The heirs - Alissa P - E-Book

The heirs E-Book

Alissa P.

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Beschreibung

Je suis habitué aux missions que me confie mon père. Je les accomplis à la perfection et jamais je n’ai été inquiété. Cette fois, je dois la tuer, elle. Elle représente une menace qu’elle ignore. Tant pis, c’est ainsi que doivent se passer les choses : celui qui sait domine l’ignorant, j’en suis persuadé.

Mais c’était avant que mon regard ne glisse sur elle, sur son quotidien.

Nous sommes deux héritiers de clans différents et je crois bien que face à elle, ma mission risque d’échouer.

« Deux clans, une mission et tout a changé ! »

À PROPOS DE L'AUTRICE

Alissa P. est une Juriste-Écrivaine et auteure hybride ayant fait voyager sa plume de la rigueur à l’évasion.

Son imagination vogue à travers plusieurs genres d’écrits depuis 2021, année où elle a commencé à publier sur Wattpad.

Entre romances à l’eau de rose et romances érotiques, elle écrit ce qui lui vient à l’esprit. Elle écrivait à 8 ans. Elle écrit aujourd’hui pour faire rêver les lecteurs.

« On a parfois besoin de rêver pour s’évader… Hors du Temps ! »

J’espère que mes écrits vous plairont.







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Seitenzahl: 197

Veröffentlichungsjahr: 2024

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ALISSA P.

THE HEIRS

« Deux clans, une mission, et tout a changé! »

 

 

 

AVERTISSEMENT

 

Ce récit est une œuvre de pure fiction. Par conséquent, toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

 

Attention, ce livre contient des scènes de sexe explicites.

 

Cette histoire est une romance classée Dark romance par les différents thèmes abordés, même s’ils peuvent paraître soft pour certains lecteurs.

Cette histoire est déconseillée aux -18.

 

 

 

CHAPITRE 1 Marcus

 

 

Au début, ce n’était que ma mission. Cette fille était ma cible comme tant d’autres avant elle et elle ne devait être qu’une parmi tant d’autres.

Je devais la suivre, faire des rapports et tout ça dans un seul but : l’éliminer. La tuer, car elle ne le sait pas, mais elle est l’héritière d’une grande organisation mafieuse : les Grunge.

Mon père m’a demandé de l’éliminer afin que ce clan se retrouve sans chef et qu’il devienne le leur. Mais voilà, plus le temps passait et plus elle devenait… non plus ma mission, mais mon désir.

Deux clans, une mission, et le désir est venu tout compliquer.

 

Californie, États-Unis.

Septembre 2026.

 

Je l’observe de l’autre côté du trottoir, les mains dans les poches de mon jean. Elle attend le bus comme tous les soirs, son sac à main sur l’épaule.

Elle porte une mini-jupe camel, un top noir et par-dessus, une banale veste large. Banale, oui, mais pas sur elle. Elle donne de sa beauté à cette tenue. Et par son geste qui arrange son écharpe blanche, elle donne vie à son élégance.

Un mois plus tôt, elle portait des jupes sans collant, me permettant d’admirer ses magnifiques jambes galbées. C’était avant que le froid ne commence à pointer son nez. C’était en août.

Elle se penche pour regarder son bus arriver, c’est le numéro cinq. J’ai remarqué que son profil droit est fascinant – à force de l’observer.

Elle monte, passe sa carte, sourit au chauffeur et avance pour s’asseoir à l’arrière. Elle aime s’installer à l’arrière, je l’ai aussi constaté. Elle va sourire à la dame déjà assise – comme ça, oui – et elle prend place à ses côtés en faisant attention à ne pas la déranger.

Comment une femme comme elle peut-elle être l’héritière d’une organisation comme celle des Grunge? Elle n’a rien d’une mafieuse, elle n’est pas comme ces femmes que je côtoie. Par exemple, Patty – une femme de mon clan – serait montée dans le bus sans passer sa carte et elle se serait assise en bousculant cette vieille dame. Et puis, je me rappelle que cette fille a été élevée loin de ce milieu obscur. Ceci explique cela.

Tout en la fixant, j’avance au même rythme que le bus qui est pris dans les embouteillages. Elle a des écouteurs dans les oreilles, ils sont cachés par ses longs cheveux brun foncé qui ondulent, mais distinguables à mes yeux, car je connais ses habitudes. Elle doit écouter de la musique. Du rap? De la musique douce? Ou enivrante comme elle?

