4,99 €
Se cachant d’un ex-petit ami fou, Hannah Winters est déterminée à garder la tête baissée et à protéger son cœur. Son métier de docteur l’a menée au bord du burnout, sans compter un ex qui cherche à la dominer... Elle ne cherche pas d’aventure, mais c’était sans compter sur les deux cow-boys. Rien qu’en apercevant Cole et Declan, Hannah sait qu’elle aura du mal à leur résister.
Declan a grandi à Bridgewater, et son travail en tant que policier signifie qu’il est capable de sentir le danger, et Hannah Winters suscite toutes sortes de sentiments qu’il ne peut pas combattre. Quand son ami, Cole, déniche une femme aux yeux pleins de désir, mais au passé mystérieux, sa détermination le poussera à l’apprivoiser et à découvrir ses peurs et ses désirs les plus profonds.
Quand son passé la rattrapera, ce sera Cole et Declan qui la convaincront d’arrêter de s’enfuir et qui la convaincront de leur désir pour elle. Ils vont la réclamer, même s’ils doivent y mettre tous les moyens... un baiser plein de fougue après l’autre.
Attention : chaud bouillant ! Je suis toute à vous est le deuxième livre de la série salace où deux cowboys et mâles alpha trouvent la fille de leurs rêves. Ce livre peut se lire sans avoir lu le précédent. Pas de scène mâle / mâle.
Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:
Veröffentlichungsjahr: 2018
COMTÉ DE BRIDGEWATER
TOME 2
Copyright © 2017 par Vanessa Vale
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les événements sont les produits de l’imagination de l’auteur et utilisés de manière fictive. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, entreprises, sociétés, événements ou lieux ne serait qu’une pure coïncidence.
Tous droits réservés.
Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme ou par quelque moyen électronique ou mécanique que ce soit, y compris les systèmes de stockage et de recherche d’information, sans l’autorisation écrite de l’auteur, sauf pour l’utilisation de citations brèves dans une critique du livre.
Conception de la couverture : Bridger Media
Création graphique : Deposit Photos: Veneratio
livresromance.com
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Contenu supplémentaire
Obtenez Un Livre Gratuit !
Tous les livres de Vanessa Vale en français:
À propos de l'auteur
HANNAH
Leurs mains étaient sur moi. Oui, leurs mains. Deux paires de grandes paumes calleuses glissaient sur ma peau nue, éveillant chaque extrémité nerveuse de ma peau. Je pouvais les sentir, une de chaque côté de moi. J’étais prise en sandwich entre deux corps durs et bien musclés, leurs bites dressées se pressant contre mes hanches. Ils me voulaient, c’était évident.
Mais deux hommes ? J’étais médecin. Ma vie sociale consistait en une pause d’une heure à minuit, pour dîner, entre deux traumatismes. La seule variation dans ma garde-robe était de savoir si je devais porter des gants en plastique vert ou bleu avec ma blouse de médecin. J’avais dû utiliser du maquillage pour la dernière fois au cours de ma deuxième année d’école de médecine et mes cheveux n’étaient rien d’autre qu’une queue de cheval pour les maintenir hors de mon visage.
Je ne pouvais pas attirer un homme dans mon lit, et encore moins deux. Eh bien, j’y avais bien amené un connard, mais ça ne s’était jamais passé comme ça. Jamais été aussi chaud et plein de désir, frénétique et... salace. L’un a trouvé le dos de mon genou, et m’a écarté les jambes. Le second calquait ses actions sur le premier, aussi j’étais sur mon dos, mes jambes bien ouvertes. Avec leurs mains me tenant ouverte, j’étais à leur merci, disponible pour tout ce qu’ils voulaient faire. Et cela incluait un doigt entourant très doucement le haut de mon clitoris.
