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Par ce récit, l'auteur vous entraîne aux origines de l'histoire de la vie d'une petite fille, Philomène. Un enfant qui grandit tant bien que mal en occultant le souvenir de terribles événements vécus durant son enfance : des agressions sexuelles répétés de certains adultes de sa famille. Sous le regard impuissant de sa maman qui la voit s'éteindre en grandissant, elle vit sa vie en portant en elle ce lourd fardeau... Mais à 35 ans, à la vue d'une photo anodine, sa mémoire se révéille de facon brutale et elle décide de faire face à ces souvenirs en affrontant son douloureux passé sans rien cacher, afin de guérir de ces maux en mettant de l'or sur ses blessures.
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Seitenzahl: 214
Veröffentlichungsjahr: 2022
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1 - Le temps guérit les blessures
2 - Mauvais rêve
3 - Enfance et suicide
4 - Daddy’s lil girl
5 - L’auberge espagnole
6 - Secret papillon
7 - Déni familial
8 - Flashback
9 - Violence et placement
10 - Harcèlement
11 - La mort vs la vie
12 - Pourquoi toi/moi/nous
13 - Dissociation & Amnésie
14 - Enfer à l’église
15 - Hypertension
16 - La boîte de Pandore
17 - Ptsd
18 - Équilibre mental
19 - Les réseaux sociaux
20 - Pardonne et oublie
21 - On n’oublie jamais rien
22 - Reconnaissance
23 - Living my best Life
24 - Projet de paix et non de malheur
25 - The End
Mon livre est dédié à toutes les personnes simples qui désirent entendre ce qui est dit sans mauvaise analyse et sans tordre le sens de ce qui est dit et simplement exprimé. Il est dédié à ceux qui sont capables de voir au-delà des apparences et qui savent lire entre les lignes pour comprendre leur interlocuteur. À ceux qui ne se contentent pas d’avoir raison, mais qui sont désireux de bâtir ensemble pour un meilleur demain.
A ceux qui sont d’abord motivés par la pureté du cœur qui pousse à ne pas vouloir formater l’autre à tout prix. Cette pureté qui prend l’autre tel qu’il est pour qui il est, car il sait qu’au contact de ce qui est pure et simple, on rencontre l’âme et quand on a un cœur aimant, la puissance de l’amour en soi suffit à aider chacun à se bonifier, car personne n’est parfait, pas même celui qui souvent impose aux autres une façon d’être.
Je dédie mon livre à tous les humains, croyants ou pas, car vous savez, les méchants ne regardent pas votre carte d’adhérence à un club religieux pour vous atteindre ou pas. Qu’on soit chrétiens, musulmans, athées ou autres, on rencontrera toujours une PERSONNE victime d’agression sexuelle par des inconnus, des personnes de religion différente ou des membres d’une famille. Pourtant, Dieu est toujours là et son soutien ne sera pas plus important pour une victime selon son appartenance religieuse, car Dieu est juste.
Je le dédie à toutes les personnes bienveillantes et aimantes qui partagent ma vie. À mes « enfants » (neveux, nièces, enfants de copines) car leur amour m’a donné la force dont j’ai eu besoin pour guérir afin d’être leur super tata qui combattra tout les méchants adultes afin qu’ils aient une enfance épanouie.
En créant l’être humain, son créateur aurait-il oublié l’importance de la bonne fonction de son être? Je ne pense pas. Nous évoluons dans une société où les dogmes sont devenus des normes. Et dans cette société, être à l’écoute de soi n’a pas réellement d’importance ! « Il faut aller vite, faire comme tout le monde, supporter, oublier et s’aligner sans faire de chichi ». Le paraître à surpassé la nécessité d’être.
Nous avons un cerveau et nous ne réfléchissons plus, nous avons des yeux, et nous ne voyons plus. Nous avons des oreilles, mais nous sommes incapables d’entendre les sons qui émanent de notre corps, notre vie, notre mental. Pourtant nous sommes tous fatigués et à la recherche du bien-être, du bonheur. Nous savons que le bien-être est singulier et subjectif selon chacun, mais nous continuons de nous focaliser sur les autres pour être heureux alors que la clé de notre bonheur dépend de nous premièrement.
