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Quand Abigail Carr retourne à Bridgewater après deux longues années en pension, Gabe et Tucker Landry retrouvent la seule femme qui ait retenu leur attention—et leur affection—pendant toutes ces années. Ils ont assez attendu. Quand Abigail prétend qu’elle doit repartir à Butte, vers son fiancé, Gabe et Tucker refusent de céder aussi facilement. Tant qu’elle ne porte ni alliance à son doigt, ni amour dans son cœur, ils considèreront qu’Abigail est toujours à prendre. Et à conquérir, ce qu’ils feront… dans leur foyer de Bridgewater, où, non content de l’épouser, ils vont prendre possession de son corps dans la plus sensuelle expérience qu’Abigail ait jamais connue.
Mais Abigail sait qu’un avenir en tant qu’épouse et mère n’est pas pour elle. Elle n’est revenue que pour sauver la vie d’une amie. L’homme cruel qui la menace n’hésitera pas à tuer tous ceux qui lui sont chers, y compris ses deux nouveaux maris.
Abigail fera un choix difficile pour tous les sauver… peu importe ce qui lui en coûtera.
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Veröffentlichungsjahr: 2020
Copyright © 2020 par Vanessa Vale
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les événements sont les produits de l’imagination de l’auteur et utilisés de manière fictive. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, entreprises, sociétés, événements ou lieux ne serait qu’une pure coïncidence.
Tous droits réservés.
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Conception de la couverture : Bridger Media
Création graphique : Fotolia, deberarr; Hot Damn Stock
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Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
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ABIGAIL
« Je vais la tuer maintenant—» Paul Grimsby arma son pistolet, un bruit qui me fit sursauter. « —ou tu peux la sauver. A toi de décider. »
Il avait le regard d’un homme avec qui on ne badine pas. Grand et sec, on aurait cru qu’on l’avait étiré sur un instrument de torture du Moyen-Âge. Ses cheveux bouclés étaient enduits de gomina et la coupe de son costume était à la dernière mode. Mais il n’avait rien d’un gentleman. Surtout alors qu’il pointait une arme en direction de mon amie.
Je regardai par-dessus mon épaule, vers l’un des sbires de Mr Grimsby, gros et stupide, qui bloquait la seule issue de la pièce.
« Que… que me voulez-vous exactement ? »
La peur avait rendu ma voix perçante. De la sueur glissait entre mes seins. Je me frottai nerveusement les mains et mes genoux tremblaient littéralement. On ne m’avait pas invitée en la demeure de Mr Grimsby, l’homme m’y avait accompagnée, ainsi qu’un autre de ses laquais qui avait disparu quelque part dans la grande bâtisse. Le pensionnat que je fréquentais à Butte n’était qu’à quelques rues, mais le trajet m’avait paru interminable. J’avais passé la matinée à trouver un moyen de leur échapper ; nous descendions une rue passante. Crier qu’on m’enlevait était en tête de liste. Mais les deux hommes de main avaient été très clairs si j’esquissais le moindre geste vers quiconque dans la rue, ma camarade de classe Tennessee Bennett mourrait.
Je me souvenais de notre première rencontre, nous avions devisé sur son prénom plutôt original. Elle avait dit que ses parents les avaient nommées, elle et ses sœurs, selon plusieurs Etats. Georgia et Virginia passaient, mais Tennessee était un vrai fardeau.
« De l’argent bien entendu, » répondit-il d’une voix égale. Une horloge posée sur le manteau de la cheminée égrenait les heures. La pièce semblait civilisée, mais la conversation en était très loin.
