Le Monde appartient aux Crétins - Isabelle Berrubey - E-Book

Le Monde appartient aux Crétins E-Book

Isabelle Berrubey

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Beschreibung

Le monde appartient aux crétins. Cette affirmation peur faire sourire au premier abord. Pourtant, en observant bien votre entourage, vous vous rendrez compte qu’il n’y a rien de plus vrai! Avec un humour parfois grinçant, ce livre vous fera découvrir les travers de vos concitoyens, ou même les vôtres, en abordant différents thèmes de la vie courante : politique, éducation, environnement, technologie, etc. Vous ne verrez plus les autres de la même manière, c’est garanti!


À PROPOS DE L'AUTRICE 


Isabelle BERRUBEY est une écrivaine québécoise. Elle a écrit plusieurs romans historiques, elle n’en est pas moins critique de son époque. Après une première mouture de Le monde appartient aux crétins en 2012, elle nous revient avec un essai entièrement révisé sur les travers de notre société.

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Seitenzahl: 169

Veröffentlichungsjahr: 2023

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Table des matières

Le monde appartient aux crétins 2.0

Bienvenue en Absurdistan

Introduction

1. - Le crétin occasionnel

2. - Le crétin veston-cravate (Le bureaucrate)

3. - Les crétins en politique

4. - Les crétins et la conduite automobile

5. - Les crétins et l’Éducation

6. - Les crétins et la technologie

7. - Les crétins et l’environnement

8. - Les crétins et la consommation

9. - L’influence de la télévision ou

10. Les crétins téméraires

11. - Les crétins et le service à la clientèle

12. - Les crétins et la vie en société

13. - Et la Santé, ça va?

14. - Les crétins dans l’Histoire

Conclusion

Autres titres de la même auteure

Crédits

Version papier :

Production et distribution : Les Éditions de la Francophonie

55, rue des Cascades Lévis (Québec) G6V 6T9

ISBN version papier :978-2-89627-332-4

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Bibliothèque et Archives du Canada 

Dépôt légal version papier : 4e trimestre 2012

*

Auteure : Isabelle BERRUBEY

Titre : Le monde appartient aux crétins

Tous droits réservés. Il est interdit de reproduire cet ouvrage en totalité ou en partie, sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit sans l’autorisation écrite préalable de l’auteur, conformément aux dispositions de la Loi sur le droit d’auteur.

*

Version numérique

©2023 Éditions du Tullinois Inc.

www.editionsdutullinois.ca

ISBN version E-Pub : 978-2-89809-335-7

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Bibliothèque et Archives du Canada

Dépôt légal E-Pub : 3e trimestre 2023

Illustration de la couverture : Claude REY

Illustrations intérieures : Marie-Éve D'AOUST

Nous remercions la Société de Développement des Entreprises Culturelles du Québec (SODEC) du soutien accordé à notre programme de publication.

SODEC-QUÉBEC

Le monde appartient aux crétins 2.0

Introduction

Un jour ou l’autre, si ce n’est déjà fait, un crétin fera irruption dans votre existence. Un? Il serait bien illusoire de croire qu’un seul de ces êtres perturbateurs viendra troubler votre vie. En fait, il y a fort à parier que pratiquement tous les jours qui vous restent à vivre, vous ferez face à cette réalité : le monde est rempli de crétins. Eh oui! Même à l’ère de la performance et des technologies de pointe, après des dizaines de milliers d’années d’évolution, cette catégorie d’individus est loin d’être en voie d’extinction. On croirait même, parfois, qu’elle est en recrudescence. Si vous doutez encore de ce que j’avance, ce livre est pour vous! Et, même si vous n’en doutez pas, il vous fera voir à quel point les crétins ont envahi toutes les sphères de la société.

Mais, qu’est-ce donc qu’un crétin? Et, surtout, comment faire pour bien le reconnaître parmi les gens qui nous entourent? Selon le dictionnaire Larousse, un crétin est une «personne stupide, sotte ». Bon, voilà pour la définition générale. Cependant, on pourrait y ajouter que le crétin a cette particularité d’ignorer son état, autrement il ne serait pas crétin. Par contre, pour ceux qui le côtoient de près, c’est l’évidence même !