Je pense que le monde tourne en rond parce qu’on passe à côté de l’essentiel : GUÉRIR NOS MAUX. Tout est complètement déséquilibré. Fatiguée de supporter et subir, j’ai donc décidé de m’arrêter, guérir mes maux, et changer le monde ou du moins ma vie à ma façon en commençant par mettre de l’or sur mes blessures par l’écriture de ce livre.Je suis non-conformiste et résiliente mais cela restera un joli concept, si par mon témoignage aucune vie ne change à bien.
En lisant ce livre, je voudrais m’adresser premièrement à tous en vous encourageant à aller jusqu’au bout de la lecture avant d’y émettre une réflexion. Ce livre parle de ma vie et ma vie n’est pas un label religieux, ou un parti politique, etc. Il s’agit de la vie d’une personne que le lecteur ne peut créer. Avant d’être dans des groupes de pensées communes, nous avons tendance à oublier le fait que nous sommes des individus différents et uniques doté d’une intelligence, beauté, sensibilité singulière et nous sommes tous dotés d’un coeur. Et c’est à ce cordage d’amour que je désire faire appel.
Le but de l’écriture de ce livre n’est ni la guerre ni la vengeance, mais il a pour but de réveiller celui qui dort dans l’inconscience. Il est certain que ce réveil sonnera de façon douce ou brutale, selon la disposition du coeur de chacun. Mais une fois les émotions posées, chacun aura un choix à faire :
GUÉRIR
VEILLER
VIVRE
Il sera très facile d’accabler certaines personnes, mais je tiens à dire que cela ne sera en rien la solution. Ce n’est pas parce qu’un drame arrive à un enfant que le parent est forcément coupable. Il me semble nécessaire de rappeler que tous les parents ne sont pas des bourreaux, mais le manque de vigilance, l’excès de confiance envers certaines personnes et la maladresse et l’indélicatesse qui accompagne souvent leur « prise de conscience » est une sorte de NÉGLIGENCE et TOUT LE MONDE PEUT à son tour être INVOLONTAIREMENT NÉGLIGEANT.
Nous avons tous tendance à penser qu’on ferait mieux «à la place d’autrui. Mais si nous décidions simplement ensemble de faire le choix de redoubler simplement de vigilance envers tous les enfants ? Car si nous ne pouvons changer le passé, nous avons le pouvoir de changer le futur par nos choix présents.
Pour ceux qui se reconnaîtront dans ma peau, la lecture peut s’avérer être difficile, mais je voudrais vraiment vous encourager à aller jusqu’au bout. Quand les émotions seront trop grandes, imaginez-moi à côté de vous, vous tenant la main en disant « nous traverserons cela ensemble ». Car en prière, c’est le désir de mon cœur. Que NOUS passions tous à l’étape de la guérison car une magnifique vie de super-héros nous attend tous. Lève-toi, nous avons un meilleur demain à construire SANS PEUR.
Tant de personnes, hommes, femmes, jeunes et vieux parcourent des milliers de kilomètres, dépensent des fortunes pour écouter des orateurs religieux ou coach tous populaires ayant des milliers de followers ou faisant des milliers de vues sur YouTube afin qu’ils leur disent comment comprendre leur enfant, comment communiquer avec leur conjoint, comment être heureux ou comment bien se marier avec untel. Mais personne ne décide de s’asseoir à côté de la personne concernée pour l’écouter et entendre ce qu’il dit pour un mieux ensemble.
C’est pour cela que je viens par ce livre, vous aider a écouter et entendre (sans m’interrompre) l’expression de mes maux au travers de mes mots. Il y a un temps pour tout ici-bas, même dans la douleur. Mais c’est désormais le temps de guérir afin de vivre une meilleure vie dès à présent.».
Les gens commencent à guérir à partir du moment où ils sont écoutés & entendus.
Tout le monde dit que le temps guérit les blessures, mais je suis forcée de constater que NON.
Le temps guérit les égratignures ou les blessures superficielles, mais il n’a jamais guéri de blessure profonde sans soin en réalité. Une plaie ouverte non traitée fini purulente et infectée et dans certains cas, on arrive l’amputation du membre de peur que tout le corps s’infecte et que l’infection entraîne la mort.
Les blessures peuvent guérir avec le temps si elles reçoivent le bon traitement. Nous vivons dans une ère, où tout se vit à 100 à l’heure et il est plus facile de porter un masque pour y faire face que d’être authentique. Nous sommes tous conditionnés à être façonnés de façon que les autres nous acceptent selon un label définit.
