Les trucs anti-trac - Gilbert Garibal - E-Book

Les trucs anti-trac E-Book

Gilbert Garibal

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Beschreibung

Être à l'aise en toutes circonstances. Le trac n'est pas une maladie. Tout le monde l'éprouve à des degrés divers. Il joue le rôle d'un « avertisseur » face à des situations de danger supposé. Il ne s'agit donc pas de le supprimer mais plutôt de le canaliser, de le domestiquer. D'où vient-il? Quand se produit-il ? Comment le prévenir ou l'affronter ? Suivez le guide !

À PROPOS DE L'AUTEUR

Gilbert Garibal, maçon depuis plus de trente-cinq ans, sait de quoi il parle. Passé d’un système à l’autre pour terminer son parcours et auteur maçonnique chevronné, il présente dans ce nouveau livre une analyse avant tout sociologique. Elle aboutit à la conclusion d’une réforme nécessaire de la présente organisation obédientielle et juridictionnelle, pour sa survie même. L’Art Royal est une source vive dont on ne doit ni retenir ni polluer son libre courant. Empêchée ici, elle réapparaît là !
Gilbert Garibal, franc-maçon depuis plus de trente-cinq ans est docteur en philosophie, formé à la psychanalyse, et psychosociologue. Après une carrière commerciale puis l’exercice de la direction des ressources humaines en entreprise, il s’est investi dans la relation d’aide. Il se consacre aujourd’hui à l’observation des faits de société et à l’écriture. Auteur de nombreux articles et livres, il a publié chez Numérilivre-Editions des Bords de Seine, entre autres, « Devenir franc-maçon », « Plancher et après ? », « Comprendre et vivre les Hauts-Grades maçonniques » (Tome 1 et 2)   Approfondir l’Art Royal et Le Rite Ecossais Ancien et Accepté.
Marie-Hélène Gonnin, psychologue de formation psychanalytique. Elle accompagne les dirigeants d’entreprise à comprendre leurs comportements et à les adapter aux meilleurs choix. Elle aide Joseph à élucider les énigmes que posent, à la psychanalyse, la Franc-maçonnerie.
Jacques Fontaine est un Frère impliqué dans le mouvement maçonnique depuis plus de quarante ans. Il intervient comme conférencier. Il a publié de nombreux articles et ouvrages sur l’Ordre. Dans cet ouvrage, poussé par la curiosité, il n’a de cesse de questionner Juliette sur la vérité maçonnique.

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Seitenzahl: 168

Veröffentlichungsjahr: 2020

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OUVRAGES DU MÊME AUTEUR

La Voyance, guide pratique

En finir avec le trac

Vers la confiance en vous en huit étapes

Le Guide des sciences parallèles

Le Guide du bénévolat et du volontariat

La Méthode Coué

Le Guide de l’animateur efficace

Devenir franc-maçon

Émotions : mode d’emploi

Sigmund Freud, l’homme, le médecin, le psychanalyste

 
 
 

À PROPOS DE CETTE ÉDITION ÉLECTRONIQUE

Édition, Conversion informatique et Publication par

NUMÉRILIVRE

 

Cet ouvrage est réservé strictement pour votre usage personnel.

 

Tous droits de reproductions, de traduction et d’adaptation sont réservés pour tous pays sous quelques formes que ce soit.

 

Copyright Numérilivre ©

Édition numérique : 2013

EAN : 9782366320084

Principe du livre

Dans un but d’efficacité immédiate, ce livre consacré au trac, se décline en six thèmes centraux progressifs, eux-mêmes déclinés en dix séquences, clairement et simplement rédigées. Chacune d’elles est exprimée par l’auteur en deux temps, articulés sur une double page :

• page de gauche : explications techniques de la séquence

• page de droite : exemples, conseils et exercices

Il vous est ainsi loisible de progresser à votre rythme. Après avoir approfondi le développement d’une séquence donnée, vous pouvez la mettre sur-le-champ en application dans votre cadre de vie personnel, à l’aide des suggestions et démonstrations proposées, toutes extraites du quotidien.

Introduction

Qu’est-ce que le « trac » ?

Ce vocable vient de l’ancien français « traque » désignant le fait de poursuivre et de capturer le gibier. Nous retrouvons bien cette image de bête affolée et prise au piège, dans la définition moderne du mot que donne le Petit Robert, et qui aujourd’hui désigne une émotion humaine spécifique :

« Peur ou angoisse irraisonnée que l’on ressent avant d’affronter le public, de subir une épreuve, d’exécuter une résolution, et que l’action dissipe généralement ».

