Féminins singuliers - Sarah Hernalsteen - E-Book

Féminins singuliers E-Book

Sarah Hernalsteen

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Beschreibung

De la mère de famille à la jeune mariée en passant par toutes les époques qui jalonnent une vie, Féminins Singuliers est un livre de nouvelles avec un clin-d'oeil vérité sur la condition féminine. Remplie d'humour et de tendresse, l'écriture de Sara H est un plaisir. Sans jamais être moralistes, sans jamais culpabiliser et sans agresser, ces petites "nouvelles" se déclinent sous la forme d'un alphabet de prénoms féminins. La rupture entre le monde du rêve et celui de la réalité apporte une liberté, dont la femme a eu du mal à s'emparer. L'auteure se remémore à 86 ans avec jouissance ses rencontres. Délibérément, nous avons laissé les réflexions du temps où Sarah était plus jeune. En évoquant certains clichés d'une époque ce livre de nouvelles est un bond dans le passé avec les prémisses d'une métamorphose annoncée.

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Seitenzahl: 64

Veröffentlichungsjahr: 2021

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Merci à toutes les librairies

qui acceptent de vendre nos livres.

Se faire publier est très couteux

et surtout impossible.

Les maisons d’édition classique

ne s’intéressent pas assez aux auteurs

qui ont pourtant la passion de l’écriture.

Merci aux libraires d’aimer leur métier

et de nous laisser un coin de leurs rayonnages.

À mes petits-enfants Nathan, Benoit, Martin

Sommaire

PRÉFACE

Armande

Bernadette

Caroline

Denise

Estelle

Flavie

Gisèle

Henriette

Inès

Jeanne

Kathleen

Laura

Magali

Nelly

Odette

Pauline

Quincy

Rolande

Simone

Thérèse

Ursule

Viviane

Wendy

Xuan

Yolande

Zénobie

PRÉFACE

Lorsque par hasard Philippe, le fils de Sarah H, me fit lire ces lignes en cachette, il ne s’attendait pas à tant d’enthousiasme de ma part. Je fus séduit par cette écriture simple et généreuse. Nous avons décidé ensemble de vous les faire partager.

Depuis, je sais que Sarah est heureuse du présent que lui fait son fils. Comme par provocation et par jeu, elle lui a même promis d’en faire une suite au masculin !

Sarah Hernalsteen, Belge de naissance, 86 ans, a été professeure de français, la langue pour elle est une règle d’honneur, de respect ancestral. Retrouver son langage est un gage de bonheur et de souvenance.

Sarah navigue dans sa vie entre les joies partagées de son potager, de ses petits-enfants et de ses mots qu’elle nous donne à déguster. Dans cette série de nouvelles, vous allez retrouver des mots moins usités de nos jours, en effet les smileys n'y courent pas les pages. Les quiproquos d’amour de Thérèse trahiront peut -être les secrets de vos ancêtres. Tante Ursule vous fera penser à Tatie Danielle. Même voler un magazine dans une salle d’attente ne vous culpabilisera pas, et que du contraire, vous rappellera des souvenirs. Vous apprendrez à crier « Abacadabra » avec Viviane pour garder l’espoir…

Ces contes à mi-voix, entre anecdotes et narration contée, nous emportent dans des souvenirs avec émotion et grande tendresse.

J’espère que vous prendrez autant de plaisir que nous à parcourir cet alphabet « Féminins singuliers ».

Hervé Meillon (M La Suite)

Armande

Le père d’Armande vient de décéder dans le home où il avait lui-même voulu entrer, se rendant compte qu’il ne lui était plus possible de vivre seul. Après l’enterrement, seule héritière, Armande a décidé de vendre la maison. Hier, elle a pris son courage à deux mains, elle a commencé par faire le tri des vêtements, des meubles, des bibelots, de ce qu’elle désire garder et de ce qu’elle va donner à une association s’occupant de nécessiteux.

Aujourd’hui, elle dépose les boîtes à chaussures sur la table de la salle à manger et s’attaque aux papiers. La première contient des factures, des modes d’emploi, des garanties d’appareils disparus. Dans la seconde, elle trouve de vieilles cartes postales, des cartes de vœux et des lettres glissées dans une grande enveloppe brune. D’abord, elle hésite à les lire, mais la curiosité est la plus forte surtout quand elle se rend compte que la majorité d’entre’elles, pieusement gardées par sa mère, ont été écrites par son père alors qu’il était prisonnier en Allemagne. Née en 1940, Armande ne l’a vu pour la première fois qu’à son retour en 1945 et elle aimerait en savoir plus sur ce père qui a toujours refusé de lui raconter sa vie en captivité.

