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Ils vont la posséder. Tous les deux. Mais elle ne le sait pas encore. La vie de Catherine est à New York et la propriété dont elle a hérité est à Bridgewater, dans le Montana. En retournant dans la ville qu’elle visitait enfant, chaque été, des souvenirs enfouis depuis longtemps refont surface ainsi que son désir pour non pas un, mais deux, adolescents désormais devenus de vigoureux cow-boys. Les deux cousins Jack et Sam Kane. Heureusement pour elle, à Bridgewater, un cow-boy en cache toujours un autre.
Dans cette version contemporaine du best-seller de USA Today, la série Bridgewater Ménage par Vanessa Vale, Catherine est obligée de choisir la vie qu’elle veut vraiment : avocate dans une grande métropole ou cowgirl dans une petite ville avec deux hommes qui aiment bien avoir une monture entre leurs cuisses.
Attention : Culotte fumante ! La chevauchée sauvage est une histoire romantique et très érotique avec deux cow-boys bourrés de testostérone et une héroïne prise entre eux deux. C’est elle l’héroïne de ce conte moderne - pas de scène mâle / mâle.
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Veröffentlichungsjahr: 2018
COMTÉ DE BRIDGEWATER
TOME 1
Copyright © 2017 par Vanessa Vale
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les événements sont les produits de l’imagination de l’auteur et utilisés de manière fictive. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, entreprises, sociétés, événements ou lieux ne serait qu’une pure coïncidence.
Tous droits réservés.
Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme ou par quelque moyen électronique ou mécanique que ce soit, y compris les systèmes de stockage et de recherche d’information, sans l’autorisation écrite de l’auteur, sauf pour l’utilisation de citations brèves dans une critique du livre.
Conception de la couverture : Bridger Media
Création graphique : Deposit Photos: Veneratio
livresromance.com
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Contenu supplémentaire
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À propos de l'auteur
CATHERINE
Le couloir était sombre, les pulsations de la musique résonnaient à travers le mur dans mon dos et il me tenait là, coincée entre le mur en plâtre et son corps chaud et musclé. Ses lèvres étaient dures et dominantes, je ne pouvais que me soumettre, même si je cherchais à échapper à son emprise. C’était le seul homme que j’avais à la fois tout autant envie d’éventrer avec mon talon-aiguille que de baiser.
« Ne bouge pas ». Il me poussa en avant, son corps ferme me clouant au mur et sa queue dure comme de la pierre était une tentation que je ne pouvais ignorer alors que je plaquais mes hanches contre lui, essayant de me rapprocher. Mon Dieu, oui. Encore.
« Est-ce que ces conneries machistes marchent avec toutes les filles ? »
« Ta chatte est trempée et humide, poupée. Ne dis pas le contraire ».
Ses yeux noirs rencontrèrent les miens et le regard que je lui lançais aurait dû faire rétrécir ses couilles. Au lieu de cela, il sourit et je jure que j’ai à ce moment-là ressenti les pulsations de sa queue. « N’y pense plus, poupée. Chaque pensée dans ta tête. Ton boulot. Ta vie. Tout sauf ma bite contre toi. Oublie-les avant que je ne te donne une fessée ». Je plissai les yeux et restais tout autant consternée qu’excitée. « Tu n’oserais pas ».
La mince matière de son pantalon de costume ne constituait pas une barrière entre nous alors que je soulevais mes jambes et les enveloppais autour de ses hanches comme une femme en chaleur. Je n’aurais jamais imaginé qu’une dispute pouvait être aussi excitante. Ma jupe remonta et je frottais mes cuisses nues contre ses hanches; j’en voulais plus.
En levant les bras au-dessus de ma tête, il attrapa mes poignets d’une main, libérant l’autre pour la glisser autour de ma taille alors qu’il embrassait mon cou, le léchait. Le suçait. Il y aurait là une marque au matin. Je m’arquai pour lui donner un meilleur accès alors que ses doigts laissaient une traînée de chaleur sur leur chemin vers ma poitrine pleine sous mon chemisier. Il écarta le tissu fin avec ses paumes dont je sentais la peau. Mes tétons durs en demandaient encore.
