Le Journal d'Eikinou - Yvette Ostermann - E-Book

Le Journal d'Eikinou E-Book

Yvette Ostermann

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Beschreibung

Eikinou était un petit Bichon frisé qui pendant plus de treize ans à tenu un journal qui était diffusé chaque trimestre dans le bulletin trimestriel du "club des bichons et des petits chiens lions". Il était aidé par sa maman, Madame Yvette Ostermann, conteuse et poétesse. Elle y conte l'histoire de la vie "d'Eikinou" les anecdotes, ses joies, ses peines. Maintenant, son journal est ici assemblé en une seule publication. Nous espérons que vous prendrez beaucoup de plaisir à le lire. Le Club des Bichons et de petits chiens Lions. Je suis la maman d'Eikinou, j'ai maintenant 93 ans, j'ai quitté ma ville de coeur Le Blanc, pour raison de santé, une méchante DMLA, je suis Sarladaise? Sarlat la Canéda se trouve en Dordogne, à 35 km de chez Tonton Gérard et Tata Michelle... Je tiens à remercier vivement le club des Bichons et des petits chiens Lions qui a bien voulu transcrire toutes les pensées d'Eikinou pendant treize ans. Un gros travail pour la secrétaire. Vingt ans se sont écoulés et comme ma peine est toujours aussi grande, j'ai voulu remettre le journal d'Eikinou dans les mains de ceux qui aiment nos petits amis à quatre pattes, qui aiment les contes et qui gardent une âme d'enfant. 21 Août 2023, date anniversaire de son papa chéri. Que votre coeur reçoive ce trop-plein d'amour que nous avons à partager. Yvette Ostermann dite : Madame Eikinou

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Seitenzahl: 196

Veröffentlichungsjahr: 2023

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Sommaire

Préface

Eikinou

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre 20

Chapitre 21

Chapitre 22

Chapitre 23

Chapitre 24

Chapitre 25

Chapitre 26

Chapitre 27

Chapitre 28

Chapitre 29

Chapitre 30

Chapitre 31

Chapitre 32

Chapitre 33

Chapitre 34

Chapitre 35

Chapitre 36

Chapitre 37

Chapitre 38

Chapitre 39

Chapitre 40

Chapitre 41

Chapitre 42

Chapitre 43

Chapitre 44

Chapitre 45

Chapitre 46

Chapitre 47

Chapitre 48

Chapitre 49

Chapitre 50

Chapitre 51

CHAPITRE 52

Chapitre 53

Préface

Voilà une histoire peu banale.

Celle d'un petit chien lion, un bichon frisé, qui s'appelle Eikinou, issu d'une grande famille. Peut-on imaginer qu'une telle créature, pas plus haute que trois pommes, puisse penser, réfléchir, philosopher de manière Ontologique et finalement écrire ce qui lui passe par la tête ?

Eh bien si, et pour ce faire, il s'adjoindra les talents d'une secrétaire émérite, ma maman (et la sienne aussi !)

Elle va ainsi transcrire treize années de sa vie, teintée de joies, de tristesse, d'émotions, voire même de désespoir, mais toujours avec humour.

Car seul l'humour permet de relativiser les évènements et affronter les difficultés qui surgissent : l'éloignement de ceux qui vous sont chers, la disparition de votre conjoint, de vos parents, ce que vous croyez être l'oubli de vos enfants et pire encore de vos petits-enfants, alors que j'en suis certain, il n'en est rien.

Il s'agit souvent de comportements générationnels qui ne correspondent pas aux critères éducatifs de notre temps, car comme le dit si bien Philippe MEYER, nous vivons une époque moderne !

Il faut l'accepter et l'admettre, ce que ma maman (et la sienne aussi !) su faire avec opiniâtreté, volontarisme, intelligence et sensibilité sans jamais faillir ni défaillir.

Une très belle histoire, racontée dans un style pur, digne des plus grands auteurs.

Je vous souhaite à tous une excellente lecture.