Les animaux sociaux que nous sommes, connaissons tous un jour ou l’autre cette désagréable sensation d’être pratiquement cernés, coincés par un public et à sa merci, lorsque nous devons nous exprimer devant lui.

La prise de parole en société n’est d’ailleurs pas la seule cause du trac. Il y en a beaucoup d’autres sur notre route, de nos premiers examens scolaires à la rencontre de l’être aimé ! Nous les étudierons dans ce livre au fil de séquences présentées en doubles pages.

Le trac, en soi véritable réaction de sauvegarde, mais qui traduit à la fois le doute de nous-mêmes et notre appréhension du jugement des autres, est tout à fait naturel. Il est aussi nécessaire comme « analyseur » de notre environnement. Notre propos n’est donc pas de vous aider à le « tuer », tel un parasite malfaisant, mais au contraire de le domestiquer et d’en faire un ami !

C’est vers ce but que nous souhaitons vous conduire. Vous – étudiant, animateur, vendeur, comédien, avocat, cadre d’entreprise - que cet intrus taquine pendant vos prestations. Vous, qui restez muet devant un répondeur téléphonique ou qui êtes trac... assé par votre prochain rendez-vous galant !

Ce livre contient tous les trucs pour maîtriser les facéties du trac.

Partie I

Le trac, pourquoi ?
L’enfance

Observez un nourrisson qui sort de la maternité dans les bras de sa maman. Au contact de l’air et de la lumière du jour, il se rétracte aussitôt au fond de son burnous. Ainsi, après le choc de sa naissance, il vit cette seconde agression du monde extérieur comme une "peur-signal", annonciatrice des inconvénients à venir. Et qui ne tardent pas d’ailleurs !

De toutes nos peurs, celle que nous gardons enracinée au fond de nous-mêmes, c’est bien la crainte de notre semblable. Comme il est pénible au bébé dorloté dans le cercle familial, de devoir subir au fil des jours, ces yeux inconnus qui le scrutent et ces bras étrangers qui le saisissent ! Autant de regards et de manipulations répétés, autant de menaces mémorisées.

En grandissant, de la terreur du noir et des fantômes, à l’attraction des allumettes, du vertige des manèges au danger des produits toxiques, l’enfant rencontre sans cesse le « permis » et le « défendu ». Un curieux et excitant mélange de vraies et fausses craintes, que certains, de tempérament plus hardi, ne manquent pas de pimenter par le plaisir... de se faire peur !

Nous ne naissons effectivement pas égaux devant la peur. Ce petit garçon est terrorisé par les chiens, cette petite fille adore les caresser. Vous-même, souvenez-vous, n’éclatiez-vous pas en sanglots devant l’impressionnant père-noël des grands magasins, alors que, la mine ravie, vous vouliez vous promener des heures à dos de poney au parc d’attractions ? !

Il y a donc lieu de parler de « susceptibilité individuelle ». Sans entrer dans la querelle de l’inné et de l’acquis, on peut toutefois affirmer qu’à des degrés divers, tout le monde connaît le trac !

La découverte : un jeu d’enfant

 

Garder une part d’enfance en soi, c’est garder l’envie de découvrir, de jouer. Le jeu, dans son acceptation d’acte gratuit, éduque, détend, dilue la peur et le trac.

Le mot n’est pas la chose !

Puisque vous poursuivez la lecture de ce livre, vous êtes assurément concerné par le trac !

Le trac et le traqueur

Répétons-le : il s’agit d’une émotion que chaque être humain ressent à sa façon. Même si vous vous croyez plus « traqueur » que la moyenne des gens, rassurez-vous : le trac n’est pas une maladie !

Au lieu de maudire la nature qui vous a donné ce caractère émotif ou de reprocher à vos parents de vous « avoir élevé dans du coton », pensez plutôt au privilège qui est le vôtre de posséder cette qualité particulière. Soyez heureux d’être « sensible » et de posséder ce radar qu’est le trac. Votre émotivité signifie que vous avez la chance d’être un intuitif et aussi, que vous avez gardé votre âme d’enfant !

Vous avez dit « sensible » ?

 

Dans notre société refroidie où ne pas montrer ses émotions est devenu une règle de vie, la personne qui pleure sans motif grave ou affiche un air trop joyeux, étonne, devient suspecte, quand elle n’agace pas son entourage.

Or, qu’est-ce qu’un homme ou une femme « sensible », sinon un être délicat, attentif aux autres, au milieu ambiant. Quelqu’un qui par définition, regarde mieux qu’il ne voit, écoute davantage qu’il n’entend, sent et pressent, analyse et comprend les choses. Et qui de ce fait, donne souvent des idées, fait des suggestions, règle les problèmes avec bon sens.