« Ouuuuiiii ».
Merde ! Était-ce moi ? Je ne reconnaissais pas cette voix. Je n’avais jamais eu aussi envie d’être touchée, jamais été autant en demande. Et le boulot... quel boulot ? Rien ne pouvait me faire oublier mon travail plus rapidement qu’un homme mordillant doucement mon téton. Et pas n’importe quel homme. Sam Kane. Mon Dieu, il avait été mon béguin d’enfance, la star de mes fantasmes d’écolière, mais c’était il y a quinze ans.
Il n’était alors qu’un garçon. C’était désormais un homme entier et je l’escaladais comme un arbre. Nous avions passé une heure entière à nous disputer et il savait instinctivement comment me faire démarrer au quart de tour. Au lieu de le lui donner un coup dans les couilles, j’étais dans le couloir d’un bar et je le laissais me toucher, me goûter et me lécher.
« C’est tout ! La seule chose à laquelle tu dois penser est ceci ». Ses lèvres réclamaient les miennes alors que sa main libre glissait plus bas, le long de mon abdomen. Les extrémités de ses doigts glissèrent sur ma jupe jusqu’à ma cuisse, puis remontèrent, plus haut, et caressèrent la dentelle de ma culotte.
Sa main se resserra autour de mes poignets, sa langue explora ma bouche et deux doigts écartèrent le tissu de ma culotte et se glissèrent en moi. J’avais tellement envie de lui que je faillis jouir à cet instant.
Je ne pouvais pas arrêter le gémissement rauque qui s’échappait de ma gorge alors qu’il retirait ses doigts avant de les enfoncer en moi à nouveau. Il était opiniâtre, autoritaire et chiant comme la pluie. Il m’avait même volé mon portable pour m’empêcher de travailler. Alors pourquoi murmurai-je son nom alors qu’il faisait de moi ce qu’il voulait ?
Poussant sur sa main, j’essayai de lui faire caresser mon clitoris, le faire entrer en moi plus profondément, mais il mit un terme à notre baiser et mordit ma lèvre inférieure légèrement, juste assez pour me faire savoir que c’était lui qui menait la danse. « Pas encore, Katie. Pas avant que je ne te donne la permission ».
La permission ? Comment osait-il ! Ses doigts étaient luisants de mon désir.
Ma chatte se contracta et il retira ses doigts, les enfonçant à nouveau deux fois de plus, faisant toujours autant attention à ne pas effleurer mon clitoris. Je gémissais de frustration et il mordilla ma mâchoire. « Je veux t’entendre gémir comme ça ». Il caressa mon clitoris, rapidement et légèrement, ce qui me faisait fondre encore plus. Je gémissais et sa bouche se posa à nouveau sur mes lèvres, alors que ses doigts bougeaient doucement dans ma chatte trempée, de manière si lente que j’en avais envie de pleurer.
Il m’embrassa, fort, puis défit l’étreinte de mes jambes autour de sa taille, avant de se baisser un peu. Lâchant mes poignets, il s’agenouilla devant moi et souleva ma jupe jusqu’à ma taille. Il écarta ma culotte en dentelle alors qu’il me tenait en place avec une main sur mon ventre. De l’autre, il écartait ma chatte encore plus afin que sa langue puisse se frayer un chemin.
« Oh merde », murmurai-je, regardant sa tête sombre entre mes cuisses, sentant son souffle chaud sur mon sexe.
J’aurai dû lui dire d’arrêter. Nous étions dans le foutu couloir d’un bar. OK, un couloir à l’arrière du bar, mais n’importe qui pouvait entrer à n’importe quel moment. Je devais me comporter comme une vraie professionnelle et lui dire non, lui dire d’attendre que nous trouvions un lieu plus intime, plus...
Il avala mon clitoris dans sa bouche tout en donnant des coups de langue et mes mains se perdaient dans ses cheveux. La tête en arrière, je n’avais pas réalisé que j’avais fermé les yeux jusqu’à ce que j’entende un léger rire venant de ma droite.
