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À 37 ans, la vie amoureuse de Sabrina est un véritable fiasco. De rencontres en ruptures, c’est même l’anarchie. Et ces derniers mois ne l’ont pas épargnée : entre un pompier en plein coming-out, un prof éleveur de cafards et un déménageur au bout de sa vie, c’est à se demander si elle ne fait pas tout pour les attirer.
Lorsque, au détour d’une consultation avec un psy, ce dernier lui apprend qu’elle n’est pas « tout à fait » comme les autres, cette annonce vient tout remettre en question, à commencer par sa part de responsabilité dans ces histoires manquées.
Comment trouver l’amour quand on a un TDI (Trouble Dissociatif de l’Identité) ?
De bonnes surprises en déconvenues, Sabrina va découvrir que la quête de soi permet de reprendre le contrôle de sa destinée.
À PROPOS DE L'AUTRICE
Originaire d'Auxonne, près de Dijon, Serena Davis, née en 1985, est une auteure féministe, persévérante et résiliente.
Témoin d'un terrible drame familial alors qu'elle était âgée de huit ans, le premier traumatisme d'une longue série noire, elle mène, jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans, une vie de combat, avec deux rêves en tête: devenir femme d'affaires et écrivaine. Tout en menant, en parallèle, une carrière dans le domaine bancaire, Serena lance, en décembre 2020, son premier roman.
L'auteure révèle une plume atypique, une écriture étonnante que ses lecteurs appellent déjà "sa signature".
Retrouvez les actus de l'auteure sur https://www.serenadavis. fr
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Seitenzahl: 144
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Serena Davis
Chat perché
Roman
De la même auteure
Dans la même série
Chat échaudé craint l’eau froide (2022). Sudarènes Éditions (Tome 2).
Les chats retombent toujours sur leurs pattes (2022). Sudarènes Éditions (Tome 1).
Autres romans
Là où les rêves prennent vie (2024). Exclusivité Amazon.
Un ruban jaune dans les cheveux (2023).Coauteure : Mary White. ExclusivitéAmazon.
Intrusions poétiques. Balade dans l’esprit d’une personnalité multiple (2023). Books on Demand.
Les carnets de Rose. Instants d’espoir lumineux (2023). Éditions L’Alchimiste.
Les confessions du vagin (2022). Sudarènes Éditions.
Carnets d’Elsa. Ces femmes dont on ne parle jamais (2022). Sudarènes Éditions.
Alerte à l’Ehpad (2021). Coauteure : Mary White. Sudarènes Éditions.
Nos vies à la dérive. La croisée des naufrages (2021). Musique de Tanguy Poujade. Exclusivité Amazon.
Psychoses (2021). Plnumérique.
Soyez vous-même. C’est votre seule chance d’être original.
Marcel Proust
On rêve tous d’une vie hors-les-normes1, d’un destin incroyable. Ces rêves d’enfant, soit on les vit, soit on les cherche à travers les livres. Depuis que je suis petite, je rêve d’une vie de château, un fantasme entretenu par des années de lecture. Des contes de fées qui se sont transformés, au fil du temps, en romances croustillantes, sans jamais perdre de leur magie. Si j’ai bien progressé sur le plan professionnel, puisque je suis devenue consultante en entreprise, en amour, il me reste quelques marches à gravir. Après trois compagnons de pacs et cinq fiancés, à 37 ans, me voilà de nouveau dans la catégorie des « filles à caser ». Sur le banc de touche. Je m’appelle Sabrina. Certains d’entre vous me connaissent déjà. Pendant longtemps, j’ai cru dur comme fer que je vivrais dans un château, mariée à un prince attentif à mes moindres désirs et entourée d’enfants qui n’ont jamais le nez qui coule. Et puis, je suis entrée dans la vraie vie et j’ai pris le jeu des sept différences en pleine