« Ta culotte est toute trempée », dit la voix, sombre et rude. Il semblait très heureux que je sois excitée pour lui. Je mouillais ; Je pouvais sentir la soie s’accrocher à mes lèvres. Je sentais les poils durs et rugueux sur ma joue pendant qu’il m’embrassait. En inclinant la tête, je lui offris un meilleur accès.
Je sentis une traction sur ma hanche, puis entendis mes sous-vêtements en dentelle qui se déchiraient. C’était ma seule concession féminine. Une culotte en dentelle. Cette culotte était maintenant hors d’usage, juste un bout de tissu déchiré, mais je m’en fichais. Un mec venait d’arracher ma culotte. Je n’allais pas me plaindre.
« Jamais eu deux hommes avant ? », Les mots étaient murmurés à mon oreille. C’était le deuxième homme, la voix plus grave. Rien qu’en l’entendant, j’avais la chair de poule.
Je secouai la tête et me cognai le front.
« Tu vas adorer ».
Une main effleura mon mamelon nu et je haletai. Mon corps était si réactif, la pointe se durcissant immédiatement. Je cambrais mon dos, désireux d’en avoir plus. Cette légère caresse ne suffisait pas.
Oui, j’allais adorer.
Un doigt fit le tour de mon orifice, en contournant le pourtour mais sans entrer à l’intérieur.
« S’il vous plait », suppliai-je. Je savais ce que je voulais et c’était eux, et tout ce qu’ils pouvaient me donner.
« Patience. Les filles gentilles obtiennent exactement ce qu’elles méritent » dit la voix alors que son doigt glissait en moi.
« Oui ! »
Tout à coup, j’eus froid, les mains chaudes et douces avaient disparu. Je ne les sentais plus autour de moi. J’étais seule. Il faisait noir et au lieu de me sentir désirée, je me sentais sale. Effrayée. Exposée.
« Les mauvaises filles obtiennent aussi ce qu’elles méritent ».
Cette voix.
Oh, Mon Dieu ! Je connaissais cette voix.
Ce n’était pas la voix des autres hommes. Non, c’était Brad.
Il était fou. Furieux. Je me recroquevillai en me pelotant pour me protéger.
Je respirais l’eau de Cologne familière et écœurante. « Tu es à moi ! Tu ne m’échapperas jamais ».
Je me redressai dans mon lit, haletante alors que je luttais contre les draps emmêlés autour de mes jambes, essayant de m’éloigner.
Un rêve.
Mon Dieu, tout était un rêve.
Pas d’hommes sexy. Pas de Brad.
J’étais dans mon nouvel appartement au-dessus du diner. Seule. Libérée de Brad, mais à peine libre.
J’étais couverte de sueur, mon t-shirt était moite, et j’avais du mal à respirer. Ma peau se refroidit rapidement, mes mamelons se durcirent. Ma chatte me faisait mal, me rappelant la façon dont j’avais été caressée dans mon rêve. Ma main glissa sous les couvertures, sous ma culotte. J’étais mouillée grâce à mon rêve. Je voulais que ces doigts me fassent jouir, avec cette idée folle en tête que j’étais au centre d’un trio. Impossible. Irréel. Mais ça n’avait été qu’un rêve. Un rêve chaud et bien salace, mais Brad l’avait gâché. Pas seulement mon sommeil, mais aussi mes heures de veille.
Il avait tout gâché.
J’avais beau avoir fui LA et ses poings cruels, mais la voix dans mon rêve avait été trop vraie.
Je ne m’éloignerais jamais de lui.
HANNAH
La tenue vert pâle du resto était certes démodée, mais confortable ... et réconfortante. Je passai mes mains sur le mélange de polyester, pris une profonde inspiration. C’était loin des tenues auxquelles j’étais habituée, mais la simple robe avec son tablier blanc propre était un retour à une autre époque, tout comme cette ville dans laquelle je me trouvais. Bridgewater. Comment diable étais-je arrivée ici ? Pas seulement ici, comme au Montana, mais ici à me cacher. Mettre ma vraie vie en attente à cause d’un connard d’ex. Qui m’avait obligée à m’enfuir.
