Adieu primevères et coquelicots - Jacqueline Rozé - E-Book

Adieu primevères et coquelicots E-Book

Jacqueline Rozé

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Beschreibung

L’équipe du commandant Vatier se voit confier une nouvelle mission par le commissaire Vivien : un enfant a disparu. En effet, le petit Louis ne s’est pas rendu à son cours de violon et il n’est pas rentré à la maison. Son père, Jean-Louis Couvier, architecte reconnu à Nantes, est injoignable. Tout comme Charles Plisson, son associé, dont l’épouse est sans nouvelles depuis la veille. Comment imaginer qu’il s’agisse d’enlèvements parce qu’ils ont osé s’opposer à un projet de construction ? Et pourtant… Pour s’être placés en travers des ambitions d’un homme prêt à tout par appât du gain et de notoriété, leur vie et celle de leur famille sont en danger. L’histoire est tirée de faits réels que l’on rencontre fréquemment en France et ailleurs : des coins de nature inconstructibles où fleurissaient chaque année primevères et coquelicots sont transformés en véritables décharges, au détriment de familles confiantes et rêvant de réaliser un projet d’habitat.

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Seitenzahl: 154

Veröffentlichungsjahr: 2016

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La meilleure façon de se venger des méchants,

c’est de ne pas se rendre comme eux.

Marc-Aurèle

Nous n’avons pas élevé d’autel au FRIC,

comme nous l’avons fait pour la paix,

l’Honneur est à la Victoire,

ou à la Vertu ou à la Concorde.

Juvénal

Ce qui est conforme aux lois

est égal pour tous.

Lucrèce

L’homme qui fait peur à tous

doit avoir peur de tous.

Sénèque

Rien

Toi qui n’as vu la vraie misère

Tu ne pourrais me comprendre

Qui n’as erré dans cet enfer

Je ne pourrai rien t’apprendre.

Oh, toi qui n’as vu la splendeur

La richesse insultante

Montrée avec ardeur

Serais-tu vraiment contente ?

Oui, j’ai erré dans ces mondes

Alors j’en suis sortie cassée

Car je suis d’un autre monde

Et je crie très fort, c’est assez.

Dis-moi, toi assis près de moi

Non, tu ne me connaîtras jamais

Oh, cette vie pleine d’émois

C’est pourquoi je ne me soumets.

Qui suis-je ? Je ne suis rien, rien

Je passe par-ci et par-là

Un jour je partirai, c’est rien.

J’aurai vécu par-ci, par-là.

Toi, je t’aime

Oh, toi que je regarde dormir

Qui m’a aidée dans ma souffrance

Vois-tu, lorsque tu dors je t’admire

Tu me redonnes l’espérance.

Tes beaux yeux ont voulu voir pour moi

Lorsque le jour ne fut que la nuit

Oui, j’étais touchée, remplie d’émois

Car tu effaçais tous mes ennuis.

Te souviens-tu, je ne pouvais bouger

Mes cris parfois rompaient mon sommeil

Alors tu venais me soulager

Merci, ton corps faisait des merveilles.

Qui vient le matin me réveiller ?

Qui le matin descend le premier ?

Pour m’aider et me surveiller

Mais c’est toi, mon gentil infirmier.

Même si je ne peux te quitter

Et que tu n’es pas toujours content,

Toi tu me donnes joie et gaieté

Je te caresse, je t’aime tant.

Sommaire

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 1

Il faisait chaud en cette fin d’après-midi d’avril, et Odette Couvier avait hâte de quitter la circulation nantaise et d’arriver enfin chez elle. La journée avait été épuisante, le magazine à paraître la semaine prochaine n’était pas encore bouclé et sa nouvelle assistante lui avait tapé sur les nerfs dès le début de la matinée. La jeune femme poussa un soupir exaspéré, impatiente de rejoindre la prochaine sortie et de laisser les embouteillages derrière elle. Une pensée pour son fils qui ne tarderait pas à sortir de l’école lui décrocha tout de même un sourire. Elle se dit que, pour une fois, elle ferait l’effort de lui tenir compagnie le temps du goûter, et le questionnerait sur sa journée. Elle se souvint alors que Louis se rendait directement à son cours de violon après la classe et qu’il ne rentrerait donc pas avant dix-neuf heures.