Choquée, je me retournai pour découvrir le cow-boy sexy que j’avais rencontré plus tôt dans l’avion, nous regardant avec une lueur intéressée dans les yeux. Il s’appuya contre le mur, les bras croisés. Depuis combien de temps nous regardait-il ? Trop choqué pour bouger, je me contentais de gémir alors que Sam jouait avec mon clitoris dans sa bouche. Savait-il que nous n’étions pas seuls ? Si c’était le cas, il était tout simplement trop habile pour s’arrêter. Poussant sa tête, je voulais qu’il s’éloigne, puis alors que sa langue tournait en moi, je tirai sur ses cheveux, le tenant au plus près. J’allais céder, vacillant au bord de mon orgasme.
Le cow-boy sourit et se rapprocha. J’avais l’impression que le couloir était bondé. Non, c’était en fait l’impression que j’avais à cause des deux hommes qui me portaient une attention très spéciale. L’un des deux avait la tête entre mes jambes et s’apprêtait à me faire jouir juste avec sa langue, tandis que l’autre bloquait le passage avec ses larges épaules. Il posa sa main sur ma joue, puis caressa de son pouce ma lèvre inférieure. « Je vois que tu as rencontré mon cousin ».
Son cousin ? Il sourit, puis il m’embrassa, un baiser chaud, humide et profond alors que Sam travaillait ma chatte humide avec sa langue, m’emmenant dans un orgasme qui me fit trembler de la tête aux pieds.
Tandis que Sam me faisait jouir, son cousin, Jack, étouffa mes cris avec un baiser. Mes ennuis ne faisaient que commencer.
CATHERINE
Dix heures plus tôt ...
« Bonjour, ici le commandant de bord. Nous sommes sur le point de décoller, mais comme vous pouvez voir par les hublots, le temps ne joue pas en notre faveur et la tour de contrôle a momentanément suspendu tous les vols. Je ne sais pas exactement combien de temps cet orage nous empêchera de décoller. Il semblerait que nous en ayons en tout cas au moins pour une demi-heure. Nous vous tiendrons informés ».
Génial. Jetant un coup d’œil par le petit hublot de l’avion, je pouvais voir les nuages gris anthracite qui nous empêchaient de quitter Denver. Je m’étais précipitée d’une porte à l’autre, depuis la lointaine banlieue jusqu’à la porte d’embarquement de mon vol, tout ça pour me retrouver bloquée comme ça sur la piste. Je jetai un coup d’œil à ma montre, puis soupirai. Je n’avais pas le temps pour ça. Bon sang, je n’avais pas le temps d’aller dans le Montana, mais j’y allais quand même.
Penchée contre l’appuie-tête inconfortable, je fermais les yeux et respirais calmement pour faire baisser ma frustration. J’avais passé la moitié de la nuit à terminer les dépositions qui devaient être déposées ce matin, avant de consacrer deux heures de plus à gérer tous mes e-mails. Et une fois tout ça terminé, je devais encore faire mon sac. Je n’avais rien, absolument rien de convenable pour le Far West à part un jean et des chaussures de sport, aussi après avoir passé une heure à fouiller mes placards j’ai bourré mon sac jusqu’à ce qu’il soit plein à craquer.
J’avais dormi à peine deux petites heures avant que l’alarme ne sonne à quatre heures et demie, pour constater que le pont entre Manhattan et Queens subissait des réparations nocturnes et qu’il y avait des bouchons. Les formalités à l’aéroport avaient été longues, et j’avais du subir une fouille complète à cause des épingles en titane dans ma jambe. Une fois la porte d’embarquement atteinte, mon patron avait appelé pour se plaindre que je ne consacrais pas assez de temps à mes clients. J’avais tellement envie de devenir associée dans la boîte que j’ai un instant songé à tout laisser en plan pour me rendre au bureau, mais lorsque mon vol fut annoncé, je savais que je devais au moins régler un problème dans ma vie. Et maintenant j’étais coincée sous un orage.