Il n’est pas rare d’en croiser dans la rue, en vacances, au supermarché, au cinéma, dans sa propre famille élargie, et surtout au travail. Bref, le crétin est partout où l’humanité a laissé des traces. Mais, bien que le crétinisme soit répandu, il n’empêche pas les individus qui en sont affectés de fonctionner normalement la plupart du temps. C’est pour cela qu’il faut être attentif afin de bien les repérer, car les crétins finissent par rendre la vie difficile, voire impossible à leur entourage, tellement ils créent de frustrations autour d’eux. Dans certains cas, selon leur rayon d’action, ils empoisonnent votre quotidien de façon indirecte et à long terme. Mais, plutôt que de demeurer dans le vague, passons au vif du sujet et épluchons les différentes catégories de crétins pour en déterminer les allures et les modes d’action.

 

1. - Le crétin occasionnel

C’est heureusement le plus répandu et celui à qui on pardonne le plus facilement sa bêtise car, contrairement aux catégories qui suivent, le crétin occasionnel se rend finalement compte qu’il a agi en crétin. Alors, sans plus attendre, il se tape le front, il bredouille et se confond en excuses. Il rougit parfois violemment ou se fâche contre lui-même en se traitant de qualificatifs peu élégants. Sa désolation est telle qu’il fait pitié au point qu’on ne peut douter de sa sincérité. On en est presque gêné et on cherche à atténuer les revers qu’on a subis par sa faute en l’inondant de maximes telles « L’erreur est humaine », « Tu ne pouvais pas savoir », etc.

Ce qu’il y a de bien avec ce genre de crétins, c’est qu’il apprend de ses erreurs. La leçon a porté fruit et il fera attention, à l’avenir, à ne pas répéter les mêmes bourdes. Plus encore, il deviendra capable de débusquer d’autres crétins occasionnels et de les ramener dans le chemin du jugement éclairé. N’oublions pas que ce type de crétin l’est souvent par ignorance. Quand il comprend qu’il a commis un impair, il se dépêchera de se mettre à la page afin de plus débiter d’âneries ni de commettre à nouveau la même action crétine. Malheureusement, il y en a pour qui la petite lumière de la conscience ne s’allume jamais. Nous pouvons donc passer à une autre catégorie!

2. - Le crétin veston-cravate (Le bureaucrate)

C’est celui dont on envie la situation et le salaire -souvent à tort- en se demandant comment il a pu obtenir les deux tant il est abruti de crétinisme. La plupart du temps, cet individu est indélogeable et aura sa retraite, avec pension svp, dans une trentaine d’années. C’est, soit un cadre, soit un employé avec une convention collective en béton -quoique cette option est de plus en plus illusoire-, à l’abri des dénonciations de collègues débordés ou soucieux de se mêler le nez de leurs affaires pour ne pas faire de vagues.

Attention : Je n’ai pas affirmé « Les fonctionnaires sont tous crétins! », loin de là. J’ai seulement mentionné qu’il s’en trouve parmi eux. « Chaque place fournit son monde. » dit l’adage. Ainsi, laissez-moi vous rapporter une situation vécue dans les années 80 par l’auteure de ces lignes. Plusieurs se rappelleront « le bon vieux temps » qui n’était finalement pas si bon que ça!

Imaginez une surface à bureaux séparés par des paravents, soit un centre d’emplois (Ça existait encore dans ma jeunesse.), communément appelé « bureau de chômage ». Il n’y a pas de salle d’attente, juste une série de chaises alignées le long d’un mur. Après avoir détaché un numéro papier de la distributrice et être allée rejoindre la demi-douzaine de chômeurs en attente de rencontrer un agent (Ça aussi, ça existait.), je me force à patienter en laissant errer mon regard sur les paravents capitonnés qui dissimulent à nos regards les fonctionnaires en poste. Bien malgré soi, on écoute des bribes de conversation, car ces séparateurs sont fort peu discrets.