Nous sommes loin ici de la « mauviette » ou de « l’hystérique », termes dont sont parfois qualifiés ceux ou celles qui sont avant tout ouverts au monde.

Exercice

Tout être sensible est souvent un créatif Et la création est un remarquable « évacuateur » de tensions, précisément à type de trac (ex : photographie, aquarelle, sculpture, vannerie, broderie, écriture, collections d’objets). Vous vous sentez prêt(e) ? Oui ? Alors, quand commencez-vous ?

L’éducation

Qui dit apprentissage de la vie, dit depuis longtemps famille, école, éventuellement religion et aujourd’hui médias... pour la formation continue !

• La famille. Cellule de base où l’enfant est normalement aimé, aidé, sécurisé, elle est aussi le premier lieu d’échanges... et de conflits. Tout a été dit et écrit sur les parents surprotecteurs, rigoristes ou laxistes ; sur les familles « ouvertes » ou « fermées », nombreuses ou restreintes, monoparentales ou substitutives ; ou encore sur les statuts de « frère aîné », « sœur cadette » ou « benjamine » avec les bénéfices, rivalités et jalousies qu’ils entraînent. C’est clair, aucun système familial n’est parfait et tous peuvent être sources de sérieux problèmes affectifs, donc d’anxiété et de trac. De la famille célèbre où il est si difficile de se faire un prénom, aux parents non diplômés et complexés qui se projettent dans la scolarité de leur enfant.

• L’école. Relais parental, elle devrait être un second lieu d’expression orale et d’épanouissement. Pourtant, écriture oblige, l’élève y apprend d’abord à se taire. Il est sans répit, noté, comparé, jaugé, jugé, par un corps enseignant européen traditionnellement enclin à valoriser le fort et critiquer le faible. À défaut de mieux, les examens et contrôles sélectifs continuent de stresser des générations d’étudiants, inquiets pour leur avenir !

• La religion. Notre civilisation gréco-judéo-chrétienne, qui perpétue à travers les cultes les notions de péché originel, de culpabilité et de punition, est elle-même fautive, en entretenant une peur dans l’inconscient collectif.

• Les médias. Ne sont-ils pour leur part des « agents tracogènes », en nous livrant chaque jour à domicile notre ration d’informations dramatiques ?

Entre nous

 

Nous sommes façonnés par la socioculture. En être conscient c’est déjà vouloir évaluer cette dernière et prendre éventuellement ses distances, pour préserver son libre-arbitre.

La maladie d’amour

Parce que nous naissons en quelque sorte, « inachevés », nous sommes d’emblée dépendants. Dès notre premier souffle, nous avons besoin de protection et de soins. Cette subordination, de l’ordre de la survie, nous amène à séduire maman et papa, pour obtenir d’eux attachement et tendresse.

Poussés par la peur inconsciente d’être abandonnés, que d’efforts déployons-nous pour recevoir cet amour de nos parents ! Que d’actes quotidiens ou ponctuels effectuons-nous à leur demande, et parfois sans enthousiasme, uniquement pour leur faire plaisir !

Ce bambin au bord des larmes pose pour une photo publicitaire de dentifrice. Il offre à l’objectif un sourire tremblant sous les yeux ravis de sa maman qui veut en faire un acteur de cinéma.

Cette petite fille rêvait de devenir danseuse classique. Deux fois par semaine, au conservatoire municipal, elle agite un archet grinçant et rageur sur les cordes d’un violoncelle, hérité de sa grand-mère.

Ce bachelier est très attiré par le journalisme. Il va néanmoins s’inscrire à la faculté de médecine afin de satisfaire les exigences paternelles...

Voilà comment des enfants et adolescents contraints, peuvent perdre ultérieurement confiance en eux, en persévérant par amour familial - et ensuite par nécessité - dans des tâches qu’ils n’aiment pas !

Le trac surgit souvent de cette attente infantile et anxieuse d’être aimé qui entraîne... à sans cesse faire plaisir aux autres !

Exercice

1. Souvenez-vous de vos principales peurs enfantines.

2. Que faisiez-vous pendant votre enfance pour obtenir la protection de vos parents ou éducateurs ?

3. Comparez vos réactions d’alors et votre comportement actuel devant la peur Tirez-en des conclusions.

La quête de reconnaissance

« Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour », dit le poète.