Cette question trottait en permanence dans ma tête depuis que je m’étais arrêtée dans cette petite ville, il y a deux semaines. Alors qu’elle était sise dans une vallée parfaite, ce n’était pas exactement Londres. C’était loin d’être une destination de vacances, et être serveuse dans le restaurant local était l’opposé de la carrière de rêve que j’avais laissée derrière moi. On ne tourne pas le dos comme ça à dix ans d’études et d’internat. Personne sauf moi. Mais une femme en fuite ne pouvait pas être difficile, et Bridgewater était aussi paumée que n’importe quelle ville pouvait l’être. Et c’était le but, n’est-ce pas ? Je n’étais pas là en vacances. Je ne profitais pas des paysages. J’étais là pour me cacher, tout simplement.
La colère maintenant familière se dissipa et je pris une profonde inspiration pour contrôler mes émotions. Je me regardai dans le miroir de la salle de bain. Seul un soupçon de maquillage - quelque chose devait bien cacher les poches sous mes yeux - et les cheveux tirés en arrière dans une queue de cheval. Mon internat ne me laissait pas le temps de me préparer, aussi étais-je habituée à être la plus naturelle possible. J’étais habituée, également, au manque de sommeil. Mais je n’étais pas debout depuis 48 heures, comme au service des urgences. Je ne ressemblais à rien, parce que j’avais peur. Et cela me mettait hors de moi ! Il m’avait réduite à ça. À moitié effrayée, à moitié folle. Honnêtement, ces jours-ci, je ne savais pas contre qui j’étais le plus en colère : mon ex parce qu’il me terrorisait ou moi-même, parce que je m’étais enfuie. Ou même parce que j’avais pu un jour voir des qualités en lui.
Brad Madison avait été le petit ami idéal ... au début. Beau, attentionné, même doux. Mais j’ai vite compris que ce n’était qu’une façade. Personne ne se met en couple avec une personne qui se révèle être un monstre. Ils étaient toujours doux et charmant, affectueux et adorable au départ. Brad n’avait pas changé du jour au lendemain non plus. Sa spirale infernale était lente et insidieuse. Il était progressivement devenu plus dirigiste, et avec le temps ses mots étaient devenus cruels. Après plusieurs semaines d’absence, tout semblait si évident. La façon dont il m’avait manipulée et me faisait douter moi-même - un cas typique d’abus émotionnel. Je voyais ça tout le temps aux urgences : une femme qui s’était « prise une porte » ou qui avait « glissé ».
Je ne l’avais pas vu à l’époque, même avec tout le temps que je passais à l’hôpital à travailler. Le changement dans Brad et dans notre relation s’était produit si graduellement que j’avais perdu toute objectivité.
Jusqu’à ce que je me prenne tout en pleine figure.
Une seule fois, mais cela faisait partie du problème. Ma première réaction après le choc et la peur a été de me dire que ça n’avait été qu’une seule fois. Je me suis trouvée à vouloir le croire, que ça n’allait pas se reproduire. Qu’il était vraiment désolé et qu’il allait vraiment changer. Que son comportement soudainement gentil était le vrai lui. Le pire de tout, c’est que je suis tombée dans le piège classique. J’ai commencé à m’en vouloir. Je brûlais les œufs. Le moment où j’ai réalisé que je lui faisais des excuses était aux urgences. J’avais mis trop de fond de teint et de crème pour cacher l’ecchymose sur ma joue, quand une femme qui avait été battue par son mari, entra aux urgences. J’avais commencé à lui sortir toutes les phrases standard, sur le fait qu’elle n’avait pas à accepter cela, qu’il y avait de l’aide, et qu’elle pouvait porter plainte. Puis elle m’a regardé, a pointé son doigt vers ma joue et m’a demandé ce qui s’était passé. J’allais ouvrir la bouche pour lui sortir un mensonge, puis j’ai réalisé, comme une ampoule qui s’éteint, que je n’étais pas différente d’elle.