Je me souviens avoir regardé sa playlist sur son ordinateur. Elle écoute un peu de tout, ce qui m’a fait être trois fois plus attiré par elle.

Mon père m’a expliqué qu’elle est la fille d’Erika, l’ancienne femme du chef des Grunge, décédé il y a un mois de ça. Il m’a tout de suite mis sur le coup pour que je la tue.

Pour plus d’informations, Erika a quitté le chef des Grunge en comprenant dans quoi il trempait : mafia, vol, meurtre, manipulation, corruption. Elle est partie avec sa fille et Antonio ne l’en a pas empêché.

Selon mon père, Antonio aimait vraiment Erika, voilà pourquoi il ne lui a rien révélé de ses sombres affaires. Il craignait de la perdre et c’est ce qui est arrivé.

Mon père a entendu qu’Erika était morte depuis quelques années, mais ce n’est qu’à la mort de leur chef que les Grunge se sont mis à chercher son héritière.

C’est amusant, car moi qui suis du clan ennemi, je sais qu’elle habite non loin de San Francisco depuis qu’elle a commencé ses études. Que font les Grunge? Leur capacité de recherche n’est pas au point. Ou sont-ils si affectés par la mort de leur chef qu’ils se laissent aller?

Je me demande : Antonio ne savait-il pas où habitait Erika après son départ? N’avait-il envoyé personne pour les surveiller, elle et sa fille? Il faut croire que non, mais mon père n’en sait pas plus à ce sujet.

Peut-être bien que l’amour l’avait rendu aveugle.

C’est tant mieux pour nous : pour mon père qui veut devenir le chef des Grunge, et pour moi, car sans cette mission, je ne l’aurais pas connu.

 

Cette affaire semblait simple : tuer l’héritière des Grunge pour que notre clan, les Dark Night, reprenne le flambeau. Ça aurait conduit à une plus grande organisation, supplantant toutes autres structures mafieuses des États-Unis.

Des milliards à la clé et du respect dans les affaires. C’est ce que mon père a en tête. C’est ce que j’avais aussi à l’esprit.

Le bus commence à rouler un peu plus vite. Il n’y a plus de bouchons et je m’arrête de marcher.

Je la regarde de loin, mais je ne m’en fais pas. Pour aujourd’hui, c’est fini. Demain, je la reverrai car je suis déterminé à la laisser en vie.

 

Je me gare et quitte ma Lamborghini. Le vent me glace le visage et, aussitôt, je revois le geste de cette femme dans mon esprit : elle, arrangeant son écharpe. Je lâche un léger rictus et me dirige vers la porte d’entrée.

Je vis au rez-de-chaussée dans l’immense villa de mon père, qui habite les deux étages supérieurs. Chacun de nous a une entrée indépendante. J’ouvre la baie vitrée pour aérer et je retire mes baskets avant de m’affaler sur le canapé gris quatre places. J’observe au loin, mes pensées sont tournées vers cette femme. Cependant, mon téléphone m’interrompt et je le récupère dans ma poche pour décrocher.

— Salut, Chad.

— Salut, mec. Ce soir, tu fais quoi?

— Hum, rien pourquoi?

— Je m’invite pour une partie de billard, ça te tente? Avec Craig.

Je ris et regarde l’heure sur la montre à mon poignet.

— Vingt heures? Soirée pizza? proposé-je.

— On apporte les bières et les filles.

— Partant pour la première option, oublie la seconde.

— T’en pinces encore pour cette femme? L’héritière.

— Ouais.

Je l’entends rire, mais il acquiesce sans plus de commentaires, et je raccroche.

Avant d’avoir pour mission de tuer cette femme, lorsque Chad et Craig s’invitaient, cet étage pouvait ressembler à une orgie : des boissons alcoolisées coulaient à flots, des substances plus qu’illicites nous faisaient voir la vie en rose, des filles à en perdre la tête étaient présentes et la musique était mise à fond. Toutefois, depuis un mois, j’ai le sentiment d’être devenu un mafieux sage. Un mafieux qui ment au chef et qui risque gros. Cette femme hante mes pensées. J’ignore ce que je vais faire d’elle, en revanche, je suis incapable de lui faire le moindre mal. L’observer à son insu est le seul dommage que je lui infligerai – que je lui inflige.