Il semblait que Mr Grimsby soit déterminé. A tuer Tennessee. Il avait froidement assassiné son père venu lui rendre visite pour la cérémonie de remise des diplômes et pour la ramener dans le Dakota du Nord. Mr Grimsby ne montrait ni remords ni conscience. Je jetai un œil à Tennessee assise bien droite dans un fauteuil à haut dossier, son teint d’ordinaire éclatant maintenant livide. Elle me regarda avec de grands yeux implorants, des larmes coulant sur ses joues. Elle s’était fourrée dans ce pétrin et m’y avait attirée malgré moi. En quête d’un prétendant, elle avait cédé aux avances de Mr Grimsby, l’un des plus riches et prospères hommes d’affaires de la ville. Non seulement il était riche et séduisant—selon ses propres termes, je le trouvais quant à moi antipathique—mais il était également célibataire.
Attirée par l’argent ou l’amour, elle voulait mettre la main sur un riche époux mais avait menti à Mr Grimsby sur la situation et fortune de sa famille depuis le début. Elle n’était pas une héritière des chemins de fer, comme elle l’avait dit, seulement la deuxième fille d’un banquier de Fargo. Cet écran de fumée était pourtant innocent, et plusieurs jeunes filles y avaient eu recours à travers les âges pour progresser sur l’échelle sociale, mais il semblait que Mr Grimsby ait plus désiré la prétendue fortune de Tennessee que la jeune femme elle-même. Il n’était pas aussi riche qu’il paraissait, cela dit. S’il n’avait pas dérangé, ils auraient formé un joli couple. Mais quand la vérité avait éclaté sur la parjure de Tennessee, il était devenu enragé ; le cadavre de son père et son œil tuméfié en étaient la preuve.
Ainsi que l’arme pointée sur sa tempe.
« Je n’ai pas d’argent, répondis-je en me léchant les lèvres.
— Tu ne ressembles à rien, mais tu as de l’argent. »
Les yeux de Mr Grimsby glissèrent sur ma joue avec une expression proche du dégout, et il se mit à trembler de rage. J’avais l’habitude qu’on me taquine sur ma cicatrice, mais j’étais ravie qu’il ne lui ait pas trouvé le même attrait que pour Tennessee. Elle était belle, équilibrée et avait bon cœur. « Je connais ton histoire, je connais ton frère. Tu n’as peut-être pas d’argent sur toi, mais il possède l’un des plus grands ranches du territoire »
J’étais surprise qu’il ne me force pas à l’épouser à la place. S’il voulait de l’argent à tout prix, il passerait outre ma cicatrice. Mais non. Il tenait trop aux apparences et voulait une belle mariée. Tennessee. Pas moi. Pour une fois, j’étais contente d’être défigurée.
« Des terres et du bétail. C’est tout ce qu’il a, répondis-je. Je ne vais pas vous ramener une vache. »
Je me mordis la lèvre, sachant que ce n’était pas la meilleure chose à dire, car il retira l’arme de la tête de Tennessee et s’avança vers moi pour me saisir le bras. Je tressaillis et criai dans sa cruelle étreinte.
« Je ne veux pas d’une putain de vache, siffla-t-il en postillonnant. Je veux de l’argent ou quelque chose à vendre contre de l’argent.
— Très bien, » répondis-je. Que pouvais-je dire d’autre ? Il avait tué le père de Tennessee pour la punir de ses mensonges. Qu’est-ce-qui l’empêchait de braquer l’arme contre ma tempe et d’en presser la détente ? « Je… je vais vous ramener quelque chose à vendre. »
Il me relâcha, essuya sa bouche du revers de sa main tenant l’arme.
« Tu as une semaine. » Il se retourna et désigna Tennessee qui pleurait pour de bon.
« Une semaine. Après quoi je la tue. »
J’acquiesçai, mon cœur battant à tout rompre. J’allais rentrer chez moi maintenant que j’avais obtenu mon diplôme. Je me demandais comment j’allais pouvoir revenir, mais je m’en inquiéterais plus tard.
« Si tu ne reviens pas, mes hommes te retrouveront. » Il agita le pistolet sous mes yeux, qui en fixèrent le métal brillant.
Je fis un pas en arrière. Il ne fit rien, alors j’essayai un second, puis un autre, de peur de me retourner. Tennessee pleurait toujours.
« Ne me laisse pas ! » cria-t-elle, tendant la main vers moi.
