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C'est en publiant sur les réseaux sociaux mes photos accompagnées de quelques épisodes de ma vie, que mon époux et nombre de personnes m'ont poussé à écrire ce recueil et à l'éditer, je leur dis un grand merci. Ces fragments de vie est un livre écrit avec le coeur. Il raconte comment ma passion pour la photographie est née, comment elle m'a aidée et m'aide encore à surmonter la maladie et les épreuves douloureuses auxquelles je dois encore faire face, comment j'ai pu me reconstruire après avoir tout perdu, garder espoir et continuer d'avancer, le tout accompagné de photos et de quelques anecdotes qui font sourire.
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Seitenzahl: 100
Veröffentlichungsjahr: 2022
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« L’art de vivre consiste en un subtil mélange entre lâcher prise et tenir bon… »
Henry Lewis
Font Romeu Les Pyrénées orientales: Là où tout commence
Les plages du Mourillon Var: Le goéland et le biscuit
Lurs Alpes de haute Provence: Le temps des souvenirs
Fontaine de Vaucluse: Première escapade de jeunesse
Sainte Agnès - Alpes Maritimes: Le destin tragique d’une jeune vierge-
Séguret - Vaucluse: Mémoire
Parc nature de la Garde - Var: Les jours se suivent
Sanary-sur-Mer Var: Cœur de guimauve
Bonnieux Vaucluse: Un moment de farniente
Parc nature de la Garde – Var: Suspens
Oppède le Vieux – Vaucluse: Entre romance et réalité
Corniche de Tamaris la Seyne sur Mer – Var: Un moment de complicité
Cotignac Var: Une balade en Provence
Insomnies: Corniche de Tamaris – la Seyne sur Mer- Var
Comme une mélodie…: Mont Faron – Toulon - Var
Un guide particulier: Crestet – le Vaucluse
Auribeau-sur-Siagne Alpes Maritimes: Une reprise timide
Parc nature la Garde Var: Le héron Mon copain
Ganagobie Alpes de haute-Provence: Lâcher prise
Toi mon ami le Coquelicot
Corniche de Tamaris: La Seyne sur Mer dans le Var
Les Arcs sur Argens: Un matin d’hiver
Les vignes du domaine de la Castille dans le Var: Un jour de rentrée
LA CAMARGUE BOUCHES DU RHONE: La déconnexion
Là où le temps s’est arrêté: Oppède le Vieux - Vaucluse
A la découverte du sentier Martel Alpes de Haute-Provence
FONT ROMEU PYRENEES ORIENTALES: Les trois Mousquetaires
Domaine de la Castille dans le Var: Les jours heureux
Le premier jour de ma vie: Le Crestet Vaucluse
« La révélation »
Je regarde ces deux magnifiques créatures engendrées par dame nature. Ils vont de pair se promenant d'un pas nonchalant avec grâce. Tout en les observant je m'imagine en chevaucher un au grand galop, parcourant de vastes étendues de plaines verdoyantes, traversant des rivières, ne faisant qu'un avec cet animal à la noblesse inégalée.
Même si je me tiens assez loin pour ne pas les déranger, ils m'ont aperçue du coin de l’œil en train de les photographier. Je m'amuse gentiment avec eux. Ils vont jouer un rôle essentiel dans ma nouvelle vie.
En effet, quelques années plus tôt, ayant tout perdu, le monde s'écroulait autour de moi, il se refermait encore une fois m'enlevant tout, boulot, vie sociale, activités, etc… Je peux vous certifier que lorsque vous vous retrouvez démunie et de surcroît gravement malade, dévorée, mutilée et laissée à bout de souffle par trois cancers, certains prennent la poudre d’escampette et parmi eux celles et ceux qui se disaient être vos amis(e). La famille aussi prend la fuite croyez-moi, c'est le vide intersidéral, le silence absolu. Oui la maladie et le handicap font peur, dérangent fortement, c'est triste mais c'est la réalité, il faut le vivre pour le comprendre, avec Alain mon époux nous l'avons vécu et compris.