C’est alors que le crétin bureaucrate entre en scène. N’ayant cure des « clients » qui se trouvent à portée de voix, il décroche le combiné de son téléphone fixe -non, il n’y a ni I-phone ni cellulaire encore- et, entre deux rencontres, appelle l’un de ses amis pour lui mentionner que, comme convenu, il ira prochainement finir les rénovations qu’il a entreprises dans le sous-sol de celui-ci. Et d’ajouter, assez fort pour que tous entendent, qu’il fait ça depuis des années et que c’est un bon sideline (travail au noir).

Non mais! Quel crétin! En plus de voler la job d’un autre de manière illicite, ce crétin ne s’en cache même pas des travailleurs qui n’ont plus de gagne-pain! Et il est payé à quoi faire pendant ce temps? Au moins, qu’il ait la décence d’appeler son pote hors des heures de bureau! C’est qu’il n’a même pas peur de se faire pincer. Voyons donc, il travaille pour le gouvernement, personne ne va le dénoncer. Il y a six employés dans ce petit bureau et ils se connaissent tous. Qui dénoncerait monsieur? Sûrement pas sa collègue à qui je finis par avoir affaire.

Celle-là est d’un autre genre de crétin. Si le premier avait le sens de la débrouille, elle, on se demande comment elle a fait pour obtenir et conserver son poste. C’est une dame d’un certain âge, un peu trop corsée dans sa blouse immaculée et un peu trop « écourtichée » dans sa jupe serrée. Ses ongles vernis sont si longs qu’elle peine à taper mon numéro d’assurance sociale sur le clavier de son ordinateur. Mais la vitesse ne semble pas une priorité chez elle. Enfin, après plusieurs minutes, elle réussit à accéder à mon dossier pour m’annoncer que quelque chose ne va pas et qu’elle doit aller consulter un collègue. Au fond de moi, j’espère que ce n’est pas le gars qui travaille en-dessous de la table. « Attendez-moi, je reviens! » (Comme si j’avais le choix!)

Notre crétine chromée s’empare de mes documents (cessation d’emploi et formulaire de demande de prestations), repousse son siège en se trémoussant et use de prouesse pour se hisser sur des talons démesurés. Alliées à sa mini-jupe, ses chaussures l’obligent à tanguer. Or, le bureau qu’elle compte rejoindre se situe à l’autre bout de la pièce. Encore chanceuse qu’elle ne s’accroche pas les pieds dans la moquette en s’y rendant. L’aller-retour demande assez longtemps pour que je me dise que j’aurais eu le temps de piquer un somme. Toujours est-il que c’est avec un grand sourire que la dame me déclare que ma demande ne peut être traitée, parce que les données sont « prises » dans l’ordinateur. Ah! Bravo! Tout un avant-midi perdu, assorti d’un déplacement de 40 km aller-retour et, en plus, ma demande est retardée. Je dois revenir… Dire que l’autre travaille au noir et que cette grande crétine a l’air aussi efficace qu’un râteau à feuilles pour gratter de la vieille peinture.

Dessin no 9

Ok, depuis, le système a changé. Les demandes sont remplies par internet, les relevés d’emploi acheminés directement par l’employeur. Mais, s’il y a un pépin, il faut s’armer de patience pour parler à une « vraie » personne. Il n’y a pratiquement plus de bureaux régionaux de Service Canada. Le mot « Service » devrait d’ailleurs être retiré de l’appellation, car ce terme ne reflète plus la réalité. Rappelons que, sous le régime Harper, le nombre de semaines de prestation a été coupé, ce qui a porté un dur coup aux travailleurs saisonniers des régions. C’était crétin d’agir ainsi, car la caisse de l’assurance-emploi s’autofinance et elle est là pour aider les travailleurs qui perdent leur emploi en attendant d’en trouver un autre. Ce sont des gens qui ont bossé toutes les semaines où du travail était disponible, qui voudraient travailler à l’année dans une région où l’emploi est assujetti à une courte saison, et qui écopent, alors que l’argent en surplus de cette caisse est réinvesti dans d’autres programmes. Après, on s’étonne que les régions se vident de leurs travailleurs et qu’on ait de la difficulté à recruter des employés dans les restos et les sites touristiques où, justement, l’emploi est saisonnier.