Cela me déchirait de la laisser, mais si je voulais revenir la sauver, je devais partir. J’entendis s’ouvrir la porte derrière moi, et alors seulement, je me retournai. L’homme de main me tint la porte et m’escorta dans la rue, suivie par les sanglots de mon amie. Je devais l’aider. Je devais rentrer chez moi et rapporter quelque chose pour apaiser Mr Grimsby. Quelque chose qui ne ferait pas défaut à James. Sinon, elle mourrait. Et si je ne revenais pas dans la semaine, il s’en prendrait à mon frère. Je l’avais sauvé quand j’étais enfant, je ne pouvais pas le laisser mourir maintenant.
ABIGAIL
J’aurais dû regarder les mariés se tenir devant le prêtre, alors qu’ils récitaient leurs vœux. Theresa était ravissante dans sa robe blanche, son visage radieux du bonheur qui semblait en provenir. Elle aimait Emmett, sans aucun doute. Ses sentiments étaient réciproques, à en juger par le léger tremblement dans la voix du grand fermier quand il prononça. « Je le veux. »
J’aurais dû les regarder échanger leur premier baiser de couple marié, mais mes yeux ne pouvaient quitter le séduisant duo que formaient Gabe et Tucker Landry. Les frères étaient assis sur l’allée centrale à deux rangées de moi avec plusieurs autres habitants de Bridgewater. Je ne voyais pas au-delà de leurs larges épaules, leurs cheveux proprement coupés, dans leurs chemises éclatantes.
L’occasion de les regarder aussi longuement ne m’était pas souvent offerte et je soupirais, contemplant leurs silhouettes ciselées ; Tucker rasé de près et Gabe arborant une barbe taillée.
J’avais passé deux ans à Butte et ne les avais pas vus pendant toute cette période, du moins pas jusqu’au pique-nique de la veille. Je ne pouvais m’ouvrir de mon intérêt pour eux auprès de personne. Je les avais connus quand j’avais quatorze ans et dire que ça avait été un coup de foudre serait un doux euphémisme. Mais ils avaient bien dix ans de plus que moi, et bien que serviables, ils ne m’avaient jamais adressé un regard. Alors j’en avais rêvé, les regardant de loin avec les yeux envieux d’une petite fille. Je n’avais parlé à personne de mes sentiments pour eux. Avec tant de voisins curieux dans cette petite ville, je ne pouvais courir le risque qu’ils apprennent la vérité. Une fille de quatorze ans amoureuse. De quoi se mortifier.
Mais je n’étais plus une petite fille et mon intérêt pour eux n’avait pas faibli pendant ces années. Je ne les avais pas vus pendant longtemps mais aucun autre homme ne leur arrivait à la cheville. Il devait pourtant bien y avoir d’autres hommes pour rivaliser. Et maintenant, à dix-neuf ans, je pensais à eux d’une nouvelle manière. Charnelle. Coquine. Malheureusement, je ne pouvais rien changer à cette… attirance que je ressentais pour eux. Je n’étais pas de nature entreprenante comme Tennessee, et elle m’avait montrée à ses dépens ce qui pouvait se passer. Je devais considérer mon retour à la maison comme temporaire car je devais plus me soucier de sauver mon amie que de ces deux beaux mâles qui faisaient chavirer mon cœur et pointer mes tétons.
Mais alors qu’ils étaient assis devant moi, je profitais de cette rare occasion. Je ne faisais pas que les regarder. Je les lorgnais, les reluquais et rêvais. Rêvais que je me tiendrais un jour à leurs côtés prononçant mes vœux comme Theresa et Emmett.
