Mathilde - Tia Bès - E-Book

Mathilde E-Book

Tia Bes

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Beschreibung

Perdue entre ses rêves intenses et la réalité, Mathilde devra pourtant faire face aux difficultés de la vie.

Mathilde s’envole, un soir de pleine lune, vers une planète inconnue. Elle y découvre une vie qu’elle va s’approprier. Elle y rencontre son Prince, une utopie faite d’amour et de poésie.
Elle se déchire entre la douceur de ce monde onirique et la violence des drames de sa vie réelle. Mais elle garde au fond de son cœur, la rage d’aimer.
Trouvera-t-elle cet Amour Absolu pour que la poésie et ses rêves se réalisent ?…

Plongez dans ce roman magnifique, au style très imagé et poétique, qui nous dépeint l'univers imaginaire de Mathilde et la réalité bien souvent dure de la vie.

EXTRAIT

Dans son ascension, une avalanche d’étoiles filantes l’éblouit, l’invita à explorer tous les moindres recoins de ce sol éclaboussé de beauté. Une grande soif d’évasion la souleva, la propulsa dans l’infini. Des mirages dans les yeux, elle attendit paisiblement que le vent chasse les assauts du crépuscule. Puis de sa main devenue légère comme une plume elle attrapa la lumière invisible. Dans la ronde immaculée de ses désirs, accrochée à la dentelle du firmament, toute sa tendresse se mélangea aux douceurs éternelles. Hésitante, elle fit ses premiers pas sur ce parterre tout à fait inconnu, qu’elle baptisa “Le Royaume Magique”. Dans ce grand jardin paisible, elle put réchauffer ses peurs, fit respirer ses angoisses et ses craintes. Des soupirs heureux s’échappèrent, immortalisèrent la sérénité de ces lieux. Dans la féerie d’un paysage lunaire, elle connut les frissons de l’extase. Un bien-être voluptueux submergea Mathilde. La porte du Paradis s'ouvrit sur les flots d’un bonheur exubérant. Elle rêvait, ses rêves étaient si beaux ! Mais soudain, les bruits de la ville, l’odeur du café la réveillèrent. Sa main, doucement, caressa encore les visions qui l’éblouissaient. Son cœur battit plus vite ; elle eut peine à se lever. Elle eut voulu retenir encore la chaleur de ces instants fascinants.
L’impétueuse ardeur de son imagination l’amenait à vouloir côtoyer l’Amour.

CE QU'EN DIT LA CRITIQUE

"Mathilde, c'est un très beau voyage dans les contrées d'un idéal, d'une conception particulière de l'amour et de l'existence. Mathilde, c'est enfin la preuve du pouvoir de la poésie, celui de transcender le quotidien, de le sublimer. En somme, je le recommande à toutes et à tous." - Paermeceriset sur Babelio

À PROPOS DE L'AUTEUR

Tia Bès est née en 1954 dans l’Ariège et vit à Carcassonne. Elle se passionne dès l’adolescence pour la poésie. Fascinée par les mots, elle commence elle-même à en écrire. Après avoir publié plusieurs recueils de poésie, elle se décide à déployer plus largement son enthousiasme et son goût pour l’écriture, à travers un roman poétique où se mêlent avec passion, merveilles de conte de fée et duretés de la vie ordinaire.

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Seitenzahl: 268

Veröffentlichungsjahr: 2019

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Tia BÈS

Mathilde

Roman Poétique

Cet ouvrage a été composé en France par Libre 2 Lire

www.libre2lire.fr – [email protected], Rue du Calvaire – 11600 ARAGON

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN papier : 978-2-490522-37-8ISBN Numérique : 978-2-490522-38-5Dépôt légal : 2019

© Libre2Lire, 2019

Préface

Ce tout premier roman est incontestablement l’enfant du rêve et de la réalité. Il est en quelque sorte écrit par le cœur sensible d’une plume aguerrie. Son auteure, Tia Bès, est avant tout une poétesse à fleur de peau. Pour elle, les mots sont des fleurs dont son encrier est le vase.

Après avoir publié plusieurs recueils de poésie, elle se décide enfin à déployer plus largement son talent grâce à cette histoire où vont se mêler avec passion conte de fée et vie ordinaire.

À travers les aventures bouleversantes de la douce Mathilde, son héroïne, Tia va vous emporter dans un monde onirique où le sordide a toute sa place.

