Bretonnes et Bretons dans l'Histoire - Louis Gildas - E-Book

Bretonnes et Bretons dans l'Histoire E-Book

Louis Gildas

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Beschreibung

Non, je n'ai pas partagé le thé avec Anne de Bretagne, mais savez vous qu'elle fut mariée trois fois, Dont une qui aurait pu changer totalement l'histoire de Bretagne. Par contre Jo Velly, rencontré, lui, sur un banc en Pays Glazig, m'a raconté pourquoi il a racroché son vélo à tout juste vingt sept ans, alors qu'il avait toute l'étoffe d'un grand champion. Anne est la première dans cet ouvrage quant à Jo Velly il le clôt. Entre deux, des héros et des résistantes, des femmes de lettres.. Connus ou pas. Un choix arbitaire, comme tous les choix que je vous invite ici à décourir ou à redécouvrir. Bonne lecture  

 À PROPOS DE L'AUTEUR

Louis Gildas est né il y a déjà joli temps à Lambézellec. L'âge venu, il a contribué à plusieurs titres de la presse quotidienne et à des magazines nationaux comme étrangers. Chroniqueur faits-divers sur les ondes de Ici Breizh Izel et de Ici Limousin, il a également tenu une même rubrique sur AQUITV en Dordogne, première télévision privée hertzienne de l'Hexagone.


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Seitenzahl: 169

Veröffentlichungsjahr: 2025

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Couverture

Page de titre

BIBLIOGRAPHIE

Histoires des tramways de Haute-Vienne et de Limoges, CPE, 2001.

Brest, pays des Abers, Déclics, 2003.

Recettes bretonnes de mamm gozh, CPE, 2004.

Recettes périgordines de nos grands-mères, CPE, 2004.

Recettes limousines de nos grands-mères, CPE, 2004.

Recettes du Nord de nos grands-mères, CPE, 2005.

Recettes du Quercy de nos grands-mères, CPE, 2005.

Recettes normandes de nos grands-mères, CPE, 2005.

Recettes picardes de nos grands-mères, CPE, 2005.

Recettes aveyronnaises de nos grands-mères, CPE, 2006.

L’affaire Mis et Thiennot, BD, CPE, 2007.

Lorsque Brest était jeune fille, CPE, 2007.

Recettes pieds-noirs de nos grands-mères, CPE, 2007.

Le bonheur est en Limousin, CPE, 2009.

Langues et Chansons du Limousin, CPE, 2011.

Tonton, Nantes et moi, L’apart éditions, 2013.

Les Mystères de la Haute-Vienne, De Borée, 2013.

Un siècle de faits divers en Finistère, De Borée, 2014.

20 faits divers en Bretagne, chroniques radiophoniques de France Bleu Breizh Izel, Éditions des Montagnes Noires, 2018.

Faits divers en Bretagne, 2e saison des chroniques radiophoniques de France Bleu Breizh Izel, Éditions des Montagnes Noires, 2019.

C’est difficile de se dire adieu, chroniques brestoises 1950-1970, Éditions des Montagnes Noires, 2022.

Faits divers en Bretagne, 3e saison des chroniques radiophoniques de France Bleu Breizh Izel, Éditions du Palémon, 2022.

Faits divers en Bretagne, 4e saison des chroniques radiophoniques de France Bleu Breizh Izel, Éditions du Palémon, 2023.

Faits divers brestois et léonards, Éditions du Palémon, 2024.

Faits divers en Cornouaille, Éditions du Palémon, 2025.

Bretonnes et Bretons dans l’Histoire, Éditions du Palémon, 2025.

Avant-propos

Dans cet ouvrage, je vais aborder l’histoire de notre pays, la Bretagne, le pays historique qui s’étend de Clisson à Fougères, par le biais de ces femmes et de ces hommes qui ont, d’une façon ou d’une autre, laissé une trace dans l’histoire de notre pays. Qu’ont-ils fait, qu’ont-ils été ? Certains ont des noms connus, d’autres oubliés ou d’autres encore totalement ignorés de beaucoup, comme Nathalie Le Mel, cette militante farouche de la cause des femmes, cette communarde. Pourtant, quelques-uns, quelques-unes ont une rue, un hôpital ou encore un équipement de service public à leur nom. Qui étaient-ils ? Qui étaient-elles ? Puis il y a les quasi-oubliés, par exemple Bignon et Quéré. Certains ont été des résistants à l’oppression nazie, et d’autres ont eu des engagements plus que contestables, du rêve à la compromission avec un occupant sanguinaire. On trouve aussi des écrivains. Peut-être vais-je un peu vite en classant comme Bretons certains, comme Charles Eugène Potron ou Jeanne Bohec, mais, ainsi que l’assurait l’écrivain morlaisien Michel Mohrt : « Ce sont des Bretons d’honneur. » C’est aussi le cas d’Alfred Jarry et de son père Ubu. Bien qu’il fût né en Mayenne, sa famille était de Saint-Brieuc, il y passa d’ailleurs une partie de son enfance. Bonne lecture, bonnes découvertes !

