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Le roman de Catherine Lison-Croze nous entraine dans l'univers de la gestation pour autrui [GPA].
Emilie, étudiante à Paris, part à la recherche de sa mère porteuse en Californie où elle disparait sans laisser de trace. La piste criminelle se dessine au fur et à mesure que surgissent des secrets profondément enfouis. Des secrets si lourds que pour les partager, ceux qui les détiennent attendent le "moment venu"… ce moment particulier qu'ils ne cessent de repousser. Qui arrivera trop tard, ou peut-être jamais !
Un roman qui entraîne le lecteur dans une enquête palpitante !
EXTRAIT
J'ai eu du mal à imaginer mon berceau dans une lointaine fabrique de bébés. C'est là pourtant que je naquis. Le 16 janvier 1997, en Californie. Au sein d'une de ces florissantes cliniques de Los Angeles spécialisées dans la maternité de substitution. Ma nationalité américaine ne m'a jamais posé de problème. Rien à voir avec les Roms, le Kosovo et Leonarda, contre l'expulsion de laquelle j'avais manifesté avec ma classe de seconde. Avoir vu le jour au même endroit que Marilyn Monroe constitua même un atout de charme. Nous avions toutes son portrait par Andy Warhol dans notre chambre.
Maman était infirmière à l'hôpital de Guéret. Née dans la Creuse comme mon grand-père Joseph, le papa Jo -c'est ainsi que nous l'appelions le plus souvent- qui nous a transmis le nom de Dauphin. J'écrivais parfois mon prénom, Émilie, avec un y au bout. Pour renforcer le mystère. Faire moins couleur locale au collège Martin Nadaud.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Catherine Lison-Croze est née en 1947 à Châteauroux. Pendant quarante ans, elle a exercé la profession d'avocate et mené bien des combats contre les discriminations, faisant sienne la phrase de Paul Eluard "Chacun est l'ombre de tous".
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Seitenzahl: 294
Veröffentlichungsjahr: 2018
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J'ai eu du mal à imaginer mon berceau dans une lointaine fabrique de bébés. C'est là pourtant que je naquis. Le 16 janvier 1997, en Californie. Au sein d'une de ces florissantes cliniques de Los Angeles spécialisées dans la maternité de substitution. Ma nationalité américaine ne m'a jamais posé de problème. Rien à voir avec les Roms, le Kosovo et Leonarda, contre l'expulsion de laquelle j'avais manifesté avec ma classe de seconde. Avoir vu le jour au même endroit que Marilyn Monroe constitua même un atout de charme. Nous avions toutes son portrait par Andy Warhol dans notre chambre.
Maman était infirmière à l'hôpital de Guéret. Née dans la Creuse comme mon grand-père Joseph, le papa Jo -c'est ainsi que nous l'appelions le plus souvent- qui nous a transmis le nom de Dauphin. J'écrivais parfois mon prénom, Émilie, avec un y au bout. Pour renforcer le mystère. Faire moins couleur locale au collège Martin Nadaud.
Mon père, maman ni personne d'autre n'en parlait jamais. Je sentis très tôt qu'il ne fallait pas poser de questions à ce sujet. Ne pas remuer le couteau dans la plaie fut bien une des premières choses importantes apprises de la vie. Avant, c'est dire !, l'inexistence du Père Noël, révélée par un grand de la classe en moyenne section de maternelle. Le grand dont j'ai oublié le nom, doucha crânement mon exaltation en lâchant, glorieux au milieu des naïfs qui l'entouraient : C'est les parents !
A la maison, il y avait souvent du monde dans le grand salon, sous le regard sexy-sage d'Audrey Hepburn, lumineuse pour l'éternité avec son chignon haut et ses sublimes pendants d'oreille. Son poster en noir et blanc au-dessus du canapé en cuir beige se remarquait tout de suite en arrivant. Oncles, tantes, cousins, cousines l'admiraient. Les amis aussi, parmi lesquels grand-mère Madeleine -mamie bleue, en raison de la couleur indigo de ses yeux- regrettait qu'il y ait si peu d'élus dans le cœur de maman. En tout cas, lorsque des copains se transformaient en amoureux et partageaient notre vie au quotidien, je m'y attachais. Il n'y eu en fait que trois vrais élus. Durables, protecteurs, aimants. Mes trois papas, comme je les ai successivement appelés.
Ils étaient à mes côtés le jour des obsèques de maman, le 9 janvier 2017. Après nous être tous regardés en chiens de
faïence, l'un d'eux avait fini par briser la glace. Étienne. Le plus ancien de mes papas. Que j'avais surpris un jour en train de masser les pieds de maman. Encore déguisé en père
Noël un an après l'année où j'avais cessé d'y croire. Il fit les premiers pas et provoqua l'étincelle d'une embrassade générale en s'approchant de moi dans le glacial salon mortuaire où nous attendions les gendarmes pour la pose des scellés sur le cercueil.