Vous passerez avec délice du paradis à l’enfer, du bonheur à l’angoisse, de l’abandon à l’espoir.

L’Amour prendra à vos yeux des formes et des couleurs que vous n’aviez jamais imaginées.

Avec Mathilde, vous vous laisserez emporter dans des éthers magiques en même temps que vous sombrerez dans des gouffres tragiques.

Dans ce roman, Tia Bès a mis son cœur et son âme.

Tendresse y rime avec tristesse.

Bonheur y rime avec douleur.

Secret y rime avec regret.

Vous visiterez des paysages formidables, décrits avec précision et nostalgie. Vous rencontrerez des personnages profonds et sincères et d’autres beaucoup plus ambigus.

Vous voyagerez dans des mondes extraordinaires où le rêve et la poésie vous transporteront avec délicatesse et originalité.

Et si vous perdez un peu pied dès les premières pages, profitez-en !Envolez-vous avec Tia car le retour sur Terre avec Mathilde risque bien de vous secouer pour longtemps !

Avec Tia Bès, l’ordinaire devient souvent poésie et le rêve devient parfois réalité !

Guy DELVIG

Chapitre 1 :Un paysage de conte de fées

Il y a maintenant fort longtemps, dans un grand champ de tournesols entouré par les champs de maïs, les volcans, les plantations de café et de canne à sucre, une histoire voyait le jour. Une jeune adolescente à la longue chevelure soyeuse châtain clair retombant jusqu’au milieu du dos, une main sur les hanches, un petit panier rempli de fleurs des champs accroché à l’un de ses poignets tout menus, souriait à la vieille dame qui l’accompagnait dans un paysage de conte de fées. À des milliers de kilomètres à la ronde, elle était la plus belle des filles que l’on puisse rencontrer. Sous son air fragile, elle était séduisante, douce, rêveuse, mais déterminée et pleine de vie. Ses yeux bleus d’azur brillaient comme des paillettes dorées en regardant la vie qui s’éveillait tout autour d’elle. Elle était fine et élancée, avait le teint pâle, des joues rondes toutes roses, un petit nez en trompette. Elle était simple, délicate et lumineuse. Son sourire éclairait toute la maison, illuminait les journées les plus grises.

Elle s’appelait Mathilde ; elle était née dans la maison ancestrale familiale, quatorze ans plus tôt, dans un pays aux teintes chaudes, aux paysages dignes de décors cinématographiques. Ses parents l’avaient tant désirée qu’ils lui offraient tout ce qu’elle souhaitait. Petite fille sage mais rêveuse, elle ne jouait ni à la poupée, ni à d’autres jeux comme les autres enfants de son âge. Elle préférait de loin s’échapper du monde des adultes pour aller se réfugier dans des recoins secrets. Ainsi rêva-t-elle en créant la réalité, celle qui aurait pu être. Elle vécut ailleurs, dans un pays imaginaire. Les personnages qu’elle choisit s'animèrent, prirent vie. Elle partit avec eux, à l’intérieur d’eux-mêmes, au fond de leur cerveau, pour explorer le monde dans lequel ils vivaient. Sans jamais se fatiguer, elle en fit tout le tour pour ne rien oublier de leur personnalité. Elle imagina leur caractère en pensant qu'ils étaient sûrement comme cela dans la vie réelle. Certains avaient un cœur, des états d’âme.

D’autres étaient plus caractériels, parfois même pervers, mais ne le savaient pas.

Elle leur demanda de lui parler comme ils le voulaient, avec franchise dans la mesure du possible, afin de ne pas lui mâcher les mots. Elle voulut les laisser s'exprimer pour leur répondre du tac au tac sans jamais se laisser démonter. Les paysages nouveaux se dessinèrent au fur et à mesure, voyagèrent à travers les émotions de ses écrits. Elle les dépeignit comme s’ils étaient face à elle. Pour créer le décor, les distances imaginaires évoluèrent au fil du temps.

