, afin de réduire à néant le responsable de toute cette merde.
La douleur, le noir et le néant sont ce qui m’entoure actuellement. De quoi me rendre fou et me laisser avec bon nombre de questions qui s’accumulent dans mon esprit. Qu’est-ce que je fous ici ? Où suis-je même ? Voilà ce que je me demande aussi. Un regard autour de moi ne m’aide en rien, hormis à y voir l’obscurité et seulement ça, aucune chose qui pourrait m’indiquer où je suis.
J’essaie alors de me souvenir pourquoi je me trouve là et des brides d’images s’imposent à moi. Ma discussion avec Malicia, la réunion qui a suivi après. Je continue de réfléchir, de faire travailler mon esprit, car cela ne peut pas être la cause de mon état. Non, il s’est forcément passé autre chose. L’inquiétude pointe en moi quand je pense à mon fils qui doit se demander ce qu’il en est.
Alors, je me reconcentre et là, ce que je cherche arrive dans mon cerveau en des souvenirs des plus vivaces. L’attaque du Club par les Panthéras et la balle que j’ai prise dans l’épaule par l’un d’eux. À ce souvenir, la douleur dans mon membre se rappelle à moi de manière brutale et me vaut de lâcher un gémissement.
Son qui attire les personnes à mes côtés. Je ne saurais dire qui ils sont pour le moment, tant les voix que j’entends sont brouillées et ne m’aident donc pas à les distinguer. Tout ce dont j’ai conscience, c’est qu’une femme tient ma main dans la sienne, la finesse de celle-ci me permet de la dissocier de celles plus grosses et calleuses de mes frangins.
Certainement Malicia ou Louane, bien que je préférerais la première, ce qui me prouverait alors qu’elle est restée à mon chevet et pas partie tuer Lorden pour avoir causé mon état. Je ne suis pas con, je sais parfaitement qu’elle va s’en vouloir et chercher à se venger. J’aimerais simplement qu’elle attende que je sois apte à l’aider et non qu’elle le fasse seule.
Afin de lui faire sentir que je suis là, je tente de la lui serrer à mon tour. Geste qui me demande une concentration énorme et qui me vaut de grimacer de douleur. Tout mon corps semble ankylosé, comme si cela faisait plusieurs jours que je suis ici, allongé sur ce lit.
La douceur sous moi me permet de comprendre, ainsi que l’odeur de la pièce, que je dois certainement être dans un lieu médical. Chose qui m’inquiète, car nous ne faisons jamais appel à l’hôpital, et ce, peu importe notre état. Le Club dispose d’un Doc attitré et grassement payé pour garantir son efficacité et son silence.
Il faut au moins ça pour éviter qu’il ne balance, comme la loi l’exige, chaque blessure par balle qu’il doit soigner. Non que cela arrive tous les jours, mais suffisamment pour lui offrir des honoraires raisonnables et lui assurer un train de vie paisible.
Après de fructueux efforts et des douleurs dans mon bras, je parviens à bouger légèrement mes doigts, enfin il me semble. J’en ai la confirmation quand je sens l’agitation autour de moi, à la suite de mon mouvement. J’entends la porte se refermer et plus rien, car je sombre de nouveau dans l’inconscience.
Ce n’est qu’un bon moment plus tard que mon cerveau paraît moins embrouillé et perçoit un bip. Son que j’ai déjà en horreur, car il me permet de comprendre que je suis à l’hôpital.
Merde, j’étais en si mauvais état pour qu’ils doivent en venir à m’emmener ici ? pensais-je avec angoisse. Mon esprit s’inquiète alors pour mon fils. Celui-ci doit être apeuré par ce qui m’arrive, enfin si mes frères ou Mal, lui ont expliqué pourquoi je ne suis pas avec lui. Les connaissant, ils ont dû faire en sorte que Steve ne me voit pas dans cet état. Par chance, il doit être avec Malicia. Au moins, ainsi, il n’était pas seul.
Je tente d’ouvrir les yeux, afin de découvrir par moi-même où je suis. Je les plisse, pour éviter une trop forte exposition au jour et suis rassuré d’apercevoir que les rideaux sont tirés. Ce qui me permet alors de les élargir avec plus de facilité.