C'est Étienne qui dans cette triste et brouillonne effusion des adieux à maman, brutalement disparue dans un accident de vélo, demanda à mamie bleue si j'étais au courant pour ma "vraie mère". En oubliant ma présence dans l'euphorie des retrouvailles.
Mamie bleue trouva la formule d’Étienne maladroite. Sans réussir pour autant à en dégotter une autre. Le soir même, ses tentatives embrouillées d'explication ne firent qu’accroître mon incertitude. Elle me serrait dans ses bras en me disant qu'elle était et serait toujours ma vraie grand-mère.
Comment pouvait-elle prétendre être la vraie grand-mère d'une petite fille dont la mère n'en était pas vraiment une à ses yeux comme aux yeux d’Étienne ? Vraisemblablement aussi à ceux de mes deux autres papas et de la famille toute entière. Si personne n'avait réagi le jour des funérailles à la gaffe de mon premier papa, c'est bien que tous en connaissaient le fondement.
La nuit suivant ce jour inoubliable, je ne pus fermer l'œil. Des exemples d'adoption me traversaient l'esprit dans le vide sidéral laissé par le départ de maman. Des exemples heureux. Comme le mien après tout, avais-je pensé en mettant un pied devant l'autre au petit matin, juste avant un contrôle de droit fiscal.
Pour une fois, j'avais planché sans stress, comme si l'enjeu de réussir l'épreuve n'en était plus vraiment un au regard de la disparition soudaine de maman et de la surprise créée par la révélation de mon origine insoupçonnée. J'étais sortie de la salle d'examen avec la conscience d'avoir réussi pour me rendre aussitôt chez mamie bleue. Elle m'avait invitée à déjeuner pour me revigorer avec mon plat d'hiver préféré, son petit salé aux choux. J'en étais certaine aussi, pour me parler de maman et du lièvre maladroitement soulevé par Étienne.
Forte d'avoir apprivoisé mes premières émotions, je comptai désamorcer le sentiment de culpabilité perçu la veille chez ma grand-mère :
– L'adoption, c'est un choix d'amour, maman me l'a toujours montré tu sais.
– …
– Tu es bien d'accord avec moi mamie ?
– …
– Non ?
– Bien sûr… mais…
– Mais quoi ?
– Tu n'as pas été adoptée.
– …
– Sylvie est bien allée aux États-Unis… non pour y vivre… mais pour rencontrer la femme qui t'a mise au monde là-bas.
Selon mon avocat, maître Hausman, c'était l'agence Parents Heureux à Los Angeles qui avait mis en relation maman et ma mère porteuse.
Membre du Barreau de Paris et professeur en droit de la famille, Yvan Hausman avait accepté de m'aider dans ma recherche de filiation. Quoi de plus naturel, avait-il dit en faisant allusion à l'enseignement qu'il m'avait prodigué deux ans auparavant, en première année. Il tenait les renseignements concernant Parents Heureux de confrères américains qu'il s'était félicité de connaître. Steve Clarck et Alan Fisher. Ceux-là mêmes qui se trouvaient être les concepteurs du contrat-type utilisé par l'officine californienne au nom angélique. Il y avait de fortes chances que ce soit leur contrat que maman ait signé.
Par l'intermédiaire d'Hausman, les avocats californiens m'adressèrent une recommandation qui m'étonna. Ils me conseillaient d'abandonner toute idée de retrouver mes origines après si longtemps. Curieuse initiative de la part de simples correspondants à qui je n'avais personnellement rien demandé, me dis-je en gardant pour moi cette remarque qui aurait pu paraître ingrate.
Hausman partageait l'avis de ses confrères. Pour lui, il valait mieux me consacrer à mes études, jugées brillantes. J'étais trilingue, ma licence en droit était pratiquement acquise, et il encourageait fortement mon inscription en master de droit international l'année suivante.
Je retrouvai le contrat de quarante pages qui avait présidé à ma destinée dans de vieilles archives dont maman voulait se débarrasser depuis longtemps. Sans jamais -était-ce un signe ?- avoir trouvé le moment propice de s'y coller. Un contrat équilibré et inattaquable, conclut Yvan Hausman après l'avoir lu attentivement comme moi.
Je n'entendais pas attaquer quoi que ce soit. Je ne pus cependant m'empêcher de réagir :
– Équilibré pour qui ?
– Je sais bien que cela vous choque Émilie, mais il s'agit ni plus ni moins de respecter la liberté contractuelle. En ce domaine, seuls les abus qui engendrent les inégalités les plus criantes sont interdits. Regardez le contrat de travail !
Je ne voulus pas en rester là :
– Dans le contrat de travail, il n'y a que deux parties, l'employeur et le salarié. Mais dans la gestation pour autrui, vous en avez plus… sans que personne ne se soucie d'elles !