Alors qu’à cause de la fatigue, mes paupières ne cessaient de se fermer, j’ai essayé les techniques de respiration profonde que j’avais apprises dans mes cours de yoga. Les cours étaient censés être apaisants, mais cela n’avait jamais marché. Je n’ai jamais été calme. Et maintenant, l’air en boîte de cet avion minuscule devenait de plus en plus chaud, pénétrant mes poumons, m’étouffant. J’étais coincée et je ne pouvais rien y faire. Merde. Je détestais tout ce qui échappait à mon contrôle. Je n’étais pas claustrophobe, mais je me sentais quand même prise au piège. Un énorme roulement de tonnerre secoua l’avion, juste avant que la pluie ne frappe le métal comme un millier de marteaux minuscules. Dieu essayait-il de me dire quelque chose ?
Respire.
Respire lentement par le nez, retiens ta respiration, encore un peu puis souffle lentement par la bouche. Respire... du bois de santal et du cuir avec juste ce soupçon de chaleur, j’étais sûre qu’il ne pouvait s’agir que de son odeur unique. J’étais assise à côté d’un vrai cow-boy beau gosse et son odeur était tellement agréable que je n’arrivais pas à me concentrer sur quoi que ce soit d’autre, surtout avec les yeux fermés. Ce n’était pas du parfum, du savon peut-être, et cela accaparait tous mes sens. Comment aurais-je pu me concentrer sur mes cours de yoga, tandis que j’étais assise à côté d’un tel mec et que nos épaules se touchaient ?
J’avais presque avalé ma langue quand il avait remonté l’allée étroite, mis son chapeau de cow-boy dans le compartiment à bagage avant de s’asseoir dans le siège à côté de moi, tout en se pliant en deux pour faire entrer dans le siège son corps longiligne. Il m’avait souri brièvement, m’avait saluée poliment avant de se plonger dans son livre. J’étais occupée à envoyer des textos sur mon téléphone à ce moment-là, mais mes doigts s’étaient brusquement bloqués sur mon écran alors que je le zyeutais. De manière flagrante. Je me suis dit que ma prérogative de femme me donnait le droit de mater autant que je voulais alors que mon cœur commençait à battre la chamade.
Il avait des cheveux blonds un peu longs et bouclés aux extrémités. Peignés, mais sauvages. Ses yeux étaient tout aussi sombres et perçants, mais la façon dont ses lèvres charnues remontaient légèrement aux extrémités rompait avec la sévérité de son visage. Sa peau bronzée était une bonne indication qu’il ne travaillait pas dans un bureau. Comme ses grandes mains avec des ongles courts et bien entretenus et une musculature fascinante qui roulait sous sa peau. Des mains fortes qui ne demandaient qu’à pétrir le corps d’une femme. Plus important encore, pas d’alliance...
N’étais-je pas une obsédée à reluquer comme ça mon voisin ? Mais enfin, quand même... il dégageait tellement de phéromones ou un truc dans le genre parce que je n’avais qu’une idée en tête : le chevaucher et l’emmener au septième ciel. Mon cerveau était au point mort et mes ovaires avaient pris le dessus.
Il n’y avait pas de cow-boys à New York. Et je devais admettre, il n’y a rien de plus excitant qu’un homme dont les muscles puissants sont le fruit du travail au grand air et du soleil plutôt que de séances régulières dans une salle de gym. Aucun homme ne peut porter aussi bien une chemise à bouton-pression, des jeans et des bottes usées qu’un authentique cow-boy. Et cet homme ? C’était un cow-boy pur jus. Bon sang, j’avais toujours été attirée par les cadres en costard, mais aucun ne pouvait lui arriver à la cheville. Ils avaient beau gérer des contrats d’un milliard de dollars au cours d’un déjeuner, jamais l’idée de coucher avec l’un d’entre eux ne m’aurait jamais effleurée. Mais ce type, là, assis à côté de moi ? Je l’aurais laissé me chevaucher comme sa jument n’importe quand.
