Tournons les pages - Alissa P. - E-Book

Tournons les pages E-Book

Alissa P.

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Beschreibung

Elle a été entraînée dans cette aventure livresque : trois jours entourée de passionnés dans un cadre idyllique.

Elle déteste les clubs de lecture, sa colocataire les adore. Pour lui faire plaisir, elle a accepté d’être de la partie.

Ça ne devait durer que trois jours. À leur retour, elle aurait tout oublié et repris sa vie paisiblement, comme s’il ne s’était rien passé.

Oui, seulement voilà… Lorsque son regard clair a croisé le sien, les choses ont changé.

Comment oublier une aventure aussi explosive ?

Qui aurait cru qu’elle rencontrerait l’homme idéal ? Un homme ayant les mêmes penchants qu’elle pour la littérature à haut degré.

À PROPOS DE L'AUTRICE 



Alissa P. est une Juriste-Écrivain ayant fait voyager sa plume de la rigueur à l’évasion.

Son imagination vogue à travers plusieurs genres d’écrits depuis 2021, année où elle a commencé à publier sur Wattpad.

Entre romances à l’eau de rose et romances érotiques, elle écrit ce qui lui vient à l’esprit. Elle écrivait à 8 ans. Elle écrit aujourd’hui pour faire rêver les lecteurs.

Son souhait ? Faire sortir de sa tête toutes les idées qui ne demandent qu’à prendre vie.

« On a parfois besoin de rêver pour s’évader… Hors du Temps ! »

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Seitenzahl: 104

Veröffentlichungsjahr: 2025

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ALISSA P.

 

 

TOURNONS

LES PAGES

 

 

 

AVERTISSEMENT

 

 

Ce récit est une œuvre de pure fiction. Par conséquent, toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

 

Attention, ce livre contient des scènes de sexes explicites.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PROLOGUE

 

 

C’était censé être un club de lecture. Mais ça, c’était avant que mon regard ne croise le sien.

 

Elle a insisté avec cette idée et le proverbe a eu raison : « seuls les imbéciles ne changent pas d’avis ».

Ce n’est pas tout à fait faux. Et puis, je ne regrette rien.

 

 

 

 

1

 

 

— Je déteste lire entourée de personnes.

C’est la cinquième fois que je lui répète cette phrase, elle ne comprend toujours pas.

— S’il te plaît, Élisa! Je t’en supplie! Tu veux que je me mette à genoux!?

Elle joint les mains, se penche et pose un genou sur le sol. Je la retiens, mes mains sur ses épaules.

— Arrête, soupiré-je. Lève-toi.

— Non! (Elle me repousse doucement et reprend sa position) S’il te plaît, Élisa!

— Je t’ai déjà dit non, Fanny.

Je m’éloigne pour m’asseoir sur le canapé d’angle écru de notre salon.

— Ne sois pas sans cœur!

Elle mime une personne qui pleure, espérant m’émouvoir, mais je reste sur mes positions :

— Non!

Elle se lève, me lance un regard dur et pointe son index dans ma direction.

— Tu es sans cœur! Ça fait des années que j’attends une opportunité comme celle-ci! J’adore partager mes lectures avec les autres.

Je lève les yeux au ciel et soupire. Elle va remettre ça…

— Mes deux mille abonnés sur Instagram le prouvent! Aller à cet événement serait… la chance de ma vie! Mais tu ne penses qu’à toi! rugit-elle.

— J’ai le droit de ne pas aimer partager ce que je lis, non?

Elle tire brièvement la langue et prend place à mes côtés. Le sofa s’enfonce sous nos deux poids. Un canapé que nous avons acheté d’occasion lorsque nous avons pris l’initiative de devenir colocataires il y a deux ans de ça.

— Tu m’étonnes que tu n’aimes pas partager tes lectures avec des inconnus. Petite coquine! me taquine-t-elle. Tous tes livres sont déconseillés aux moins de dix-huit ans!

Mes joues prennent une teinte rougie.

— Mais bon, je ne sais pas pourquoi tu en fais un drame. Tu n’es pas la seule à lire des livres de cette tranche. Peut-être qu’il y aura des lecteurs au…

— Arrête d’insister, c’est non.

— Élisa, s’il te plaît.

— Je ne comprends pas pourquoi tu persistes. Vas-y seule et amuse-toi. Tu rencontreras sûrement des abonnés.

Elle secoue la tête.

— C’est la première fois que ça aura lieu en France et, pour l’événement, seules douze personnes ont été choisies! Et elles peuvent inviter la personne de leur choix. Je dois leur donner une réponse très vite, mais tu refuses de venir avec moi.

— Tu trouveras des personnes avec qui nouer des liens là-bas.