Je me redresse et regarde de nouveau au loin. Au même moment, on toque à ma porte.

CHAPITRE 2Marcus

 

 

— Papa.

Il entre dans la pièce de vie.

— Tout s’est bien passé aujourd’hui? me demande-t-il.

— Oui, et pour toi?

Il hoche la tête en promenant son regard autour de lui.

— Tu devrais ranger cette pièce, Marcus.

— Je sais. Je n’ai pas eu le temps avec…

— Donna a proposé de venir nettoyer, tu refuses, m’interrompt-il.

— Je n’ai pas envie qu’elle vienne fouiller dans mes affaires.

Mon père s’assoit sur le canapé et étend ses bras tout le long du dossier.

— Respecte ta belle-mère.

— Je la respecte, mais je ne veux pas qu’elle touche à mes affaires.

— Alors range-moi ce bordel, dit-il fermement.

— Je le ferai demain. Je n’ai pas eu le temps avec…

Il m’interrompt de nouveau.

— Comment se passe l’affaire sur laquelle je t’ai mis? Ça fait déjà un mois. Elle est morte? Je peux prendre les rênes des Grunge sans avoir à m’inquiéter qu’elle apparaisse?

— En parlant de ça…

— Oui?

Je m’assois sur le canapé situé en face de lui.

— Je… J’élabore un plan pour la tuer.

Il fronce les sourcils.

— Et que faisais-tu avant ça? Depuis tout ce temps?

— Je la suivais.

— Marcus, ça fait un mois.

— Je sais, mais elle est rarement seule. Je connais son quotidien par cœur à présent et j’élabore un plan pour… ne laisser aucune trace.

— Bien, ça semble correct. Je te fais confiance, tu ne m’as jamais déçu là-dessus.

Je ne dis rien : que répondre?

— Mon plan pour m’emparer de leur clan est déjà au point. Je n’attends plus que toi, mon fils.

— Bientôt, papa.

Il lâche un soupir de satisfaction et se lève.

— Tu veux que Donna t’apporte un plat?

— Non, merci. Je vais faire une soirée avec les gars.

— D’accord. Je te laisse, n’oublie pas de ranger ce bordel.

— Promis.

Il pose sa lourde main sur mon épaule et quitte la pièce pour se rendre à l’étage grâce à l’escalier à l’extérieur.

Curt Villegas, mon père, parrain des Dark Night. Je ne sais pas quoi lui dire concernant l’héritière des Grunge. Je ne compte ni la tuer ni même lui faire le moindre mal. Comment lui annoncer ça? Ce serait comme tenir tête à un mafieux qui pointe une arme sur vous. Je suis le fils du patron, mais il y a des choses qui ne passent pas, comme la trahison.

Je ramasse mes vêtements qui traînent et place dans le lave-vaisselle toutes les assiettes de la semaine que je n’ai pas lavé.

Je refuse que Donna vienne ici. C’est ma belle-mère depuis déjà deux ans. Ma mère est morte lors d’une mission, j’avais quatre ans. J’en ai aujourd’hui vingt-trois. Mon père est resté seul un long moment – ou plutôt, simplement à se faire de jolies femmes sans se poser – puis il a rencontré Donna dans un bar. Je ne connais pas les détails et je ne veux pas les connaître. Elle se prend pour ma mère, je ne le supporte pas. C’est même pire depuis qu’elle est enceinte de cinq mois.

Le lave-vaisselle tourne et la machine à laver aussi. Après avoir brièvement nettoyé et mis en marche l’aspirateur robot, je vais dans ma chambre prendre une douche. Je pense à cette fille : jamais je ne pourrais la tuer. Elle doit réviser à cette heure-ci. Demain, elle commence à dix heures.

 

— Je pose les bières ici? demande Chad.

Il a apporté un pack entier. J’aurais dû m’en douter : il ne blague pas avec ça, surtout lorsqu’on est hors mission.

— Ouais, tu connais déjà.

Il rit et fait comme chez lui. Craig fait de même et je sors récupérer les pizzas : le livreur est arrivé pile à l’heure.

— Ton père sait? m’interroge Chad en tapantdans la boule avec sa queue de billard.

Il se redresse et saisit sa bière qu’il a posée sur le bar. C’est une pièce spéciale où nous passons nos soirées entre mecs quand nous n’avons pas de mission.