Tant pis, ce sera pour une prochaine fois, pensa-telle.

Louis avait dix ans et son professeur de musique ne tarissait pas d’éloges sur lui. C’était un enfant doué. Le soir, lorsqu’il posait sa petite tête couronnée de boucles blondes contre son épaule et qu’il restait là, blotti, toutes les difficultés de la journée étaient oubliées.

À trente-huit ans, Odette était une mère de famille célibataire qui consacrait sa vie au travail et à son fils. Durant plusieurs années, elle avait mis sa vie familiale entre parenthèses, travaillant jour et nuit afin d’obtenir le statut de directrice littéraire au magazine féminin L’Écho des Femmes. Ces concessions s’étaient soldées par un divorce qu’elle avait fini par apprécier, préférant vivre seule qu’aux côtés d’un homme qui la trompait à tout va. Son ex-mari, Jean-Louis, était un architecte réputé qui travaillait pour la plus grande société de construction nantaise. Après le divorce, il lui avait laissé la maison et la garde de Louis qu’il prenait quelques week-ends par mois et pendant les vacances. Mais bien souvent, il était en retard ou oubliait carrément de verser la pension alimentaire.

Odette eut une moue soulagée lorsqu’elle s’engagea dans la petite rue tranquille au bout de laquelle elle vivait. Elle se gara dans l’allée et sortit sa clé de son vieux sac à main, un joli modèle en cuir de chez Louis Vuitton qu’elle ne pouvait se résoudre à changer. Son estomac se serra lorsqu’elle l’introduisit dans la serrure et s’aper-çut que la porte n’était pas verrouillée.

J’ai oublié de fermer en partant, se rassura-t-elle.

Elle pénétra dans le vestibule, se débarrassa de son sac et de ses chaussures, et se rendit directement dans son bureau. Les couleurs désertèrent son visage lors-qu’elle vit son ordinateur portable renversé sur le sol, recouvert par les morceaux d’un vase chinois qui avait volé en éclats lors de sa chute. Les tiroirs de son bureau étaient grands ouverts, et le contenu en avait été vidé. Le miroir qui occupait un pan de mur lui renvoya un reflet fragmenté ; il s’était fissuré en étoile à la suite d’un coup porté en son centre. Odette sortit de la pièce à reculons et manqua de se tordre la cheville en trébuchant sur l’un des pions de son précieux damier en ivoire qui avait été jeté au sol, comme tout le reste.

Qui a bien pu faire ça ? s’indigna-t-elle.

Le reste de la maison n’avait pas été épargné non plus. Tout était sens dessus dessous. Son regard se posa sur un tableau accroché dans le vestibule qui avait été consciencieusement lacéré. Elle observa d’un air désolé la toile déchiquetée représentant son ancien chat, qu’elle avait peint elle-même.

Ils vont me le payer ! jura-t-elle intérieurement.

Elle pensa soudain à son fils et se dit qu’il pouvait être en danger. Elle se rua sur le téléphone et chercha fébrilement dans son carnet d’adresses le numéro du professeur de violon.

Les quelques sonneries lui parurent interminables.

– Allô ? fit une voix d’homme.

– Bonjour, je suis la maman de Louis. Pourriez-vous lui dire que je passerai le récupérer après son cours ?

– Ah, madame Couvier ! J’ai justement essayé de vous joindre pour vous avertir que Louis ne s’est pas présenté aujourd’hui. Y a-t-il un problème ?

– Non, tout va bien, répondit Odette d’une voix tendue avant de raccrocher.

La panique la gagnait et elle se sentait désorientée. Elle eut soudain une illumination : les voisins ! Peut-être que Louis ne se sentait pas bien et qu’il avait préféré rentrer directement à la maison.

Il a oublié ses clés et m’attend chez les voisins, pensa-t-elle.

Elle courut frapper à leur porte et comme personne ne répondait, elle sonna plusieurs fois.

