Émile Coué - Gilbert Garibal - E-Book

Émile Coué E-Book

Gilbert Garibal

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Beschreibung

Émile Coué a laissé son nom à la psychologie et, pourtant, cet homme de bien ne bénéficie pas aujourd’hui de la réputation qu’il mérite ! La « méthode Coué », qu’est-ce au juste ? Persuasion ? Autosuggestion ? Hypnose ? Longtemps raillée en France, alors qu’elle connaissait un énorme succès dans de nombreux pays, tant en Europe qu’aux Etats-Unis, cette méthode née au début du XXe siècle retient à nouveau l’attention par ses qualités même.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Gilbert Garibal, maçon depuis plus de trente-cinq ans, sait de quoi il parle. Passé d’un système à l’autre pour terminer son parcours et auteur maçonnique chevronné, il présente dans ce nouveau livre une analyse avant tout sociologique. Elle aboutit à la conclusion d’une réforme nécessaire de la présente organisation obédientielle et juridictionnelle, pour sa survie même. L’Art Royal est une source vive dont on ne doit ni retenir ni polluer son libre courant. Empêchée ici, elle réapparaît là !
Gilbert Garibal, franc-maçon depuis plus de trente-cinq ans est docteur en philosophie, formé à la psychanalyse, et psychosociologue. Après une carrière commerciale puis l’exercice de la direction des ressources humaines en entreprise, il s’est investi dans la relation d’aide. Il se consacre aujourd’hui à l’observation des faits de société et à l’écriture. Auteur de nombreux articles et livres, il a publié chez Numérilivre-Editions des Bords de Seine, entre autres, « Devenir franc-maçon », « Plancher et après ? », « Comprendre et vivre les Hauts-Grades maçonniques » (Tome 1 et 2)   Approfondir l’Art Royal et Le Rite Ecossais Ancien et Accepté.
Marie-Hélène Gonnin, psychologue de formation psychanalytique. Elle accompagne les dirigeants d’entreprise à comprendre leurs comportements et à les adapter aux meilleurs choix. Elle aide Joseph à élucider les énigmes que posent, à la psychanalyse, la Franc-maçonnerie.
Jacques Fontaine est un Frère impliqué dans le mouvement maçonnique depuis plus de quarante ans. Il intervient comme conférencier. Il a publié de nombreux articles et ouvrages sur l’Ordre. Dans cet ouvrage, poussé par la curiosité, il n’a de cesse de questionner Juliette sur la vérité maçonnique.

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Seitenzahl: 262

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Malgré l’attention portée à la rédaction de cet ouvrage, l’auteur ou son éditeur ne peuvent assumer une quelconque responsabilité du fait des informations proposées (formules, recettes, techniques, etc.) dans le texte.

Il est conseillé, selon les problèmes spécifiques – et souvent uniques – de chaque lecteur, de prendre l’avis de personnes qualifiées pour obtenir les renseignements les plus complets, les plus précis et les plus actuels possible.

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À PROPOS DE CETTE ÉDITION ÉLECTRONIQUE

Édition, Conversion informatique et Publication par

NUMÉRILIVRE

 

Cet ouvrage est réservé strictement pour votre usage personnel.

 

Tous droits de reproductions, de traduction et d’adaptation sont réservés pour tous pays sous quelques formes que ce soit.

 

Copyright Numérilivre ©

Edition numérique : 2013

EAN : 9782366320138

Ce n’est pas en moi qu’il faut avoir confiance, mais en vous-même, car c’est en vous-même que réside la force qui vous guérira.

Mon rôle consiste seulement à vous apprendre à vous servir de cette force.

 

Émile Coué

Remerciements

L’auteur témoigne toute sa reconnaissance à :

Marie-Adèle Claisse, sophrologue-analyste, présidente de l’Institut Coué, qui, en plus de la préface du livre, y a apporté une contribution technique essentielle. Il remercie aussi vivement le docteur Françoise Vitel di Mondo, chirurgien-dentiste, pour son témoignage sur l’utilisation de la suggestion en dentisterie.

PRÉFACE

Au début du siècle, lorsque Émile Coué exerçait son activité, on ne parlait pas de la Méthode Coué : on parlait d’aller consulter monsieur Coué.

Ses patients lui faisaient confiance et si l’on en juge par les accueils parfois grandioses qui lui furent réservés, aux États-Unis et dans beaucoup d’autres pays, il est clair que ce praticien était admiré, estimé, et surtout que l’efficacité de sa technique n’était pas mise en doute.

Curieusement, c’est de longues années après sa disparition que l’expression « méthode Coué » s’est vulgarisée, mais en devenant, en France tout au moins, un sujet de raillerie.