figure. Le gag de la tarte à la crème. Oh, non ! Séchez vos larmes, on n’est pas au cinéma. Je ne suis pas malheureuse, loin de là. Je ne suis pas du genre à me plaindre non plus. Au contraire, j’essaie toujours de voir le verre à moitié plein. Je crois en l’Univers, aux phrases du style : « Aide-toi, le ciel t’aidera. » Pourtant, j’aurais de quoi me décourager ! Mon cœur a traversé toutes les météos. Mais de toutes les rencontres incroyables que j’ai pu faire jusque-là, celle qui m’a le plus étonnée, c’est cette rencontre avec moi-même. Ce jour où j’ai découvert que je sortais de la banalité. Qui vit sans folie n’est pas si sage qu’il croit. Cette citation de François de La Rochefoucauld est mon leitmotiv, mon porte-voix. J’arrive à un moment de ma vie où j’en ai marre de me sentir coupable. Coupable de pleurer pour rien. Coupable de ne pas me sentir comme les autres. Coupable de détester mon travail. Et si, plutôt que de jouer les coupables, je m’affirmais « capable » ? Capable d’être celle que je veux être, capable de me lancer des défis. Capable d’aimer, aussi. Dans la vie, quand on joue, on ne perd jamais. Au pire, on part avec un lot de consolation. Ma vie est un véritable terrain d’observation. Une foire de l’intranquillité2. Je la (re)découvre chaque jour, comme on explore un lieu nouveau. J’essaie tous les manèges de mon parc mental et, entre deux attractions, je me goinfre de crêpes et de gaufres au chocolat chaud. Je ne joue pas ma vie, je joue à ma vie, manette en main, passant de video game en vidéo gag.
Je n’ai jamais renoncé à mes rêves d’amour. Je n’ai jamais renoncé à mes rêves, tout court. Quand je me retrouve célibataire, je m’inscris sur tous les sites de rencontres possibles, même les plus inavouables. Je remplis cinquante fois mon profil. Je pose cinquante cannes à pêche. Vous connaissez sans doute l’histoire des Danaïdes, ces jeunes filles condamnées à remplir des tonneaux troués pour avoir assassiné leurs cinglés de maris. Mon seau de poissons est un panier percé. Mes prises retombent à l’eau aussitôt. En couple, je cherche très vite à rompre. Mon compagnon m’agace et toutes ces petites choses que la magie de l’instant rendait merveilleuses à mes yeux font apparaître leurs gros défauts de fabrication. Non, mais oh ? Pourquoi ça ne marche pas comme dans les livres ? J’ai longtemps pensé que c’était leur faute, à ces pauvres mâles en mal d’amour, qu’ils étaient trop différents pour comprendre mes désirs de femme. Mais les évènements qui se sont succédé de janvier 2020 à mars 2021 m’ont révélé que le problème ne venait pas seulement des autres. En somme, je ne regarde pas du bon côté de la couette (U+1F928, émoji levant un sourcil) ! Avant, je vivais à Paris, mais j’ai déménagé aux Clayes-sous-Bois, dans le département des Yvelines, au cours de l’été 2020, pour suivre un homme que je connaissais à peine, dans un appartement que j’ai fini par occuper sans lui. Moins pratique, puisque je travaille à Paname, mais moins cher, aussi. Parce que la gestion budgétaire, ça n’a jamais été mon point fort. J’achète beaucoup de vêtements que je ne mettrai jamais et des montagnes de livres que je n’aurai pas le temps de lire. Mon agenda déborde d’activités de célibataire endurcie – sport, écriture, visites de musées, voyages, shopping et j’en passe. Mon armoire gondole, mes bibliothèques s’affolent et ma PAL ressemble à la tour de Pise. L’argent repart de mon compte aussi vite qu’il est apparu. Un peu comme les hommes qui circulent, telles des âmes perdues, dans un long couloir entre deux portes : l’entrée et la sortie de mon cœur. Mais qu’importe !