A greiz kalon d’an holl

Louis Gildas

Anne de Bretagne

Si une femme a marqué l’histoire de Bretagne, c’est bien elle : Anne, la fille aînée de François II, la pennherez1, dit-on en breton. Elle a tout juste douze ans lorsqu’elle hérite du duché. En juillet 1488, François, son père, a perdu la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier qui l’opposait à la couronne de France. Le duc se voit contraint de signer un traité stipulant que son héritière Anne ne peut se marier qu’avec l’accord du roi de France. Mais François II, en septembre 1488, sur son lit de mort, fait jurer à sa fille de ne jamais tomber sous la coupe du roi de France. Anne est promise à Maximilien d’Autriche et ils se marient par procuration en 1490 à Rennes. Colère du roi de France. La Bretagne est un pays riche, c’est une des marines de commerce les plus puissantes d’Europe. Elle est convoitée par de multiples prétendants, mais Charles VIII veut le duché. En 1491, il déclare la guerre à la Bretagne. Anne est réfugiée à Rennes, la ville est assiégée. Anne dit non, elle ne veut pas de ce roi laid. Au bout de deux mois, en ville, on meurt de faim. Anne, la rage au cœur, consent à annuler son mariage et convole avec Charles VIII le 6 décembre 1491, à Langeais. Ce roi décède accidentellement en 1498. Le traité était un traité d’union personnelle entre deux couronnes. À la mort de son époux, Anne reprend l’administration du duché. Elle frappe monnaie et restaure la chancellerie. Elle réunit autour d’elle une cour de poètes, de musiciens. La Bretagne retrouve son indépendance. Hélas pas pour longtemps, car son successeur, Louis XII veut lui aussi mettre la main sur le duché. Cependant, Louis est déjà marié à Jeanne de France. Elle est difforme, on la surnomme Jeanne la boiteuse et elle passe sa vie en prière. Après vingt-deux ans de mariage, le Vatican accepte d’annuler l’union. Le 8 janvier 1499, pour la troisième fois, Anne de Bretagne se marie à Nantes. Jusqu’à son décès en janvier 1514, elle n’aura de cesse de défendre la souveraineté du duché de Bretagne.

1  Héritière.

Yves Bignon et François Quéré,deux héros méconnus

Yves Bignon, patron des remorqueurs Abeille à Brest, et François Quéré, un marin qui aspirait à devenir pilote, sont les deux héros malheureux d’une catastrophe qui a eu lieu à Brest le 28 juillet 1947. Ce jour-là, au cinquième bassin, le cargo Ocean Liberty fait escale avec divers matériaux et 3 000 tonnes de nitrates d’ammonium. Vers midi et demi, des dockers signalent une chaleur anormale dans les cales. Une fumée noire s’échappe du navire, le chef d’équipe fait arrêter le travail et avertit le commandant de la direction du port. Ce dernier, inférant d’un incendie à bord, alerte les pompiers. C’est très inquiétant, car le nitrate d’ammonium confronté à la chaleur devient un redoutable explosif. Pour tenter d’étouffer le feu, le capitaine du navire fait fermer les manches d’aération. Le lieutenant commandant des pompiers hurle que c’est stupide et monte à bord avec ses hommes pour les rouvrir. Afin de refroidir la coque, il met aussi en batterie plusieurs lances d’incendie. Il est un peu plus de treize heures lorsque Yves Bignon, patron des remorqueurs Abeille, propose aux autorités un sabordage à quai. Le préfet maritime repousse la suggestion d’un revers de main. Il s’exclame que c’est de la folie. On décide donc de remorquer le navire vers le large, mais c’est marée basse et le cargo en feu s’échoue sur un banc de sable face à l’usine à gaz et aux entrepôts de carburant. À seize heures, le préfet autorise, du bout des lèvres, Bignon et un matelot des remorqueurs, François Quéré, à pétarder l’Ocean Liberty. Bignon et Quéré sautent dans un canot et fixent une charge sur une bouée à proximité de la coque, elle ne produit qu’une gerbe d’eau. Bignon et Quéré montent alors à bord, posent une charge entre les cales 4 et 5 à 17 h 24. À 17 h 25, l’Ocean Liberty explose. Le bilan est de vingt-six morts, dont Yves Bignon et François Quéré, trente ans tous deux, de trois mille blessés et des dégâts considérables. Il faudra attendre neuf ans pour voir le nom d’Yves Bignon, sans autre mention, donné à une petite rue à deux pas du port. Ce n’est que soixante-quatre ans plus tard que l’Ocean Liberty est mentionné sur la plaque. Mais il n’y a pas un mot sur François Quéré.