Il faut quelques longues secondes avant que ma vue ne finisse par s’ajuster et ainsi visualiser avec précision que je ne me trouve pas à l’hosto, mais dans une chambre médicale. Je n’ai aucune idée d’où je peux bien être et n’aime pas vraiment ça.
Cependant, ma confiance envers les miens me permet de me détendre un minimum, car j’ai bien conscience que s’ils m’ont emmené ici c’est que je ne risque rien. Je ne perds alors pas de temps et fais tout de même le tour de la pièce. Personne en vue, ce qui me surprend.
Un froncement de sourcils se dessine sur mon visage, car je pensais au moins trouver mon fils, voire même Malicia. Le fait qu’aucun des deux ne soit présent ne me rassure pas et fait accélérer les battements de mon cœur, par conséquent le moniteur cardiaque bip plus fort.
La porte s’ouvre alors rapidement et un homme en blouse blanche entre aussitôt. Il se dirige vers l’appareil qu’il éteint avant de se tourner vers moi, pour me parler.
— Ravi de vous voir réveillé, Douglas !
— Et moi donc ! Où suis-je ? Depuis combien de temps je suis là ? demandé-je d’une voix rocailleuse.
— Oula, doucement ! sourit ce dernier. Déjà, je me présente je suis Chris, le Doc des Snake ! Lieu où vous vous trouvez actuellement et vous y êtes depuis ce matin ! finit-il alors par m’apprendre.
— Putain, j’ai l’impression d’avoir dormi pendant des jours pourtant ! l’informé-je avec surprise.
— C’est normal, l’anesthésie fait souvent cet effet-là ! On a dû vous opérer dès votre arrivée, car vous avez perdu bien trop de sang et surtout votre cœur s’est arrêté de battre, causant une panique générale, d’ailleurs.
— Quoi ? crié-je presque, bien que cela sorte différemment et me fasse tousser.
— Doucement, laissez le temps à votre corps de se remettre tranquillement, avant de forcer, Douglas ! Vous avez été gravement blessé, ne l’oubliez pas ! me rappelle-t-il avec sérieux, tout en m’aidant à m’installer en position assise.
— Merci, Doc ! Qu’est-ce que vous entendez par panique générale ? lui demandé-je aussitôt avec inquiétude.
Mon regard ne quitte pas son visage, afin de détecter toutes réactions qui ne concorderait pas avec sa réponse et s’il chercherait à me dissimuler des éléments.
— Vos amis ont eu très peur pour vous, ils vous pensaient mort… Mais heureusement, on a réussi à vous sauver, de justesse certes, mais on y est parvenu… grimace-t-il en avouant ce dernier fait.
Bon, je ne remarque rien d’anormal, ou bien il est très doué dans l’art de mentir et cela ne m’arrange pas, car mon instinct se rappelle à moi et me fait savoir qu’il ne me dit pas tout. Je vais pour lui faire part de ça, quand la porte s’ouvre dans un fracas et laisse alors passer mon fils.
— Papa ! hurle-t-il, sans se soucier s’il peut ou non le faire.
Lorsqu’il me voit réveillé, il court vers le lit et veut monter, sans y arriver, car celui-ci est trop haut pour lui. Chris l’aide sans attendre et mon gamin vient se caler dans mes bras. Par chance, il choisit celui qui est valide. Ainsi, je n’ai aucune difficulté à l’étreindre et déposer un baiser sur son front. Je n’ai pas manqué son inquiétude pendant qu’il filait vers moi et la force qu’il met dans son câlin, me le prouve encore plus.
Je m’en veux aussitôt de lui causer autant de souci et de crainte, alors qu’il en a déjà bien assez vécu du haut de ses trois ans. Malheureusement, dans notre milieu, je ne peux lui promettre que ça ne se reproduira plus, car ce serait lui mentir et je souhaite vraiment éviter quand je le peux.
— J’ai eu trop peur, Papa…
Je me dégage un peu de lui, afin de pouvoir ancrer mon regard au sien, avant de lui répondre et lui offrir un sourire.
— Hey… Je suis désolé bonhomme, j’ai eu un petit accident, mais tu vois, je vais mieux maintenant ! lui dis-je alors avec calme.
— Oui… me dit-il, mais toujours aussi triste, ce que je ne comprends pas trop.