L’un des frères Landry était blond, l’autre brun. L’un était fort, l’autre fin. L’un était souriant, l’autre sombre. Je ne devrais pas désirer des hommes si différents, mais c’était pourtant le cas. Mon cœur avait ses raisons, et c’était la racine de mes soucis. Cela avait été instantané, mon intérêt pour eux quand je n’étais qu’une enfant. Depuis, dès que je les voyais, mon cœur manquait un battement. Et de ne les avoir vus pendant longtemps, le désir avait été immédiat. Intense. Je n’avais rien ressenti de tel étant enfant. Je pouvais les admirer, ils n’étaient en rien désagréables à regarder. Ils étaient plus que séduisants. Ils avaient réchauffé mon cœur en regardant vers moi hier pendant le pique-nique. Chaque femme en ville devait probablement ressentir la même chose.
Je voulais découvrir la douceur de Gabe sous mes doigts. Je voulais découvrir à quel point les épaules de Tucker étaient noueuses. Je voulais que la voix sombre de Gabe me susurre à l’oreille pendant qu’il me chevaucherait. Je rêvais que le corps puissant de Tucker m’emprisonne sous son poids. Je remuai sur le banc en bois dur, mon corps tremblant de désir, un désir qui n’avait encore jamais été assouvi. Et que je voulais éteindre avec les frères Landry.
Plus tard dans la nuit, je penserais à eux. La nuit d’avant, j’avais relevé le tissu de ma chemise de nuit pour me caresser. J’avais pensé à leurs grandes mains et à leurs doigts qui glisseraient en moi, le long de mes lèvres glissantes. J’avais joui, mon corps tendu avait été inondé de plaisir alors que je chuchotais leurs noms dans la pénombre. Non, ce n’avait plus rien à voir avec des fantaisies enfantines, loin de là.
Comme s’ils avaient senti mon regard de braise, ils tournèrent la tête pour me regarder. Moi ! Les yeux sombres de Gabe me clouèrent sur place et ceux de Tucker me firent ouvrir grande la bouche. J’étais démasquée et mon cœur sembla s’arrêter de battre. Pouvaient-ils lire mes pensées comme si elles étaient inscrites sur mon visage ? Pouvaient-ils savoir que je les désirais désespérément ? Pouvaient-ils sentir que je les avais utilisés pour nourrir mes fantaisies les plus interdites ? Quand Tucker me fit un clin d’œil, j’haletai. J’espérai ne pas avoir fait de bruit, mais couvris ma bouche de mes mains jute au cas où.
James, assis à mes côtés regarda vers moi. Je fis un sourire rassurant à mon frère alors que tout le monde applaudissait les jeunes mariés qui descendaient l’allée.
« Tu pourrais être à leur place, d’ici peu, » dit James pour couvrir le bruit, en me tapotant dans le dos.
L’espace d’un instant, je crus qu’il parlait des Landry, mais ensuite, je me souvins de la vérité. Ou plutôt du mensonge, celui que j’avais lancé la veille pendant le pique-nique. Je n’étais rentrée à Butte que le jour d’avant. James ne m’avait pas laissée voyager toute seule. Alors j’avais laissé passer la remise de diplôme pour que la famille Smith, une famille de la ville propose de me raccompagner. Je réalisai que si plutôt que d’attendre, j’avais voyagé seule, j’aurais quitté Butte et évité les ennuis causés par Tennessee. Je n’aurais pas eu à mentir, pas à craindre mes amis ou même James. Maintenant il me fallait retourner à Butte, avec de l’argent qui plus est.
Hormis Noël, c’était mon premier retour en ville depuis deux ans, depuis que James m’avait envoyée en pension. A dix-sept ans, j’étais un peu moins féminine que ce qu’il espérait, ayant été élevée dans un ranch avec lui pour seul parent. Il avait voulu que je puisse plaire à un mari, mais je savais que ma cicatrice en éloignerait plus d’un. A la place, l’école m’avait mise à l’écart de toute tentative. A cause de cela, je fronçai les sourcils vers James en me souvenant.
Le mensonge.
Pendant le pique-nique, les filles de mon âge s’étaient rassemblées autour des tables pleines de nourriture pour parler de leurs maris ou de leurs prétendants. Contrairement à elle, j’avais vécu une existence recluse en pension—James avait insisté—et aucun homme, hormis le professeur de piano n’avait mis un pied dans l’établissement, et encore moins ne m’avait courtisée.
