2,99 €
Face au déni, le souvenir trace inéluctablement sa route. Ainsi, la maladie, la vieillesse, la mort, la maltraitance sont effleurés sur un mode ludique à travers 7 courtes nouvelles. Des personnages insolites et émouvants comme la main autonome, l'angoisse qui prend des vacances, le calendrier protecteur de l'Avent ou le temps qui part en marche arrière vous prendront par la main. Au bout du chemin, l'émergence de la mémoire aboutit à une paix royale.
Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:
Seitenzahl: 25
Veröffentlichungsjahr: 2020
- L’Oubli face au Souvenir
– La peur prend des vacances
- Le calendrier de l’Avent
- La nature harmonieuse
- La Bonne Fée et la Méchante Fée
- Le temps
- La main
Glossaire
« Dans la nuit qui m’environne Dans les ténèbres qui m’enserrent, Je loue les dieux qui me donnent Une âme à la fois noble et fière…
En ce lieu d’opprobres et de pleurs, Je ne vois qu’horreurs et ombres, Les années s’annoncent sombres, Mais je ne connaîtrai pas la peur. Aussi étroit soit le chemin, Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme. Je reste maître de mon destin, Le capitaine de mon âme. »
Poème de William E. HENLEY
Naturellement fortiche ! Capable de parler, de vous parler, de m’écouter parler, de causer comme une agasse de ce qui s’est passé, de prétendre que rien d’important, de grave, de marquant n’est arrivé, je suis la Perte de Mémoire totale.
Sacrément étou ff ante ! Capable d’enfouir au plus profond de mon être, les cris, les castagnes , les raclées, les pleurs, les insultes, les supplications, les corrections, les coups de ceinture, les dénigrements, les cheveux tirés, les pastissons , je suis l’Amnésie intégrale.
Étrangement déstructurante ! Capable de passer sous silence ma violence omniprésente, ma brutalité qui guette sa proie, ma perversion à l’affût du moindre point faible, ma puissance d’enfer prédominante, je suis le Déni absolu.
Alors, vous vous rendez compte que tout est possible, que moi, la Faculté d’Oubli, je suis la meilleure ? Et même le Bon Dieu, il va me pardonner ! Puisque j’ai oublié ! Si, si, si ... Comme le temps passe, que la prescription pointe le bout de son nez, je gagne encore du terrain...
Mais que vois- je à l’horizon ? Une concurrente ose se manifester : je ne l’ai pas vue arriver celle- là. Oh ! Non ! Elle s’appelle pompeusement la Faculté de se Souvenir. Même pas peur !
Je l’observe cette ennemie :
- Déterminée et patiente, elle fait ressurgir les souvenirs les plus durs, les plus insupportables, les plus pénibles avec une force venue du fond des âges.
- Courageuse, elle affronte son autobiographie aussi douloureuse soit- elle avec une détermination de tête de mule.
- Laborieuse, elle chante, écrit, voire danse son lugubre passé avec un désir de compenser à tout prix.
Pourquoi regarde- t- elle les vieilles photos, les lettres défraîchies ? Pourquoi écoute- t- elle les ragots et racontars des anciens ? Pourquoi rédige- t- elle ses mémoires ?
J’essaie bien de la comprendre cette Faculté de se Souvenir : mais, nom de Dieu, que cherche- t- elle à faire, cette jobastre ? - à me mettre en difficulté ?
Pas de risque, personne ne la croira.
- à faire l’intéressante ?
C’est du déjà vu, déjà entendu et cela ne touche plus personne.
- à devenir écrivaine ?
Faut pas rêver la belle ! Ta trilogie, tu vas en vendre quelques malheureux exemplaires à ta famille et à tes proches, c’est tout !
Et en plus, je la connais bien, cette Faculté de se Souvenir : terrorisée par la violence, ayant peur de son ombre, elle est d’une timidité maladive.