– Vous voulez parler du conjoint de la mère porteuse ? Éventuellement de ses propres enfants ?
– Je pensais que vous aviez saisi le sens de ma démarche ! Et l'enfant qui naît sous contrat ? Qu'est-ce que vous en faites de l'enfant qui voit le jour de cette façon ?
Je décidai malgré tout de faire le voyage aux États-Unis pendant les vacances universitaires. En savoir plus sur celle qui avait connu maman et m'avait portée par délégation pendant neuf mois, était devenu une exigence. Je ne pensais plus qu'à ça. Avec au bout l'espoir de la retrouver. Non pour tirer un trait sur maman. Au contraire, pour être encore à ses côtés en partageant avec elle son secret. Un secret si lourd qu'elle n'avait jamais réussi à me le confier. Je la connaissais bien. Si elle l'avait gardé, ce ne pouvait être que pour me protéger.
Je n'en voulus pas longtemps à Étienne. Un jour ou l'autre, maman aurait bien fini par lever le voile. Ou mamie bleue. L'une et l'autre ne m'avaient-elles pas appris à toujours dire la vérité ? Elles ne m'avaient simplement pas vu grandir, reculant la date opportune à laquelle elles me jugeraient prête à assumer la genèse de ma conception si singulière.
Bien que demeurant depuis trois semaines dans le treizième arrondissement à une poignée de stations de métro de mon appartement Porte d'Italie, Étienne ne chercha pas à me revoir. Il me téléphona.
– Émilie, j'ai profondément aimé ta maman, commença-t-il par dire comme si j'en avais douté un instant.
– …
– Elle t'a couvé comme, comme…
– Son enfant, je sais Étienne. Ce que je ne comprends pas, c'est cette histoire en Californie.
– Mamie bleue t'en a parlée ? Que t'a-t-elle dit exactement ?
– Une autre femme m'a mise au monde.
– Je n'ai jamais jugé Sylvie. Il ne faut pas la juger toi non plus, m'intima-t-il alors que je n'avais pas manifesté la moindre velléité de le faire.
– Il n'en est bien sûr pas question Étienne ! Après ta révélation…
– J'ai été maladroit, je suis désolé…
– … Après ta révélation, j'ai pensé avoir été adoptée. Donner une seconde chance à une petite orpheline, c'était maman crachée. Maintenant que je sais qu'une autre femme m'a donné naissance, je souhaite la retrouver.
– Vingt ans après !
– Pourquoi pas ?
– Pour lui dire quoi Émilie ? Bonjour, vous m'avez abandonnée dès que je suis née dans les bras d'une autre qui aujourd'hui est morte, alors je reviens vers vous…
– STOP ÉTIENNE ! D'abord, ce sont MES AFFAIRES, avais-je crié, me rendant compte après coup qu'il avait déjà coupé son portable.
Mes deux autres papas, Antoine et Franck, m'appelèrent plusieurs jours après. Ils habitaient en province, Antoine à Toulouse, Franck à Châteauroux où il avait déménagé l'année de mon bac. Ils nous avaient quittées maman et moi de la même façon qu’Étienne. Sans heurt.
Grâce à l'ordinateur offert par Franck pour mon brevet, j'échangeais des mails avec mes deux derniers papas, pour les anniversaires et aux fêtes carillonnées. De façon plus fréquente après Charlie, Le Bataclan et l'Hyper Cacher. Aux grandes vacances, je faisais un détour par leur domicile respectif. Ils avaient chacun eu un enfant avec une nouvelle compagne. Des petits frères, Hugo et Victor, dont je prenais régulièrement des nouvelles.
Antoine et Franck s'étaient hélas montrés aussi lourds qu’Étienne dans leurs efforts de dissuasion. Je les soupçonnais de s'être donné le mot pour m'empêcher de mener à bien mon projet. Sans compter que Max, le frère de maman, et surtout Laure, sa sœur, ne furent pas en reste. Laure employa même les grands moyens en me déclarant sur un ton ridicule qu'elle considérait ma démarche comme une injure à la mémoire de maman. Avec ses grands airs de petite bourgeoise coincée qu'elle n'avait pas cessé d'être. A l'opposé de maman.
Nul soutien non plus à attendre de Romain, mon petit ami, à qui je prenais la tête avec mon histoire de famille. Beau gosse brun aux yeux noirs, corps et cerveau musclés, mes copines se l'étaient arraché. J'avais attendu mon tour sur une liste d'attente tacite, en pensant que le bon coup promis valait encore mieux qu'une de ces aventures hasardeuses qui m'avaient trop souvent déçue. Décrocher un CDD, voire un CDI, avec quelqu'un d'intelligent, physiquement comme émotionnellement, je n'y croyais plus depuis longtemps ! Même les transports amoureux s'étaient ubérisés. Romain me largua sans ambages, prenant subitement conscience qu'il n'était plus ma préoccupation première.