— Je suis en vie, ça répond à ta question, dis-je en me penchant, la queue de billard dansles mains.

Craig ricane.

— Tu vas faire quoi? Continuer à lui mentir?

— Tu veux être le chasseur dans Blanche Neige? se marre Chad.

— Depuis quand tu regardes ça, toi? questionné-je en tirant.

Je lâche un sourire, fier de moi, et me redresse.

— Depuis que ma petite sœur m’a supplié de le regarder avec elle.

J’attrape ma bière déjà commencée.

— Au final, Brook est enceinte? demande Craig en attrapant sa queue de billard.

— M’en parle pas! Elle va faire un test demain, grimace Chad.

— Commence à trouver un prénom, ris-je.

— Marre-toi, vas-y! Mais moi, je n’ai pas à tuer celle qui me fait perdre la tête.

Je grommelle à la suite de sa phrase et au coup de Craig. Rien ne va.

— Fait comme le chasseur, lance Chad, mens à ton père.

Si je fais ça, ce sera lui qui sera en danger.

Mes années au collège font ressurgir un thème : le dilemme cornélien. Mon père ou la femme qui m’attire?

Je porte ma cannette à mes lèvres et la termine en une gorgée avant de m’appuyer sur le billard avec mes deux mains. Putain de mission!

 

CHAPITRE 3Marcus

 

 

Les jours qui ont suivi, j’ai continué de la filer. À l’université de Californie, elle est étudiante en Histoire de l’art. Et le soir, elle est serveuse dans un café. Lorsqu’elle le quitte, il est vingt-deux heures et elle rentre chez elle dans un petit studio qu’elle loue non loin du campus.

Plus les jours passent et plus j’ignore comment faire avec elle.

Mon plan : la protéger.

Mon père me questionne de plus en plus souvent, ce qui me conduit presque à croire qu’il sait que je le trahis.

Je le rassure comme je peux, mais au fond de moi, je sais que ce jour va arriver.

 

Fin septembre.

 

Elle vient tout juste de commencer son service du soir. Elle est sublime dans son uniforme; une jupe mi-longue, évasée, couleur châtaigne, une chemise blanche légèrement ouverte, de petits talons noirs et un tablier crème attaché à la taille. Sa queue de cheval n’est pas parfaite et souvent, la patronne du lieu lui fait la remarque. Quand c’est le cas, elle touche légèrement ses cheveux et se retire dans les vestiaires avant de revenir avec des cheveux impeccablement coiffés.

Je l’admire depuis ma voiture, à travers la vitre du café.

Une fois au comptoir, elle discute avec sa collègue. Elles semblent bien s’entendre toutes les deux; parfois, je les vois rire ensemble avant que Samy n’aille servir les clients.

En revanche, ce soir, aucun sourire ne s’affiche sur leurs visages. Subitement, elle tourne la tête dans ma direction.

Je me demande ce qu’elle regarde.

 

Vingt-deux heures trente et elle n’a toujours pas quitté le café. Ça ne lui ressemble pas. Elle part toujours à vingt-deux heures pour avoir le bus de vingt. Cependant, je ne la vois nulle part dans la pièce. Où est-elle?

Tout à coup, je fais le rapprochement en bon mafieux que je suis : elle a compris que je la suivais. Comment? Je l’ignore, mais lorsqu’elle s’est tournée dans ma direction, c’est moi qu’elle regardait, c’est certain. J’aurais dû le comprendre à ce moment-là. Elle a pivoté bien trop subitement dans ma direction, sans aucune raison apparente. Il n’y avait rien autour de moi, aucune voiture, aucun passant : rien.

Je démarre et décide de me rendre devant chez elle.

Je ne vois aucune lumière par la fenêtre, tout est éteint.

Où es-tu, Samy ? me questionné-je en fixant sa vitre.

Soudainement, une alarme me fait soupirer. Une voiture de police se gare à côté de la mienne. Les policiers descendent de leur véhicule, se placent de chaque côté de ma voiture et l’un d’eux toque à ma vitre. Je sens que je suis pris au piège. J’ignore exactement comment et pourquoi, pourtant j’ai ce sentiment. Je suis garé entre deux voitures et à part filer cette fille, je ne fais rien de mal.

A-t-elle prévenu les flics?

Je baisse les vitres en gentil citoyen que je suis.