On se formate pour entrer dans des cases tout en se donnant le droit d’imposer à l’autre d’être comme nous voulons qu’il soit afin de nous correspondre. Entre temps, personne ne veut prendre le temps d’accepter l’autre tel qu’il est sans reproche ou sans le labelliser comme étant “ Imparfait “, selon notre conception de ce qui est parfait ou conforme.
Nous demandons « comment tu vas ? » à l’autre tout en ne considérant pas sa réponse. Certains répondent «ça va » par flemme de dire la vérité. Mais la vérité est que nous devons aller vite de ce fait, nous ne prenons plus le temps d’écouter les mots que les autres essaient tant bien que mal de poser sur leurs maux. Par la parole ou par des actes, nous ne prenons plus le temps d’écouter l’autre.
Chaque être vivant est un vase contenant 60% d’eau en moyenne. Et chacun de nous réagit (vibre) à ce qui l’impact de positif ou négatif. De cet impact, résonne un son qui donne le ton, la note de notre être.
Quand j’étais petite, il m’est arrivé de faire de la musique avec mes frères en rajoutant de l’eau de façon inégale dans plusieurs verres. On s’amusait alors à taper dedans et des notes différentes s’élevaient à l’impact du dos de la cuillère en inox au contact du contenant. Il en est de même pour chacun de nous. Nous sommes tous différents selon l’impact des coups de la vie sur notre personne. Et si nous voulons vraiment prendre le temps d’entendre, nous devons être attentifs au son qui émane de l’être de chacun. Ce n’est pas une théorie philosophique, new âge ou religieuse. C’est juste du bon sens.
Nous n’avons pas un cerveau et des sens, qui nous permettent de voir et comprendre l’autre ou notre environnement par des capteurs qui envoient les informations à notre cerveau. De ce fait, même si nous voyons des larmes couler sur les yeux d’autrui nous serons capables de savoir s’il s’agit de larmes de joie ou de tristesse. Même en étant aveugle, en touchant autrui, nous pouvons déterminer s’il est réceptif à notre contact ou s’il est sur la défensive. Et parce que nous sommes toujours “le gentil” de l’histoire, nous savons aussi que le fait que l’autre puisse être sur la défensive n’est pas toujours contre nous ou à cause de nous. Mais la traduction de l’expression de ses émotions et réactions peut nous apprendre à interagir avec pour un meilleur résultat.
J’ai souvent tendance à dire que ce sont les violeurs ou les kidnappeurs qui mettent la main sur la bouche de leur victime. De ce fait je ne veux empêcher personne de s’exprimer sous prétexte de ne pas partager son point de vue pourtant, tant de fois et quel que soit le milieu, on a constamment mis la main sur ma bouche pour m’empêcher de m’exprimer...
Avez-vous déjà fait l’expérience des graines de riz dans un pot sur lequel il y sera labellisé des mots plus ou moins bienveillants? Avez-vous constaté l’effet des mots sur ces graines de riz ? Pensez-vous que notre corps puisse répondre positivement en permanence à un environnement oppressant? Il tiendra un temps seulement, car n’étant pas éternel, un jour ou un autre il n’aura plus de résistance et perdra tous ces moyens automatiques de défense et protection.
Savez-vous qu’il est écrit dans la Bible que la vie et la mort sont au pouvoir de la langue ? La langue qui produit la mort est une arme de destruction massive contre tout développement psychologique et même physique, ex : paroles toxiques d’une personne dominante à une autre dominée, brimade, etc. Tandis que la langue qui produit la vie est celle qui bâtit et transforme de magnifiques bâtisses solides même en état de ruine et en terrain miné. Les mots ont des pouvoirs et par l’expression de mon témoignage, le désir de mon coeur est que ceux qui s’y retrouvent saches qu’ils ne sont pas seuls. Par mon récit, j’aimerais rappeler à certains que cela n’arrive pas qu’aux autres. Leur dire que ce n’est pas parce qu’on n’a pas vécu un fait qu’il n’existe pas. Et encourager chacun à oser faire face aux monstrueux obstacles géants qui les empêchent d’avancer dans leur vie.