Le bonheur est une question d’équilibre. On peut être heureux sans amour, si les autres indicateurs sont au vert. Mon métier a longtemps été un refuge. L’arbre qui cache la forêt. Ces dernières années, j’ai gravi les échelons de mon cabinet de conseil. J’ai un poste instructif et intéressant, mais qui a perdu de son charme, au fil du temps. La politique de mon employeur a changé et je bouge beaucoup moins. Finis les hôtels quatre étoiles et les échanges passionnés avec les clients. Fini le coaching. Finis les déplacements en train, pendant lesquels je dévorais des kilos de romans. Place aux tâches rébarbatives, aux rapports édulcorés et au télétravail géolocalisé. La production à la demande, s’adapter, tout ça… c’est moins de qualité pour plus de fric et ça nourrit davantage les cochons du conseil d’administration que le panier du salarié. C’est pour cette raison que dans les entreprises les gourous ont le ventre rond. Bref, vous l’aurez compris, mon emploi me gonfle, ça devient désagréable et je tourne en rond. J’ai beau regarder le verre de tous les côtés, je ne vois plus d’eau. Qui n’a jamais eu envie de tout envoyer valser, d’éteindre le réveil et de se recoucher, en disant « merde » au travail, « merde » au boss et « merde » aux collègues, rictus aux lèvres ? Il y a deux ans, pour équilibrer ma balance, je publiais mon premier roman, réalisant mon rêve d’enfant. S’ensuivirent deux, trois, quatre puis cinq autres livres, le début d’une véritable épopée. Voltaire a dit : « L’écriture est la peinture de la voix. » Mes écrits forment un merveilleux Picasso.
L’écriture, c’est une aventure incroyable, un voyage au fond de soi. J’ai beaucoup appris en me racontant. Mais ça ne suffisait pas. Alors, en août 2021, après avoir profité de mes vacances pour faire le bilan, j’ai décidé de consulter un psy. Or, voilà ! Quand on cherche, on trouve. Je n’ai pas peur de la vérité, loin de là. « L’avenir est une porte, le passé en est la clé3. » Apprendre à se connaître est la meilleure façon d’avancer sans se renier.
Hier, j’ai fait un songe étrange. J’étais prise au piège, perdue dans des couloirs dédaléens, et je courais après un lapin. On fait tous des rêves et, la plupart du temps, ils sont abracadabrants. Dans les dictionnaires psychanalytiques, le rêve de labyrinthe symbolise un désir de découvrir de nouvelles choses sur soi-même et sur le monde. Quant au lapin… je ne vous fais pas de dessin (smiley).
Ce que vous venez de lire, là, ce sont mes pensées parasites. Celles qui s’invitent partout où on ne les attend pas. Jusque-là, je n’y prêtais pas attention, je vivais avec. Mais depuis trois ans, je commence à faire le rapprochement avec mes échecs sentimentaux. Dans mon jeu, la reine finit toujours par se rebeller et flinguer le roi… À l’heure où je vous parle, je suis encore célibataire. Encore une fois. Pourtant, je ne lâche pas mes rêves. Je suis comme vous. Je vois ma vie dans une boule de cristal qui me renvoie une famille, une maison, etc. Le psy, c’est une fenêtre sur mon monde à moi, parce que je suis sûre que, quelque part, mes ruptures ont un sens. Je me suis souvent réfugiée dans le travail pour oublier le reste, j’admets. Comme je me suis réfugiée dans le sport à outrance ou dans la décadence, parfois. Et puis, j’ai compris que le travail ne résolvait pas tout. D’accord, il y a la paie, mais elle n’apporte pas la paix.
J’écris à vif. J’écris comme je pense et je pense comme j’écris. Peut-être est-ce le moment de retirer mes œillères et d’arrêter de chercher le job confort et le mec parfait. On en revient au fameux « Connais-toi toi-même. » Je ne cherche pas l’immortalité, comme Gilgamesh4, mais le Graal de la liberté. Je veux être amoureuse. Je veux changer. Il arrive un moment, dans la vie, où l’on a besoin de tout mettre à plat, de se retrouver, de se reconstruire. Vous avez ri avec moi dans les deux premiers tomes de la série Les chats. Vous allez rire encore. Vous allez réfléchir, aussi. Je vous emmène, cher lecteur, dans un autre voyage, un voyage philosophique, à la recherche de l’accord imparfait.
