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A l'époque médiévale, le duchesse de Normandie ne pouvant enfanter, demanda l'aide du diable, donnant naissance à Robert. En grandissant, l'enfant se montra d'une violence et d'une cruauté inouïe lui valant le surnom de Robert le diable. Pour calmer ses ardeurs, son père l'adouba à 17 ans, pensant qu'il adopterait l'esprit chevaleresque. Il profita de son statut pour diriger une bande de brigands terrorisant la campagne normande. Apprenant son origine, il se rendit en pèlerinage à Rome pour se confesser au pape. Comme punition, son confesseur lui ordonna de se comporter comme un fou, en faisant silence et partageant la nourriture des chiens. A trois reprises, Rome fut attaquer par les Sarrasins. La cité fut sauvée in extrèmis par un mystérieux chevalier blanc. C'était Robert armé par Dieu. Au bout de sept ans, son secret découvert, il épousa la fille de l'empereur. Devenu Robert le Bienheureux, il dirigea le duché de Normandie avec bienveillance.
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Seitenzahl: 65
Veröffentlichungsjahr: 2025
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Préambule
Robert le diable
Du besoin d’un héritier
Naissance et enfance de Robert
L’errance de Robert
La rencontre de sa mère
Tentative de conversion de ses compagnons
Sept ans de pénitence à Rome
Sa rencontre avec le Saint-Père
Sa confession à l’ermite
La rencontre de l’empereur
Quelques folies de Robert
La fille de l’empereur
Robert, combattant de Dieu
La forfaiture du sénéchal
La fin de la pénitence de Robert
Le mariage de Robert
Robert le Bienheureux
L’administration du duché
Le retour du duc Robert à Rome
Le château de Robert le diable
Épilogue
Une œuvre qui perdure
En la cité de Rouen, en pays de Normandie, naquit un enfant qui fut surnommé Robert le diable, un nom épouvantable. La raison pour laquelle il fut nommé ainsi, je vais vous la narrer.
Son histoire fut créée dans un premier roman en vers datant du début du XIIe siècle : le Miracle de Notre-Dame de Robert le Diable, fils du Duc de Normandie, à qui il fut enjoint pour ses méfaits de faire le fou sans parler, et depuis Notre Seigneur eut pitié de lui, et il épousa la fille de l’Empereur.
Il fut repris dans un ouvrage en prose paru en 1496, sous le titre La vie du terrible Robert le dÿable, édité à Lyon1. Au XIXe siècle, il fut réédité sous le titre : La terrible et merveilleuse vie de Robert le Diable, fils d’Hubert, duc de Normandie.
De cette légende médiévale, un opéra en cinq actes fut créé en 1831 sur un livret d’Eugène Scribe et Germain Delavigne, et une musique composée par Giacomo Meyerbeer. L’œuvre remporta l’un des plus grands triomphes de l’histoire de l’Opéra, acquérant rapidement une renommée européenne, puis mondiale. De nombreuses estampes des décors et des acteurs seront tirées de cette œuvre.
Bonne lecture.
1 Document disponible à la Bibliothèque nationale de France, sous la référence RES-Y2-713.
En ce temps-là, le noble duc Hubert de Normandie, vaillant et courageux craignait et aimait Dieu, faisait bonne mine à chacun. Ses faits héroïques étaient inscrits dans les anciennes chroniques. Possédant quantité de biens, il était doué de nobles vertus, qu’il serait presque impossible de pouvoir les raconter.
Un jour de Noël, il tint Cour ouverte à Vernon-sur-Seine, à laquelle vinrent tous les nobles barons et chevaliers du duché. Le duc n’étant pas encore marié, les barons du pays le prièrent de chercher une épouse, afin d’asseoir sa lignée et d’avoir une descendance. Il leur dit qu’il ferait ce qu’il leur plairait, à condition de pouvoir trouver une femme de haut lignage, sinon « j’offenserais ma naissance et déshonorerais ma famille en prenant une femme de moindre condition. Je devrais m’en repentir. »
Les barons entendirent ses raisons, basées sur le respect de son devoir et non sur ses émotions.
Le plus ancien et le plus confident d’entre eux se leva et lui dit :
− Seigneur duc, vous avez parlé prudemment, mais si vous voulez me croire, je vous dirais laquelle vous pouvez choisir pour être joyeux et content.
− Dites-le-moi alors, répondit le duc.
− Monseigneur, lui dit son confident, le duc de Bourgogne a une belle fille, sage, honnête et de bonne humeur, qui est chose conforme à votre état. Par ce choix, vous pourrez accroître votre qualité et avoir pour alliés d’autres grands personnages. Si vous désirez la faire demander, je vous assure que vous l’aurez.