Marc André OSTERMANN

Eikinou

Chapitre 1

Premier trimestre 1989

Je me présente, je suis un bichon frisé, je m’appelle EIKINOU du Clos des Jeunes Plantes ; Je suis né le 9 janvier 1989. J’ai passé deux mois avec maman Turlurette ainsi qu’avec mes petits frères et sœurs, mes parents m’ont appris à manger viande et légumes et puis un jour, le 2 mars, des étrangers sont venus chez mes parents. Mon petit frère Eliot et moi-même avons été présentés. Mon frère faisait le petit fou pour se faire remarquer ; moi, en revanche, je réfléchissais et me demandais ce que cela voulait dire. J’avais le présentiment que quelque chose de nouveau allait arriver.

Puis, j’ai léché les mains de cette dame, surtout parce qu’Eliot l’avait déjà fait, je ne voulais pas être en reste. On m’a pris dans les bras, on m’a posé par terre, puis je me suis retrouvé sur les genoux du monsieur qui m’a beaucoup caressé. Tout le monde parlait ; ils sont beaux, ils sont mignons, lequel dois-je prendre ? J’hésite vraiment, celui-ci (en parlant de moi) semble plus réfléchi, plus calme. Bon, on va réfléchir.

Et je me suis retrouvé à nouveau auprès de Turlurette qui avait beaucoup de mal à me supporter parce que j’essayais de téter. C’est vrai que j’ai un appétit d’ogre.

La semaine s’est écoulée sans grands changements, enfin si l’oreille tatouée, ouille ça fait mal et puis c’était une atteinte à mon intégrité. Le poil tout reverdi, mais mon numéro n’est pas mal du tout : j’ai tout à fait l’air d’un Agent Secret.

On m’a vacciné et le vendredi 9 mars, je me suis installé dans une voiture sur une serviette éponge et malgré quelques craintes, j’ai trouvé ce début de promenade digne d’un grand aventurier. Et puis, j’étais le seul… Le privilégié de toute la portée.

La promenade fit courte et de nouveau, un milieu inconnu de moi, pas si inconnu que cela en y réfléchissant bien : c’était chez les personnes qui m’avaient trouvé réfléchi. J’ai commencé à me promener dans le salon-c ’est comme ça qu’ils appelaient la pièce où j’étais.

C’était doux aux pattes, lorsque je marchais sur le tapis. Un panier d’osier tout capitonné m’attendait, même qu’il y avait un jouet en peau de buffle. On m’a caressé, embrassé, regardé, puis fatigué, je me suis endormi.

Lorsque je me suis réveillé, maman était partie. J’étais désemparé et j’ai compris que j’étais un enfant adopté. Quel était mon avenir ? Mes nouveaux parents seront -ils gentils ? Sauront-ils m’aimer ? Oh ! la panique dans mon petit cœur !

Mais rapidement mes craintes se sont dissipées, des caresses, des gros bisous ainsi que des mots très doux sont venus calmer l’angoisse qui m’étreignait. Ma nouvelle maman s’est activée dans la cuisine et j’ai mangé une bonne supe -la même que je connaissais ; elles avaient dû échanger les recettes de cuisine. Bref c’était bon.

Le soir, oh ! Suprême délice j’ai dormi à côté de maman après avoir reçu des bibis et des câlins. J’ai bien dormi et puis je suis peut-être égoïste, mais tout l’amour de mes nouveaux maîtres était pour moi tout seul. Bien agréable après tout.

De bon matin, après avoir fait un gros pipi, après un bon petit déjeuner, j’ai commencé à explorer la cave, les coins et les recoins ainsi que le jardin où les hautes herbes me chatouillaient le zizi (comme dirait Pierre Perret).

J’avais un peu peur car de gros oiseaux au bec jaune s’envolaient lorsque je m’aventurais sous les ifs même que maman m’encourageait de la voix. N’empêche que le jardin était plein d’ennemis. Il y avait le chat noir et le chat gris, les tourterelles et les moineaux etc. Je ne lâchais pas les pieds de maman ; elle seule pouvait me protéger.

Ouf ! on est rentré à la cuisine. C’est quand même plus calme ! Mon papa était ravi de mon retour et comme tous les petits, j’ai à nouveau fait un gros somme, la tête bien calée sur un joli coussin.

Ah, j’avais oublié de vous dire, j’ai quand même quelques petits ennuis, au demeurant pas très graves à mon avis, mais ni ma maman, ni mon papa n’apprécient les gros pipis qui m’échappaient, difficiles à contrôler ; surtout lorsque j’étais content… Ils n’ont rien compris, et puis un peu maniaques sur les bords ! Enfin, il faudra bien composer avec leurs manies.