Jeanne Bohec

Née en 1919 à Tourlaville, dans la Manche, Jeanne Bohec dira bien plus tard que, si elle avait été un homme, elle aurait été marin, comme son père et son grand-père. Jeanne ne le sera jamais, mais le rôle qu’elle joua dans la Résistance est tout à fait exceptionnel. En 1939, l’Allemagne nazie envahit la Pologne. Aussitôt, la France et les Britanniques déclarent la guerre à l’Allemagne, c’est la drôle de guerre. Pendant ce temps, Jeanne Bohec vit à Angers avec ses parents et vient brillamment d’obtenir son baccalauréat. Jeanne comprend que l’heure est grave, mais elle se sent inutile, la guerre est loin. Elle se plonge alors dans des études scientifiques. En mars 1940, elle apprend que la poudrerie du Moulin-Blanc à Brest recherche un aide-chimiste. Elle n’a aucune compétence dans le domaine, elle est tout juste majeure. Au culot, elle postule, on l’embauche et elle apprend le métier sur le tas. Le 10 mai, l’Allemagne attaque et, un mois plus tard, la France est à terre. Elle n’entend pas l’appel du 18 juin, ignore jusqu’au nom du général de Gaulle. Cependant, elle décide de s’embarquer pour l’Angleterre. D’abord employée comme secrétaire au Bureau central de renseignement et d’action (le BCRA), elle est ensuite affectée dans un laboratoire de recherche sur les explosifs. Elle veut combattre et, malgré les réticences de ses supérieurs, elle obtient d’être parachutée en Bretagne. À vélo, elle sillonne la campagne bretonne, allant dans des fermes isolées instruire des groupes de saboteurs. Les Allemands ne prêtent pas attention à cette jeune femme à bicyclette, qui pourtant participe activement aux sabotages des lignes de communication allemande. Jeanne sait manier les armes et demande à prendre part aux combats du maquis de Saint-Marcel, ce qui lui est refusé. À la fin de la guerre, elle est mise sur la touche, la misogynie française a repris ses droits. Par la suite, elle enseigne les mathématiques dans un collège parisien. Elle décède en janvier 2010, à l’âge de quatre-vingt-dix ans, elle est inhumée à Plestin-les-Grèves.

Jacques de Bollardière

Jacques Pâris de Bollardière est né en décembre 1907 à Châteaubriant. Jacques de Bollardière est un officier rebelle. Tout commence en 1927 à Saint-Cyr, où il se montre indiscipliné et doit redoubler. En 1930, il en sort avec le grade de sergent-chef, une humiliation, car il aurait dû être sous-lieutenant. Capitaine en 1940, à Brest, il assiste impuissant à la débâcle de l’armée française. Le 13 juin, il décide de rejoindre Londres alors que l’appel du général de Gaulle n’aura lieu que le 18. Il embarque à Paimpol sur un chalutier et rejoint les maigres troupes des Forces françaises libres et le régime de Vichy le condamne à mort. Officier de la Légion étrangère, il combat en Afrique, où il est blessé. En 1943, il est parachuté dans les Ardennes pour organiser la Résistance, mais mal armés et mal préparés, les maquisards sont massacrés. Cependant, l’action du futur général sauvera un parti du groupe et infligera de lourdes pertes aux Allemands. Jacques de Bollardière est l’un des Français les plus décorés de la Seconde Guerre mondiale, il est notamment Compagnon de la Libération. De 1950 à 1953, il commande les troupes aéroportées en Indochine. Mais cette guerre l’indispose et il a beaucoup de sympathie pour le peuple vietnamien. Puis, en 1954, à peine la paix signée à Genève, la guerre d’Algérie commence. En 1956, il est à la tête de deux brigades. En décembre de cette même année, il est promu général de brigade à quarante-neuf ans, le plus jeune de l’armée française, mais son supérieur hiérarchique est le général Massu, qui, sans le dire, est favorable à la torture. Bollardière y est opposé. De retour en France, il le dit dans la presse. Cela déplaît en haut lieu, donc on le condamne à soixante jours de forteresse. Lors du putsch des généraux en avril 1961, il démissionne de l’armée. Sa vie d’après sera faite d’engagements humanistes contre les essais nucléaires à Moruroa, pour la défense du Larzac. Il participe aux luttes sociales des années 70. Avec son épouse Simone, il sera un soutien indéfectible des écoles Diwan.