Le duc répondit que cela lui plaisait bien, et que c’était finement parlé. Dès lors, il fit demander ladite demoiselle.
Il l’épousa en grand triomphe, puis l’amena avec de grands honneurs en sa cité de Rouen, accompagné par de nombreux barons, chevaliers, dames et damoiselles tant du pays de Bourgogne que d’ailleurs. La Bourgogne et la Normandie en firent de grandes réjouissances.
Ils vécurent longtemps sans pouvoir engendrer le moindre enfant pendant dix-sept ans. Est-ce par la faute de l’un d’eux, ou parce qu’il ne plaisait pas à Dieu qu’ils eurent une lignée ?
Gens dévots, craignant Dieu, ils se trouvaient souvent en prières, repentants de leurs péchés, le plus souvent miséricordieux envers les indigents et les souffreteux de leur duché.
Quand il prenait envie au duc d’être en compagnie de sa femme, ils se mettaient en oraison, faisant des prières à Dieu afin que sa bonté lui fasse la grâce de leur donner l’enfant ou les enfants qu’ils seraient honorés d’élever pour les instruire à Sa Gloire.
Un jour, alors en promenade avec sa femme, le duc se plaignit auprès de la duchesse de ce manque d’enfants.
− Madame, il nous va mal, car nous ne pouvons n’avoir aucun enfant. Celui qui nous a assemblé fit grand péché, car vous eussiez été donné à quelqu’un d’autre en mariage. Je crois fermement que vous auriez alors porté des enfants, et que si j’avais eu une autre femme, je crois pareillement que j’aurais eu des enfants. Et, ne suis-je pas trop infortuné, voire bien malheureux d’être privé de ce contentement, et n’aurais tant que je vive, jamais compagnie charnelle de femme que vous ?
Quand la duchesse l’entendit parler, elle lui répondit :
− Sire, il nous faut avoir patience et attendre qu’il plaise à Dieu d’exaucer nos prières.
Peu de temps après, le duc s’en alla à la chasse tout courroucé et troublé. Il se plaignit de voir de belles dames ayant de beaux enfants, pensant que Dieu devait bien le haïr pour ne pas lui en donner ne serait-ce qu’un seul.
− À quoi tient-il que je ne le renie avec sa puissance, car trop me fait le cœur sanglotant de n’avoir pas d’enfant ?
Le duc eut une grande joie de prononcer ces paroles.
Le diable, toujours à l’affût de recevoir les jérémiades des hommes, tenta le duc. Il lui troubla l’entendement, tant et si bien qu’en retournant au palais, il honora la duchesse bien que celle-ci était courroucée contre lui.
Follement, elle se dit que « puisque Dieu n’y a pas de puissance, je conçois aujourd’hui cet enfant, et qu’au diable il soit donné. Dés ici, je lui donne bonne volonté. »
Dès lors, le duc engendra un enfant.
Le diable se frotta les mains. Il venait de dévoyer de leurs devoirs chrétiens de grands dévots, des personnages d’une haute lignée.
Le temps passa, la duchesse devint grosse, portant à son terme l’enfant qu’elle avait donné en pitance au diable. Elle fut délivrée en grande peine, au milieu de grandes souffrances, l’enfant restant en travers durant un bon mois.
Le duc, compatissant pour la duchesse, fit chaque jour de nombreuses prières, jeunes et aumônes sans connaître le contrat passé par son épouse.
Plusieurs dames et damoiselles participant à l’enfantement de la duchesse pour l’assister s’étonnèrent de la puissance du tourment enduré.
Aussitôt que l’enfant fut né, de terribles signes se firent entendre. Le ciel s’obscurcit comme s’il faisait nuit, il commença à tonner et les éclairs zébraient le ciel.
Il semblait que les cieux s’étaient ouverts, embrasant le palais. Les vents impétueux firent tomber des arbres et parfois le toit des maisons. Plusieurs dames et seigneurs pensèrent que leur fin de vie était arrivée tant tout cela était horrible et épouvantable. Certains se mirent à genoux pour prier. Décidément, l’enfant est né avec de mauvais présages.
Puis, la tempête s’apaisa. Le temps redevint beau et serein.
Il fallut baptiser l’enfant, à qui fut donné le prénom de Robert. Chacun, en regardant la descendance du duc, s’émerveilla qu’il soit aussi si grand et aussi fort. Certains jugèrent qu’il avait la taille d’un enfant d’un an. À l’église, il ne cessa de gémir et de pleurer, comme s’il était en souffrance.