— Que se passe-t-il, Steve ? Pourquoi cette tête ?
Il ne me lâche pas des yeux et j’y aperçois des larmes s’y accumuler, avant qu’elles ne finissent par couler sur ses joues. Je m’empresse de les essuyer, pendant qu’il me répond.
— J’étais tout seul… Tu n’étais pas là et maman non plus…
L’information prend moins de deux secondes avant d’atteindre mon cerveau et me faire froncer les sourcils d’incompréhension, mais aussi d’inquiétude.
— Comment ça ? Mal n’était pas avec toi quand je suis arrivé ici ? le questionné-je rapidement.
— Si… Mais quand je me suis réveillé, elle n’était plus dans la maison… C’est tata Louane qui était là… Elle est partie… pleure-t-il alors, avant de venir blottir son visage dans mon cou.
Alors que je discute avec mon fils, je n’ai pas fait attention que l’on n’était plus seuls. Louane, Cay et Peter sont entrés eux aussi, à la suite de Steve. Le Doc s’est éclipsé par contre. Je plonge mon regard dans les leurs, à tour de rôle, attendant d’avoir une réponse sur ce qu’il se passe là. Aucun d’eux ne semble vouloir parler le premier, donc je m’empresse d’y remédier en posant une unique question.
— Où est-elle ?
Tous les trois grimacent et je comprends aussitôt que je ne vais pas aimer la suite et surtout que ma crainte la concernant est fondée. Non qu’elle nous ait abandonnés, mais qu’elle est bel et bien partie tuer Lorden. C’est Cayden qui se décide enfin à me répondre.
— Quand on t’a amené ici, tu étais au plus mal et au moment où le van s’est garé devant cette villa, tu as fait un arrêt… J’ai prodigué tout de suite un massage cardiaque, afin que tu ne t’enfonces pas définitivement… Seulement dans la panique, je n’ai pas vu qu’elle était près de la voiture et m’a entendu crier à Peter qu’on te perdait… Elle te croit mort, Mec ! Mal ne nous a pas laissé le temps de faire quoi que ce soit, qu’elle est partie en trombe d’ici, défaite et hors d’elle… Pas besoin d’être devin pour savoir où elle allait… m’explique-t-il avec sérieux.
C’est encore pire que je l’imaginais. Si elle me pense mort, alors elle ne va pas en démordre et surtout ne lésinera pas sur ce qu’elle va faire. Se fichant même des répercussions que cela pourrait lui valoir. Je comprends aussi qu’en agissant de la sorte, elle me prouve, ainsi qu’à mes frères et Louane qu’elle m’aime.
Merde, comme manière de le faire savoir y a mieux, mais cela ne me déplaît pas pour autant. Pourquoi faire simple quand on peut faire ça de façon plus hors du commun ? Cela me conforte même encore plus, dans l’optique actuelle des choses, qu’elle est celle que je souhaite auprès de nous. Enfin, pour cela, il faut déjà l’empêcher de faire une connerie et surtout la ramener ici.
— Ouais, elle t’aime ! Il n’y a pas de doute ! Pour aller affronter un procureur ainsi et vouloir le tuer, je pense qu’on ne peut pas faire mieux pour le faire savoir, confirme alors Peter qui semble avoir compris mon raisonnement.
— Aucun de vous n’a essayé de l’arrêter ? De la suivre ? Voire même la trouver ? leur dis-je en cherchant à me redresser pour sortir du lit, afin d’aller moi-même le retrouver.
La douleur dans mon épaule me vaut de grimacer, mais je tente d’y faire abstraction. Le tout après avoir posé Steve sur le côté de mon matelas. Seulement, mes amis ne semblent pas de cet avis et me font me réinstaller aussi sec dans le lit. Leurs regards noirs m’empêchent de riposter. Surtout celui du Prez.
— Tu vas rester dans ce lit, Doug ! Ou je te jure que je t’y attache ! m’informe Peter, d’une voix ferme et qui n’offre aucune chance de répliquer sans risquer les représailles.
— Putain, mais faut aller la chercher ! crié-je avec rage et craignant qu’il ne lui arrive quelque chose.
— On a essayé avec Peter, mais elle nous a évités avec soin sur sa moto, grogne alors Cay en réponse. Elle la maîtrise avec tellement d’adresse, que c’en est flippant !