Dimanche ça commence mal : les élections. Je me retrouve tout seul, abandonné avec pour me rassurer, le poste de radio et la minuterie qui m’assourdissent. Avant de partir, mes parents m’ont dit : « on revient tout de suite ». J’espère qu’ils vont pas me raconter des mensonges. Je me fais un peu de cinéma et je m’endors.

C’est la seule chose à faire. Ils ne m’ont pas menti ; c’était vraiment rapide. J’étais quand même très heureux de les revoir. Même j’avais l’air très décontracté.

A midi, ce fameux dimanche, j’ai été autorisé à accompagner mes parents pour un déjeuner chez des amis, pas de problème. Eva et Maurice qui nous accueillaient m’ont fait moult compliments. J’ai été très sage. J’ai presque dormi tout le temps et surtout j’ai pris garde de ne pas faire aucuns pipis malencontreux. J’étais très fier d’être considéré comme un grand garçon. Lundi, ma maman décide d’aller repasser le linge au premier étage : elle m’emmène avec elle et me pose sur une peau de chèvre espérant que je vais être sage.

Mais, moi, je suis inquiet, je crains un nouveau piège et, si on m’abandonnait encore une fois ? Non, vraiment je préfère rester dans mon petit panier, dans la cuisine, car là, je suis certain que maman reviendra : elle passe toujours par là. Aussi, suis-je insupportable, turbulant, pleurnichant afin d’obtenir mon retour à la cuisine. J’ai gagné, elle m’a redescendu.

Je crois bien avoir oublié de vous parler de mon tonton Marc. Il est super sympa. Il vient presque tous les jours pour me voir, il me fait mille misères, mais on joue rudement bien. Je lui mordille les pieds, puis les doigts et parfois même les oreilles. Je, suis tellement heureux quand il vient que je fais une folle course poursuite autour des tables et des fauteuils : j’ai l’air très drôle, parce que toute la famille rit à gorge déployée lorsque je fais un numéro de cirque, surtout que je complique un peu l’exercice, je saute certains obstacles je lance ma balle, je tire ma niche ? j’aboie, je secoue mon coussin. Quel entrain !

Je me sens une petite faim.

Toute la semaine suivante je n’ai rien pu faire d’extraordinaire. On devait aller se promener en ville, mais il fallait attendre le rappel de mon vaccin. Je n’aime pas ça du tout.

Mes journées se sont écoulées calmement. J’ai appris à rapporter mon « nouveau nonosse » Je crois bien que je suis très doué pour cet exercice.

Puis je me suis lancé je descends les escaliers tout seul, le vertige que j’ai eu la première fois, je ne vous raconte pas ! Maintenant je trouve que c’est amusant, aussi, toutes les marches que je trouve je saute et je ressaute.

Ça y est le rappel de mon vaccin est fait, pas trop douloureux et puis, je suis un petit gars. Je ne dois pas avoir l’air trop douillet.

Samedi 8avril : première sortie en ville avec la laisse, je préfère le jardin. J’aime pas trop cet espèce de collier qui me serre le cou et puis quel bruit avec toutes ces voitures et des grandes jambes partout ! « C’est bien, c’est très bien » dit maman » tu es un bon chien, t’es mignon… » alors je suis content. Je remue la queue et fais les yeux doux, les yeux de velours.

Deuxième promenade en ville, alors là, super ; je marche du tonnerre, je m’arrête avant de traverser la rue, on va dans une pharmacie acheter un sirop de calcium pour mes quenottes… Ma maman me prend à son cou, elle n’est pas tranquille, elle craint que je ne fasse quelques bêtises, aussi je me fais très fier, bon chic, bon genre ! Je lui fais un gros bibi, histoire de me faire remarquer.

C’est réussi : toutes les filles de la pharmacie viennent m’admirer Et des câlins et des baisers et des compliments… A vrai dire, pas mal du tous les promenades en ville.

Dimanche matin, maman n’a pas acheté assez de pain, allez Hop ! on y va tous les deux à pattes et on recommence : « t’es un bon chien, c’est bien, t’es mignon » « oh ! qu’il est beau ce nounours, tout blanc » un câlin sur le crâne même qu’une dame dans la rue m’a fait un grand sourire.je ne la connaissais pas, ma maman non plus.

