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De famille modeste, mais doué, Claude apprend le violon à l'école...de la RATP et chemine (chemin parsemé d'embûches) jusqu'au Conservatoire National de musique, où il fait d'assez brillantes études musicales. Mais l'heure arrive du service militaire : l'Armée Française le prend en mains et le dirige, non pas vers le Sud comme prévu (Algérie, 1960), mais vers le Nord (Berlin). Et le Mur, érigé à ce moment-là, l'enferme dans la découverte de l'amour et de la captivante vie musicale de Berlin.
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Seitenzahl: 55
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Ces quelques pages sont dédiées au peu regretté Kamerad Erich Honecker, à qui nous devons la construction de ce magnifique mur de Berlin, digne d’un mur Trumpiste.
Préface
Livre I
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Livre II
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Livre III
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Épilogue
Ce « Fait » est, après celui de ma naissance, incontestablement le plus important des faits, mais je ne lui prête aucune attention, ne lui permets même pas d’atteindre le statut « Vague souvenir », il tombe mort-né dans l’oubli le plus profond.
C’est quand je me serai fourré dans un sale pétrin, que ce « Fait » sortira bien vivant, à jamais fidèle, de son oubliette, et me poursuivra partout et toujours.
Venons-en au « Fait ».
Nous sommes en l’an 1947, j’ai 10 ans ; nous sommes, mes parents et moi, chez une vague cousine, elle habite Amiens, dans un de ces petits pavillons destinés aux familles de mineurs.
Elle tient un objet qu’elle montre à mon père : « Je ne sais pas quoi en faire, je vais le jeter à la poubelle. »
Long silence.
Mon père : « … un violon ? »
Long silence
« Enfin, donne-le à Claude (c’est moi), on verra bien. »
Dès le début, je ne le vois pas d’un bon œil, moi, ce violon !
Mon père est têtu, vite, il me trouve une dame, soi-disant professeur de violon : elle donne, tous les mercredis soir, des cours dans une école primaire proche de chez nous ; argument décisif, les cours sont gratuits.
Peu enthousiaste, mais obéissant, j’y vais, à ces cours.
« Il est doué ce petit, jubile la dame. »
Ce « Don » ne m’attire pas, il m’est moins précieux que le temps passé avec mes copains dans le square situé en face de notre immeuble.
Il lui faut seulement quelques mois, à ce professeur, pour m’exhiber dans tous les petits concours organisés par des associations, écoles, entreprises, usines, ateliers de tricotage, dessin, etc.
Premier prix à l’unanimité avec félicitations du jury, le résultat est toujours le même. En outre, ma culotte courte me donne des airs d’enfant prodige.
Bien qu’il m’éloigne de mes copains, je commence à éprouver une certaine sympathie pour cet instrument, il flatte ma vanité.
Je supporte même l’ennuyeux solfège.
Mon père travaille à la RATP.
Elle fait bien les choses, la RATP : colonies de vacances, garderies d’enfants et même une ambitieuse école de musique où certains professeurs sont employés comme salariés.
En 1949-50, mon père m’inscrit dans une classe de violon. Je suis tout de suite un objet de convoitise. Je suis dirigé vers un professeur, mauvais dit-on, mais soutenu par le directeur ; l’autre, bon, dit-on, est soutenu par ses collègues ; c’est lui qui me gagne.
Dans cette école, pour la première fois j’entends parler de « Musique », de Beethoven, Bach, Mozart, etc.
Ces noms m’étaient inconnus. N’existait que ce que je jouais.
On évoque aussi des interprètes… Ginette Neveu était célèbre parmi les mélomanes (je n’en faisais pas partie). Elle trouva la mort dans un accident d’avion, en même temps que Marcel Cerdan, très populaire champion du monde de boxe. Ce hasard la rendit, par ricochet, également populaire.
Mon nouveau professeur, M. Colombani, est un monsieur très sérieux, il joue très sérieusement, moi qui ai si peu de goût pour le sérieux, il finit par m’impressionner. Dans cette école, là aussi, je suis confronté à de nombreux concours, d’un niveau plus exigeant : concours SNCF, Poste de Paris, etc. 1er prix à l’unanimité avec félicitations du jury, les résultats restent toujours les mêmes.
La RATP possède un orchestre, un vrai, « un symphonique », constitué d’amateurs : encore un Nouveau Monde pour moi. Honneur suprême !!! Je suis invité à jouer en soliste ! Moi, seul, en culotte courte, debout devant cet orchestre, jouant le solo « la méditation de Thaïs » en concert public.
Qu’ils étaient fiers, mes parents !
Nous atteignons l’an 1951, Mr Colombani tient, un beau jour, un étrange discours à mes parents.
« Votre fils est vraiment très doué (on n’en sort pas !),
je voudrais, avec votre accord, le présenter à Mme Talluel, elle est professeur au Conservatoire National Supérieur de Musique, notre école d’élite en France, elle est très réputée, elle a enseigné à Ginette Neveu. Elle nous dira sincèrement si Claude peut envisager une carrière de violoniste professionnel. Si c’est le cas, il suivra ses cours, consacrera tout son temps à l’étude du violon et devra abandonner le lycée. »
Voilà une idée bien séduisante !
La vie lycéenne ne me passionnait pas trop, j’étais comme beaucoup d’autres, assez doué, mais distrait.
Je brillais surtout au « babyfoot » : nous nous précipitions, à la fin des cours, vers une brasserie proche du pont Mirabeau et pratiquions ce sport avec enthousiasme.
Cette prochaine rencontre avec cette dame, célèbre professeur de cette violoniste « je ne sais plus qui... », ne me préoccupe en aucun cas.
De toute façon, cette Mme Talluel, elle tombera à genoux devant un tel talent !
Le jour de la présentation, Mr Colombani, papa, et moi sommes devant Mme Talluel : elle habite un beau quartier, l’immeuble est magnifique, son appartement luxueux, c’est donc une personne importante, Mme Talluel. Je lui joue quelque chose. Oh, surprise !
Elle ne tombe pas à genoux, elle fait la moue ! Son regard se fixe sur mon pantalon ‘golf « du Bon Marché, magasin préféré des classes laborieuses.
« Aucun doute », il possède quelques qualités, dit-elle, en s’adressant à Mr Colombani. Elle ajoute : « il a déjà 14 ans (j’aurais dû venir en culotte courte), enfin, on peut essayer ! »
Elle se tourne vers moi : « les deux dimanches prochains, dans la salle Cortot, salle de Concert de l’école Normale de Musique, tu pourras entendre une grande partie de mes élèves, tu y verras le chemin qu’il te reste à parcourir ».
Cadences et décadence.
Le premier dimanche est cauchemardesque, violent, il éclaire cruellement la réalité ! Je suis un violoniste médiocre. Les petits (7-8 ans), en culottes courtes, et les petites, en jupons ballets roses et nattes, ça peut encore aller ! Mais les 10~11 ans et plus, très méchamment, ils se foutent de moi, ils me ridiculisent, je ressemble à mon pantalon ‘Golf “du Bon Marché.