Hello, Sabi. C’est drôle j’allais t’appeler. Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas parlé. C’était quand la dernière fois, il y a un mois ?
Ça doit être ça.
Comment s’est passé ton rendez-vous ?
Quel rendez-vous ?
Ben, avec le spécialiste !
Ah oui… Traumatisant ! Un film d’horreur.
Comment ça ?
J’ai souffert le martyre.
Tu as pleuré ?
J’ai même crié !
…
Imagine-toi les jambes écartées, avec un type en blouse blanche qui force l’entrée de ton col de l’utérus avec une espèce d’aiguille en t’appuyant sur le ventre !
Mais…
Non, je te jure, Sarah, je ne suis pas douillette. Le pire, c’est qu’il était empathique. Il me regardait avec des yeux compatissants. Il disait « Vous pouvez me parler si vous voulez, me raconter vos vacances. » pendant qu’il me mutilait. Il croyait sans doute que j’allais lui chanter une chanson… Une vraie scène de torture. J’avais les mains accrochées aux barres du lit médical tellement je souffrais.
Tu… tu me parles de quoi, là, en fait ?
Ben, du rendez-vous avec le gynéco, pour la pose de mon stérilet. C’était bien ta question ?
Non ! Tu ne m’as jamais dit que t’allais faire ça. Je te parlais du psy. (
Rire
) Je te demande si ta consultation chez le psy s’est bien déroulée, et tu me racontes tes histoires de vagin !
(
Rire
) Tu es mal placée pour me faire la morale là-dessus. Mon rendez-vous avec le psy, c’est le mois prochain, le 2 septembre, exactement.
Si tard ?
Oui, je n’ai pas trouvé de créneau disponible avant sur Doctolib.
Et tu ne peux pas en prendre un autre ?
Puisqu’il s’agit d’une recommandation de mon médecin traitant, je dois absolument voir
ce
spécialiste.
D’accord, tu me raconteras alors. Tiens, puisqu’on en parle, pourquoi un stérilet ?
Parce que j’ai testé tous les contraceptifs possibles. La pilule, je l’oubliais une fois sur trois. L’implant, mon corps l’a rejeté. Ça m’a coûté un passage aux Urgences et une petite entaille. En dernier ressort, j’ai essayé le patch contraceptif. Une grosse erreur. Partout où j’allais, on me demandait : « Oh, vous arrêtez de fumer ? » et j’étais gênée, parce que je ne pouvais pas répondre : « Non, c’est mon contraceptif, Ducon ! »
Oui, et ça te laissait une marque de bronzage carrée en été.
Soit j’oubliais de le changer, et il restait collé sur mon bras pendant quinze jours au lieu de sept, soit j’oubliais de le remettre après la période de règles. Nous, les femmes, on n’a vraiment pas de chance avec nos problèmes de ragnagnas. Et après, ce sera la ménopause. Mais parlons un peu de toi. Comment ça se passe avec Vincent ?
Ben, là, on revient de Laponie.
De Laponie ?
Ben oui, tu sais, je t’avais dit qu’on devait partir quinze jours. C’était génial ! On a fait du chien de traîneau, on est allés visiter la maison du père Noël et… tiens-toi bien…
Quoi ?
Il m’a fait sa demande.
(Silence)
Alors, tu ne dis rien ?
Euh… mais je croyais que Vincent ne voulait pas se marier, que c’était contre ses valeurs ?
Eh bien, il a changé d’avis.
Mais c’est fantastique ! Vous avez fixé une date ?
Non. Mais ce sera sûrement dans deux ans. On a du mal à digérer cette période COVID à cause du diabète de Vincent. Et puis, on voudrait que les travaux de la maison soient terminés avant.
À quelle étape est-ce que vous en êtes ?
Toujours au même stade que la dernière fois. On attend l’accord de la banque. Le conseiller est en arrêt de travail. Apparemment, la directrice n’était pas au courant du dossier, qui n’avait pas été instruit auprès de son comité de décision.