Quand tu ne peux pas boucler la boucle, c’est ce qu’on appelle le trou noir, la période sans revenu. Lors de sa première campagne électorale, Justin Trudeau avait promis une réforme du système d’assurance-emploi. En 2023, elle n’a toujours pas eu lieu. Pire, voilà qu’à cause de « fraudeurs » du système, des prestataires de l’assurance-emploi attendent depuis des mois le versement de leur dû, sous prétexte d’enquêtes. On sait depuis des années que le système de paie des employés fédéraux connaît des ratés, alors celui qui soutient les prestataires d’assurance-emploi peut bien attendre, semble-t-il. Juste en passant, il paraîtrait que le nouveau site SAAQ-clic, qui ne clique pas fort non plus, aurait une certaine parenté avec le système Phénix... Mais qui programme ces systèmes? Et, surtout, qui en fait le choix? La réponse à ces questions commencerait-elle par un C et contiendrait-elle six lettres?

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Dans les services gouvernementaux, cela fait longtemps qu’on sait qu’il y travaille des crétins. Aussi, dans les années 90, quelqu’un a eu l’idée d’un système pour éviter de leur parler. Tout le monde connaît la chanson : on compose le numéro de téléphone et le bal commence : « Pour le service en français, faites le 1, pour telle chose, faites le 3, pour telle autre, faites le 7, etc ». Finalement, après 15-20 minutes, une messagerie (pas question de passer sa frustration sur quelqu’un) vous apprend que les lignes sont surchargées et que vous devrez rappeler plus tard. Et, après 4 ou 5 essais infructueux, c’est pas mal décourageant. Pour sûr que c’est crétin d’avoir instauré un système aussi peu efficace, enfin du point de vue de ceux qui nécessitent de l’aide ou des réponses! Je ne veux pas jouer la carte de la conspiration (Ça aussi, je trouve ça crétin), mais comme peu de gens sont en mesure de rejoindre un service, cela fait moins de dossiers à gérer! Donc, moins de débordement et moins de temps supplémentaire…

Pour prouver ce que j’avance, j’ai fait un jour l’expérience inverse : j’ai appelé le service du recouvrement. Comprenez que je ne devais rien au gouvernement, j’essayais seulement de joindre, sans succès, un autre ministère. Tout de suite, on m’a répondu, en personne. La dame, très aimable, m’a gentiment transférée au bon service où on a pris mon appel immédiatement. Je n’ai jamais osé recommencer et je me doute que ça ne serait plus aussi simple maintenant. Mais quand même…

Avant l’implantation de ce système, certains se souviendront d’une autre aberration. Il faut savoir qu’à une certaine époque, il n’y avait pas de ligne sans frais (genre 1-800 ou 1-888), mais on pouvait appeler le bureau de chômage à frais virés. J’entends par là que la réceptionniste acceptait les frais de l’appel au nom du gouvernement. Cependant, l’agente était souvent débordée et répondait un rapide « Assurance-emploi, gardez la ligne » avant qu’on ait pu signifier notre intention. En conséquence, la téléphoniste devait recomposer et  lancer « Appel à frais virés » avant que l’agente parle.

Un jour, un brillant fonctionnaire (lire « crétin ») a pensé résoudre le problème du manque d’effectifs en installant des répondeurs, afin que les agents puissent rappeler les chômeurs (qui, n’ayant pas de cellulaire à l’époque, devaient rester collés au téléphone fixe de leur domicile pour attendre un retour d’appel). Or, à peu près en même temps, un système automatisé d’appels à frais virés avait été mis en fonction par la compagnie de téléphone. Quand on appelait au bureau de chômage, le système automatisé pouvait alors entrer en communication avec le répondeur dudit bureau et nous, on les écoutait se parler dans leur dialogue de sourds, sans pouvoir rien faire! Y avait-il plus crétin?