Notre pays qui a été, et est encore, le berceau de grands esprits et de grands hommes, est aussi la nation qui a peut-être le plus oublié les bienfaits apportés par Émile Coué à ses propres contemporains.

Peu à peu, souvent par l’intermédiaire de nos voisins étrangers, à l’esprit davantage ouvert que nous dans ce domaine, il faut bien le dire, la méthode inventée par Émile Coué est réapparue, fréquemment de façon masquée, parfois en y faisant référence, à travers de nombreux modèles de gestion de la pensée positive.

À l’ère de la haute technologie, mais aussi malheureusement, de la perte de la notion d’individu et de la connaissance de soi, les personnes cherchant à se retrouver, à comprendre leurs incertitudes et leurs difficultés d’être, bref à vivre en meilleure santé, sont en train, le plus souvent sans le savoir, de redécouvrir Émile Coué et sa méthode.

Celui-ci déclarait que lorsqu’il y avait compétition entre l’imagination et la volonté, l’imagination l’emportait toujours. Ce constat résume parfaitement le fonctionnement de sa célèbre formule, approfondie au fil du présent ouvrage : « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. »

Dans une lettre manuscrite datée du 16 mai 1923, reproduite à la page suivante, Émile Coué explicite comment utiliser sa fameuse méthode à l’un de ses proches, qu’il avait chargé de diffuser autour de lui ce moyen si puissant de se prendre soi-même en charge. Nous sommes heureux, en remontant ainsi à la source, de donner la parole à ce génial concepteur et d’initier – avec le fonctionnement de son élaboration exprimé de sa plume même – le livre de Gilbert Garibal.

Nancy, le 16 mai 1923

Cher Monsieur et ami,

J’ai réfléchi et après réflexion j’ai pensé qu’il valait mieux ne pas répéter servilement ce que j’ai mis dans mon petit bouquin. Inspirez-vous-en seulement. Veuillez insister sur la façon mécanique dont l’autosuggestion doit être faite. Voici ce que je dis maintenant aux gens qui viennent me trouver.

« Aussi longtemps que vous vivrez, tous les matins, à votre réveil, tous les soirs, aussitôt que vous êtes au lit, fermez les yeux et répétez vingt fois de suite, assez haut pour vous entendre, sans chercher à penser ce que vous dites et vous servant pour compléter d’une cordelette munie de 20 nœuds la formule suivante : "tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux." Cette formule, étant générale, renferme toutes les suggestions particulières qui deviennent inutiles.

Je vous recommande surtout de faire cette autosuggestion d’une façon toute simple, toute enfantine, toute machinale, sans aucun effort. Par la répétition, vous arrivez à faire pénétrer dans votre inconscient d’une façon mécanique par l’oreille la phrase : "tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux." Or vous avez vu par les explications que je vous ai données et les expériences que vous avez faites que lorsque nous avons une idée dans l’esprit, cette idée devient une réalité dans le domaine de la possibilité, donc si vous pensez bien "tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux", tous les jours, à tous points de vue, vous allez de mieux en mieux. »

Vous pouvez aussi parler de la rééducation des enfants qui sont dans les maisons de correction. On y peut faire des merveilles. Ci-contre un petit article sur l’éducation. Je viens d’aller à Bruxelles où j’ai donné deux séances pour malades et deux conférences devant des salles combles. Succès sur toute la ligne, surtout à la dernière conférence au cours de laquelle j’ai obtenu de faire disparaître une dizaine de douleurs et de faire marcher immédiatement des personnes qui étaient impotentes depuis des années. Pas un accroc.

J’ai eu aussi l’honneur d’être reçu par le Roi et la Reine auprès desquels j’ai reçu le plus charmant accueil.

Bien cordialement à vous.

É. Coué

 

Comme vous le voyez, Émile Coué n’hésitait pas à expliquer sa méthode par courrier à qui le lui demandait.

C’était avant tout un homme de cœur qui avait élaboré cette technique pour se soigner soi-même avec le désir d’aider ses concitoyens dont, en tant que pharmacien, il pouvait juger de la difficulté d’aller bien et de se sentir bien dans leur vie.

Son grand humanisme, sa générosité, son dévouement, l’ont conduit à faire découvrir à l’Europe, puis au monde entier avec un succès inégalé, une méthode simple, efficiente, fiable, pour mieux vivre. Dans ce livre, Gilbert Garibal en analyse méticuleusement les mécanismes. Il rend aussi hommage à la clairvoyance comme au dévouement du praticien nancéen, et de la même façon, avec conviction, avec bienveillance, prend le pari de faire réapprécier les bénéfices de la vraie méthode Coué, en la mettant, de manière très attractive et concrète, à la disposition du plus grand nombre.