— Oui, peut-être, mais ce ne sera pas pareil sans toi! Ça fait quoi? Depuis le lycée que nous sommes ensemble. J’aurais adoré partager cette expérience avec toi. Imagine-nous… (Elle lève le regard au plafond comme si son idée allait prendre vie au-dessus de nos têtes) Un week-end dans le Sud, au bord d’un lac, à camper avec d’autres personnes partageant notre passion : la lecture! Imagine seulement! Pouvoir partager nos lectures, rencontrer des personnes qui aiment les mêmes choses que nous… Oh mon Dieu! Ne refuse pas!

Ses yeux brillent de mille feux.

Je sais parfaitement que c’est son rêve. Fanny a un compte Booksta où elle partage sa passion pour la lecture, ses recommandations livresques et j’en passe. Même notre chat, Miel, y a sa place. De mon côté, je suis plus réservée. Je fais partie d’un groupe de lecture, en revanche ce n’est pas de la fantaisie que je lis. Et ça me gêne de le crier sur tous les toits, bien que Fanny m’assure qu’il n’y ait rien de tabou.

Je la crois, mais je ne veux pas passer pour une perverse. Les gens ont tellement d’aprioris, même lorsqu’ils disent le contraire.

— Élisa, je t’en supplie. Je t’en supplie. S’il te…

Je ferme les yeux. Elle ne va jamais s’arrêter…

— Vas-y seule, dis-je en me levant.

— Je vais m’ennuyer sans toi!

Que dire…?

— Si tu acceptes, je… Je ferai la vaisselle durant tout le mois d’août. Non! Dès notre retour!

Je me tourne vers elle.

— Je ferai le ménage! Je… Je jetterai les poubelles durant le mois entier! S’il te plaît, accepte!

Merde! C’est tentant…

— Élisa…

Le regard angélique.

— Élisa…

La petite voix toute douce.

— Miaou.

Miel s’approche de Fanny et grimpe sur ses genoux. Ils me fixent tous les deux.

Sérieux? Un chat s’y met!?

— S’il te plaît, Élisa. Je nettoierai sa litière.

Je lui tourne le dos.

— Éli…

— Tu n’as pas intérêt à révéler quel genre de livre je lis.

— Waouh! hurle Fanny. Nous avons réussis, Miel!

— Miaou.

— Tu as entendu!? demandé-je en me tournant vers elle. Tu ne dis rien! Et je veux pouvoir lire en paix, donc ne m’entraîne pas dans tes mouvements de groupe!

— C’est un club de lecture. Tu n’auras pas vraiment le choix.

Je hausse les sourcils en la fixant, croisant les bras sur ma poitrine.

— C’est compris. Je ne t’inviterai à aucun mouvement de groupe. Mais si ce sont les organisateurs qui…

— Je trouverai une excuse.

Je m’éloigne pour disparaître dans le couloir et m’enfermer dans ma chambre.

 

Je l’entends crier de joie, ce qui me décoche un sourire.

Je déteste lire lorsque quelqu’un est à mes côtés. Je n’ai jamais aimé ça. La seule personne que je supporte est Fanny.

J’ai surtout accepté pour lui faire plaisir. Son regard était si brillant… Et au moins, pendant un mois, je serais en paix. Cependant, en attendant, comment préparer ce séjour?

Je prends le livre posé sur ma table de nuit et le range à sa place, dans la bibliothèque d’angle.

Le départ est dans deux semaines. Je sens déjà que je ne vais pas me sentir à ma place. Je suis certaine que personne ne lit de livres érotiques. C’est encore si tabou dans une société qui se veut avancée. Et pire, certains vous condamnent dans cette catégorie à vie. Pourtant, j’apprécie aussi les romances sans brins de tensions sexuelles, même si c’est rare.

Je me souviens de mon ex qui m’a demandé de le choisir lui ou mes livres. Il se sentait menacé par je ne sais quoi. Des personnages fictifs? Quel idiot.

Bon, ce n’était pas la seule chose qui le dérangeait, c’est vrai. Il me trouvait trop entreprenante au lit. Mais il était d’un ennui… Je ne regrette pas d’avoir opté pour mes livres.

Pour en revenir à ce dans quoi je me suis lancée, je vais devoir emprunter des livres à Fanny et faire l’hypocrite en déclarant que je ne lis que des livres à l’eau de rose si jamais on me le demande.

Secrètement, je lirai mes livres érotiques. D’ailleurs…

Mon téléphone sonne. Je réponds.

— Allô?

— Bonjour, j’ai un colis au nom de Élisa Moreau. C’est bien vous?

Mon colis!

— Oui. Je descends tout de suite.

Il acquiesce.

J’enfile une veste, des baskets et je quitte l’appartement à une vitesse impressionnante. Même pour aller à l’université, je ne suis pas aussi rapide.

Fanny n’était plus dans le salon. Elle doit être dans sa chambre à préparer son sac et à prévenir ses abonnés Instagram.

— Je vous remercie, bonne soirée.

Il est déjà dix-huit heures, bien que le soleil brille encore à l’extérieur. C’est l’été.