Bon, vous allez dire, ça n’existe plus, des affaires de même! Non, mais il y en a parfois de pires, parce qu’il n’y a pas que dans les ministères que le service laisse à désirer, mais nous en reparlerons plus loin. Dites-vous seulement que le risque de tomber sur un crétin-bureaucrate existe. La preuve? Quand vous appelez un service gouvernemental, ne vous mentionne-t-on pas que votre appel pourrait être enregistré? Il n’y a pas à douter qu’une analyse soit en cours. Espérons seulement que ce ne soit pas un crétin qui soit chargé de ce travail.

Oui, on chiale contre les fonctionnaires, mais, en fait, on a raison pour environ 10% d’entre eux. C’est quand même pas mal, me direz-vous! Effectivement, même s’ils sont dispersés dans différents ministères, ils posent problème. Ce sont eux qui mélangent les dossiers d’allocations familiales ou les numéros d’assurance sociale. Ils vous inventent un autre enfant ou le perdent au gré de leur fantaisie (C’est arrivé à une collègue de travail.). Certains font semblant de travailler quand leur supérieur passe, puis retournent à leur visionnement de sites porno ou sont accros à des jeux en ligne. Ils semblent meilleurs au poker que pour remplir un formulaire de demande de citoyenneté. Cependant, plusieurs finissent par se faire prendre, car ordinateurs et téléphones cellulaires laissent des traces. C’est alors la porte assurée -enfin, je l’espère!

Autrefois, il était quasi impensable de recevoir une réponse d’un bureau le vendredi après-midi, ni le jeudi non plus, trop proche du vendredi. Il ne fallait pas non plus choisir le lundi, trop collé sur la fin de semaine. Le mardi après-midi, peut-être ou le mercredi, c’était mieux. Maintenant, avec le télétravail et les cellulaires, on peut espérer parler à quelqu’un après un temps d’attente plus ou moins long si on reste en ligne (Ce peut aussi bien être vingt minutes comme deux heures) ou préférer se faire rappeler on ne sait pas quand.

Ah! Ce serait bien si on n’avait pas à passer des heures au téléphone ou à attendre qu’on nous rappelle mais, la vie est devenue compliquée pour le simple citoyen, comme pour le modeste employeur ou l’OBNL (organisme à but non lucratif). Même au niveau municipal, il faut obtenir une autorisation pour faire la moindre chose maintenant : creuser une piscine, ériger une clôture, planter ou abattre un arbre, repeindre son cabanon -dans les couleurs en harmonie avec le quartier-, etc. Il y a des demandes qui vont quand même rondement, mais si vous voulez fonder une entreprise, jeter un ponceau par-dessus une rivière sur votre terrain, faire du terrassement, rappelez-vous la maison qui rend fou dans « Les douze travaux d’Astérix ». N’oubliez pas : « Votre appel est important pour nous. »

Comme bien des gens préfèrent cliquer au lieu de faire la file à un bureau gouvernemental, c’est le site internet qui rend fou maintenant. Comment une chose si simple en apparence, soit remplir un maudit formulaire, s’avère-t-elle finalement d’une telle complexité? Et je ne parle pas des demandes de projets « Nouveaux horizons » et autres programmes de subventions où on ne connaît réellement les questions qu’une fois qu’on a commencé à y répondre en ligne et dans un temps imparti, svp. Torrieu! Ce n’est pas une course, est-ce qu’on peut prendre le temps de lire et de réfléchir à ce qui est demandé (parce qu’on en demande du blabla dans ces formulaires-là)? Et le système qui se plante juste comme on l’envoie, après avoir travaillé une demi-journée minimum, rien qu’à faire des copiés-collés sur le formulaire. (Parce que développer les détails du projet et réunir les documents officiels peut demander plusieurs jours, on n’a pas le choix de procéder autrement.) Que c’est donc enrageant! On se demande quel crétin a conçu une pareille ignominie? De fait, on dirait que la plupart des sites ont été créés par un finissant qui a « botché » son année. Mais, en bout de ligne, à qui la faute? Aux politiciens que nous avons élus? Examinons donc cette catégorie d’un peu plus près.