On nous dit si souvent « oublies et passes à autre chose» comme si c’était si simple d’oublier. Moi aujourd’hui, je vous encourage à y faire face ou à vous préparer à y faire face. Car ce qu’on ne nous a pas dit est qu’en réalité, le souvenir enfouit se tient à carreau un temps seulement. Mais un jour, il suffira alors d’un rien si insignifiant, une odeur, une feuille qui tombe, une photo, pour que les souvenirs ressurgissent puissance 1000 nous faisant vivre un enfer sans pareil. Personne ne m’y a préparé, j’ai dû y faire face seule, moi contre le monstre. Mais mon créateur m’a certainement doté d’un super kit de survie et pour cela je lui reconnaissante, car sans cela, je ne serais plus.
Je n’ai pas rédigé ce livre avec le trousseau de clés d’auteur en herbe ou écrivain confirmé. Je n’ai fait appel à aucun psychologue. J’ai écrit avec mon coeur et mon cerveau. Il y aura certainement durant la lecture des “pourquoi, des comment” et toutes sortes d’interrogations alors la seule aide que je vous donnerais est de vous mettre dans ma peau, de vous mettre en face de moi comme si j’étais votre meilleure amie, votre fille ou nièce, votre soeur, cousine ou autre. Quand vous direz « mais elle part dans tous les sens » selon vous, souvenez vous qu’il ne s’agit ni d’une fiction et encore moins d’un roman.
En lisant, j’aimerais inviter tous les croyants de religion chrétienne à s’abstenir de lire en récitant la bible verset par verset. Pour une fois, je vais vous apprendre à prendre le temps d’écouter, car Jésus prenait ce temps d’écouter et d’entendre. En tout cas, c’est ainsi qu’il m’a permis d’avancer. Imaginez-vous une seule fois dire « aïe j’ai mal » et on vous répond « non tu n’as pas mal lis Gertrude 45:2-6 et viens t’asseoir à la réunion, tu verras ton bras amputé qui ne te fait pas mal repoussera». Il s’agit du récit de la vie d’une enfant qui a grandi, et pour qui durant longtemps, la vie n’a eu aucun sens, mais elle y a survécu.
Personne ne m’a prévenu de la suite, mais comme je suis gentille et prévenante, je vous y prépare à ma façon afin que le « ça n’arrive pas qu’aux autres ne vous surprenne pas ». Et si j’écris cela, c’est que j’ai vaincu parce que je suis une super woman. Vous l’aurez donc compris, le récit de ce film est réalisé sans trucage et je fais mes propres cascades sans doublure. Oui je spoile un peu, mais c’est mon histoire et ce sont mes mots sur mes maux.
Tu as traversé cette épreuve pour montrer aux autres que c’est surmontable.
C’est l’été, de mes vingt-cinq ans, je suis dans une foire avec des amies, je me balade et je souris. Soudain, j’aperçois ce monsieur que je ne connais pas, il est beaucoup plus âgé que moi, il veut me montrer quelque chose. J’ignore de quoi il ne s’agit ni pourquoi, mais je me retrouve en train de regarder dans le trou d’une serrure sans l’avoir décidé.
De l’autre côté de la serrure, je me vois, assise sur une chaise, enchaînée criant de toutes mes forces au secours. Ce que je vois me terrifie, car ce monsieur qui me fait voir tous les sévices sexuels possibles et inimaginables.
Je suis traumatisée et tétanisée à la fois, mais je ne peux rien faire d’autre que crier pour quelqu’un m’entende et me délivre. Je cris, je hurle et c’est au bout d’un moment que j’entends “, c’est fini, c’est fini Philo, c’était juste un mauvais rêve”. C’était mon frère Ludovic, onze ans à l’époque des faits, qui me secouait en me rassurant que c’était juste un mauvais rêve..
Je m’appelle Philomène, contrairement à la plupart des gens, mon plus vieux souvenir conscient remonte à mes deux ans. J’ai marché et parlé très tôt et d’après le récit de mes parents, j’étais un enfant aimé de tous dans la famille, car j’étais officiellement leur premier enfant à tous, le premier bébé de la famille. Maman m’a dit une fois que j’étais une petite fille très éveillée, mais aussi qu’elle a vu la lumière s’éteindre très tôt sur son enfant sans savoir pourquoi.