En définitive, seuls, mon avocat et ma grand-mère semblaient me comprendre et m'apportaient l'aide dont j'avais besoin. S'il continuait à juger ma démarche improbable, Yvan Hausman n'en avait pas moins conservé le contact avec ses confrères californiens dans le but d'obtenir de nouvelles précisions relatives à ma mère porteuse. Toujours sans que cela me coûte un sou. Et j'étais fauchée !
Avec son enthousiasme communicatif, mamie bleue se disait convaincue que Sylvie approuverait ma démarche. Elle serait fière de toi, m'avait-elle assuré, prenant sciemment le contre-pied de tante Laure.
Hausman avait raison au moins sur un point. A l'étudier
de près, le contrat de gestation pour autrui signé en octobre 1995 par mes deux mamans paraissait inattaquable. Bien ficelé, avec des mots choisis, précis, jamais innocents. Il n'y était pas question de mère porteuse mais simplement de "porteuse". Amanda Peterson, la gestatrice, était désignée comme "The carrier", en français : "La transporteuse". Cette appellation figurait tout au long du document et au-dessus de sa signature, apposée au bas de la dernière page. Elle renvoyait à une grossesse désincarnée, qui excluait d'emblée et de manière définitive tout lien entre la mère porteuse… et moi.
Maman, la "mère d'intention", s'engageait à prendre possession de l'enfant dès lors qu'il serait capable de quitter la maternité, ainsi qu'à supporter le coût et la responsabilité de sa santé et de son éducation. De son côté, madame Peterson devait ne pas chercher à en obtenir la garde, une garde partagée, ou à solliciter ne serait-ce qu'un simple droit de visite. A maints endroits, était rappelé le principe selon lequel la porteuse ne devait pas tenter de créer un quelconque lien avec le bébé. L'interdiction formelle de l'allaiter, même en cas de montée de lait, était soulignée par l'emploi d'une police de taille et de caractères différents.
Le cordon juridique était lui aussi irrémédiablement coupé. La porteuse était réputée accepter de manière expresse que seul le nom de Dauphin soit apposé sur les registres d'état-civil de l’État de Californie. Le double nom Dauphin-Peterson, ou l'inverse, cela m'aurait tant plu ! En France, grâce à la loi sur la filiation en vigueur depuis 2005, les parents pouvaient transmettre aux nouveau-nés leurs deux noms de famille, dans l'ordre qui leur convenait, avec un simple espace pour les séparer. Une pratique répandue depuis plus longtemps encore dans d'autres pays européens, comme en Espagne où prédominait l'ordre père-mère, ou au Portugal, dont la tradition voulait que ce soit le nom de la mère qui figure en premier. Des noms composés, accolés, inséparables. Transmetteurs d'histoire et de vie.
Au fur et à mesure que j'avançai dans la lecture du volumineux contrat, j'avais pris en pleine figure le vol cynique et programmé de la vie de madame Peterson, une jeune femme née en 1972, tout juste âgée de vingt-quatre ans à l'époque. Six de moins que maman qui elle, avait passé la trentaine.
En des termes infantilisants, intrusifs et froids, à l'opposé de la confiance responsable et réciproque dont il était question dans le préambule du contrat, une série d'interdictions étaient formulées : celles de fumer, de boire de l'alcool, du café, d'utiliser des drogues douces ou dures, de voyager et même, d'avoir des relations sexuelles. Avec une insistance particulière, une abstinence totale était exigée de madame Peterson afin d'éviter l'éventuelle transmission d'une MST au fœtus.
Les injonctions faites à la porteuse de s'alimenter sainement, de se maintenir en forme, de s'astreindre régulièrement à un minimum d'exercice physique et de ne pas séjourner ou se rendre dans tout lieu risquant de porter atteinte au bon développement du bébé, frisaient le ridicule. Elles auraient prêté à sourire si elles n'avaient pas reflété un aussi profond mépris. La morgue était poussée jusqu'à l'absurde. La propre habitation de la porteuse exigeait une parfaite aération, soit. Mais étendre l'exigence au point d'interdire les visites à toute personne susceptible de faire subir un tabagisme passif à l'enfant qu'elle portait, était stupide.
Des contrôles réguliers et fortuits encadraient toutes ces contraintes, assortis de sanctions en cas d'infraction. Des sanctions pécuniaires, graduées selon le nombre et la gravité des manquements reprochés, opérées par une retenue à la source sur le montant fixé pour la prestation. Avec un contrôleur à la fois juge et partie, l'agence Parents Heureux, celle précisément qui tenait le tiroir-caisse ! Le type-même, en France, de la clause nulle car abusive, en raison de l'introduction d'un déséquilibre significatif entre les droits et obligations réciproques des co-contractants.