— Bonsoir. Votre pièce d’identité et les papiers du véhicule, s’il vous plaît, Monsieur.

— Bonsoir. Pourquoi ce contrôle? Je suis garé, je ne dérange personne.

— Belle voiture pour un jeune comme vous. Quel âge? me demande le flic côté passager.

— Vingt-trois ans.

— Hum. Si à vingt-trois ans j’avais eu une telle voiture, j’aurais été heureux.

— Il suffit d’avoir un père riche.

Il sourit. Un faux sourire.

— Vos papiers, insiste l’autre policier situé de mon côté.

— Quel est le problème?

— Donnez-moi vos papiers et nous discuterons calmement.

— Je…

— Ne cherchez pas les ennuis.

Je soupire. Je dois coopérer pour éviter d’impliquer ma famille et le clan. Je sors donc ma pièce d’identité ainsi que les papiers du véhicule de la boîte à gants et le policier à mes côtés commence à examiner les documents.

— Savez-vous que suivre une jeune femme est interdit?

— Je n’ai jamais…

Il se penche et me coupe la parole.

— Je connais parfaitement ce petit numéro et ça ne marchera pas. Que lui voulez-vous?

— Je ne comprends pas ce que vous me reprochez.

— Bien, soupire le policier du côté passager. Demandons à la principale concernée.

Je plisse les yeux. Elle quitte le véhicule des policiers et se place aux côtés de celui qui est le plus proche de moi.

Bien plus belle de près, pensé-je, captivé par tant de beauté et par la couleur ambre de ses yeux.

Une couleur dorée. Ses iris clairs contrastent avec l’obscurité de la nuit.

— Mademoiselle, que lui reprochez-vous?

Elle porte un legging et un pull, ainsi que son écharpe autour du cou.

— Ma collègue de travail a remarqué que cet homme me suit depuis quelques jours. Il se gare toujours au même endroit lorsque j’arrive au travail, il ne bouge pas et quand je quitte le café, il me suit soit en voiture, soit à pied.

Eh merde! Pourtant, je suis réputé pour être discret. Il faut croire qu’avec elle, ça n’a pas fonctionné.

Les policiers m’interrogent et je raconte que j’aime simplement regarder ce café dans lequel je n’ose pas entrer. Ça ne marche pas, ils ne sont pas convaincus, et je finis au poste de police où ils appellent mon père.

J’ignore ce qu’il a dit, ce qu’il leur a raconté, mais j’en suis rapidement sorti.

— Depuis quand te fais-tu attraper en mission!? me demande mon père, énervé.

Nous sommes dans sa voiture, il conduit.

— J’ai été…

— Stupide! Tu as été stupide! J’ai dû leur raconter que tu étais parfois perturbé mentalement et j’ai dépensé de foutus billetspour ta liberté!

— …

— Deux mois! Ça fait deux mois!

Il tourne brusquement pour se garer sur un trottoir.

— C’est quoi le problème, Marcus!?

— De quoi?

Je sais très bien où il veut en venir.

— Tu passes tes journées sur cette mission et cette fille est toujours en vie! Pire : c’est elle qui t’a piégé!

— J’essayais juste d’avoir le max d’infos. Je ferai attention.

— Non, ça suffit! Je vais mettre Chad sur l’affaire.

— Papa, non!

Merde, je me suis laissé emporter.

— Pourquoi? Elle te plaît?

Je pince mes lèvres et le regarde avec frayeur : sait-il!? Je dois inventer quelque chose, mais il se met à rire.

— Donna t’a entendue.

— Elle m’a entendue?

— Avec Chad et Craig. Cette fille te plaît.

— Papa, ce n’est pas…

— Je ne voulais pas y croire quand elle me l’a dit, mais je dois ouvrir les yeux. Mon fils souhaite épargner l’héritière des Grunge!

Je n’ajoute rien, n’essayant plus de me défendre. À quoi cela servirait-il? Il connaît la vérité.

— Te rends-tu compte, Marcus!? Tu comptais me mentir, c’est ça!? Elle est le clan ennemi!

— Je sais.

— Tu l’aurais laissé en vie jusqu’au jour où les Grunge l’auraient trouvée!?

— Ils ne connaissent rien d’elle.

— Tu m’aurais laissé prendre la place de chef sans la tuer!?

— Non!

— Alors qu’allais-tu faire, putain!? J’aimerais savoir!