Aristide Briand,apôtre de la paix

Aristide Briant est un nom connu de beaucoup. Bien des villes de l’Hexagone ont une rue, une avenue à son nom, mais qui est donc ce Nantais, celui qui clamait fort sa bretonnité ? C’est un homme politique de la IIIe République. Il est né en mars 1862, sous le Second Empire, à Nantes. Ses parents exploitent un débit de boissons dans un des quartiers les plus pauvres de la ville. En 1864, ils émigreront à Saint-Nazaire pour gérer des affaires plus importantes. Aristide fait des études brillantes et, en 1886, il est avocat à Saint-Nazaire. Parallèlement, il est journaliste et fréquente les milieux anarcho-syndicalistes. C’est un révolutionnaire républicain, mais Aristide a aussi des projets. Laissant l’anarchie, il se lance en politique en se présentant comme socialiste, proche de Jaurès, aux élections législatives. En 1902, il est élu dans la Loire. Pourquoi la Loire, et pas en Bretagne ? C’est par calcul politique, mais ce sera le début d’une très longue carrière. Il sera vingt-trois fois ministre et onze fois président du conseil. Cette fonction est celle d’un Premier ministre, sauf qu’à cette époque, le président de la République a peu de pouvoirs. Mais ce n’est pas grâce à ces titres que Briand a des rues à son nom. Après l’hallucinante guerre 14-18, il est devenu un pacifiste convaincu. Au contraire de beaucoup d’hommes politiques de ce temps, Briand croit à une réconciliation avec l’Allemagne, il est aussi l’une des principales chevilles ouvrières de la SDN, la Société des Nations, l’ancêtre de l’ONU. En 1925, Briand et les représentants des autres États européens signent avec les Allemands les accords de Locarno, qui reconnaissent notamment les frontières occidentales de l’Allemagne. Lors de la cérémonie protocolaire, Aristide Briand déclare notamment : « Arrière les fusils, les mitrailleuses, les canons ! Place à la conciliation, à l’arbitrage et à la paix. » En vain, quatorze ans plus tard éclate le plus grand conflit de tous les temps qui fait soixante millions de morts. Aristide Briand ne le voit pas, il décède en 1932 à l’âge de soixante-neuf ans. En 1926, il reçoit le prix Nobel de la paix.

Marcel Cachin

Le Paimpolais Marcel Cachin est l’un des fondateurs du Parti communiste français. Breton et communiste, à moins que ce ne soit l’inverse, tel était Marcel Cachin, né à Paimpol à la fin du Second Empire. Son père, qui se prénomme aussi Marcel, est gendarme et sa mère, fileuse de lin. Le jeune Marcel est un élève brillant. En 1893, il obtient une licence de philosophie, puis l’enseigne au lycée de Bordeaux où il reste quinze ans tout en s’adonnant à sa vraie passion, la politique. Militant au Parti ouvrier français, il est élu conseiller municipal de Bordeaux. Dès sa création, il adhère à la SFIO (l’ancêtre du PS) et, en 1920, il voyage dans la jeune Russie soviétique. Il en revient enthousiaste. Cachin sera une des chevilles ouvrières de la scission de Tours en 1922, qui voit la naissance de la SFIC, section française de l’Internationale communiste. En clair, il s’agit du Komintern, une organisation internationaliste où se décide une ligne politique unie. C’est le centralisme démocratique, la tête décide ; en bas, on exécute. Cachin, patron du journal l’Humanité, est aussi franc-maçon, ce qui ne plaît pas au parti qui tient en suspicion ces bourgeois qui complotent contre la classe ouvrière. En 1922, il quitte le Grand Orient. Cachin le Breton est l’ami de Yann Sohier, fondateur du mouvement Ar Falz qui milite pour l’enseignement du breton. En 1930, avec d’autres Bretons de Paris, il crée l’association des « Bretons émancipés ». Sept ans plus tard, il fonde le journal War Sao. Pour les Bretons émancipés, le combat, c’est « le capitalisme et l’Église ». Cette association s’oppose à une partie de l’Emsav breton qui se tourne dangereusement vers l’Allemagne nazie. Après-guerre, en 1947, le député Marcel Cachin dépose une proposition de loi en faveur de la langue bretonne. Cette proposition sera dénaturée pour donner la loi Deixonne votée en janvier 1951 sur l’enseignement des langues régionales. On fait tout à l’envers, délaissant les écoles primaires, on crée à Rennes l’institut d’études celtiques. En août 1957, Marcel Cachin fait un dernier Tro Breizh avant de décéder en février 1958. En août 1957, au Guilvinec, je me souviens de lui avoir fait un pok2.