Moi, je sais pourquoi. Je n’étais même pas encore en classe de première section de maternelle que mon cauchemar commençait. Si petite pourtant, j’allais commencer à livrer mon plus grand combat.
Je n’avais à peine que deux ans, j’ai commencé à subir en silence les attouchements sexuels de la part d’un des frères de mon père. Ces actions se répétaient constamment, dès que nous étions seuls à la maison pendant que mon père travaillait et maman était à l’internat à Dschang (ville du Cameroun) car elle était à l’école pour devenir institutrice.
La violence de ce que je subissais m’a poussé malgré la dissociation à vouloir mettre fin à ma vie la première fois à six ans. Je m’en souviens, je me tenais dans la cuisine, un couteau à la main, pour en finir avec ma vie... C’était un mercredi après-midi, maman nous avait fait des pâtisseries et s’apprêtait à nous lire un livre. Nous sommes tous les trois autour d’elle, ma soeur, mon frère et moi et j’ai une envie d’aller au petit coin. À mon retour je les vois, tout beaux, dans le lit de maman, l’un à droite, l’autre à gauche, c’est alors que cette voix me dit : « Regarde comme ils sont beaux et regarde-toi, tu es une tâche, tu n’as rien à faire avec eux ».
Discrètement, je m’isole à nouveau. Je me dirige dans la cuisine, je prends un couteau, je me mets dos contre la porte de la cuisine pour éviter d’être surprise et c’est alors que je pointe le couteau vers moi sous le contrôle de cette voix qui me dit « fais-le tu ne manqueras à personne de toute façon ». Au même moment, j’entends ma soeur arriver par la porte de derrière et là elle s’écrit « maman Philomène veut se tuer » d’un ton plus accusateur que soucieux. À ce moment je grogne, ne réalisant pas encore qu’au travers de cette intervention, ma vie allait changer.
Certains adultes se demandent souvent ce qu’un enfant peut avoir vécu d’aussi terrible pour se donner la mort. Peut-être que mon témoignage vous aidera peut-être à comprendre d’où peut venir une telle souffrance dans le corps d’un si petit être.
Il n’y a pas que les adultes qui mettent fin à leur vie dans un acte de désespoir. Certains enfants aussi le font sans que leur entourage sache pourquoi bien parfois. Oui ma vie s’est arrêtée avant même d’avoir commencé vers l’âge de deux ans, je n’étais qu’un bébé de deux ans. Je dis cela bien que je n’aie pas de date précise du commencement et mon plus lointain souvenir commence à partir de mes deux ans, avant mon entrée en classe de maternelle, dans la classe de Madame Michelle.
Un abus sexuel sur mineur est une action à caractère sexuel blessant ou risquant de blesser un garçon ou une fille, physiquement ou émotionnellement, impliquant un partenaire adulte ou un autre enfant. Il comporte souvent un contact corporel, mais pas toujours (exhibition, contrainte morale ou pédopornographie).
Ces actions constituent des délits ou des crimes fermement réprimés dans la plupart des pays. La plupart des acteurs d’abus sexuels sur mineurs sont des hommes et des proches de la victime, voire des parents. Le terme anglais correspondant est Sexuel Child Abuse.
Ainsi, selon le lien (familial, éducatif) existant entre le bourreau et la victime, les circonstances, le pays, les relations sexuelles avec un mineur en dessous de l’âge légal peuvent constituer un délit ou un crime. Certains pays condamnent la relation même avec un autre mineur, mais la tolèrent généralement si la différence d’âge est faible. En tant que concernée par le fait, je trouve le terme faible en face à la gravité du fait.
D’après le dictionnaire, la définition première du mot abus signifierait USAGE EXCESSIF. Et dans le cas précis nous serons certainement d’accord sur le fait que même la première fois est la fois de trop. Le terme « abus sexuel», quand il s’agit d’une victime enfant, est à mon sens très réducteur et inapproprié surtout qu’en parlant d’une agression sexuelle pour un adulte, on note directement le caractère violent et non consenti de la part de la victime. On lui donne également facilement le droit d’être choqué et d’être reconnu comme personne étant traumatisée. Les faits et les mots ont leurs importances. Par exemple, quand nous parlons d’un abus de confiance, cela engage déjà un minimum de volonté de la part de la personne abusée.