Sarah est la fille la plus malchanceuse que je connaisse. Elle est tellement habituée à la poisse qu’elle a appris à vivre avec.
Ah ! les banques !
Du coup, avec Vincent, on s’est pointés physiquement à l’agence. C’est une autre conseillère qui nous a reçus. Comme on a un peu râlé, c’est elle qui va s’occuper de nous. Faut voir Vincent quand il se fâche. Il n’a même pas besoin de parler. Il fronce un sourcil et les gens s’exécutent. C’est un dominant.
Je suis vraiment très heureuse pour vous.
Bah oui, et on t’invitera au mariage. Enfin, vous, parce que d’ici là, tu auras peut-être quelqu’un.
Pour l’heure, je suis toujours seule. Mais ne t’inquiète pas pour moi, en attendant, je me console dans les bras de mon amant : Jordan.
Le maître-chien ?
Oui. Je viens de lui envoyer un SMS. Il est fou de moi. Il dit que je suis sa reine, il ne me dit jamais non.
Je te verrais bien en
Domina
.
Ah bah ça alors !
Quoi ?
Il vient de me répondre. Il dit qu’il n’est pas d’humeur à me voir, que… son chien est mort.
(
Rire
) Tu vois ! Il est vraiment temps que tu trouves quelqu’un.
Ce dimanche 14 février 2020, dans mon minuscule appartement parisien, rien ne laisse présager la baleine sous caillou5. Mon couple, c’est le tableau de l’idylle parfaite. Andréa et moi sommes ensemble depuis le 3 janvier. C’est lui qui est venu me chercher à ma sortie d’hôpital, alors que je ressemblais à un bibendum après avoir subi une opération des deux pieds. Ce pompier professionnel a pris soin de moi comme si nous étions mariés. Dire qu’avant cela nous n’avions échangé que par téléphone et par texto ! Nous ne savions pas encore que, quelques mois plus tard, la France serait confinée. Fin décembre circulaient tout juste quelques rumeurs de fornication entre un pangolin et une chauve-souris, des rumeurs auxquelles personne n’avait accordé le moindre crédit.
Je commence à marcher avec l’aide de béquilles et, malgré la douleur lancinante, je suis heureuse, parce que j’ai la certitude d’avoir rencontré le partenaire idéal, celui qui, au-delà des apparences, se montrera présent, quelles que soient les épreuves qui nous attendent. Ma dernière rupture avec Costas, un beau Grec avec lequel je suis restée quatre ans, m’a laissé quelques cicatrices. Pour rappel, cet homme dont j’étais éperdument amoureuse avait un penchant naturel pour les hommes. Nous avions très peu de rapports sexuels et mes proches m’avaient à plusieurs reprises alertée sur les signes manifestes de son homosexualité. Des photographies de dieux du stade tapissaient les murs de notre salon, il avait sa propre trousse à maquillage, soulignait ses yeux d’un trait de khôl, recevait des MMS de membres en action, connaissait Grindr et avait posé nu pour Têtu. Moi, je n’ai rien vu. Ou plutôt, je ne voulais rien savoir. Parfois, j’avoue que son abstinence me rendait bien service. Il n’est rien de plus désagréable qu’un homme affamé qui passe son temps à se frotter à vous, tel un chien en rut. Je vais sans doute surprendre certains lecteurs : la plupart des femmes prennent sur elles, mais en fait, personne n’aime se faire sauter dessus en plein milieu de la nuit. Pour les pratiques, j’ai mes humeurs. Je peux passer d’une faim de mante religieuse à un rejet proche du dégoût. Ces changements d’état sont imprévisibles. Pour un hétéro, ce n’est pas facile et j’ai souvent eu des discussions houleuses avec mes ex sur le sujet. « Mais hier, tu aimais ça ?! » « Ben oui, mais hier c’était hier ! » La sexualité est un vaste sujet, un terrain extraterrestre. Costas était un Grec à la tête bien pleine et le corps dessiné comme un athlète. Il était pour moi l’accord parfait, un « être aux deux esprits6 ».