J'imaginais sans peine le flicage jusque dans la chambre à coucher de madame Peterson. Surtout dans un pays comme les États-Unis, où le rôle des détectives privés était autrement plus redoutable qu'en France. Où la vie privée n'était pas protégée comme chez nous, et où le renoncement à un droit fondamental était couvert par la sacro-sainte liberté contractuelle chère à Yvan Hausman.
Amanda Peterson acceptait également d'être suivie par maman lors de ses visites chez le gynécologue et devait lui transmettre l'intégralité des informations médicales relatives au bébé. La prise en charge de tout fœtus surnuméraire étant expressément exclue, la porteuse s'engageait à en réduire le nombre le cas échéant. Quant à son droit à l'interruption volontaire de grossesse, il n'était prévu qu'en cas de risque avéré d'atteinte à sa vie ou d'anormalité de l'enfant à naître. Et encore dans cette dernière hypothèse, non pas à son initiative, mais à celle exclusive de la mère d'intention.
J'en étais certaine, le document, rédigé en américain, n'avait pas été traduit à maman. Ou s'il l'avait été, ce ne pouvait être que comme chez le notaire où je l'avais accompagnée avec mamie bleue après la mort de papa Jo. Une lecture en diagonale, sans entrer dans les détails. Avec un acquiescement par défaut, donné du bout des lèvres par simple politesse face au professionnel aguerri.
Étienne changea brutalement d'avis. Il se mit en tête de m'accompagner à Los Angeles pour rencontrer les responsables de Parents Heureux et ceux du Familly Health Center, la clinique où j'étais née, retrouvée elle aussi sans difficultés par les avocats américains.
Steve Clarck et Alan Fisher s'étaient vantés auprès d'Yvan Hausman d'avoir mené une enquête approfondie. Hausman les en avait remerciés devant moi au téléphone. A la fin de la conversation, il avait lâché un soupir envieux, et expliqué qu'en France, contrairement aux États-Unis, les avocats ne disposaient pas du droit d'enquêter et se trouvaient contraints de demander aux juges de désigner des experts pour effectuer les recherches souhaitées.
Les californiens lui avaient semblé se la jouer un peu. Le plus important à ses yeux était toutefois qu'ils aient pu constater la mention du nom d'Amanda Peterson dans les registres de la maternité, et retrouver le médecin qui l'avait accouchée.
Cette nouvelle avait suffi à me faire rêver. J'allais enfin pouvoir la vérifier en me rendant sur place et forcer le destin. Rien ne paraissait pouvoir m'interdire l'accès à mon origine. A me voler ce rapport privilégié qu'avait eu maman avec une inconnue, à qui elle n'aurait jamais confié une mission aussi délicate si elle n'avait pas eu une absolue confiance en elle. Amanda Peterson devait en outre savoir qui était le donneur, dont le contrat révélait l'existence sans préciser l'identité. Peut-être n'accepterait-elle pas de me dire quoique ce soit ? Peu importait, la rencontrer constituerait déjà une grande satisfaction. Le gynécologue, William Brody, était toujours en poste au sein de la clinique. Il avait suivie madame Peterson pendant toute sa grossesse et acceptait de me recevoir ou de répondre à mes questions via Skype.
Cette dernière solution s'avéra la plus pratique dans l'immédiat. Non exclusive pour autant des contacts directs que je me promis d'avoir ultérieurement en Californie.
Mon appartement au premier étage d'une vieille tour des années soixante étant trop bruyant, j'installai mon ordinateur dans le paisible salon aux murs saumon de mamie bleue. Pour mon plus grand bonheur, grand-mère Madeleine avait décidé de quitter sa Creuse natale et d'habiter à Paris quelques années après la mort de papa Jo. La ferme familiale était trop isolée, trop grande pour elle, surtout depuis que maman avait pris un appartement sur les hauteurs de Guéret, à proximité de l'hôpital où elle travaillait.
Mes questions étaient prêtes, numérotées et listées sur une fiche bristol. En anglais of course, tant il semblait plus correct de converser dans la langue de celui qui avait accepté de me renseigner. J'avais d'ailleurs répété une brève introduction à son attention pour l'en remercier.
Le docteur Brody m'appela avant l'heure prévue. Sur mon écran, je découvris un homme en polo bleu ciel d'une cinquantaine d'années, très brun, aux sourcils épais et broussailleux. Sa mâchoire carrée et saillante, était prolongée d'un menton en galoche, à la Tarantino.
– Je suis heureux de m'entretenir avec vous madame Dauphin, commença-t-il dans un français impeccable. J'espère que vous ne voyez pas d'inconvénient à ce que l'avocat de Parents Heureux, Steve Clarck ici présent, demeure à mes côtés. Il saura mieux que moi répondre à certaines de vos questions. A vrai dire, en acceptant cet entretien, j'enfreins un peu la règle de confidentialité du Centre de santé où j'exerce.
Je pouvais difficilement opposer un refus à la présence de Steve Clarck dont j'étais également l'obligée. Je remerciai le docteur Brody et lui dit à mon tour le plaisir que j'avais à lui parler, acquiesçant implicitement à la présence de l'avocat.