En perpétuels changements, la mise en scène de ses rêveries poétiques, de ses illusions, de ses voyages intérieurs, se construisit en détail, levant une part de mystère. Libérés, brisant parfois la réalité qui aurait pu être, ses mots rejaillirent bien au-delà de la Contrée. Dans la douceur de l’aurore naissante, la pudeur de son souffle poétique s’envola sur une Planète colorée de bouquets frais empreints d’extase. Son âme tourmentée confia ses rêves et ses secrets à la vague grandissante d’un Amour impossible et inaccessible. Telles des tornades blanches, les vents polaires balayèrent ses peines, sa lassitude et son ennui au milieu de la douceur rosée des aurores naissantes. Dans son dernier assaut, la force de la tempête réanima la vie dans un ultime combat éternel. Un duel effréné s’instaura entre son imagination belle et pure et la dure réalité de sa vie si cruelle. Pour survivre, Mathilde allait se laisser emporter par la poésie et l’amour au-delà des frontières.

Allait-elle dépasser ses rêves de Princesse et réussir à donner naissance à une belle histoire au sommet d’un autre Monde ?

Éprise de liberté et d’évasion, elle continua à imaginer de nouveaux décors remplis de fantaisie et d’émotions grandioses.

Chapitre 2 :Le rêve

Mathilde avait lu des histoires d’Amour, des romans qui l’avaient fait vibrer. Pour oublier les déceptions, les incertitudes, tous les tourments de son quotidien, elle se mit elle aussi à la recherche de l’Amour pur et unique. Elle avait touché l’abîme, les cactus et les épines des jours sans soleil. Le cœur blessé elle se dirigea vers un autre Monde. Sur Terre, les plafonds étaient trop bas et les humains l’ennuyaient. Pour s’évader, elle ferma les yeux, se fraya un chemin dans le ciel. Vaporeuse, elle se mit à flotter dans la robe des nuages. Un doux parterre de sable joncha agréablement les allées de ses songes. Elle voyagea sur la toile de son imagination, se laissa emporter dans la volupté gris perle d’une houle de verre et d’argent. La marée de ses rêves, les turpitudes de son cœur d’adolescente la secouèrent dans une jolie complainte sans fin. Au bout de l’horizon serpenté d’émeraude, l’immensité l’attendait. Une douce frénésie s’empara d’elle, la happa, l’aspira sur les plus hautes cimes. Une sensation d’apesanteur l’enveloppa. Mathilde se laissa emporter et s’envola.Sous la transparence de la lune, le silence aux couleurs pailletées dansait tout autour d’elle. Un parfum aride soufflait sur la crête ronde des dunes dorées. Au pays de l’infini, le temps semblait s’être arrêté. Comme si plus rien n’existait, Mathilde dessina un couloir gigantesque vers l’absolu.Sur ce sol lumineux, elle rencontra une fée habillée d’une longue cape écarlate. Elle faisait tourner les étoiles. Sous sa baguette magique, la robe de la nuit déchira son écharpe cuivrée, entrelaça des milliers d’étincelles et leurs brises chaudes au cratère géant d’un nouvel Univers. Dans un léger battement d’ailes, les oiseaux migrateurs dansèrent jusqu’au vertige.Enfin libérée de ses chaînes terrestres, Mathilde se hissa toujours plus haut.

Dans son ascension, une avalanche d’étoiles filantes l’éblouit, l’invita à explorer tous les moindres recoins de ce sol éclaboussé de beauté. Une grande soif d’évasion la souleva, la propulsa dans l’infini. Des mirages dans les yeux, elle attendit paisiblement que le vent chasse les assauts du crépuscule. Puis de sa main devenue légère comme une plume elle attrapa la lumière invisible. Dans la ronde immaculée de ses désirs, accrochée à la dentelle du firmament, toute sa tendresse se mélangea aux douceurs éternelles. Hésitante, elle fit ses premiers pas sur ce parterre tout à fait inconnu, qu’elle baptisa “Le Royaume Magique”. Dans ce grand jardin paisible, elle put réchauffer ses peurs, fit respirer ses angoisses et ses craintes. Des soupirs heureux s’échappèrent, immortalisèrent la sérénité de ces lieux.Dans la féerie d’un paysage lunaire, elle connut les frissons de l’extase. Un bien-être voluptueux submergea Mathilde. La porte du Paradis s'ouvrit sur les flots d’un bonheur exubérant. Elle rêvait, ses rêves étaient si beaux ! Mais soudain, les bruits de la ville, l’odeur du café la réveillèrent. Sa main, doucement, caressa encore les visions qui l’éblouissaient. Son cœur battit plus vite ; elle eut peine à se lever. Elle eut voulu retenir encore la chaleur de ces instants fascinants.

L’impétueuse ardeur de son imagination l’amenait à vouloir côtoyer l’Amour.