Les Plisson étaient un couple charmant qui avait une fillette, Annette, un peu plus âgée que Louis. Lui était architecte et travaillait avec son ex-mari pour monsieur Avrant, et elle était infirmière. Odette ne les fréquentait plus beaucoup depuis son divorce, trois ans plus tôt, mais elle laissait volontiers son fils jouer avec la petite Annette.

Madame Plisson apparut sur le pas de la porte, un torchon entre les mains. Odette ne lui laissa pas le temps de parler.

– Aline, est-ce que Louis est chez toi ?

– Louis ? Non, je ne l’ai pas vu, répondit la femme d’un air étonné.

– Il n’est pas allé à son cours de violon et il n’est pas à la maison…

– Odette, je t’en prie, calme-toi. Il est peut-être en compagnie des hommes à qui tu as laissé un double de tes clés.

– Quoi ? s’écria Odette, je n’ai laissé mes clés à personne !

Madame Plisson fronça les sourcils, réfléchissant à toute allure.

– En rentrant du travail, j’ai vu deux hommes entrer chez toi. Ils ont ouvert la porte et ils avaient les clés ! J’ai pensé que ce devait être des amis ou des personnes de ta famille…

– À part mon ex-mari, personne n’a la clé, s’affola Odette. Je viens de découvrir que la maison a été vandalisée et mon fils a disparu.

Aline Plisson commençait à s’inquiéter sérieusement.

– Écoute, nous allons tout de suite aller voir la police et tu vas tout leur expliquer. Attends-moi deux minutes, je vais chercher mes clés de voiture.

Les deux femmes roulaient, silencieuses, en direction du commissariat. Aline poussa un soupir, l’air inquiet :

– Pour tout te dire, j’avais déjà prévu d’aller au commissariat avant ton arrivée. Charles n’est pas rentré à la maison hier soir et ce n’est pas dans ses habitudes de découcher. J’ai essayé de le joindre sur son portable, en vain. J’ai appelé sa secrétaire plusieurs fois aujourd’hui et elle ne l’a pas vu de la journée. J’ai peur qu’il ne lui soit arrivé quelque chose.

Elle se tut, le temps de s’engager sur le grand carrefour menant au commissariat, et reprit :

– As-tu des nouvelles de Jean-Louis ? Je sais qu’ils travaillaient ensemble sur un projet pour Avrant. Mon mari n’en dormait plus la nuit. Ils devaient élaborer les plans pour un nouveau chantier de construction, et étaient en désaccord avec Avrant. Selon eux, l’emplace-ment choisi par Avrant constitue une zone à risques, le sol n’est pas stable, et ce serait une folie de construire à cet endroit !

Odette resta ébahie face à ces révélations.

– Je ne suis pas au courant de tout ça, murmura-telle.

Elle fouilla dans son sac à la recherche de son téléphone portable.

– Je vais appeler Jean-Louis. Je sais, bien qu’il se garde de me l’avouer, que Louis va souvent le voir sur ses chantiers. Ils sont probablement ensemble… Et peut-être pourra-t-il nous dire où se trouve ton mari ? dit Odette tout en composant le numéro.

Elle tomba directement sur le répondeur.

– On dirait que son portable est éteint, soupira-t-elle.

Aline entra sur le parking du commissariat et se gara. Elles furent accueillies par un homme à la carrure imposante et au regard perçant. Il s’agissait du commandant Vatier qui les conduisit aussitôt dans son bureau. Il les invita à s’asseoir et écouta Odette déballer son histoire. Quand elle eut fini, Aline ajouta qu’elle aussi s’inquiétait pour son mari qui n’était pas rentré depuis la veille.

Le commandant prit rapidement les choses en main. Il envoya une équipe chez madame Couvier afin de rechercher des indices concernant l’identité des cambrioleurs et lança immédiatement un avis de recherche au sujet de l’enfant.

– En ce qui concerne votre mari, madame Plisson, nous allons attendre jusqu’à demain au cas où il se manifesterait. S’il ne le fait pas, nous ouvrirons alors une enquête, conclut-il.

Il demanda ensuite aux deux femmes de remplir une fiche d’informations les concernant. Avant de les laisser partir, il conseilla à Odette de ne pas rentrer chez elle cette nuit. Aline lui proposa spontanément de l’hé-berger.