Chapitre 2

Deuxième trimestre 1989

Tous les matins, toilettage-pas très longtemps -je suis très facile. Je mordille, bien sûr, mais j’ai mal aux dents. » Ça passera » qu’ils disent tous les grands ; mais c’est pas drôle, enfin, c’est une excuse pour faire quelques sottises par-ci, par-là.

Ce matin, la toilette a été plus complète : ma première maman est venue me couper quelques mèches qui me piquaient les yeux. J’étais bien content de la revoir, elle était avec son mari. Lui aussi, il était gentil avec moi, je me suis à nouveau payé plein de gros bisous et puis quand ma toilette a été terminée, j’étais beau comme une vedette. Un apollon, alors, je me suis couché entre mes deux mamans. Je voulais leur faire plaisir à toutes les deux : je les aime tellement.

Vendredi 28 avril : pour une fois, il ne pleut pas, je décide d’explorer le jardin tout seul. J’hésite un peu et pars en courant. Mes longs poils volent dans le vent. L’air me grise. Décidément, je dois être encore trop petit. Je m’arrête sous la tonnelle : j’ai entendu un bruit effrayant sous la haie de lauriers. J’essaierai une autre fois. Je rentre tout essoufflé à la cuisine, mon havre de paix.

A midi, j’ai fait des grâces à maman pour avoir un petit morceau de fromage : c’était fameux. J’ai bien essayé d’en avoir une autre bouchée (c’est toujours mon grand appétit qui me trahit mais rien à faire mes parents sont incorruptibles. Quand ils ont dit non, c’est non.

J’attends avec impatience : l’heure de mon goûter : j’ai droit à 3 cuillerées de yaourt. C’est ma maman qui les fait et c’est vraiment délicieux. Je crois que c’est ce que je préfère.

Samedi 29, journée chargée en évènements de toutes sortes. Le matin, je dois accompagner maman sur le marché-celui qui se tient sur la grande place. C’est super ! J’ai rencontré plein de gens. Il y a un gentil papy qui m’a beaucoup parlé, qui m’a dit des jolis mots doux. Ma maman était très fière de moi.

J’ai même revu ma première maman qui a dit que j’étais vraiment beau. On a fait des aller-retours continuels à la voiture pour déposer tous les légumes pour ma soupe. Après, nous sommes rentrés à la maison, les pattes usées.

L’après-midi, j’ai fait une partie de football avec un gros ballon que j’ai trouvé à la cave. Il était à ce pauvre Dickou. J’entends souvent parler de lui. Parfois, même mes parents se trompent et m’appellent Dickou Je ne leur en veux pas, bien au contraire Je crois que je les aime encore plus. Il était cher à leur cœur.

Pour en revenir à la partie de foot, j’ai fait des passes, puis une tête, un roulé-boulé, que dis-je des roulés- boulés j’ai dérapé, ma maman riait de bon cœur

J’ai drôlement bien joué, ma maman riait tellement qu’elle s’est arrêtée de jouer. Puis, je crois qu’elle commençait à être fatiguée.

On a été faire du jardinage, maman plantait du thym, moi, je l’arrachais. Je n’ai rien compris, maman disait toujours : « non Eikinou, sors de là, je t’ai dit non… « Alors, elle a mis du grillage. Bizarre !

Dimanche, 30, nous avons eu une visite dans l’après-midi : Andrew, un jeune anglais. Je l’aime bien parce qu’il joue avec moi, et puis, il me laisse défaire ses lacets. Je lui ai montré comment on jouait à la balle. Comme il est intelligent, il a vite compris. Je lui ai prouvé que j’avais un système de freinage très au point. Je suis même passé sous le coffre à bois dans mon élan, mais j’ai rapporté la baballe ; Je vous avais dit que j’étais très doué pour cet exercice. Comme on s’est bien amusé, Andrew est resté dîner avec nous.

12 mai, je suis resté très silencieux ces temps-ci, mais j’étais très affairé avec le jardin. J’enlevais les mauvaises herbes avec maman, y compris certaines fleurs qui avaient une tendance à m’attaquer. Et puis, il fallait arroser : alors là un exercice de style ! Je mordillais le tuyau d’arrosage Ainsi que le jet d’eau qui était malgré tout mon talent impossible à déplacer.