Je rentre et m’enferme dans ma chambre, à double tour, pour ouvrir mon colis. Je n’ai pas envie que Fanny déboule sans prévenir. Elle aime un peu trop me taquiner sur ma collection de…

— Oh! Le dernier!

Je prends délicatement le sextoy entre mes mains et le place sur l’étagère, juste devant mes livres. C’était le dernier de la collection Diamant. Je les ai tous.

Chaque livre a un sextoy assorti. Il est de la même couleur que la couverture : vert émeraude. Il est incroyablement beau.

C’est un objet phare du livre, celui que je viens de recevoir permet à Annabelle d’être fontaine. Ça me fait rire lorsque je le lis. Et ça me fait également rêver. Son mari, Todd, n’a pas peur d’une femme entreprenante.

J’imagine que ce n’est que dans les livres…

Je n’ai encore jamais rencontré d’homme qui aime lire des ouvrages érotiques – même si Fanny me dit que sur Booksta, il y en a – et qui n’ait pas peur d’une femme qui ose.

Oui, je sais : le BDSM? Il y a pas mal de mouvements et d’hommes autour de cette pratique. Cependant, ce n’est pas pour moi. J’ai quelques fantasmes qui s’en approchent probablement, mais je ne les catégorise pas comme étant du BDSM : j’adore la douceur, la complicité, que nous soyons sur un même pied d’égalité pour que nos corps dansent comme…

Je souris et balaye d’un geste de la main mes pensées. Le jour où je trouverai cet homme, je ferai tout pour le garder dans ma vie.

En attendant, je tournerai les pages de mes livres, seule.

 

2

 

 

— Élisa, nous allons être en retard!

— Deux minutes! soufflé-je.

J’ai accepté de la suivre, mais c’est énormément d’organisation.

— Élisa.

Je lève la tête lorsqu’elle s’arrête devant ma chambre, le regard impatient.

— Je ferme mon sac de livres et j’arrive.

— Tu en mets du temps. Ça fait une heure que tu me dis la même chose. Nous allons rater le train, il faut y aller.

— Je devais mettre chaque livre dans un couvre-livre dédié. Je ne veux pas qu’ils s’abîment.

— Je t’avais conseillé de le faire hier, dit-elle en regardant l’heure sur son téléphone. Allez, presse-toi. Le train est à sept heures vingt.

Je ferme mon sac et me redresse.

— Voilà.

— Allons-y.

Elle longe le couloir, son sac en main. Je me rends rapidement dans la salle de bain pour attacher mes cheveux brun foncé en queue de cheval basse à l’aide d’un chouchou, façon foulard blanc.

— Élisa!?

— Une minute.

J’aimerais l’y voir. Mes cheveux m’arrivent en bas du dos. Et cette bosse qui ne veut pas arrêter de… Ah! J’ai réussi à les plaquer.

— Élisa!

— Je suis là, dis-je en quittant la salle de bain, ravie d’avoir eu raison de mes cheveux.

Un petit tour dans ma chambre pour être certaine de n’avoir rien oublié, je saisis mes deux sacs, puis me rends dans le salon.

— Je suis là. Tu voulais que je vienne, alors ne te plains pas. Allons-y.

— Grrr, grogne-t-elle d’irritation avant d’afficher son plus beau sourire. Ça va être génial!

— Je l’espère, dis-je de manière moins joviale qu’elle.

Nous quittons l’appartement.

Miel est chez la mère de Fanny, comme d’habitude lorsque nous nous absentons quelques jours. Mes parents habitent trop loin pour que je puisse leur demander de la garder.

 

— Enfin! J’ai bien cru que nous allions rater le train! s’exclame Fanny, essoufflée d’avoir marché aussi vite.

— Tu exagères. Ce n’est qu’à une dizaine de minutes en bus.

— Tu oublies les embouteillages du matin. Passons, nous sommes arrivées à temps.

Effectivement, les portes se ferment. Nous sommes assises côte à côte, moi du côté fenêtre.

— Je suis tellement excitée de ce séjour!

— Je m’en étais rendu compte, dis-je en ouvrant mon étui à lunettes.

— Tu vas lire?

— Nous avons presque onze heures de trajet, donc oui.

— Tu as raison. Pour ma part, je suis bien trop fatiguée pour lire dès sept heures du matin.

— Je vais terminer ma lecture d’hier soir que j’ai dû arrêter pour pouvoir me réveiller tôt ce matin.

— Si tu avais fait tous tes sacs la veille, murmure-t-elle, semblant me dire : «je te l’avais dit».

Elle se penche en avant, ouvre son sac à main et prend quelque chose.

— Ce n’est pas moi qui suis fatiguée en tout cas.

Elle lève les yeux au ciel.

Nous nous lançons un sourire avant qu’elle ne se rencogne dans son siège. Je fais de même, m’appuie sur le rebord de la fenêtre et ouvre mon livre à la page où se trouve un marque-page dont la forme est plutôt… suggestive.