Je ne pouvais pas parler d’un homme à moi.
Mais il me fallait une raison de me rendre à Butte si rapidement après mon retour. Un prétendant justifierait ma connexion avec la ville et me donnerait une raison valable de retourner si promptement sauver Tennessee. Une fois la crise résolue, je pourrais prétendre avoir rompu mon engagement. Personne n’en saurait rien et je n’aurais plus jamais à remettre les pieds dans cette ville.
Au milieu des filles qui piaillaient de manière incessante sur leur bonheur, j’avais récité ce mensonge, un homme, à Butte. Elles me regardèrent surprises d’abord, puis heureuses. J’étais celle à plaindre, celle qui n’avait ni mère ni sœur. Un visage quelconque avec une cicatrice repoussante. Je coiffais mes cheveux en une simple natte et portais des vêtements simples. J’étais timide. L’école m’avait appris à jouer un joli concerto et à préparer un repas pour quinze, mais quant aux hommes ? Je n’avais aucune idée de ce qu’il fallait faire.
J’étais restée à la périphérie du groupe jusqu’à ce moment, mais elles m’avaient bombardée de questions sur l’homme que j’avais pris dans mes filets. Je pensais qu’elles se contenteraient d’une réponse polie « Ah, très bien, » et puis fini. Je ne m’attendais pas à ce qu’elles soient aussi contentes pour moi. C’était incroyable que ce si petit mensonge prenne vie. Il s’était répandu durant le pique-nique et d’ici le coucher du soleil, toute la ville, y compris mon frère, croyait que j’avais un fiancé nommé Aaron Wakefield. Mon excuse pour retourner à Butte avait pris racine.
Voir James si heureux pour moi mêlait douceur et amertume, comme il ne voulait que le meilleur pour moi, spécialement me voir faire un beau mariage. Son bonheur, cela dit, était infondé et basé sur un mensonge, et il me démangeait de lui dire la vérité, qu’on retenait mon amie en échange d’une rançon et que je devais apporter de l’argent. Mais il me détesterait bien assez tôt pour l’avoir volé. C’était presque trivial de mentir à propos de mon soi-disant fiancé en comparaison.
J’avais envie de lui parler de Mr Grimsby, mais il se mettrait en route vers Butte pour le menacer. Je préférais encore qu’il me haïsse pour l’avoir volé plutôt qu’il finisse abattu par Mr Grimsby. Le père de Tennessee avait été tué de sang-froid. Je ne voulais rien faire qui mette James en danger. Mieux valait vivant et en colère que mort. Et pourtant je ne voulais pas non plus qu’il me déteste.
Il était ma seule famille ; nos parents étaient morts dans un incendie quand j’étais petite—ce qui m’avait valu cette cicatrice—et il m’avait élevée tout seul. Je n’avais rien dit quand il avait acheté un ranch et que nous avions déménage d’Omaha pour commencer une nouvelle vie. Je ne m’étais pas plainte quand il m’avait envoyée à l’école à Butte comme il pensait faire ce qu’il y avait de mieux pour moi. Peut-être voulait-il me protéger du regard des gens cruels, ceux qui pensaient que j’étais défigurée. Immonde. Comme avait dit Mr Grimsby.
Jusqu’aux frères Landry à l’intérieur de l’église. Leur regard m’avait fait me sentir tout le contraire.
Et alors qu’ils remontaient l’allée vers James et moi, je voulais leur dire que j’étais libre d’être courtisée, libre d’être aimée. J’avais fait rentrer un homme imaginaire dans l’équation et j’aurais voulu leur dire la vérité.
Ils avaient l’air si beaux que je voulais sauter au cou de Gabe et l’embrasser pendant que Tucker me caresserait les cheveux, murmurant à l’oreille des mots charnels. Je voulais qu’ils me prennent la main et me traînent près de la rivière pour m’embrasser follement.