À l’entrée du nouveau millénaire où la tendance est de tout déléguer à la machine, puisse cet ouvrage ramener beaucoup de gens vers eux-mêmes. Le sage Émile Coué ne nous rappelle-t-il pas, avec son lumineux concept, que chacun d’entre nous est à la fois la base, la clé, la pierre angulaire de sa propre santé, de son bien-être, tant au plan physique que psychique ?

 

Marie-Adèle Claisse

Sophrologue-analyste

Présidente de l’Institut Coué

PRÉFACE À LA DEUXIÈME ÉDITION
I – ENTRETIEN

Marie-Adèle Claisse, sophrologue-analyste et Présidente de l’Institut Coué, qui a bien voulu préfacer le présent ouvrage, a accepté d’y ajouter une aimable contribution, en me confiant son expérience de praticienne, à Neuilly-sur-Seine, où elle exerce. J’ai le plaisir de rapporter ci-après la teneur de notre entretien, centré sur les apports respectifs de la sophrologie et de la méthode Coué.

Gilbert Garibal – En tant que psychologue de formation, vous avez précédemment officié dans la communication publicitaire, basée entre autres, nous le savons, sur la répétition. Est-ce cette discipline qui vous a conduit ensuite à vous intéresser à la méthode Coué ?

Marie-Adèle Claisse – Je ne vous apprendrai pas que la publicité ne repose pas essentiellement sur la répétition de slogans ! Il convient aussi que la suggestion publicitaire inspire confiance au consommateur en soutenant des produits de qualité. Sinon, en cas de doute, ou pire, de tromperie sur la marchandise, d’une part, il n’y a bien entendu ensuite pas de renouvellement d’achat et, d’autre part, cette fausse promesse nuit gravement à la marque en cause. En clair, l’acte d’achat réussi résulte, lui, du comportement d’un client persuadé par l’intervention d’une publicité honnête et satisfait par la consommation d’un bon produit.

Nous retrouvons les mécanismes similaires de persuasion et de satisfaction finale de l’utilisateur dans la méthode Coué. Et, de la même manière, elle n’agit positivement que dans un climat de confiance, je dirai même « d’autoconfiance », vous l’avez dit dans le livre. Cela étant, la publicité a été très formatrice pour moi et m’a certainement beaucoup apporté, dans mon choix ultérieur d’exercer la sophrologie.

G. G.– Qu’est-ce qui vous a précisément conduit vers la sophrologie ?

M.-A.C. – Si je puis dire, une série de rencontres internationales, après ma psychanalyse ! J’ai d’abord eu le bonheur d’approcher un médecin vietnamien, expert en techniques orientales, ensuite le docteur Jean-Paul Hubert, psychosomaticien et naturothérapeute parisien, puis enfin le docteur Raymond Abrézol, spécialiste en médecine dentaire à Lausanne. Tous les trois – formés aux concepts du père de la sophrologie, le neuropsychiatre colombien Alfonso Caycedo – étaient intervenants au Collège International de Sophrologie. C’est là que j’ai suivi mon propre cursus, pendant trois ans.

G. G. – Voulez-vous nous expliquer en quoi consiste exactement la sophrologie ?

M.-A.C. – Vous en avez donné plus haut les caractéristiques techniques, notamment basées sur la respiration et la relaxation. Dans la ligne de son concepteur, je définis pour ma part la sophrologie, comme la « science de la conscience », comme une discipline qui fait effectivement prendre conscience de nos possibilités psychiques. C’est la science de l’équilibre de l’esprit.

J’ajouterai que la sophrologie correspond à la « perception lucide » par le sujet du corps en son entier. Habitant et habitué de notre corps, nous ne pensons plus, ou rarement, que cette « merveilleuse machine » dans laquelle nous vivons peut tout à la fois se mouvoir, ressentir, émettre, parler, recevoir, écouter, évaluer, décider, etc. Nous éprouvons ces processus comme naturels !

Or, « penser son corps », membre par membre, organe par organe, n’est pas un acte banal. C’est bien au contraire ressentir un état toujours nouveau, c’est en soi une philosophie, avec chaque matin, si on le veut bien, une nouvelle vision du monde, de ce monde dans lequel nous sommes inscrits !

G. G. – Vous parlez de cette réflexion sur soi-même, avec étonnement, ravissement même, comme d’une découverte permanente...