Je lui ai dit la vérité, que j’avais été frappé par mon copain - à propos d’œufs !
Je lui ai dit que j’allais quitter Brad si elle quittait son mari cruel. J’ai quitté le service des urgences ce soir-là en me disant que c’était terminé. Ou que j’allais faire de mon mieux. Il m’a fallu tout mon courage pour dire à Brad que c’était fini, de peur qu’il ne me frappe de nouveau alors que je lui parlais. S’il m’avait frappé au petit déjeuner, que ferait-il quand je lui dirais que je le quittais ? À ce moment-là, j’avais vraiment eu très peur de l’homme que je croyais être l’amour de ma vie.
Je n’avais aucune idée de ce qui est arrivé à la patiente aux urgences. Je ne pouvais qu’espérer qu’elle avait obtenu de l’aide, et qu’elle était partie. Quant à moi ? J’étais partie, mais il n’y avait pas d’aide. Je ne pouvais que me cacher.
En jetant un coup d’œil autour de mon appartement d’une chambre situé au-dessus du restaurant, j’essayai de ressentir de l’admiration plutôt que du ressentiment d’avoir été chassée de mon ancienne vie et de ma carrière. Et j’étais reconnaissante. L’espace était spartiate, mais propre. Le loyer était bon marché et le trajet pour se rendre au travail était seulement une volée d’escaliers. J’avais eu de la chance de trouver cet endroit, avec ses habitants sympathiques. Bridgewater était une image parfaite, une ville de l’ouest comme un tableau de Norman Rockwell. Le fait qu’il y ait eu un boulot à prendre dans le vieux restaurant sur la rue principale avait été un coup de chance. J’avais besoin d’argent, d’argent qui ne provenait pas d’un guichet automatique ou d’une carte de crédit qui pouvait être identifiée. Bien sûr, je n’avais pas eu le temps de me préparer une nouvelle vie avant de m’enfuir, alors je me sentais chanceuse.
J’ai ramassé mon baume à lèvres, je l’ai passé sur mes lèvres sèches, mes pensées revenant à Brad.
Après lui avoir dit que je le quittais, je suis sorti de son appartement en pensant naïvement que je ne le reverrais plus jamais. J’avais été soulagée. Libérée. Quelle idiote ! Bien sûr, il ne me laisserait pas partir aussi facilement. Quelques heures plus tard, il s’était présenté chez moi. Je savais qu’il avait bu à cause du regard vitreux dans ses yeux, et de son haleine empestant le whisky.
Tu es à moi et je ne te laisserai jamais partir.
Ces mots résonnaient toujours dans mon crâne la nuit, alors que je devais dormir. Comme le rêve bizarre de la veille. Un mélange de rêve érotique et de mon pire cauchemar. La possessivité de son ton cette nuit-là, et son ricanement me donnaient encore la chair de poule. Après cela, la situation avait dégénéré. Il s’était présenté à l’hôpital quand j’étais en poste, ivre et en colère, tout en hurlant. Il criait qu’il s’assurerait que plus aucun homme ne m’aurait. Qui sait ce qui serait arrivé si les gars de la sécurité n’étaient pas arrivés ?
Et puis il y avait eu les fleurs sur mon pas de porte avec un mot d’excuse, suivie de messages menaçants sur ma boîte vocale. Son comportement était devenu erratique et je savais que ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne franchisse à nouveau la ligne et ne m’agresse physiquement. J’avais été formée pour en parler à des femmes, car je savais parfaitement ce qu’un homme violent était capable de faire aux femmes.
J’avais essayé de parler à la police, mais comme rien ne s’était réellement passé, elle ne pouvait pas agir.