Comme je n’allais pas le lui dire, je jetai de nouveau un coup d’œil à ma montre. Trois minutes s’étaient écoulées depuis l’annonce du pilote. Je devais mettre à profit tout le temps que j’avais. Je me penchai en avant et j’essayai d’atteindre mon sac, mais les sièges étaient trop rapprochés. Je devais me pencher sur le côté et ma tête frôla la cuisse de Mister Cow-boy, dure comme de l’acier. Une cuisse dure comme de l’acier mais chaude.
Brusquement, je me suis redressée tout en lui adressant un regard en coin. « Je suis désolée ». Je rougis instantanément tout en mordant la lèvre.
Oh merde, il avait une fossette. Il sourit, dévoilant ce creux parfait sur sa joue droite et je la regardai fixement, la bouche ouverte. Il avait une barbe de trois jours, et je me demandais si ses poils étaient plutôt rêches ou doux ? Les faisaient-il courir sur la peau de son amante ? Utiliserait-il cette légère abrasion pour taquiner l’intérieur de mes cuisses avant de me goûter avec sa...
« Pas de problème. Quand vous voulez », murmura-t-il, sa voix profonde.
Est-ce qu’il insinuait que je pouvais mettre ma tête sur ses genoux à tout moment ? Est-ce que cela voulait dire qu’il voulait que je ...
Mes yeux se posèrent sur ses genoux et j’observai rapidement que son jean bien ajusté qui mettait en valeur toutes les parties de son corps.
Mortifiée, je lorgnais son très gros paquet, avant de détourner les yeux non sans remarquer son clin d’œil et son rictus.
Essayant de garder mon bras sur l’accoudoir central, je me servis de mon pied pour tirer mon sac vers moi - grâce à mes séances de yoga, j’arrivais à me contorsionner pour l’attraper, afin d’en retirer mon portable et mon ordinateur pour les placer sur la tablette devant moi. J’enlevai le mode avion de mon téléphone; il sonna tout de suite.
Je voulais arrêter la sonnerie, et je pris l’appel.
« Ne pense pas que tu puisses t’enfuir et vendre la propriété de ton oncle sans que je le sache ».
Rien que d’entendre la voix de Chad mettait mes nerfs à rude épreuve. Comme j’avais bloqué son numéro de portable, il appelait probablement depuis son bureau. Pourquoi ne pouvait-il pas me laisser tranquille ?
« Je ne m’en cache pas. Je vends la maison de mon oncle. Comme ça, tu sais ». Ne cherchant pas à déranger les autres passagers, j’avais gardé ma voix basse.
« Et tu veux empocher tous les bénéfices ? Ça ne se passera pas comme ça, ma chérie ».
« Je ne suis pas ta chérie, Chad. Et je ne pense pas l’avoir jamais été » grognai-je. Quand je l’avais découvert au lit avec sa secrétaire, j’avais supposé que c’était elle sa chérie.
« Tu es ma femme et cela me donne droit à la moitié de cet héritage ».
Je jetai un coup d’œil à la pluie qui tombait derrière le hublot. Mes émotions étaient de la même trempe que le ciel, sombre et menaçant de se déchaîner. « Tu as passé trop de temps à étudier le droit bancaire. Nous ne sommes plus mariés. Ce qui signifie que tu n’as le droit à rien ».
« C’est l’avis d’une femme qui, au bout de quatre ans, n’est toujours pas associée dans son cabinet ».
C’était un coup bas. Chad était devenu associé junior dans son entreprise au bout de dix-huit mois, et il ne se lassait pas de m’en parler. Je jetai un coup d’œil à Mister Cow-boy et découvris qu’il me regardait avec une intensité qui me fit me tortiller sur mon siège. Je sentais à son expression qu’il écoutait ma conversation. Mon Dieu, je n’avais pas besoin qu’il m’entende m’engueuler avec mon ex-mari.
« Chad, je suis dans l’avion et je ne peux pas parler. Nous n’avons rien d’autre à nous dire. Arrête de m’appeler ».