– Il en aurait été différemment, poursuivit le médecin, si je n'étais pas convaincu de la parfaite loyauté de votre propre avocat… Yvan Hausman, c'est cela ?
– Oui.
– J'ai été très sensible aussi à l'inquiétude manifestée auprès de moi par celui qui vous a élevée jusqu'à l'âge de six ou sept ans je crois…
– …
– Que vous considérez comme votre papa si j'ai bien compris.
– …
– Étienne… Pardonnez-moi, j'ai oublié son nom.
– Étienne Berthelot, répondis-je, sonnée.
– Que-voulez-vous savoir au juste Émilie ?
Je parcourus fébrilement la fiche posée devant moi sur la table, consciente que les deux hommes percevaient mon émoi. J'allai à l'essentiel en regardant le docteur Brody dans les yeux :
– Je souhaite retrouver celle qui m'a mise au monde, Amanda Peterson.
– J'ignore hélas où elle se trouve à présent. Peut-être avez-vous des questions plus techniques à me poser ?
– Oui… Bien sûr… Pouvez-vous m'indiquer la provenance de l'embryon à l'origine de ma naissance et…
– Il est hélas impossible au docteur Brody de vous l'indiquer, répondit l'avocat à sa place, sans me laisser terminer ma phrase.
Je voulus montrer à mes interlocuteurs que je savais lire un contrat, et ressentis aussitôt que je mettais fin à toute chance d'en apprendre un peu plus de leur part :
– Dans le contrat de gestation pour autrui signé par maman, il est question d'une insémination artificielle grâce au sperme d'un donneur. Il n'est par contre pas fait état d'une donneuse d'ovules. L'embryon a donc été conçu grâce à un ovule de la mère porteuse… qui se trouve en conséquence être ma mère génétique, n'est-ce-pas ?
– Votre déduction est logique Émilie, reconnut Steve Clarck. Mais permettez-moi d'émettre une réserve. Le contrat dont je suis, vous le savez, un des concepteurs, comportait déjà des lacunes à l'époque.
– Des lacunes ?
– Oui, notamment l'indication qui vous intéresse aujourd'hui, celle de l'origine de l'ovule fécondé par insémination. Dans les années quatre-vingt-dix, le don de gamètes humains était tabou. Il l'est un peu moins de nos jours bien qu'en majorité, les femmes se montrent toujours réticentes lorsqu'il s'agit d'indiquer leur identité.
– …
– Certaines donneuses craignent de se voir rejetées, disqualifiées… Vous voyez ce que je veux dire ?
– …
– Par exemple en raison d'un physique ingrat. Des caractéristiques peu enviables poussent nombre de femmes à rester dans l'anonymat.
– Mais l'agence connaît leur identité !
– Pas toujours. Quand c'est le cas, elle respecte la clause de confidentialité qui la lie à la mère porteuse et le cas échéant, à la donneuse d'ovule. Il y a aussi une certaine éthique à respecter.
– Une éthique ?
– Oui. Le droit pour toute personne de protéger sa sphère intime et sa tranquillité est fondamental pour nous. Une recherche génétique ultérieure pourrait déboucher sur la mise en cause d'une responsabilité de la donneuse. Il semble normal de vouloir l'éviter, non ?
– Mais ce n'est pas mon but !
– L'option dite de l'anonymat complet existait déjà à l'époque de votre conception dans les contrats proposés par Parents Heureux, ajouta l'avocat au physique de play-boy sur le retour avant de mettre un terme sur un ton doucereux à l'entretien.
ville côtière qui à l'Est jouxte Los Angeles et s'ouvre à l'Ouest sur le Pacifique,
dimanche 26 février 2012
Tiffany Peterson regardait en boucle sur ABC News le reportage sur la mort d'un jeune noir de 17 ans, Trayvon Martin, tué par un des voisins du quartier où résidait l'amie de son père, à Sanford. La chaîne parlait d'un coup de feu mortel à bout portant, en pleine poitrine, alors que le garçon avait dans les mains un paquet de bonbons et le soda qu'il venait d'acheter à l'épicerie.
En revenant de son travail vers 20 heures, Amanda Peterson trouva sa fille en larmes. Elle s'assit à ses côtés dans le canapé face au poste de télévision, se gardant de lui poser la question rituelle de savoir si ses devoirs étaient faits. Elle n'insista pas non plus pour qu'elle mette le couvert. Pour une fois, un paquet de chips et des biscuits feraient l'affaire.
Le tireur avait tout de suite affirmé avoir agi en état de légitime défense. Agglutinés sous la pluie, les journalistes attendaient sa sortie du commissariat, meublant le temps avec les hypothèses qu'ils échafaudaient, pour les abandonner tout aussitôt et en élaborer de nouvelles. L'interview de la petite amie de Trayvon Martin, qui se trouvait au téléphone avec lui juste avant qu'il soit abattu, défilait en bandeau sous les images.