– Je sais que ce n’est pas évident, mais essayez de ne pas trop vous inquiéter. Dès maintenant, nous allons commencer les recherches pour retrouver le petit Louis.

Lorsqu’elles eurent quitté le commissariat, Vatier fit appeler le lieutenant Avril dans son bureau. C’était un bel homme au visage encore jeune, malgré sa calvitie naissante, qui avait un air décidé et doux à la fois. Le commandant lui expliqua la situation et le chargea de l’enquête.

– Je m’inquiète pour l’enfant, confia-t-il. Il n’a pas le profil d’un fugueur, et s’il a été enlevé, les prochaines quarante-huit heures seront décisives.

Il se passa la main dans les cheveux, l’air fatigué.

– Prenez le capitaine Veneau avec vous, vous aurez sûrement besoin de son aide.

La nuit fut agitée pour les deux femmes qui ne réussirent pas à fermer l’œil. Le lendemain matin, Aline téléphona à sa mère à qui elle avait confié sa fille Annette. Pour ne pas l’inquiéter, elle lui raconta qu’elle avait la grippe, et lui demanda si elle pouvait garder la petite encore quelques jours. La grand-mère ne fit aucune difficulté.

Chapitre 2

La journée s’annonçait radieuse après deux semaines de pluie ; un rayon de soleil filtrait à travers de minces nuages qui ne tarderaient pas à disparaître. Vatier, accompagné d’Avril et de Veneau, avait décidé de se rendre dans le quartier de madame Couvier, afin de procéder à une enquête de voisinage. Ils commencèrent par la maison en face de celle des Couvier. Vatier sonna et tous attendirent sur le pas de la porte. Une jeune femme élégante, d’une trentaine d’années, ouvrit. Elle portait un pantalon en toile serré qui mettait en valeur ses formes parfaites. Avril l’observa discrètement, l’œil connaisseur. Le commandant Vatier se présenta, l’air gêné, tout en se passant la main dans les cheveux pour remettre en place une mèche indisciplinée. Il lui annonça qu’il aimerait lui poser quelques questions et la jeune femme s’effaça pour les laisser entrer. Elle les invita à s’installer dans le salon.

Vatier se lança :

– Madame, auriez-vous remarqué quelque chose d’inhabituel hier après-midi dans la maison d’en face ?

La jeune femme réfléchit un instant et répondit :

– Oui, j’ai vu une voiture noire se garer devant chez madame Couvier. Deux hommes sont rentrés chez elle, ils semblaient avoir la clé. Ils sont restés un bon moment et sont repartis sans rien emporter. Je me suis donc dit qu’il ne s’agissait pas de cambrioleurs et que ma voisine devait les connaître. Ne pensez pas que je passe mon temps à la fenêtre, ajouta-t-elle sur la défensive. C’est simplement que je guettais l’arrivée du médecin que j’avais appelé pour ma fille qui est malade.

– Avez-vous relevé la plaque d’immatriculation de la voiture ? demanda Avril.

– Dans quel but ? répliqua la jeune femme. Ils ne sont pas rentrés chez elle par effraction ! Je me rappelle simplement que les lettres CUB figuraient sur la plaque, je ne peux pas vous en dire plus.

– À quoi ressemblaient ces hommes ? interrogea Veneau.

– Ils n’avaient pas l’air bien vieux…

Vatier se leva.

– Madame, nous vous remercions pour votre aide. Si toutefois un détail vous revient, n’hésitez pas à nous appeler.

La jeune femme se leva à son tour, imitée par les deux autres policiers.

– Est-il arrivé quelque chose à madame Couvier ou à son fils ? Ce petit est un enfant formidable, toujours très correct.

– Louis a disparu, annonça le commandant.

– Oh, mon Dieu ! s’exclama la jeune femme. Je souhaite de tout cœur que vous le retrouviez au plus vite.

Les trois hommes saluèrent puis se rendirent chez madame Plisson.

– Vous n’avez toujours pas de nouvelles de votre mari ? lui demanda Vatier.