J’ai raccroché et regardé fixement mon portable. Nous étions divorcés depuis presque deux ans et il essayait toujours de baiser avec moi. Ce mariage avait été une erreur et les conséquences de cet échec me poursuivaient toujours.
La respiration de yoga n’allait pas me calmer dans ce cas précis, aussi je devais penser à autre chose. Le travail. Le travail me ferait me concentrer sur quelque chose d’autre que les mensonges, les tromperies et les coups bas de mon ex.
J’avais sorti le dossier que j’écrivais et j’ai commencé à travailler dessus pendant que Mister Cow-boy lisait son livre. Après quelques minutes, un message est apparu dans le coin inférieur de l’écran.
Elaine : J’ai vu ton nom apparaître. Tu es arrivée ?
Moi : Coincée sur un vol de correspondance à l’aéroport de Denver. Orage.
Elaine : ça craint.
Il y eut un blanc d’une minute, puis elle écrivit de nouveau.
Elaine : Souviens-toi de ta mission principale ! Trouve un cow-boy bandant et fais-lui sauvagement l’amour !
Mes yeux s’arrondirent en lisant le message dans le coin de l’écran de mon ordinateur portable.
Coulant un regard vers mon cow-boy, il ne semblait pas avoir remarqué le message osé de mon amie. La police de caractère était minuscule et bien que les sièges soient rapprochés, je ne pouvais qu’espérer qu’il soit myope. Et concentré sur son livre.
Moi : perte de temps. J’ai trop de travail à faire.
Elaine : Dernières paroles d’une femme qui a désespérément besoin d’un orgasme. Chad était un connard avec une bite de la taille d’un crayon. Tu as besoin d’un mec qui te fera chavirer.
Elaine n’avait pas sa langue dans sa poche et c’est ce que j’aimais chez elle. Elle ne mâchait pas ses mots. Ce qu’elle disait à propos du sexe de mon ex était probablement vrai. Malheureusement, il avait été mon seul et unique amant aussi je ne pouvais pas comparer sa queue à d’autres, mais je savais qu’il ne savait pas s’en servir. Quant à être chavirée, eh bien, je doutais que ça allait arriver de sitôt. J’étais trop occupée. Le boulot, encore le boulot, toujours le boulot. De temps en temps, je dormais. Comme Chad me le faisait si gentiment remarquer, je n’étais toujours pas associée. Pas encore. Si je voulais le devenir, je devais me dépenser sans compter mes heures.
Moi : ce n’est pas en baisant que je deviendrais associée.
Elaine : tu te trompes de priorités, ma chère, si tu penses que tu ne peux pas avoir les deux. Tu penses que Farber a une vie sexuelle ?
Je ne savais pas si je devais rire ou vomir dans ma bouche. Mon patron avait la soixantaine et il était loin d’être attirant. Et c’était un putain de misogyne.
Moi : Ah ah !
Elaine : un coup d’un soir. Je ne dis pas de trouver un mari, mais juste un amant. Puis prends-en un deuxième et baise-le aussi.
Je soupirai, essayant de comprendre comment j’allais trouver un mec pour baiser. Je n’étais pas exactement un top-modèle avec ma petite taille et mes courbes. Et les coups d’un soir n’étaient pas vraiment dans mon genre. Comment est-ce qu’on s’y prenait de toutes façons ? Étais-je supposé aborder un mec dans un bar et lui dire que je voulais faire l’amour ? Boire et me pavaner jusqu’à ce que le mec me remarque, et rentrer à la maison avec lui et lui dire de se casser une fois l’acte consommé ? Tout ça me mettait mal à l’aise. L’idée de me transformer d’une divorcée guindée et bourrée de travail qui n’avait connu qu’un seul homme en une femme fatale dans les montagnes du Montana me semblait irréaliste.
Moi : très bien. Le premier homme que je verrai quand je descendrai de cet avion, je lui demanderai de me baiser. ça devrait marcher, non ?
J’aurais pu jurer avoir entendu Mister Cow-boy émettre un grognement, mais alors que je lui jetais un coup d’œil, je constatais qu’il lisait toujours.