M.-A.C. – Mais bien sûr, parce que la rencontre de soi-même au quotidien est passionnante, et aider les autres à provoquer cette rencontre avec eux-mêmes l’est tout autant ! J’avoue que voir des gens arriver dans mon cabinet, totalement crispés, fermés, et assister au fil des séances à leur lente « ouverture », comme des fleurs ouvrent leur corolle, cela me comble et m’émeut toujours !

G. G. – En quelques mots, en quoi consiste votre action sur le patient qui vient vers vous ?

M.-A.C. – À trouver le centre, le noyau de l’individu, et l’y conduire ! Je le seconde dans cette descente en lui-même, qui s’apparente à une véritable exploration. Je l’accompagne avec un questionnement qui ne doit pas être un interrogatoire, mais à chaque pas – très petit pas parfois –, une suite de marchepieds, qui lui permet de prendre un solide appui, et par là même, de prendre conscience de lui-même.

Sans indécence aucune, je me dois d’être intéressée, cela va sans dire, mais aussi curieuse, pour lire ou relire avec lui les pages du roman de sa vie, imprimées comme un langage, sur et dans ce corps. Dans son conscient et son inconscient.

G. G. – Jolie formule ! Vous parlez ici du passé de l’individu, en quelque sorte d’un film déjà tourné, en boîte. Or, il n’est pas question de « refaire » ce film...

M.-A.C. – À l’évidence non, mais d’en « rejouer » certaines scènes, en les verbalisant, si ! Ce qui lui permet d’en tourner la suite, puisqu’il est un être, non pas bloqué, figé, mais un « être en devenir ». Il est lui-même l’auteur, le metteur en scène et l’acteur de sa vie, dont il lui appartient de faire une œuvre et de lui donner un sens. Partant, j’ai devant moi un sujet à transformer en responsable, en une personne autonome, ce qu’il n’est pas, le plus souvent, lorsqu’il vient pour la première fois.

G. G. – Dans ce cadre conceptuel, vous utilisez donc la méthode Coué. Peut-on dire que la sophrologie est née de la méthode Coué ?

M.-A.C. – Pour mettre au point sa technique, le fondateur de la sophrologie, le précité docteur colombien Caycedo, s’est inspiré en voyageant, dans les années 1950, de plusieurs philosophies, orientales et occidentales. Parmi ces dernières, il a retenu, entre autres, la suggestion et l’autosuggestion, les outils même d’Émile Coué. Il les a reçus des praticiens de « l’école de Nancy », composée de ses fidèles successeurs, qu’il a rencontrés et vus à l’œuvre. Donc effectivement, la sophrologie est teintée de la pensée de Coué. Toutefois, il convient de distinguer les deux disciplines : la sophrologie est une technique à visée de modification de la conscience, alors que la méthode Coué en est une autre qui tend à corriger les mauvaises habitudes. Il est parfaitement possible d’associer les deux, ce que je fais, quand je recommande à mes patients des exercices à faire chez eux.

N’oublions pas qu’en concevant le néologisme « sophrologie » aux racines grecques, Caycedo a évoqué et introduit le logos, la parole, en plus de sos, l’harmonie et phren, l’esprit. Il y a donc une analogie au niveau du verbe, de la verbalisation, utilisée dans les deux cas.

Lorsque, par exemple, j’aide quelqu’un qui a peur de prendre l’avion, je peux agir sur sa symptomatologie en utilisant un « combiné » de relaxation-visualisation au cabinet, à compléter à domicile par des séries répétitives de variantes de la phrase de Coué, adaptée à la phobie en cause.

Les deux techniques conjuguées vont contribuer à changer une habitude néfaste en attitude bénéfique.

Il s’agit en fait d’aboutir à une pensée modifiée qui va permettre au patient, d’abord de ne pas éprouver d’appréhension à l’idée de monter en avion, puis ensuite de voyager sans crainte par la voie des airs ! Je tiens à dire que le résultat est remarquable, et le plus souvent, durable. Vous devinez l’intérêt de cette sérénité pour des hommes ou femmes d’affaires, dont l’avion est le moyen de transport obligatoire !

G. G. – La méthode Coué ne fait pas spécialement partie du cursus de sophrologie. Pourquoi et comment l’avez-vous intégrée à votre pratique ?

M.-A.C. – Il se trouve que j’avais lu les écrits de Coué, il y a une vingtaine d’années et que je connaissais Monsieur André Dumas, le président de l’Institut Coué à cette époque, qui, je tiens à le souligner, a beaucoup œuvré pour la pérennité de la méthode. Mais, je l’avoue, pour ma part, malgré ses affirmations... je n’y croyais pas !