Je savais alors que si je restais à Los Angeles, la fois suivante aurait été plus grave qu’une simple joue meurtrie. Et donc j’avais fui.
Je me retournai pour faire face au grand miroir à l’arrière de la porte de la salle de bain. Contemplai mon reflet. L’uniforme, le tablier. Au revoir Hannah Winters, bonjour Hannah Lauren.
Brad était à mille lieues de là et il n’y avait donc aucun danger. Ou du moins j’espérais. Au bout de deux semaines, je commençai à respirer plus facilement, à dormir plus de quelques heures à la fois, et ne me réveillai plus à chaque petit grincement du vieux bâtiment. Ou à cause d’un putain de cauchemar. Je n’avais rien à craindre ici à Bridgewater - Brad n’était pas là - et rien que pour cela, ça en valait la peine. J’avais quitté Los Angeles et il n’avait aucun moyen de me retrouver, j’étais sûre de ça. J’avais peut-être du mal à le percer à jour, mais je n’étais pas stupide. J’étais médecin. J’avais parlé avec quelqu’un de « trouver un refuge », de « m’enfuir » sans laisser de traces. J’avais changé mon nom.
Au moment où il était parti cette nuit-là et que j’étais certaine qu’il n’attendait pas à l’extérieur de mon immeuble, je me suis lancée. J’avais jeté des vêtements dans un sac, pris de l’argent dans trois guichets automatiques différents et m’étais dirigée vers la gare routière. J’avais sauté dans le premier bus que j’avais pu trouver, puis à Salt Lake City, j’en avais pris un autre. Bridgewater était justement l’une des villes où le bus s’arrêtait pour offrir à ses passagers une courte pause et un repas. Quand je suis sortie du bus et que j’ai cette image d’une ville d’un autre temps, je me suis dit que cette petite ville ferait bien l’affaire et que je pouvais y poser mes valises. Et m’y cacher. Je resterais jusqu’à ce que je décide de l’étape suivante.
Le bus était parti sans moi et je m’étais retrouvée à flâner dans les six pâtés de maisons qui constituaient le centre-ville de Bridgewater. La rue principale était bordée de bâtiments en brique de deux étages qui sortaient tout droit du 19e siècle, avec des magasins qui vendaient des chapeaux et des bottes de cowboy, des cannes à pêche, des fusils et tout autre équipement de plein air. C’était charmant, bien sûr, mais pas exactement un épicentre de possibilités d’emploi. C’était vraiment un coup de chance que le restaurant avait un panneau affiché dans la vitrine : « chercher serveuse ». J’avais eu encore plus de chance : la propriétaire du restaurant, Jessie, semblait m’apprécier malgré le fait que j’étais une étrangère avec une expérience dans la restauration proche du zéro. Je venais juste de descendre du bus et elle me proposait un boulot au restaurant et un petit appartement au-dessus.
Jusqu’à présent, les choses s’étaient bien passées à Bridgewater. Mon boulot au restaurant m’avait bien occupée, et les habitants étaient incroyablement gentils - et j’étais à l’abri de Brad. J’avais réussi à me faire oublier. Je me forçais à sourire en voyant mon reflet. Tu vois ? Reconnaissante.
De grands yeux verts se détournèrent du reflet. Au moins, ils n’étaient plus remplis de peur - c’était quelque chose que je ne prendrais plus jamais pour acquis. Les poches noires sous mes yeux avaient également disparu. Même si je n’arrivais pas à dormir toute la nuit, un médecin avait l’habitude de manquer de sommeil. Être une serveuse dans une petite ville n’avait pas fait partie de mon plan de carrière lorsque j’ai obtenu mon diplôme d’école de médecine, mais je me suis rendu compte - étonnamment - que j’aimais ce job.