Elaine : Ça a marché pour moi. Sérieux, prends un cow-boy du Montana et vas-y à fond.
Mister Cow-boy n’avait toujours pas bougé et je soupirai intérieurement. Il n’avait pas besoin de voir cette conversation.
Mon téléphone sonna.
Moi : Je dois te laisser. Farber envoie des textos.
Elaine : il connaît les SMS ? Lol !
Je levais les yeux au ciel et fermais la fenêtre de messagerie. Saisissant mon téléphone, je pris connaissance du texto de mon patron.
Farber : La date d’audience pour l’affaire Marsden a été changée pour mardi. En raison de votre absence, Roberts prendra le relais.
« Merde », murmurai-je et ma main se serra autour de l’étui du téléphone jusqu’à ce que mes phalanges soient blanches.
Je contemplais les mots et me retenais de lancer le téléphone à travers l’avion. Eric Roberts était en lice pour la même place d’associé que moi, et c’était le dernier des connards. En plus d’avoir un diplôme en droit, il avait obtenu une maîtrise de fouille-merde et un doctorat en gestion des affaires des autres. J’étais parti une demi-journée et il reprenait déjà mon plus gros dossier. Je pouvais seulement imaginer ce qu’il allait accomplir au cours de la semaine où je serais partie.
En temps normal, j’aurais souri poliment et mordu ma langue. Mais pas ce jour-là. Je murmurai à moi-même alors que je répondais au SMS de Farber avec une recommandation polie lui proposant d’envoyer Martinez à la place. Martinez, au moins, n’était pas guidé par sa queue. Roberts avait baisé à peu près tout le service juridique et il avait désormais jeté son dévolu sur la réceptionniste du cabinet orthopédique au quatrième étage. « Roberts. Connard ! Tu penses que tu vas m’avoir ? »
« Vous vous parlez souvent à vous-même ? »
Je tournais la tête et levais les yeux vers Mister Cow-boy.
« Je vous demande pardon ? » lui répondis-je, confuse. Mon cerveau était encore en train de gérer le fait que ma carrière semblait foutre le camp à la vitesse grand V.
« Je me demandais juste si c’était courant chez vous de parler toute seule ? »
Je recouvrai la raison, rougissais vivement, puis détournai les yeux, apercevant l’hôtesse en train de se frayer un chemin dans l’allée centrale.
« Oh, euh ... Seulement quand je suis stressée ». Je ris sèchement. « Ça veut dire que, oui, je me parle à moi-même tout le temps ».
Son front se crispa, puis il jeta un coup d’œil à mon ordinateur. « Votre boulot est stressant ? »
L’hôtesse s’arrêta à notre niveau. « Puisque nous sommes coincés ici, nous vous offrons un apéritif. Bière, vin, ou alcool fort ? »
« Quelque chose de fort », dis-je en même temps que Mister Cow-Boy. Nos regards se croisèrent et nous sourîmes de concert.
« Que souhaitez-vous donc ? », répondit l’hôtesse, prête à noter ma commande dans son carnet.
« Vodka tonic », dis-je. « Double ».
« La même chose », répondit Mister Cow-Boy.
Alors que l’hôtesse continuait de prendre les commandes des autres passagers, Mister Cow-Boy se retourna vers moi. « Vous semblez avoir besoin d’un verre ».
« Ou dix » marmonnai-je.
« A ce point-là ? »
« Noyer mes problèmes dans l’alcool est la seule chose que je puisse faire à ce stade. Depuis que je suis dans cet avion, j’ai reçu un appel de mon ex, un message d’un collègue et un SMS de mon patron. En plus de cela, je ne serai pas à l’heure à mon rendez-vous dans le Montana ». J’ai tendu ma main vers le hublot de l’avion et l’eau qui coulait le long de la vitre. « Je ne peux pas retourner à New York et, après des mois de travail acharné, ils confient mon dossier à un con... ». Je me mordis la lèvre. « à un associé, parce que je suis coincé ici ».