Or, un soir, deux heures avant un dîner d’entretien sur ma pratique sophrologique avec des journalistes, j’étais particulièrement fatiguée et tendue par une journée professionnelle très chargée. L’idée même de ce dîner ajoutait à ma tension, devenue inquiétude.

Comment allais-je assurer ma prestation dans cet état ? Je ne sais pourquoi, la phrase de Coué m’est venue à l’esprit, et je me suis mise à la répéter, comme ça, à tout hasard, en me relaxant. Puis, pour finir de me détendre, je suis partie à pied vers l’hôtel où avait lieu cette réunion, en continuant de répéter machinalement la formule « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux ! »

Quelle surprise : j’ai senti progressivement ma colonne vertébrale se redresser, preuve que je marchais plus ou moins courbée, puis j’ai pris conscience d’une respiration facilitée, qui m’a vite dynamisée. Mes idées sombres se sont envolées et je suis arrivée très à l’aise à l’hôtel, bien dans mon corps, presque euphorique ! Je peux vous dire que ce dîner s’est fort bien passé, que j’ai conversé le mieux du monde avec mes interviewers, et que j’ai passé une excellente nuit réparatrice ensuite, dont j’avais besoin !

De cette expérience est née ma vive curiosité pour le concept « couéen », que j’ai approfondi. J’ai eu ensuite envie de partager mon enthousiasme et, encouragée par l’Institut Coué, j’ai accepté de le représenter et de donner des conférences sur la méthode, en France et en Suisse, où encore de nos jours, elle bénéficie d’un engouement considérable !

G. G. – Vous êtes manifestement convaincue aujourd’hui par les bienfaits de la méthode Coué, pour en être vous-même utilisatrice et votre enthousiasme est communicatif ! En dehors de l’aspect psychologique, propre à la suggestion qui devient autosuggestion, comment expliquez-vous le phénomène ? Dispose-t-on aujourd’hui de données scientifiques qui pourraient l’accréditer ?

M.-A.C. – Les travaux parapsychologiques du professeur russe Semen Kirlian ont démontré qu’un effet de luminescence se produit lorsqu’un objet ou un sujet est photographié dans un « champ électrique ». En ce qui concerne le sujet, cette émission impressionne la plaque sensible « en couronne », autour des extrémités des mains et des pieds du sujet.

La luminescence constatée a été dénommée « l’effet KIRLIAN ». J’ai pu constater moi-même auprès d’un physicien la réalité de cet effet, plus ou moins accusé, selon l’état de santé physique et mental du sujet photographié. Il est clair pour moi que le champ énergétique qui entoure le corps se transforme au fil des pensées, positives ou négatives...

G. G. – ... Vous voulez dire que la méthode Coué procéderait en somme d’une circulation accrue d’énergie – attestée par l’effet Kirlian – et mise en route par la pensée positive de la personne elle-même ! Nous rejoignons ici le phénomène d’aura, ce halo qui entourerait le corps, selon les spirites...

M.-A.C. – ... Il n’est pas question que je m’aventure dans le domaine occulte ! Je vous parle de mes seuls constats auprès d’un scientifique, qui me font effectivement penser qu’une manifestation énergétique est en cause, une énergie psychique, en l’occurrence. Elle démontre l’étonnant pouvoir de l’esprit sur le corps, une puissance que n’a cessé de clamer avec raison Émile Coué !

G. G. – Si je vous entends bien, chacun de nous est en quelque sorte une batterie électrique dont l’énergie est disponible à la demande...

M.-A.C. – ... Si vous voulez, mais encore faut-il que cette batterie soit chargée pour fonctionner et donner du courant ! L’énergie psychique dont je vous parlais à l’instant ne peut venir que d’un esprit dynamique, confiant, ouvert. C’est le principe même de « la pensée positive », dont on peut dire que Coué est le père, à travers sa méthode. La répétition de sa phrase affirmative équivaut à la recharge progressive de la batterie, pour poursuivre votre comparaison.

Les mots répétés imprègnent l’inconscient, lequel ordonne ensuite au conscient d’agir dans le sens souhaité, en lui transmettant du même coup l’énergie nécessaire. Il est probable, à l’observation de ce mécanisme, qu’un esprit pessimiste, méfiant, véhiculera peu d’énergie psychique constructive. Dans ce cas, la suggestion proposée par la formule de Coué, aura, à l’évidence, plus de difficultés à devenir autosuggestion chez cette personne. Il lui faudra davantage de temps pour obtenir un résultat. Mais avec persévérance, ce résultat sera positif !