Malheureusement ainsi va la vie. L'être humain s'éloigne de ce qu'il ne connaît pas, de ce qui lui fait peur. Nous avons connu l’enfer, mais nous sommes restés soudés et nous n’avons jamais baissé les bras face à la maladie. Nous avons fait face à l'incompréhension totale des gens, leur manque d'empathie, de compassion, leurs jugements sans appel, ils vous étiquètent, vous donnent des leçons de morale et des « y’a qu’à … » alors qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent. Ils vous rangent dans une case en ayant bonne conscience et passent à autre chose en se disant "ça n'arrive qu'aux autres pas à moi". C’est d’autant plus terrible car c’est dans les moments où vous êtes le plus mal qu’ils trouvent le moyen de vous faire comprendre qu’il y a pire que vous ailleurs. Je vous assure que vous prenez un sacré coup de massue sur la tête !!! Bien sûr qu’il y a pire et plus malheureux dans le monde, mais vous, vous cherchez juste un peu de soutien, des paroles réconfortantes car vous flirtez sans cesse avec la mort. Mais non on vous fait comprendre que vous avez de la chance d’être en France et de pourvoir accéder aux soins, peu importe les souffrances physiques et morales que vous endurez, leurs paroles sont blessantes, tranchantes, sans appel, au fil des jours vous vous murez dans le silence, vous vous isolez du peu de gens sur qui vous pensiez pouvoir vous appuyer.
Hélas telle est en partie une majorité de l'humanité, c'est triste à pleurer.
Aussi ce jour-là en vacances c'est avec le cœur meurtri, ressassant en boucle tel un disque rayé mon inutilité dans ce bas monde, que j’aperçois au loin, un troupeau de chevaux en liberté, quelle magnifique surprise !!
Suivant mon instinct, j'ai demandé à Alain de me prêter l'appareil photo qu'il tenait entre ses mains. Etonné par ma demande, il se posait la question de savoir ce que j'allais bien pouvoir en faire, sachant pertinemment que je ne savais absolument pas prendre une photo, encore moins faire un cadrage, mais advienne ce que pourra, les dés étaient jetés.
Il me regarda d'un air surpris et heureux à la fois, j’ai collé mon œil dans le viseur en lui demandant où il fallait appuyer et j'ai déclenché. Oh bien sûr en mode automatique car je n'y connaissais pas grand-chose, je me suis amusée à faire plusieurs prises de vues, de près, de loin, au fur et à mesure je me détendais, à nouveau je prenais du plaisir. J'avais conscience de la beauté de la nature qui nous entourait, des sommets à perte de vue, des troupeaux de vaches avec leurs petits, l'odeur des pins, de l'herbe humide, de la terre, quel bonheur de vivre ces moments-là de nouveau. Une fois notre petite randonnée finie, sur le chemin du retour je dis à Alain avec un grand sourire et radieuse : " tu as raison mon cœur tu sais, la photographie va devenir ma grande passion à compter de ce jour et rien ni personne ne me l'enlèvera. " Le pas était franchi, la porte dérobée en moi était enfin ouverte. J'avais un nouveau but, un nouvel objectif c'est le cas de le dire.
Je pus lire dans ses yeux la joie, il savait que j'avais trouvé de quoi me remettre en selle et aller de l'avant. Il était soulagé pour moi et je tiens à le remercier sincèrement d’avoir insisté, de m’avoir poussée dans cette direction malgré ma réticence à pratiquer cet art.
Une fois que nous sommes rentrés à Toulon, j’ai pris l'appareil en mains et j’ai commencé à l’étudier de plus près avec l'aide de quelques tutos, bouquins et nouveaux amis. Par la suite je n'ai plus jamais lâché ce boîtier, il fait partie intégrante de ma vie, c'est le prolongement de mes pensées, de mes idées, de mes créations.
Tout ceci pour vous dire ne vous laissez pas broyer, ni abattre par le système, ni par la maladie, et encore moins par les gens. Comme je dis il y a toujours de l'espoir, une porte de sortie tapie là au plus profond de votre être, il faut juste essayer de la trouver et vous verrez tout ira pour le mieux.
Je ne vais pas vous mentir en vous racontant que depuis je vois la vie en rose, non il y a encore des coups durs mais ils sont plus faciles à aborder avec cette philosophie.
Voilà comment est née ma passion.