2  Une bise.

Jacques Cartier

Jacques Cartier est né soit à Saint-Malo, soit à Saint-Servan, soit encore à Paramé3. Pour son année de naissance, on est tout aussi peu précis, soit 1491, soit 1493. D’ailleurs, on ne sait pas beaucoup plus de ses jeunes années. Comment est-il devenu marin ? Son père aurait été morutier, marin de pont ou officier. Rien n’est sûr. En revanche, on connaît la date de son mariage en 1520 avec Catherine, la fille du connétable de la ville. Cartier est alors maître pilote du port de Saint-Malo. De sa vie maritime, on ne trouve guère de trace avant 1532. Certains historiens avancent qu’il a pu participer à une campagne à Terre-Neuve et à d’autres expéditions maritimes sur les côtes brésiliennes. D’ailleurs, à la retraite, en 1542, il devient interprète de langue portugaise.

En 1532, la Bretagne a perdu son indépendance et la France est en conflit avec le Portugal au sujet du Brésil. Les Portugais sont les plus forts, la France n’aura pas le Brésil. Malgré tout, François Ier a des projets, la France doit devenir une puissance coloniale. Le roi lorgne le nord du continent, ce nouveau monde qui n’a pas été exploré au-delà de l’embouchure du Saint-Laurent. Le but est de trouver un passage au nord-ouest vers les Indes. Cartier est introduit près du roi par l’évêque de Saint-Malo, ce dernier vante les qualités du marin. Cartier obtient donc le commandement de deux navires pour l’exploration de ces nouvelles terres. C’est au cours de ce premier voyage en 1534 que Cartier donne un nom iroquoien à ces nouvelles terres : Kanata, qui deviendra Canada et qui signifie village. Il y fera trois voyages vers Terre-Neuve et Cartier ramènera à Saint-Malo deux jeunes Amérindiens, fils de chefs de tribus. Ils apprennent le français et accompagnent Cartier pour son deuxième voyage. Le troisième voyage ne sera pas commandé par Cartier, c’est une expédition de peuplement qui échoue. Les relations entre Amérindiens et Cartier ont été sinon harmonieuses, à tout le moins empreintes de respect mutuel. Cartier décède de la peste en septembre 1557 dans son château Limoëlou, à Saint-Malo.

3  Communes fusionnées en 1967.

Jacques Cassard

Cassard est un corsaire oublié. Pourtant, dans les années soixante, un escorteur d’escadre dans le port militaire de Brest portait son nom. Entre 1795 et 1985, ce fut le cas de onze navires de la marine. Pourquoi le corsaire Cassard est-il absent de la légende nationale ? Peut-être à cause de son ami René Duguay-Trouin, et aussi de son cousin Robert Surcouf. Ces corsaires attaquaient et pillaient les navires anglais, c’étaient des pirates officiels avec des papiers en règle. Cassard est né en 1679, quai de la Fosse à Nantes, célèbre pour ses maisons closes et les riches demeures des armateurs. Son père est armateur, mais il décède lorsque Jacques a douze ans. La famille se retrouve sans ressources, aussi, Jacques s’engage comme mousse sur un terre-neuvas. Ce métier est hallucinant et l’on n’en revient pas indemne. À dix-sept ans, il rejoint la marine de guerre et part en Amérique du Sud commander une canonnière à la course. Il fait d’énormes prises sur les navires marchands anglais et gagne des sommes considérables. À vingt et un ans, il est capitaine de corvette, à vingt-huit, il commande en Méditerranée où il est chargé d’escorter des navires de ravitaillement pour Marseille. Les bateaux corsaires anglais sont partout avec le projet d’attaquer les navires marchands français. Pour Cassard, la bagarre s’annonce risquée, les Anglais ont douze bâtiments, Cassard n’en a que deux. Pourtant, c’est lui qui coule cinq navires et met en déroute les autres. Mais la commandite marseillaise ne veut pas le payer. Tête brûlée, dur, violent, misanthrope au-delà de toute raison, mais d’une totale loyauté, Cassard s’emporte et finit par rencontrer le ministre de la Marine, mais ce dernier ne veut pas payer. Cassard est ruiné, amer d’avoir été floué, le ton monte. Cassard bouscule le ministre qui le fait interner au fort de Ham dans l’actuel département de la Somme. Déclaré fou, il meurt en 1760 à l’âge de soixante ans. Voilà peut-être la raison de l’oubli relatif de Jacques Cassard.

Tristan Corbière,un étrange poète