G. G. – Vous êtes ainsi en train de dire que la méthode Coué fonctionne mal, ou moins bien, chez ceux qui lui opposent une résistance, sous forme d’ironie ou de scepticisme par exemple, ou qui ruminent en permanence des pensées négatives. Bref, l’important est d’y croire !

M.-A.C. – Il est évident que la conviction, la foi dans la méthode, sont à même de déterminer un état d’esprit favorable à la réussite. Cela étant, je n’y croyais pas personnellement, je vous l’ai dit, et j’ai eu la surprise, fatiguée que j’étais, de me retrouver en pleine forme, après plusieurs répétitions de la formule ! Parce que je pense que, sans y croire, il n’y avait pas pour autant en moi un refus catégorique de la méthode, mais plutôt, à ce moment-là, un « pourquoi pas l’essayer ? » ! Douter n’est pas forcément rejeter. Vous avez remarqué combien de gens souffrants se crispent sur leur certitude de ne pas guérir et se conditionnent ainsi pour aller de plus en plus mal. Or, en l’occurrence, pour envisager une guérison, il convient de « lâcher prise », d’oublier ses préjugés !

Mais ne me faites surtout pas dire ce que je n’ai pas dit. La méthode Coué n’est pas une panacée en soi, c’est simplement un outil, une aide à vivre. Pour écarter les maux courants qui nous agressent au quotidien ou débloquer certaines situations pénibles, ce qui est déjà très important. Elle n’agit pas sur tout et pour tout. Elle ne guérit pas tout, toute seule, vous l’avez bien souligné avec justesse. Notamment, la suggestion et l’autosuggestion ne remplacent pas le médecin et la prescription médicamenteuse, quand ils sont nécessaires. Coué, qui était un honnête homme, le répétait dans chacune de ses conférences. Ce sont des patients trop enthousiastes, jamais Coué, qui ont été jusqu’à prétendre que sa méthode faisait des miracles, et par là même ont pu la discréditer.

G. G. – C’est la raison pour laquelle la méthode Coué a été raillée en France, et l’est souvent encore ?

M.-A.C. – Vous savez, dans notre hexagone, peut-être plus qu’ailleurs, nous sommes fortement enracinés dans une civilisation de l’écrit. Or Coué n’a pratiquement pas laissé de traces livresques. Il a transmis son savoir, ses expériences, uniquement par la « tradition orale », d’exposés en conférences, et directement au « grand public ». Cela semble aberrant aujourd’hui, à une époque où la plus petite invention fait l’objet d’un dépôt de brevet. Emporté par son altruisme, Coué n’a jamais songé à théoriser, à conceptualiser ses travaux qui sont toujours restés pratiques ! Et puis, rappelons-le, il n’était pas médecin !

C’est peut-être là sa plus grande erreur, de ne pas avoir poursuivi ses études de médecine, un moment commencées. Il est certain qu’un titre de docteur en médecine lui aurait ouvert les portes du monde médical, et donné la considération de ses confrères. C’est le contraire qui s’est produit, vous le savez, puisque dans sa propre ville, à Nancy, les professeurs de la faculté de médecine n’ont même pas voulu le recevoir ! À leurs yeux, à cette époque, un pharmacien n’était pas un scientifique. Et une méthode simple présentée directement au public par un « marchand de potions » ne pouvait être que... simpliste !

Aujourd’hui, il ne reste qu’à regretter l’absence d’une thèse médicale signée de son nom, sur la suggestion et l’autosuggestion : elle aurait d’emblée cautionné sa méthode. C’est ce qu’ont d’ailleurs compris des médecins après lui, en s’appropriant la méthode, sous d’autres appellations, suggestopédie ou suggestologie. Surtout dans les pays de l’Est, où, entre autres, Coué est précisément allé exposer sa pensée !

Il faut également noter que ce n’est même pas lui qui a dénommé « méthode Coué » sa découverte, preuve qu’il attachait peu d’importance à une éventuelle notoriété. Il ne songeait pas du tout à passer à la postérité ! Cette expression s’est imposée au fil de ses prestations, telle sa « façon de faire », à laquelle son nom a été tout naturellement accolé.

G. G. – La modestie de Coué l’a donc plutôt desservi et elle a même nui à la fois à sa méthode et à sa diffusion. Ce qui n’a pas été le cas avec la psychanalyse que Freud, contemporain de Coué, a su imposer lui, non seulement au cours de ses conférences, mais à l’aide de nombreuses publications, lors de la naissance de chacun de ses concepts ! Mais il est vrai aussi que, tout médecin qu’il était, Freud a connu l’opposition de ses confrères.