Au fil des pages, elle apprend que son père a d’abord séjourné dans une ferme où lui et ses compagnons étaient traités comme des esclaves, logés dans une grange, privés du minimum et obligés de voler pour satisfaire leur faim. Après 6 mois, il avait été affecté à une autre ferme tenue par trois femmes et où le seul homme était un vieux grand-père de 78 ans.

Là, grâce à son travail et à ses initiatives, il avait peu à peu gagné la confiance de toute la famille, mangeait avec eux et avait même une chambre dans le grenier du logis. Il y était resté jusqu’à la fin de la guerre. Après les avoir lues, Armande décide de les brûler. Maintenant, elle s’attaque à la troisième boîte qui ne contient que des photos.

Il y a des photos de ses parents jeunes, celles de la famille et celles de son enfance prises par sa mère afin que son père puisse apprécier à son retour comment était cette petite fille née pendant sa captivité. Il y a aussi des photos de gens qu’elle ne connaît pas, mais souvent, au dos, il y avait un nom ou une date. L’une d’entre’elles, celle d’un bébé souriant porte un nom qu’elle n’a jamais entendu : Gaspard / Velburg / 1944

Parmi les photos où elle se trouve avec son père et sa mère lors de vacances à la mer, elle trouve celle d’un petit garçon, seul devant des lions du zoo, et au dos le même prénom : Gaspard / Anvers / 1954

Intriguée, elle continue sa recherche et trouve une troisième photo : vraisemblable prise à l’Exposition internationale de Bruxelles : son père en compagnie d’un jeune homme, au dos, on a écrit : Gaspard / Bruxelles / 1958

Les photos semblent confirmer les doutes que certains sous -entendus lors des discussions familiales avaient éveillés et elle comprend mieux la discrétion de son père.

Maintenant, elle se demande :

- Comment est ce demi-frère en Allemagne ?

- Connaît-il mon existence ? Que fait-il ? Est-il marié ?

- Si j’essaie de le retrouver, comment m’accueillerait-il ?

- Ne vaut-il pas mieux laisser les choses telles qu’elles sont ?

Elle ne peut répondre à aucune de ces questions, alors, elle reporte sa décision pour plus tard et enferme les photos dans la boîte.

Bernadette

Le handicap ne durera pas, enfin ... c’était ce qu’avait dit le chirurgien, mais … elle est dans ce fauteuil roulant depuis plus de trois mois et le temps lui paraît si long.

Au début, la hargne au cœur, elle a utilisé les béquilles, croyant que cela serait plus facile pour se déplacer, mais après des efforts douloureux et fatigants, elle est vite revenue au fauteuil roulant.

Avec détermination, par orgueil, elle essaie de vivre comme d’habitude, elle ne veut dépendre de personne, mais sans succès.

Elle est vexée par le sourire de commisération de ceux qui se proposent de l’aider, elle se sent atteinte par l’hésitation de ceux qui ne savent pas quelle attitude prendre ou qui détournent les yeux, le regard ennuyé.

Tout est, rapidement, devenu trop difficile à supporter et de plus en plus souvent, elle préfère s’enfermer, seule, chez elle.

Son meilleur lien avec l’extérieur, c’est le téléphone posé sur une petit e table à côté d’elle, à portée de main et toujours disponible.

Quand elle prend l’initiative d’appeler, elle croit percevoir une légère exaspération chez son interlocuteur, elle comprend qu’elle tombe mal, alors, elle écourte la conversation et puis, peu à peu, elle hésite et téléphone de moins en moins souvent. Si la sonnerie aigrelette résonne, c’est comme une fenêtre qui s’ouvre brusquement toute grande sur le monde, elle ne décroche pas tout de suite pour prolonger ce moment, ce délicieux petit pincement au cœur, cette attente d’une voix connue et amicale.

Quand des amis viennent la voir et qu’ils restent debout à côté d’elle, elle doit les regarder de bas en haut et cela lui donne un sentiment d’infériorité qu’elle supporte mal, mais quand enfin, ils s’asseyent sur le divan, ils se trouvent à la même hauteur qu’elle et pendant un moment, elle oublie sa chaise roulante.