— Mes hommes l’ont suivi et ne vont pas la quitter ! Bullet semble l’avoir pris sous son aile et j’aime autant te dire qu’il ne laissera rien lui arriver et va se charger de la ramener ou du moins de l’aider à revenir en vie, s’il ne peut la convaincre de changer d’avis concernant Lorden !
— J’espère ! grogné-je alors en réponse à Louane.
— Ne sois pas jaloux, Doug ! Il ne va pas te la piquer, puis je doute qu’il soit à son goût, se fout-elle de ma gueule.
Je me renfrogne encore plus à ses paroles, peu ravi qu’elle se paie ma tronche de cette façon, mais ne dis rien pour cette fois. Une autre chose me vient en tête et je leur en fais part.
— L’un d’entre vous l’a prévenu que je ne suis pas mort ? Mais bien vivant et ainsi la faire revenir ici, auprès de nous !
— Son portable est éteint et celui de mes gars aussi, grogne alors Louane. Ils ne doivent pas capter, car Bullet m’a parlé d’un chalet ou je ne sais quoi… Donc, possible qu’ils soient en pleine forêt actuellement ! m’explique-t-elle au mieux.
— Essaie de nouveau, Lou ! Où je vais aller moi-même la chercher ! Je ne vais pas rester dans ce lit, Peter ! Pas si elle risque sa vie en se sentant responsable ! Si elle me pense réellement mort, plus rien ne l’arrêtera ! Pas même sa propre existence et il est hors de question que je demeure couché alors que je peux la perdre, Prez ! Pas deux fois, oh que non ! hurlé-je de désespoir et de peur pour ma belle.
— OK, calme-toi, Doug ! Je vais appeler de nouveau, mais en attendant que je revienne, tu restes sagement dans ce lit ! précise aussitôt la Capitaine avec aplomb.
J’acquiesce à sa demande et laisse ma tête retomber contre l’oreiller, tout en fermant les yeux afin de tenter de m’apaiser. Mais rien n’y fait, pas même d’avoir mon fils dans mes bras. Je peux aussi sentir chez lui sa peur de perdre sa maman. Aucune chance que l’on s’en remette, si elle ne revient pas en vie.
Rien que penser cela fait accélérer les battements de mon cœur. Heureusement que le moniteur est éteint où mes frères flipperaient en entendant leur rapidité.
— Je suis certain qu’elle ne fera rien d’irréfléchi, Mec ! tente aussitôt de dire Cay.
J’ouvre immédiatement mes yeux pour les planter dans les siens, tout en laissant un rire jaune sortir de mes lèvres.
— Parce que si c’était Louane à ma place et que tu l’avais cru morte, tu n’aurais pas réagi pareil, Cay ?
Sa grimace me suffit comme réponse, car tous ici, nous aurions fait la même. Pris par le désespoir et la culpabilité. Alors ouais, je ne peux qu’avoir peur de ce qui va découler de tout cela. Ne rien pouvoir faire pour l’aider ou la ramener me bouffe à petit feu et cela n’est pas bon. Je ne suis pas vraiment connu pour mon calme olympien ni ma patience dans ce genre de situation.
— On est donc d’accord ! lui dis-je simplement.
On est coupé par le retour de Louane. Je dirige alors mon attention sur elle et attends qu’elle m’informe de ce qu’elle sait ou non.
— Bon, je n’ai pas réussi à les joindre, nous avertit-elle avec colère, avant de reprendre. J’ai donc laissé un message sur le portable de Bullet, afin d’exiger qu’il me rappelle et qu’ils doivent rappliquer d’urgence, car il y a du nouveau te concernant !
— Pourquoi tu ne lui as pas dit que j’étais en vie ? Là, elle serait revenue ! la questionné-je aussitôt.
— Parce qu’ainsi on n’a plus de chance qu’elle vienne, Doug ! Si je lui annonce que tu vas bien, alors elle n’aura pas forcément envie de rentrer ! Enfin, pas tant que Lorden pourra encore causer des problèmes ! m’explique-t-elle et je ne peux qu’avouer que c’est bien pensé de sa part.
— Ouais, vu comme ça, c’est clair, mais qui nous dit que justement cela ne provoquera pas l’effet inverse ?