Il a dit qu'un homme le surveillait, alors il a mis sa capuche. Je lui ai demandé de courir, il a dit qu'il allait marcher vite. Je lui ai dit de courir mais il a dit qu'il n'allait pas courir.
Trayvon a demandé : Pourquoi est-ce que vous me suivez ? L'homme a répondu : Qu'est-ce que tu fais là ?
Pour la jeune fille, Trayvon avait dû ensuite être poussé car elle avait entendu son kit mains libres tomber sur le sol.
Le tireur, Georges Zimmerman, était présenté comme un homme âgé de 29 ans qui s'était auto-proclamé vigile à la suite d'une série de cambriolages commis à proximité de chez lui. En effectuant sa ronde, il avait remarqué un type louche et appelé le bureau du shérif pour le signaler.
Zimmerman était ressorti du commissariat environ cinq heures après sans être inculpé.
Tiffany et sa maman demeurèrent abasourdies par cette décision, pour elles prématurée. C'était la même histoire qui se répétait, celle d'un homme armé qui avait décidé de tirer sur un autre qui ne l'était pas. Et la victime, était encore noire. "Tiff, la fin de la ségrégation, ce n'est pas aujourd'hui mais pour demain, tes enfants la verront", dit doucement Amanda en prenant sa fille dans ses bras.
Les rassemblements à Los Angeles comme dans l'Amérique toute entière, Tiffany Peterson ne les oublierait jamais. A 15 ans, avec ses camarades de sophomore à la Santa Monica High Scool, la célèbre Samohi, elle s'était immergée, enivrée jusqu'à épuisement dans les manifestations de protestation. Pendant de longues heures, elle avait levé les bras en l'air en scandant Justice for Trayvon ! revêtue comme des milliers de jeunes d'un sweat-capuche identique à celui que portait Trayvon Martin le jour du drame. Elle avait inlassablement brandi sa photo. Elle ne put retenir ses larmes quand le président Obama déclara que s'il avait un fils, il ressemblerait à Trayvon.
Même si avec Obama et Condoleezza Rice, les américains s'habituaient à être représentés par des noirs dans les plus hautes charges de l’État, pour Tiffany et ses camarades, le racisme ordinaire infestait toujours l'Amérique. Le premier amendement de la constitution selon lequel aucune loi ne pouvait restreindre la liberté d'expression, autorisait la manifestation de n'importe quelle opinion. Le Ku Klux Klan ne s'en privait pas d'ailleurs. Il disposait d'un site internet officiel et vendait des T-shirts à l'effigie d'hommes encapuchonnés et de croix en flammes. Les néo-nazis pouvaient eux aussi défiler en toute tranquillité dans les rues en arborant leurs brassards rouges.
Depuis plusieurs années, Amanda Peterson travaillait à la Los Angeles Detective Agency, plus connue sous le nom de Coleman et Perez Agency, du nom de son fondateur et de son successeur. A 44 ans, elle pouvait se flatter de se trouver parmi les rares détectives de Los Angeles à bénéficier de la confiance de la police locale, souvent croisée au tribunal dans le cadre de son travail. Au commissariat de Wilshire Boulevard, tous les policiers la connaissaient bien et l'appréciaient pour son opiniâtreté dans la recherche des mauvais payeurs de pensions alimentaires. Sa spécialité. Grâce aux policiers, Amanda avait pu entendre la bande-son de la conversation de Zimmerman avec l'agent en poste à Sanford. Elle en fit la relation à Tiffany.
L'homme a d'abord indiqué : On dirait qu'il prépare un coup, qu'il a pris de la drogue ou un truc dans le genre.
Est-il noir ou latino ? Que porte-t-il ? lui a demandé l'officier. On dirait qu'il est noir et il porte un sweat à capuche sombre, il a un truc dans les mains, je ne sais pas trop ce que c'est. Il me regarde.
Amanda avait entendu l'officier conseiller à l'homme de rester à l'écart et de laisser la police intervenir.
Mais ce dernier est malgré tout revenu à la charge. Il a ajouté : ces salauds, ils échappent toujours au système. Il a ensuite lâché une insulte, audible malgré la mauvaise qualité de la bande-son : Putains de nègres !
Un mois et demi plus tard, le procureur du Comté de Séminole décida de poursuivre Georges Zimmerman pour meurtre. Tiffany perçut tout le poids qu'avait pu représenter l'opinion publique dans sa décision, fière d'avoir elle-même contribué à un tel revirement.