– Non et je suis de plus en plus inquiète, répondit Aline au bord des larmes.

Le commandant se tourna vers Odette.

– Vous n’avez reçu aucune demande de rançon concernant votre fils ?

La jeune femme secoua la tête, l’air désespéré.

Le policier leva les bras en l’air, en signe d’impuis-sance.

– Mesdames, nous n’avons plus qu’à attendre, en espérant trouver rapidement un indice. De notre côté, nous interrogeons le voisinage. Nous sommes aussi passés à l’école de Louis mais, d’après son institutrice, personne ne l’accompagnait lorsqu’il a quitté l’établisse-ment à la fin de la journée. Nous continuons notre enquête, afin d’en découvrir un peu plus.

Les trois hommes leur souhaitèrent bon courage avant de prendre congé.

Vatier déposa ses collègues au commissariat et reprit la route. Il débauchait un peu plus tôt qu’à l’accoutu-mée, mais cette histoire de disparition le tracassait et il n’avait ni l’envie ni le courage de s’attaquer à la montagne de paperasse qui l’attendait sur son bureau. Il avait une tout autre idée derrière la tête, bien plus agréable : il allait rendre visite à Marie-Anne. Vatier et Marie-Anne se connaissaient de longue date et cette dernière avait toujours su se montrer présente dans les moments difficiles. Elle était sa confidente, et depuis quelques mois était devenue un peu plus…

Marie-Anne l’avait aidé lors d’une affaire précédente à retrouver deux chercheurs qui avaient été enlevés. Avec l’aide de son chien, Jacky, ils avaient mené l’en-quête à travers la France et avaient finalement retrouvé les disparus*. Jacky, un petit ratier doué d’une intelligence et d’un flair exceptionnels, avait été plus d’une fois d’un grand secours. Sa réputation était désormais bien connue à travers tous les commissariats de la ville. Le commandant eut un sourire en repensant à l’aven-ture qu’ils avaient vécue. Avril et Veneau étaient aussi de la partie et malgré la gravité de la situation, ils avaient tout de même passé de bons moments tous les quatre… où plutôt tous les cinq ! C’était grâce à Jacky que Vatier avait retrouvé Marie-Anne qui, depuis, travaillait ponctuellement à ses côtés en tant qu’auxiliaire de police. Cette dernière affaire les avait particulièrement rapprochés et aujourd’hui Vatier ne pouvait plus le nier : il était bel et bien amoureux. Marie-Anne, pour sa part, était plus réservée. La cinquantaine passée, elle estimait qu’elle n’avait plus l’âge d’agir sur un coup de tête, et préférait laisser à leur relation le temps d’évoluer avant d’entreprendre quoi que ce soit. Au début, Vatier s’était senti vexé, mais avec le temps, il avait accepté sa décision et avait cessé de la harceler pour qu’elle vienne enfin s’installer chez lui.

Après avoir traversé la moitié de la ville, il arriva à destination. Sa compagne vivait dans un joli pavillon qu’elle affectionnait particulièrement, et il la soupçonnait d’ailleurs d’avoir des scrupules à s’en séparer. Il se gara devant et traversa le jardinet, admirant au passage les bourgeons en fleur qui ne tarderaient pas à éclore en une multitude de couleurs. Il sonna à la porte et n’eut pas longtemps à attendre avant qu’elle ne s’ouvre et que Jacky surgisse pour lui faire la fête. Le petit chien lui tourna autour en jappant, signe manifeste de sa joie. Le commandant se baissa pour le caresser puis se tourna vers Marie-Anne qui lui sourit malicieusement :

– Tu ne débauches pas si tôt d’habitude, remarqua-telle. Je te manquais à ce point ?

Vatier se redressa et lui déposa un baiser sur les lèvres.

– Tu me manques à chaque instant, tu le sais bien. Et Titi, où est-il ?

– Ce pacha dort ! Il profite de sa vie de chat, lui !

Ils entrèrent dans la maison et s’installèrent dans la cuisine pour prendre un café.

– Que t’arrive-t-il, Jacques ? Tu as l’air soucieux.

Vatier poussa un soupir.