En fin d’après-midi, j’étais tout mouillé et tout noir. Maman était effrayée en me regardant… Mais comme j’ai un poil auto-nettoyant, quand papa est rentré de sa partie de pêche, j’étais à nouveau propre comme un sou neuf.

La semaine dernière à la grande surprise de mes parents, j’ai réussi à allumer le poste de radio. En fait, ce n’était pas difficile du tout et puis, comme ça maman s’est levée pour préparer mon petit déjeuner.

Avant-hier, j’ai fait une grosse bêtise. Alors que je jouais avec mon petit tapis, que je lançais un peu partout, j’ai bien entendu été jouer dans les pattes du porte pots. Les plantes ont basculé et tout est tombé. J’ai eu une de ces peurs ! Maman s’est fâchée un peu, mais pas trop car elle était très occupée à nettoyer la terre répandue sur le parquet. Y en avait partout.

Encore une longue période de silence, mais j’ai été très occupé ces dernières semaines. Il y avait beaucoup de monde à la maison et comme je tenais à seconder maman dans les travaux ménagers, je n’ai pas eu une seconde à moi.

Je tiens quand même à signaler un événement très important dans mon existence. Depuis le 6 juin je lève la patte pour faire pipi. J’ai commencé avec la patte arrière droite et le lendemain avec la patte arrière gauche.

De temps en temps je manque mon coup et m’éclabousse un peu partout, mais néanmoins j’ai trouvé tout seul. Un exploit !

Une autre chose importante m’est arrivée. J’ai perdu toutes mes dents de lait, même que maman en a mis deux dans une petite boîte comme souvenir de ma première jeunesse. C’est gentil, elle les a mises à côté de mon album photo ainsi qu’à côté de mon journal.

23 juin, j’ai découvert un nouveau jeu grâce à mon papa qui m’a initié. Je sais sauter sur tous les fauteuils de la maison. Tous les soirs, je fais une « gym-tonic » avec cet exercice. J’ai même poussé l’audace à sauter par-dessus un livre que maman avait posé sur le siège du fauteuil. Exercice réussi 20/20.

Au mois de juin, il y a beaucoup de fruits dans le jardin ; des cassis et des groseilles. Eh bien j’aide maman à faire la confiture. Mon travail consiste à manger toutes les baies qui se trouvent sur les branches basses. Comme ça maman n’a pas besoin de se baisser

Et ma provision de vitamines est complète.

Je vous avais dit que j’avais des ennuis avec le tuyau d’arrosage, avec même tout le système.

Aujourd’hui j’ai un peu mieux maîtrisé la technique, pendant que mes parents regardaient le journal télévisé j’ai pris en charge le changement de place de la soucoupe qui brumise l’eau sur la pelouse. Pour brumiser, elle brumise. Je dois avouer que j’étais plutôt inondé et quelle tête de mule elle a. Elle a beau être rouge et blanche, le mal que j’ai eu pour la déplacer. ! Un travail de Titan. Je suis rentré pour faire part de mon exploit J’ai sauté sur le fauteuil ; puis sur les genoux de maman « aïe » qu’elle a dit tellement j’étais mouillé. Une fois encore dans la cuisine. Je n’ai pas été grondé. Ils (mes parents) avaient pris conscience du travail effectué et du service rendu. C’est du moins ce que j’ai cru comprendre.

Nous sommes en période de vacances scolaires Aussi hier, la petite Sarah est venue me voir, nous sommes allées en promenade C’est Sarah qui tenait la laisse, elle était contente, parce que je marche bien, je ne tire pas, et j’obéis assez bien.

Quelle faim, j’avais en rentrant ! Il va falloir que je fasse attention à Mon régime, j’ai pris 100 gr. Pas facile. Peut-être est-ce mes petites randonnées au fond du jardin, où je me régale de baies de toutes sortes. Heureusement la saison va se terminer, mais je suis bien capable de trouver autre chose à manger.

Chapitre 3

Deuxième trimestre 1989

Évidemment que j’ai trouvé de nouvelles choses à manger. Il y a toujours dans le fond du jardin (un vrai paradis) de succulentes prunes d’Agen. J’en mange, j’en rapporte à maman ; je les écrase un peu, peut-être même sur le parquet et bien entendu, je me fais gronder.