3. - Les crétins en politique

Si un sujet fait couler beaucoup d’encre, c’est bien la politique. Il y a eu tellement de scandales dans le passé et il y en aura sûrement dans le futur. Qu’il s’agisse de fraudes, d’allégations d’inconduite sexuelle ou de liens avec le crime organisé, tout le monde a en tête une histoire croustillante, sordide ou salée impliquant un politicien. Souvent, on se paie la tête d’un élu dans tous les médias à la suite d’une bourde monumentale (et les médias font tellement dans l’immédiat avec les réseaux sociaux que la nouvelle se répand à vitesse Grand V!). Ainsi, dans un passé pas si lointain, un certain ministre fédéral de la Beauce avait défrayé la manchette avec ses ébats amoureux qui lui faisaient oublier des dossiers confidentiels chez sa belle. Un autre s’est mis à poil sur les réseaux sociaux à partir de son bureau. Pauvre lui! Il avait oublié d’éteindre son portable muni d’une caméra. Son collègue qui a reçu la vidéo n’était pas moins crétin en la diffusant! Mais, c’était quoi l’idée d’utiliser son bureau comme cabine d’essayage? Je me rappelle aussi la photo de ce jeune candidat à la députation, assis sur le trône, les pantalons descendus aux chevilles. Vraiment toute une mise en candidature, comme quoi les étourderies de jeunesse peuvent vous démolir une future carrière. Dans le cas de ce jeune écervelé, celle-ci a tourné court, bien évidemment. Et, en politique municipale, Jean-René Dufort, notre Infoman national, ne se gêne pas pour nous partager de savoureux moments de réunions de conseils, choisis expressément pour nous dérider.

On nous rapporte parfois des députés qui dorment en Chambre -mais, la chambre, n’est-ce pas le meilleur endroit pour dormir?- ou qui jouent à des jeux en ligne ou encore qui sont carrément en conversation téléphonique, cellulaire à l’oreille, alors que la parole est à leur voisin immédiat. Certains se souviendront aussi de cette ex-ministre provinciale, qui se décrottait copieusement le nez devant la caméra. Beurk! Mais, quels qu’ils soient, municipaux, provinciaux ou fédéraux, d’ici ou d’ailleurs (parce que des fois, ailleurs, ça barde même physiquement), les politiciens sont le point de mire. Leurs mots sont pesés, analysés, leurs gestes scrutés à la loupe. Les plus « coulants » dévient les questions, sans jamais y répondre réellement. Certains se font élire après avoir promis, entre autres, des chèques. Simple coïncidence, peut-être, mais j’en doute. Mais, en campagne électorale, on promet tellement. Et les électeurs crétins que nous sommes veulent tellement y croire.

Les élu(e)s ont souvent la mauvaise habitude de ne pas se rappeler leurs déclarations et leurs promesses antérieures. Pas tous et toutes, bien sûr, mais il est assez rigolo de revoir certain(e)s à différents moments de leur carrière en train de tenir des propos contradictoires. Il arrive aussi qu’ils se fassent rabrouer pour des paroles malencontreuses. Cependant, quand les écarts de langage s’accumulent, on les cloue au pilori. Le ministre Drainville doit en savoir quelque chose. J’avoue cependant admirer le courage et la détermination de bien des femmes et des hommes engagés avec détermination dans leurs convictions de bâtir un monde meilleur, et même un pays.

On chiale beaucoup contre les politiciens, mais la plupart d’entre nous, simples citoyens, ne voudrions, en aucun cas, être à leur place. Surtout que, depuis la pandémie, on assiste à un phénomène qui prend de l’ampleur : des crétins (qu’on peut juger dangereux) s’en prennent aux élus et élues avec une virulence verbale qui choque et ébranle les fondements de notre démocratie. On ne compte plus les cas de harcèlement, quand ce ne sont pas carrément des menaces, propagés sur le web où ces « finfinaux » croient pouvoir insulter impunément depuis leur téléphone ou leur tablette. Heureusement que leurs appareils sont plus intelligents qu’eux et permettent aux autorités de les retracer!