— Rien ! Mais la peur pour Steve, de le savoir seul à gérer la situation et ta perte, si tel est le cas, suffira à la faire revenir, Doug ! Elle l’aime trop pour qu’il passe après sa vendetta ! Crois-moi, mon instinct de maman me trompe rarement et perso c’est exactement ce que je ferai et penserai… finit-elle par nous avouer et pour le coup, je ne peux que lui faire confiance et espérer que oui, elle a raison.
L’attente va être la plus longue de ma vie, car jusque-là nous n’avons encore aucune idée de s’ils ont eu ou non le message ni quand est-ce qu’ils l’auront. Mon humeur et mon inquiétude vont monter en flèche et ne pas jouer en ma faveur ni celle de mes amis.
Une chose de sûre, c’est qu’une fois qu’elle sera là, à mes côtés, je ne vais pas manquer d’avoir une bonne discussion avec elle. Lui avouer qu’elle compte bien trop pour nous deux pour qu’on la laisse faire une telle connerie et surtout, lui faire comprendre que maintenant on est une famille. Il faut qu’elle l’entende et l’accepte afin qu’enfin on puisse vivre pleinement.
J’ai bien l’intention cette fois-ci de lui révéler réellement mes sentiments, afin qu’elle en soit certaine et admette en retour les siens.
Même si, ce deuxième point ne sera pas le plus facile, selon moi, car elle semble trop craintive pour permettre à quiconque de s’approcher d’elle. Cependant, il va falloir qu’elle se mette en tête que je suis maintenant là et ne compte pas disparaître ou la laisser filer.
Dès qu’elle aura accepté tout cela, on pourra alors commencer à agir et surtout trouver le moyen de nous venger ensemble. Non plus chacun de notre côté, car j’ai bien l’intention de l’aider. Puis, rien qu’à voir comment les choses se passent jusque-là, autant dire que ce n’est pas la meilleure solution que de faire cavalier seul.
Dès que cela sera fait, on pourra enfin être tranquille. Une fois cette ordure hors d’état de nuire. C’est sur cette dernière pensée que je me sens partir et m’endors avec mon fils toujours contre moi, mes amis auprès de moi et bientôt, je l’espère, ma belle avec nous.
La route ne m’a jamais paru aussi longue qu’en cet instant. Mon besoin de vengeance, de tuer Lorden doit y être pour beaucoup. Je le sais également, je ne serais tranquille qu’à partir de ce moment, où je le verrais étendu au sol, sans vie. Pensée qui peut sembler macabre, mais qui pourtant est la seule à accaparer mon esprit.
Le voile rouge devant mes yeux ne veut pas s’évaporer, tant la rage et la haine me dominent actuellement. Une première pour moi d’être dans cet état, de ne désirer et souhaiter de moi-même la mort d’un homme, alors que jusqu’à présent quand je le faisais, c’était sous les ordres de cet enfoiré.
Seulement là, le karma semble lui jouer des tours, car son atout secret, comme il aime m’appeler habituellement, se retourne contre lui. Pour m’avoir entraîné au combat rapproché et avec armes blanches, Wyatt sait que sa vie est en danger maintenant. Un sourire naît sur mes lèvres à l’idée qu’il soit apeuré. Lui, l’homme si sûr de lui se voit traquer par sa propre création. Ironique, mais tellement jouissif pour moi.
Enfin, il m’offre la motivation et raison décisive, mais surtout la force de me dresser contre lui. Lorden me donne là, la clé de ma libération de ses services. Seulement, ce ne sera pas possible sans avoir avant, mis un terme à ses jours, car je le connais et sais aussi que tant qu’il sera vivant, il ne me laissera jamais tranquille. Tout comme ceux qui me sont chers, alors c’est pour cela que je compte bien, une bonne fois pour toutes, mettre un point final à tout cela.
C’est perdu, en grande partie, dans mes pensées, que je bifurque sur le chemin de terre qui mène au chalet et donc à Lorden. Mon sang commence à bouillir, les battements de mon cœur s’accentuent encore plus, mais pas de peur. Non. C’est d’anticipation et si cela devait m’effrayer de ressentir cela, il n’en est rien. Au contraire même, j’aime cette sensation, ce qui pour sûr ne présage rien de bon.