Mais elles sont vivantes ces prunes ; juteuses, sucrées, glissantes, c’est ainsi qu’elles m’échappent. Soyez rassurés, je ne grossis plus, j’avais très peur de devenir obèse, mais avec les exercices que je fais, je me maintiens. La forme !!!

L’autre jour, (je ne vous dirai pas la date exacte, car je n’ai pas mon agenda sous la patte), je suis allé en ville avec maman, mais cette fois-ci, c’était en voiture, c’était pas triste du tout, quel trafic que j’ai fait. Je suis passé du fauteuil avant sur la banquette arrière, mon collier s’est pris dans l’appui-tête, puis je suis descendu derrière le fauteuil de maman.

Heureusement, nous étions arrivés sur le parking du supermarché ; là, déception, pas question d’accompagner maman. Interdit à tous les toutous, une grande pancarte me l’indiquait clairement. Je fais la tête, je fais les yeux doux, rien n’y fait. Maman me dit :« je ne serai pas longtemps absente.

Je reviens tout de suite » sois sage- c’est vrai, ce n’était pas long : j’ai regardé par la vitre de la voiture les mouvements sur l’aire de stationnement et maman était de retour.

Je redeviens impossible. Je veux lui faire la fête, mais elle n’a pas le temps, elle ne veut pas que je descende ; bref, nous repartons.

Je ne trouve pas mon installation à l’arrière tout à fait confortable, je repars sur le siège avant et comme je m’ennuie de maman que je trouve un peu loin, je saute sans autre forme de procès sous ses jambes, je me retrouve sous las pédales de frein et d’accélérateur.

Alors, là, je me suis ramassé une fessée bien administrée : maman m’a remis sur le siège avant en m’attrapant par la peau du cou, et m’a dit que j’étais un gros vilain et que c’était terminé : elle ne m’emmènerait plus en voiture. Je n’y crois pas vraiment, elle ne résiste pas à mes doux yeux.

Juste avant les vacances de Noël, Michelle, la nouvelle assistante d’anglais (maman a institué des cours d’anglais pour adultes : c’est pourquoi je vous parle si souvent des anglais) est venue à la maison pour me souhaiter un heureux Noël ; elle m’a offert un petit cadeau, un hérisson tout rose qui crie lorsque je le prends entre mes dents.

Au début, j’étais un peu intimidé, puis je me suis enhardi et maintenant c’est mon jouet préféré. Maman a dit une seule fois : « c’est une jolie bébête » et maintenant c’est un mot clef pour moi : dès que j’entends « bébête » je cours chercher mon nouveau copain.

J’ai fait des gros câlins à Michelle pour la remercier, mais je dois avouer que ces anglais sont vraiment super sympathiques avec les petits amis à quatre pattes.

Les vacances scolaires nous ont permis de retrouver petites Sarah et Hélène, dont j’’ai déjà longuement parlé. Lorsqu’elles sont à la maison, c’est vraiment « super ». Enfin, je ne voudrais pas vexer mes parents, mais c’est quand même plus amusant avec mes petites « tatas » on court dans le jardin, on monte sur les chaises, sur la balancelle, on se cache, on va se promener le long de la rivière où je vois de nombreux canards J’ai même beaucoup de mal à garder mon sang froid car je me lancerai bien à leur poursuite.

Curieusement, alors que j’ai du mal à décider maman à faire une promenade à pattes, lorsque ses deux petites filles sont là, tout le monde est partant. Tant mieux, après tout j’en profite. On a joué à se lancer un bâton, à le rapporter. J’ai fait, je ne sais pas combien de gros pissous : le soir, lorsque nous sommes rentrés, j’étais fatigué, je crois même que j’avais quelques courbatures.

Noël, lorsque les 12 coups de minuit ont sonné, mes parents m’ont fait de gros câlins et beaucoup de bisous ; ils m’ont souhaité une bonne et heureuse année. Ils m’ont dit que j’étais maintenant un très grand garçon, puisque dans quelques jours, je fêterai mon premier anniversaire.

1er janvier : re-bonne année, re- gros bisous. Je suis monté sur les genoux de mon papa, je lui ai fait mes yeux câlins, comme je sais bien le faire. Je me demande si pour le déjeuner, j’aurai un menu spécial fêtes.