Je ne le sais pas moi-même, alors je ne réponds pas.

— Tu n’es plus sur cette mission, dit-il en redémarrant.

— Papa, ne fais pas…

— La ferme, je ne veux plus t’entendre! Je m’en charge et je t’interdis de t’impliquer. C’est un ordre de ton chef! Je n’hésiterai pas à durcir les choses, tu le sais.

Je ne réagis plus. Je sais que ça ne va pas bien finir. Au fond, je le savais, mais je n’imaginais pas qu’il l’apprendrait aussi vite.

 

CHAPITRE 4 Samantha

 

 

— Mon père veut te voir.

Je ne lève pas les yeux de mon livre d’Histoire et je tourne la page de ce dernier, bien que je n’aie pas terminé de lire la précédente.

Je l’ai entendue, mais je ne réagirai pas et je veux le lui montrer.

— Tu n’as pas entendu?

Je décroise mes jambes dénudées par la courte jupe que je porte et les croise de l’autre côté avant de commencer à lire ma page.

— Ça t’amuse.

Je sursaute subitement et le fixe. Marcus s’est penché brusquement vers moi, de manière à ce que son visage soit à présent à quelques millimètres du mien.

Ses yeux aux nuances brunes et vertes sont plantés dans les miens.

— Mon père veut te voir, articule-t-il.

Je ferme mon livre et détourne le regard. Je ne veux pas le voir, ce pervers.

— Lève-toi et monte.

Je soupire et envoie ma mèche de cheveux sur le côté.

— Pourquoi?

— Je t’ai sauvé de la mort, mais évite d’énerver mon père qui se fera un plaisir de la commanditer.

Je me lève du fauteuil dans lequel j’étais assise pour me diriger vers la porte, sans rien ajouter. Je ne le regarde pas, mais il me fixe, je le sais.

Marcus Villegas, mon mari que je n’aime pas. Ce mafieux pervers.

C’était ce mariage ou la mort.

Après cette nuit où ma collègue June m’a fait savoir que quelqu’un me suivait depuis quelques jours, un homme ressemblant à Marcus s’est introduit chez moi en pleine nuit. Je me rappelle qu’il m’a menacée avec une arme et je l’ai suivi, la peur au ventre. Je me suis retrouvée dans un entrepôt où il faisait froid, bâillonnée et attachée. Cet homme pointait une arme sur moi, j’étais pétrifiée de terreur et c’est là qu’il est apparu : Marcus.

Je sors par la porte d’entrée et emprunte l’escalier de dehors pour me rendre chez son père, cet enfoiré qui m’a enlevée et était prêt à me tuer.

 

— Sam, entre, me dit Donna, une femme blonde au ventre arrondi.

— C’est Samantha, rétorqué-je froidement en mettant un pied chez eux.

— Sam, ça te va bien.

— C’est uniquement pour mes proches.

— Nous allons le devenir, Sam. Suis-moi, mon mari t’attend.

Je déteste lorsqu’elle m’appelle ainsi, c’est pire que lorsque Marcus s’en donne le droit.

Je la suis à contrecœur et elle s’arrête devant une porte.

— Chéri, Sam est…

— Samantha, grincé-je d’agacement.

Elle ne prête pas attention à ma remarque et reprend, toute souriante :

— Sam est là.

— Elle peut entrer.

— Je vous laisse.

Elle me lance un dernier sourire qui m’écœure et s’éloigne.

Je n’ai aucune envie de pénétrer dans cette pièce, mais je n’ai pas le choix.

— Samantha, assieds-toi.

Je déteste cet homme, mais il a l’intelligence de m’appeler par mon prénom.

— Que voulez-vous?

Il est debout, derrière son bureau.

— Assieds-toi.

Ils m’horripilent tous à me donner des ordres. Avant cela, je vivais une vie libre où je décidais de tout par moi-même, et finalement, il a fallu que mon identité me contrôle : moi, Samantha Pearson, fille d’Erika Pearson, pure Américaine, et d’Antonio Álvarez, américain et mexicain, parrain de la mafia. J’ai appris son existence il y a une semaine de ça lorsque Curt Villegas m’a expliqué pourquoi je devais mourir. Car je suis l’héritière des Grunge, une grande organisation mafieuse. Moi…

Ma mère aurait pu et aurait dû m’en parler, cela aurait évité toute cette situation, tous ces événements.