Conditionnés enfants à satisfaire les désirs de nos parents pour être aimés et à espérer leur approbation en retour, nous reproduisons bien entendu pendant l’adolescence le même scénario, avec nos éducateurs successifs. Et, devenus adultes, nous avons la même tendance dans notre vie professionnelle et personnelle. Nous éprouvons souvent dans notre vie quotidienne, le sentiment de beaucoup donner... et de peu recevoir !

Notre perpétuel besoin d’amour peut nous faire penser que nous sommes entourés de gens avares de leur affection. Nous nous demandons même parfois si nous ne sommes pas responsables de leur comportement, jusqu’à nous culpabiliser et auto-stresser (je ne sais pas aimer ! je ne sais pas me faire aimer !). Il ne nous vient pas toujours à l’idée que les autres, comme nous-mêmes, ne peuvent donner que ce qu’ils ont reçu.

Les familles où - souvent par pudeur – les effusions ne sont pas de mise, engendrent tout naturellement d’autres familles peu démonstratives.

C’est ainsi que :

Cet instituteur d’éducation très rigide, bredouille devant ses élèves, et ne sait pas les remercier pour le stylo qu’ils lui offrent le jour sa fête.

Cette épouse, élevée dans une grande restriction de sentiments, manque de tendresse pour son mari, qui est déstabilisé et songe à divorcer.

Ce chef de service, hostile aux embrassades, est effrayé de réunir ses collaboratrices, autour d’un pot.. à l’occasion des vœux de début d’année !

Une vie d’amour

 

Le « petit d’homme » a besoin d’être cajolé, massé, tenu dans les bras parentaux, bref il est friand de « rapports tactiles », pour s’éveiller au monde. Et grandir. La « grande personne », a besoin avec l’amour, d’une affection faite de bienveillance, de prise en compte, de respect, disons de « caresses sociales », pour se sentir rassuré. Et s’épanouir. C’est notre lot à tous !

Ce désir permanent d’être reconnu – aussi légitime soit-il - non seulement nous prive d’une énergie importante, mais est un grand générateur d’angoisse et de trac !

Une monnaie d’échange

Comment me faire remarquer ? Nous nous souvenons tous de notre maître ou maîtresse d’école pour qui nous nous appliquions de notre mieux sur nos cahiers. Ses commentaires et sa note à l’encre rouge dans la marge, constituaient autant de marques d’affection... ou de rejet Le ton de sa voix, son regard et ses gestes, autant de signes d’intérêt ou... d’indifférence, que nous guettions fébrilement.

Que faire pour exister dans mon couple ? C’est la question que se posent beaucoup de conjoints qui n’ont pas l’impression, à raison ou à tort d’être vraiment « pris en compte » par leur partenaire.

Comment obtenir sa considération ? Cette interrogation préoccupe aussi des millions de collaborateurs inquiets dans les bureaux et ateliers du monde entier, qui pensent ne pas être appréciés à leur juste valeur par leur chef de service. Ils voudraient être reconnus pour ce qu’ils sont et non essentiellement pour ce qu’ils font.

L’homme, cet animal social

 

Les manifestations d’amitié ou d’affection que nous échangeons, telle une monnaie, représentent bien plus que des rituels sociaux. Ce sont de véritables liens qui nous rattachent les uns aux autres et qui signifient notre appartenance. En tant « qu’animaux grégaires », nous sommes par essence intégrés à la masse des humains. Nous ne voulons surtout pas en être rejetés. En effet notre sentiment d’exister est lié à « l’œil de l’autre », à ses appréciations, bonnes ou mauvaises, au sein du groupe. De la sorte, nous avons besoin de signes de reconnaissance, du type « tu me vois, donc je suis ». Bref, ce que nous désirons de toutes nos forces, c’est être pris en compte, faire partie de l’ensemble, parce que cette attention et cette considération qui nous sont portées répondent à une nécessité fondamentale : comme de pain et d’eau, il nous faut pour vivre le verbe de l’autre, qu’il soit gratifiant ou dévalorisant !

Donner pour recevoir

Lorsque ces signes de reconnaissance ne viennent pas, plutôt que les espérer « en stressant », mieux vaut nouer les fils d’un dialogue ou les renouer s’il a existé. C’est à dire que, comme l’indique l’adage populaire, « il faut donner pour recevoir ». La parole, mais aussi le regard, le geste, constituent cette verbalisation, matière même des échanges, qu’il faut sans cesse recommencer.

Trop de gens attendent passivement les réactions de leurs homologues. Or il convient aussi, d’oser de prendre la liberté d’aller vers l’autre et de lui apporter ce « nutriment de l’âme », dont il a besoin... et qu’il attend lui-même.

Être aimé, c’est d’abord aimer Pour favoriser la vraie rencontre.

La peur de l’autre...