Peut-on en dire de même pour un enfant dans le cadre d’une agression sexuelle ? Nous vivons dans une société où sous prétexte que nous avons tous droit à un avocat, nous entendons tout sur le sujet. Les torts osent être partagés dans de tels cas. Le prédateur, souvent, justifie sa pulsion en accusant sa victime de provocation « il m’a provoqué, j’ai cru que c’est ce qu’il voulait » et dans tout cela en tant qu’enfant, nous assistons finalement à notre « procès » sans pouvoir dire un mot et nous grandissons avec le qualificatif que l’adulte aura réduit en certains mots. Il s’agit pour moi d’une agression sexuelle. Et je pense que ce qualificatif est handicapant dans le processus de guérison ou d’auto-guérison de chaque victime. De ce fait, par les mots des adultes, nous sommes emprisonnés dans une définition qui n’illustre pas la gravité des faits.
Un enfant qui est traité avec respect ne passera pas sa vie d’adulte à apprendre à le mériter.
Mon père, cet homme imparfait, mais que j’ai pourtant admiré comme étant pour moi « Dieu sur terre ». Celui qui un jour poserait cet autre regard sur moi et me sauvera. Celui qui en même temps serait fier de moi. Je ne calculais pas ma mère quand j’étais petite. A part le fait d’avoir conscience que c’était ma mère et de l’aimer pour cela comme on aime un membre de sa famille sans l’avoir décidé, mon souvenir d’enfant n’avait pas réellement besoin d’elle. Mon père était mon tout et ma mère était ma mère. Je me souviens pourtant de ce que j’aimais chez elle. Elle nous a initiés à la lecture, elle jouait avec nous, le premier film qu’on a regardé avec elle au « cinéma », c’était Peter et Eliott le dragon. Elle avait même loué le VHS au club des palmes de la cité Alucam à Edéa. Le Palm Beach de Edéa. Elle nous faisait le goûter, mais elle n’était pas vraiment celle qui décidait. Beaucoup de petite fille sont dingue de leur père c’est tout j’ai fait partie de celles là. Je l’aimais quand même ma mère.
Je me souviens des membres de la famille paternel qui débarquaient quand ils voulaient et faisaient comme ils décidaient. Un jour, un tonton Éric arrive à la maison et décide de mettre de la musique. Il faut savoir qu’à cette époque tous les foyers ne sont pas équipés d’appareils électroniques comme aujourd’hui. Nous avions la télévision, le téléphone, le 33 tours, et même les amplis comme les home cinéma.
Un tonton arrive à la maison, met un disque et augmente le son de la musique qu’il avait décidé d’écouter. Mon frère était bébé et dormait et ma mère a gentiment demander de baisser le son pour ne pas réveiller mon petit-frère. Le tonton lui a dit avec un ton assez violent qu’elle n’a rien à lui dire, car c’est la maison de son frère. Que pouvait-elle répondre à ça ?! Il était capable de lever la main sur elle sans gêne.
Et je ne pense pas que mon père aurait défendu ma mère, car si Éric se permet d’agir ainsi, c’est qu’il sait ou pense en avoir le droit.
Très peu de personnes osaient défier mon père, mais bon visiblement certains en avaient le droit. J’ai très longtemps eu pour mon père ce qu’on qualifie certainement de « complexe d’OEdipe » mais pas assez pour vouloir me marier avec lui. J’étais sa fille et j’avais l’impression qu’il pouvait me donner tout ce que je désirais heureusement qu’en tant qu’enfant tout ce que je désirais était seulement d’être avec lui et passer le plus de temps possible avec lui. Je voulais être même comme lui, on m’habillait souvent comme lui en mode « tel père telle fille ». J’ai de bon souvenir de ma petite enfance avec mon père. Il était tout pour moi. J’avais conscience de l’existence de Dieu et qu’on ne devait adorer que lui, mais si Dieu n’existait pas, alors mon père était mon dieu. J’étais sa fille, et j’ai longtemps été reconnu comme sa fille aînée, son premier enfant, celle qui a eu l’honneur (d’après eux) de porter le prénom de sa mère adorée partie trop tôt lorsqu’il n’avait que 11 ans.
À Cause de mon prénom j’ai toujours été un peu considérée comme une sorte d’intouchable dans ma famille paternelle.