Le travail était dur, mais je savourais la distraction. En outre, le travail manuel aurait pu être difficile, mais c’était beaucoup moins stressant que de travailler aux urgences. Les clients que je servais n’étaient ni malades, ni mourants. Ils voulaient juste une tasse de café ou le plat du jour. Bien sûr, mon travail me manquait, mais faire une pause loin de tout ce stress et des ces questions de vie ou de mort était un soulagement. J’avais eu assez de stress dans ma vie grâce à Brad.
Être serveuse était un travail fatigant. Pour la première fois depuis des siècles, je m’endormais à la fin de la journée et je me réveillais après avoir fait de moins en moins de cauchemars.
D’ailleurs, je n’allais pas rester serveuse jusqu’à la fin de mes jours. Je serais de retour à mon ancien travail assez rapidement. Mon séjour à Bridgewater serait de courte durée, le temps que Brad reparte sur le terrain, à l’étranger. Étant dans l’armée, et même en tant que lieutenant-colonel, il devait faire ce qu’on lui disait et il ne pouvait pas dire à ses commandants qu’il ne voulait pas partir à l’étranger. Il ne pouvait pas les frapper même s’il n’était pas content avec eux.
Il avait mentionné qu’il serait envoyé en Corée du Sud pour diriger un bataillon qui s’occupait de la maintenance des hélicoptères sur une base. Il allait être déployé pendant quatre ans et il ne pourrait plus me faire de mal une fois qu’il serait parti. Je ne connaissais pas la date exacte de son départ, mais d’ici quelques mois, tout au plus, nous serions séparés par l’Océan Pacifique. Tout ce que j’avais à faire était de faire profil bas jusqu’à ce qu’il soit parti et ensuite je pourrais récupérer la vie qu’il m’avait volée. Il serait en Asie. Même si je ne souhaitais à personne de subir ce qu’il m’avait fait subir, je savais qu’il trouverait probablement une autre femme qu’il contrôlerait et manipulerait. Ensuite, il m’oublierait.
Je lissai mes cheveux, la queue de cheval ne faisant pas grand-chose pour apprivoiser les boucles sauvages. Mon service démarrait dans quelques minutes et je ne voulais pas être en retard, surtout pas à cause de mon discours de motivation quotidienne. Le restaurant de la ville était toujours bondé à l’heure des repas et mes journées se déroulaient à une vitesse folle, tandis que je courais à droite et à gauche pour satisfaire mes clients.
Je pensais notamment à deux clients : Declan et Cole. Je souriais à mon reflet. Voilà deux clients que j’aurais été heureuse de satisfaire. Mon ricanement résonnait dans l’appartement calme. Je n’avais pas entendu mon propre rire depuis trop longtemps. Les hommes en question étaient venus déjeuner au cours de mes services la semaine dernière et j’espérais fortement qu’il en serait de même aujourd’hui. Dire que leur présence était le point culminant de ma journée avait quelque chose de pathétique. Mais quand je les ai vus entrer par la porte d’entrée et s’installer dans une cabine de ma partie du restaurant - toujours ma partie -, je me sentais comme une ado de seize ans avec un béguin pour le joueur de football américain du lycée.
Était-ce mal d’avoir le béguin, d’accord, deux béguins, tout en étant en fuite ? Probablement. J’ai peut-être seulement pris une petite valise, mais j’avais beaucoup de bagages. En voyant ces deux cow-boys sexy, mon cœur se mit à battre la chamade et mes paumes devinrent moites. Juste à la vue du duo viril, mes tétons se contractèrent et j’étais sûr que cela se voyait à travers le mince tissu de mon uniforme et de mon soutien-gorge.
C’étaient des cowboys, des vrais, et Jessie m’avait surprise en train de les regarder. Elle s’était approchée de moi le premier jour, s’était penchée et m’avait dit qu’ils étaient tous les deux de grands verres d’eau. Je n’avais aucune idée de ce que cette expression signifiait, mais si c’était eux qui mouillaient la culotte des femmes avec juste leur regard pénétrant, alors elle avait tout à fait raison.