Notre condition humaine nous impose de vivre dans « une logique contradictoire ». En tant qu’être unique, chacun de nous veut son indépendance qui ne peut se réaliser... que dans la dépendance ! Nous avons besoin de l’autre, de notre naissance à notre mort.

Il est à la fois notre miroir qui nous renvoie notre image et atteste de notre existence, notre juge qui approuve ou réprouve nos comportements et notre rival qui peut prendre notre place, puisqu’il est notre « alter ego »

Ainsi cet « autre moi », représente à la fois un regard et une force, à première vue deux raisons suffisantes pour nous faire peur !

• L’auto dévalorisation. Exister, c’est nous montrer aux yeux de l’autre. C’est nous exposer, donc révéler nos faiblesses, permettre la critique.

C’est aussi croire que cet autre nous désire parfait. Et comme la perfection n’est pas de ce monde, c’est penser que nous ne pouvons pas satisfaire ce « témoin ». C’est du même coup nous déqualifier !

• La survalorisation d’autrui. La seconde raison de notre peur de l’autre est le pouvoir et les intentions que nous lui accordons trop fréquemment. Cette conviction d’être « deviné » et jugé nous entraîne alors dans des attitudes infantiles de soumission ou d’infériorité, qui bien entendu, ouvrent toutes grandes les portes au trac !

En clair, dans la vie relationnelle, nous créons de toutes pièces, notre peur de l’autre ! Si nous voulons bien le considérer comme notre égal, nous n’avons aucune raison de le craindre.

L’autre, notre grande « affaire » existentielle

 

Que nous l’aimions ou le détestions, selon les circonstances, il faut « faire avec », comme lui-même, doit s’accommoder de nous. Dans ces conditions, autant décider de nous accepter mutuellement ! L’autre nous fait peur... parce que nous le connaissons, puisque nous sommes un autre, et savons ce qu’il peut faire, de bien comme de mal à notre image. « Je est un autre », dit le poète Arthur Rimbaud. Aimer l’autre ou le détester, c’est s’aimer soi-même ou se détester. Nous sommes sans cesse devant ce choix de la rencontre ou du retrait. En tant que démarche volontaire, le chemin vers l’autre passe donc par notre personne et l’estime de soi.

... ou la peur de soi-même

La crainte de notre semblable est intimement liée à celle de nous-mêmes.

C’est ce manque de confiance en soi - en quelque sorte une autoprescription d’échec - qui nous fait redouter les autres et qui nous paralyse à l’avance, si l’on ne réagit pas.

Nous avons tous entendu... ou prononcé ces formules définitives :

1. « Je ne pourrai jamais parler devant cent personnes... "

2. « Je sais que je vais rater mon oral de philo... "

3. « Il n’est pas question que je passe à la télévision... "

4. « Je suis incapable de rédiger cette demande d’emploi... "

5. « Je me vois mal en train de vendre un contrat d’assurances »

De telles phrases négatives qui « s’impriment » dans le cerveau deviennent véritablement des injonctions ! La bonne réaction consiste d’évidence à les remplacer par autant d’arguments dédramatisants et pratiques.

Soyez positif !

Si nous reprenons les cinq situations ci-dessus, données en exemples, nous pouvons très bien les considérer avec une vision positive d’autrui, donc de nous-même. Et ainsi réussir !

1. Je peux parler devant cent personnes, parce que je vais m’adresser à chacune d’elles, et chacune d’elles n’a pas de raison de m’être hostile, ni moi d’être agressif. Je suis donc serein avant mon discours. Je le serai aussi pendant.

2. Lors de cet oral de philosophie, je vais me présenter à une personne qui sera là pour me respecter en tant qu’autre personne, et m’écouter. Je n’ai donc aucune raison de me voir battu d’avance !

3. La télévision est simplement une technique qui va montrer mon image à des spectateurs éloignés. Je suis comme je suis : je vais être reçu et vu par eux, comme un de leurs semblables, ni plus, ni moins.

4. Je vais rédiger cette demande d’emploi en indiquant ma formation exacte et mes motivations précises, donc en toute quiétude. Et le recruteur va simplement apprécier ma lettre selon ses besoins.

5. À partir du moment où je propose honnêtement un contrat d’assurance s sérieux, il s’agit d’un produit comme un autre. Par ailleurs, j’offre un service à quelqu’un, libre de l’accepter ou non.

Nous le voyons ici, nous appréhendons souvent les autres, non en fonction de ce qu’ils sont réellement, mais à travers des évènements dont nous exagérons les risques.

La timidité

Il ne faut pas confondre trac et timidité.