M.-A.C. – La jalousie n’épargne personne ! Toutefois, on ne peut vraiment pas comparer la méthode Coué et la psychanalyse. Même si toutes les deux ont pour objectif commun d’aider l’être à vivre mieux, elles sont bien différentes. La méthode Coué est utilisée par le sujet seul, la psychanalyse demande la présence d’un autre, l’analyste. La première est pour ainsi dire une « autosuggestion » circonstancielle, alors que la seconde est une thérapie contrôlée, à visée existentielle. Enfin, et surtout, leur démarche est inverse : on peut dire schématiquement que Coué va du conscient vers l’inconscient, quand Freud « amène » l’inconscient vers le conscient. S’il y a dans les deux cas un rapport avec l’inconscient, le seul point commun en vérité, c’est la verbalisation, puisque les deux méthodes utilisent la parole.

G. G. – La sophrologie également utilise la parole...

M.-A.C. – Tout à fait, comme son nom l’indique : le « logos », le discours ! Mais la sophrologie y ajoute cette dimension supplémentaire que Freud prendrait certainement davantage en compte aujourd’hui, le corps, que nous avons évoqué. Il n’en a pas eu le temps à son époque, trop pris par l’exploration du cerveau.

Avec le corps, nous revenons à l’énergie, aux sensations physiques, et aussi aux émotions et aux sentiments. Bref, à l’affectivité, que l’on a trop tendance à rattacher seulement à l’esprit. Les maladies psychosomatiques, avec par exemple toute la gamme des troubles digestifs, nous rappellent que la tête et le corps sont solidaires. Répétons-le, l’homme est un tout, matière et esprit unifiés, donc indissociables.

G. G. – La relaxation prend une grande place en sophrologie. Il en est de même pour la visualisation. Voulez-vous nous en dire plus sur ces disciplines ?

M.-A.C. – Se relaxer, c’est détendre, décontracter chaque membre, chaque organe du corps, chaque espace de peau. C’est donc prendre conscience, en détail, au cours de cette « sophronisation », de notre enveloppe charnelle et de son contenu. Et les ressentir. Cette prise de conscience correspond à une véritable opération cartographique qui, en quelque sorte, revient à « redessiner » mentalement et graduellement notre corps, que l’on soit debout, allongé, ou assis, selon l’exercice effectué. La visualisation, pour sa part, consiste à imaginer, à « voir », dans sa tête, plan après plan, les segments du corps concernés, comme si une caméra mentale les filmait et les projetait en même temps. Grâce à cette imagerie mentale, le sujet « visite » ainsi tout son corps, extérieurement comme intérieurement, et le « regarde » se détendre, piloté dans cette opération par le sophrologue.

Il ne faut pas oublier, lors de cette « relaxation-visualisation » conjuguée, l’importance des sens, chacun d’eux étant sollicité. En dehors de la vue, du toucher, de l’odorat, du goût, je veux insister sur l’ouïe. C’est le premier sens qui naît avec l’homme, c’est le dernier qui meurt avec lui. L’ouïe a cette particularité de nous permettre à la fois d’entendre et d’écouter. Entendre de façon générale et écouter, plus précisément, plus finement. Ecouter pour comprendre !

Je rappelle ici une évidence, mais elle mérite d’être soulignée : l’oreille est particulièrement sollicitée lors de l’utilisation de la méthode Coué. C’est en effet elle qui transmet la fameuse phrase répétée à l’inconscient, lequel la traite ensuite pour envoyer son ordre d’exécution d’une action donnée au conscient.

G. G. – Si le corps est valorisé en sophrologie, le mental y tient également une place importante : relaxation, imagination, visualisation, écoute... De fait, nous n’avons pas quitté la méthode Coué !

M.-A.C. – Certes, la méthode Coué est présente, mais comme outil éventuel parmi les autres, à la discrétion de chaque praticien. Si l’on veut, elle constitue, entre les séances chez le sophrologue, une forme de « devoir à faire à la maison », je l’ai dit tout à l’heure, avec les séries de phrases à répéter plusieurs fois par jour ! Dans ce cadre, et à mes yeux, elle est très précieuse, car le patient peut s’imprégner, par son utilisation, de la possibilité d’aller de mieux en mieux. A la manière du disque dur d’un ordinateur, son cerveau enregistre cette suggestion, à transformer en réalité. Il mémorise « ici et maintenant » ce qui peut être réalisé « ailleurs et demain ».

C’est le principe même de l’autosuggestion positive !