A la satisfaction de voir le meurtrier poursuivi, succéda le sentiment d'une profonde injustice devant la décision d'acquittement rendue en juillet 2013. Tiffany manifesta de nouveau sa colère. Une colère plus réfléchie, tournée vers la nécessité d'abolir les règles permettant à tout citoyen américain d'exprimer son racisme en toute impunité et d'utiliser librement des armes à feu, comme le permettait le deuxième amendement de la constitution. C'est sur ce texte que s'appuyait le lobby de la National Rifle Association (la NRA), pour contester en permanence devant les tribunaux les lois restrictives de l'auto-défense adoptées par beaucoup d'États, à l'image de la Californie.
Au sein de l'association Women Against Gun Violence, Amanda Peterson combattait elle aussi le commerce des armes à feu. Elle défendait les femmes qui en étaient si souvent victimes en cas de conflit conjugal. Amanda déplora que le jury qui avait absous Zimmerman ait été composé de six femmes.
Tiffany lui fit remarquer que la difficulté ne tenait pas au sexe des porteurs d'armes, même s'ils les brandissaient comme les bannières de leur domination phallique. En reprenant la formule favorite de sa maman, avec ses irrésistibles accents d'indignation, elle avait déclenché leur fou rire inextinguible.
Après le verdict, le témoignage de la seule femme non blanche du jury donna raison à Tiffany. Une infirmière auxiliaire de trente-six ans dévoila dans une interview donnée à Good Morning America, qu'au début des délibérations, elle était convaincue de la culpabilité de Zimmerman mais qu'au deuxième jour, après neuf heures de discussion, elle avait réalisé que la loi en vigueur en Floride ne permettait pas de le condamner.
Tiffany recevait de nombreux messages l'invitant à se rendre dans des rassemblements où elle retrouvait des milliers de jeunes, porteurs comme elle de leur emblématique sweat-capuche. Rapidement encadrés par un nombre impressionnant de policiers, ils se voyaient refoulés au moment où ils approchaient des lieux symboliques, choisis pour donner du sens à leur protestation.
Avec sa meilleure amie Linda May, Tiffany se retrouva coincée avec elle au milieu d'un cortège qui se dirigeait vers la Cour Supérieure de Californie. Les deux jeunes filles assistèrent impuissantes à des scènes de violence. Les policiers s'employaient à disperser les manifestants à coups de pieds, de poings et de matraque. Tiffany aperçut ce jour-là dans la foule non loin d'elle, Antonio Perez, le patron de l'agence où travaillait sa mère. Elle se demanda s'il s'agissait d'un hasard.
Cette fois, j'en voulus à Étienne. Terriblement. Ses confidences au docteur Brody sur ma petite enfance et son rôle de père de substitution me déresponsabilisaient complètement. Au moment précis où le gynéco, armé de son avocat, refusait de répondre à mes questions. En me prenant de plus pour une idiote.
Je fus bien résolue à régler son compte à mon premier papa. A ne plus jamais le revoir. Non seulement il m'avait pourri l'existence avec sa question stupide à mamie bleue sur ma vraie mère, mais je ressentais comme un viol son immixtion dans ma vie. De quel droit y pénétrait-il, surtout après cette longue parenthèse où nous n'avions pas eu le moindre échange ? Car contrairement à mes deux derniers papas, tout lien avec Étienne avait cessé depuis cinq ans au moins.
Avant de couper définitivement les ponts, je repensai à mes premières années avec lui. Aux feux d'artifice sur ses épaules, où tremblante et exaltée je m'accrochais à son cou. Aux sapins de Noël, patiemment décorés avec lui dans le moindre détail. Pour maman, un apprentissage de la méticulosité, à l'origine du perfectionnisme très tôt détecté chez moi. Impossible aussi d'oublier les crêpes-chocolat à gogo et les histoires du soir, où Étienne se transformait en chasseur de cauchemars.
Et je flanchai.
Comment en vouloir à ce papa qui n'avait pas su tenir sa langue ? A en croire mamie bleue, cela ne datait d'ailleurs pas d'hier.
Si au moins Étienne s'abstenait d'interférer dans mes projets !
Il m'en fit la promesse et jura qu'il ne se consacrerait plus désormais qu'à son travail. Je n'avais pas très bien compris en quoi consistait son "super job" quand il m'en avait parlé le jour des obsèques de maman. Étienne s'était noyé dans les détails et les formules alambiquées en essayant de me décrire un de ces métiers émergents dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Un métier non encore officiellement répertorié, qui consistait à booster les start-up en les coachant au sein de l'écosystème numérique. L'hermétisme de la définition m'avait intérieurement fait sourire. Et incitée à ne pas chercher à en savoir davantage !
J'avais eu le cœur serré en découvrant les chaussures élimées et le manteau bouloché de mon papa. Un manteau bleu marine, d'une autre époque et trop étroit pour lui. Sans doute l'avait-il emprunté pour l'occasion. Au Secours catholique ou une autre association de ce type. Franck, mon troisième papa, avait habilement éludé la question de savoir comment il avait retrouvé Étienne pour le prévenir du décès de maman.
3 avril 2017, 8 heures 30