Vous connaissez la suite bien sûr, au fil de mes publications je trouvais qu'il manquait une essence de vie à mes photos, aussi j'ai décidé de raconter quelques anecdotes, le fond de mes pensées, des petits bouts de ma vie, ou encore un petit historique, une nouvelle passion a vu le jour, bien sûr j'écrivais déjà pour moi avant de franchir le pas et de rendre public mes textes.
Après mûre réflexion, je me suis dit autant partager ces moments qu’ils soient beaux ou tristes avec d'autres personnes, pourquoi pas ? Et si ça peut aider quelqu’un dans les moments difficiles à franchir un cap, j’en serai la plus heureuse, car je sais combien la vie peut être cruelle par moment.
Vous voyez il n'en faut pas beaucoup pour rebondir. Je suis certaine où que vous soyez qu'au plus profond de vous il existe une ou des portes qui attendent que vous les poussiez, surtout n’ayez crainte qu'est-ce ce que vous risquez ? Essayez. Vous n'avez rien à perdre."
Font-Romeu les Pyrénées-Orientales
Au moment où je couche ces lignes sur le papier, je suis assise à la terrasse d'un café plage du Mourillon.
Je regarde la mer tout en me laissant bercer par le va et vient ininterrompu des vagues, ce qui a le don extraordinaire de m’apaiser.
Quel bonheur chaque matin de pouvoir prendre son café au bord de l'eau, de profiter du soleil, il est bientôt dix heures, une légère brise se lève et vient s'engouffrer dans mes cheveux, je frissonne un peu, mais en voyant quelques habitués à l'eau par des températures de 5 à 7 degrés, je me dis qu'il n'y a pas lieu d'avoir si froid finalement.
La magie des rayons du soleil opère et je me réchauffe enfin…
Je respire cet air bienfaisant chargé d'iode qui me donne de l'énergie pour la journée.
Un goéland se pose sur le rebord de la chaise juste à côté de moi et avec une audace qui lui est propre me pique mon biscuit posé sur la soucoupe de ma tasse.
"Hé hé !! ça va pour toi mon gros, ne te gêne surtout pas, " je souris, le regardant prendre son envol en quête d'autres gourmandises.
Je dois vous avouer que si cette scène avait eu lieu il y a 3 ans de ça, j'aurais hurlé de terreur, je me serais enfuie, car depuis enfant j'avais une phobie incontrôlable de tout ce qui avait des ailes.
Cette peur panique est née le jour où mes parents croyant bien faire m’avaient offert un cerf-volant en forme de papillon. Il s’avéra que l’enfant que j’étais n’a vu qu’un papillon géant dont les ailes qui claquaient au vent m’effrayaient au plus haut point, tant et si bien que je hurlais de terreur à chaque fois qu’ils essayaient de me familiariser avec cet engin cauchemardesque. Ils ont finalement abandonné ce projet devant mes pleurs, mais la phobie s’est installée et tenace avec ça !!! j’en suis venue à bout et je l'ai guérie grâce à la photographie. J'ai appris à observer les oiseaux dans un premier temps dans les reportages animaliers, dans les magazines, ensuite je les ai observés dans leurs habitats naturels, j'ai appris leurs noms, j'ai appris à les aimer, à les apprivoiser, je peux même tendre la main avec quelques graines pour qu'ils viennent picorer, je trouve cela merveilleux.
J'ai d'ailleurs petite une anecdote à ce sujet, pour vous dire à quel point ces créatures me terrifiaient.
Nous étions en vacances à Pornic et un après-midi j'ai fini à quatre pattes sous un banc. Pleine de bonne volonté j'avais eu la mauvaise idée de jeter un bout de pain à une mouette devant moi, oh la la !!!! Aussitôt je me suis vu arriver un escadron entier qui volait au-dessus de ma tête, prise de panique je me suis réfugiée sous le premier banc que j'ai trouvé et hors de question que je bouge de là !!!
Mon mari mort de rire est venu à mon secours, il s’est accroupi au niveau de ma cachette, des passants nous regardaient avec des yeux écarquillés et ronds comme des sous-tasses.
Puis Alain me demande gentiment
- "mais qu'est-ce qui t'as pris de donner un bout de pain ? "
- "hé elle me faisait de la peine toute seule, elle cherchait certainement à manger, mais je ne croyais pas en attirer tout une flopée..." lui répondis-je avec l’accent du midi qui détonnait dans cette région et d'une voix tremblotante.