Mais, encore une fois, il ne faut pas confondre les deux pratiques. La méthode Coué fonctionne, si je puis dire, dans l’immédiateté. C’est un instrument dont l’intention est le confort quasi instantané, ponctuel. La sophrologie, elle, propose au sujet de trouver son équilibre, de se transformer, de changer dans le temps, en toute conscience. Et de mieux gérer sa vie.

Elle travaille sur trois plans : le physique, le psychique, le spirituel. Ainsi, elle représente par définition un « travail de fond ».

Elle enseigne l’art d’être maître de son corps, de ses pensées, de ses actes, de ses émotions. Elle permet de ne plus se sentir ballotté par les flots d’échecs, d’angoisse, de mal être, qui occasionnent de nombreuses maladies fonctionnelles. Elle introduit aussi la symbolique et la créativité, au fil des entretiens. Autant d’invitations, vous le voyez, à envisager et construire l’avenir !

G. G. – Distinction nette faite entre les deux pratiques, et leur champ d’action respectif établi, on voit bien l’intérêt de chacune, leur complémentarité même. Si la sophrologie est désormais une discipline paramédicale parfaitement reconnue, il n’en est pas de même pour la méthode Coué dont les possibilités et les résultats sont pourtant bien réels, tels que vous venez de les décrire...

M.-A.C. – C’est exact, la méthode Coué ne connaît pas le succès qu’elle mérite. Vous savez, il y a le discours moqueur des divers critiques dans les médias, qui, en l’occurrence, parlent de ce qu’ils ne connaissent pas et puis, effectivement, une réalité « sur le terrain ». Mais, brocarder est un usage qui appartient à la culture française et il faut faire avec ! Coué était pharmacien : une belle occasion gauloise de « chansonner » l’apothicaire à bonnet noir et manchettes de lustrine ! L’apothicaire vu « à l’ancienne » vendait des remèdes et la méthode Coué a donc été assimilée à un « remède », avec la connotation péjorative de ce mot, par rapport à « médicament », vocable se voulant plus sérieux et moderne aujourd’hui !

je vous l’ai dit, Coué n’a pas laissé d’écrits structurés, c’est dommage. Et l’on en est resté ainsi à sa phrase répétitive « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux », jugée naïve et même attrape-nigaud. Par ailleurs, il y a eu très peu de livres techniques depuis sa mort pour rétablir les choses et vraiment faire connaître objectivement cette méthode efficace. Le vôtre participe à cette réhabilitation, et c’est très bien ! Je suis heureuse d’y collaborer.

G. G. – Vous évoquiez plus haut la possibilité pour un individu, de « changer ». Sous cet angle et au-delà même de l’optimisme qu’elle véhicule, la méthode Coué peut-elle être considérée comme un instrument de changement ?

M.-A.C. – Nous avons bien fait le distinguo entre la sophrologie qui permet à la personne d’évoluer, de grandir, par la prise de conscience de soi et la méthode Coué qui donne la facilité, la permission d’être, d’agir au présent, par la mise en jeu d’un automatisme.

Il est certain que la réussite d’actions, acquise au fil des jours, par l’utilisation de ladite méthode, ne peut qu’installer la confiance en soi et entretenir la joie de vivre chez le « pratiquant ». Si à des idées noires ou des désordres corporels succède une harmonie retrouvée ; si de plus s’impose à lui un nouvel état de conscience, un désir d’accomplissement différent ; en clair, si la personne encouragée se donne enfin la liberté de « penser autrement », alors oui, nous pouvons parler d’un changement, d’une nouvelle réalité. C’est très possible, je l’ai vérifié ! Et ce sont là les clés mêmes de la suggestion positive que nous a transmises le génial Émile Coué avec sa méthode !

II – TÉMOIGNAGE

L’application de la méthode Coué en milieu dentaire est une réalité, au vrai mal connue. J’ai eu la chance de rencontrer une praticienne qui l’utilise, le docteur Françoise Vitel di Mondo, chirurgien-dentiste à Bandol. Elle a bien voulu me faire part de sa façon d’utiliser la suggestion et l’autosuggestion... au cours d’une visite imprévue à son cabinet. Je tiens à vivement la remercier de m’avoir permis d’enrichir le présent livre de son témoignage.

Qui peut dire se rendre chez le chirurgien-dentiste sans appréhension aucune ? ! Une récente carie, aux manifestations nocturnes lancinantes, m’a mis dans cette situation de la personne inquiète qui, contre son gré, vient appuyer un matin sur la sonnette du cabinet dentaire. Car, vous l’avez sans doute remarqué, c’est de préférence la nuit et en vacances, que vos dents décident soudain de se faire remarquer, pour vous expédier au réveil chez l’incontournable praticien !