Mathilde devint la principale actrice du rêve qui l’enivrait. Jamais inassouvie, elle continua à s’évader.

Chapitre 3 :La Planète Stella

Au milieu des nuages roses, diaphanes et légers, Mathilde continua à rêver et à s’envoler dans la douceur du ciel. Elle quitta la Terre pour le Grand Voyage vers la voûte céleste sur un vaisseau spatial qui ressemblait à une soucoupe volante. Il était rond, argenté, doté d’antennes téléguidées, naviguait à la vitesse du son. Encerclé par des lueurs géantes, il se posa doucement sur une grande sphère claire et accueillante. Mathilde découvrit une Planète extraordinaire aux reflets dorés. Ses pieds glissèrent fébrilement sur un sol ensablé. Il était sans limites et sans fin. Aucune frontière ne déterminait l’horizon. Happée par la féérie de ce voyage hors du temps, elle traversa le labyrinthe de la Grande Ourse. Ses mains s’accrochèrent aux branches nues d’arbres très étranges qu’elle ne reconnut pas. Il n’y avait pas un souffle de vent. Une odeur d’essence de pins, de résine et de citronnelle l’enveloppa d’un subtil parfum agréable et envoûtant. La chaleur la surprit. Elle suffoqua, dut se dévêtir pour mieux respirer. Elle aperçut une fontaine qui coulait mais ne put l’approcher tant elle lui parut inaccessible. Une chaîne de montagnes se dessina sous ses yeux ébahis. Plus elle avançait, plus ses découvertes prenaient de l’intensité et de la couleur. Au loin, elle aperçut la cime d’une forêt aux formes surnaturelles. Elle ouvrit grand ses yeux comme pour mieux explorer ces lieux, vastes et rayonnants. Devant elle, des collines géantes dévoilaient des vallons où coulaient des ruisseaux qui se transformaient en une jolie ronde fluorescente. Une farandole d’insectes aux électrodes étincelantes l’encercla comme pour mieux l’accueillir. De ses doigts un peu tremblants, elle caressa fiévreusement les milliers de rayons de soleil qui venaient l’effleurer. Autour d’elle, il n’y avait aucune âme qui vive. C’est ce que crut Mathilde, tant le paysage insolite et lunaire était d’un calme absolu. Cependant, il lui sembla entendre jouer au loin quelques notes de musique. Une sonate de Bach perçait maintenant le silence, la transportant sur une île de douceurs sonores.

C’était étrange, elle ne voyait personne mais juste des doigts, longs et fins, posés délicatement sur les touches blanches d’un élégant piano noir. Avec dextérité, le virtuose qu’elle devinait, de ses mains longilignes, caressa le clavier qui s’enflamma dans ce paysage magique. Un joli cortège de refrains fleuris s’envola sous la lune attendrie. Des perles rondes, des syllabes musicales rebondirent, rayonnèrent, s’éparpillèrent et vinrent offrir leur exquise mélodie à la jeune femme étonnée. Mathilde allait de découverte en découverte, elle n’en finissait pas d’apercevoir de belles choses étranges et mystérieuses. Face à elle, sous des faisceaux lumineux, un vélo volant, décoré de grosses fleurs de toutes les couleurs, drôles et intrigantes, le porte-bagages chargé de fruits et de légumes, atterrit sur une presqu’île minuscule, éblouissante. Un robot au gros ventre, les yeux clignotants, le corps affublé de fils électriques rouges, appuya sur les boutons d’une télécommande géante et se mit à tourner autour d’elle comme une toupie un peu folle. Des dizaines de petits robots déchargèrent la caisse de légumes. Ils semblaient flotter, heureux, légers et aériens. Ils vinrent déposer à ses pieds des mandarines, des fruits exotiques sur un lit de feuilles de nénuphars. Surprise, Mathilde essaya de leur parler, mais en vain. Aucun son ne put sortir de sa bouche asséchée. Seuls des papillons jaunes, bleus et verts s’en échappèrent, voletant au-dessus de sa tête. La chaleur devint étouffante. Mathilde attrapa un fruit qu’elle éplucha de ses mains moites. Une substance miraculeuse s’évapora sur ses lèvres gercées, lui laissant un goût acidulé énergisant. Le vent impassible jusqu’à présent se mit à souffler. De fortes rafales balayèrent le sable, traversèrent une plage somptueuse, l’inondèrent de milliers de coquillages préhistoriques. Mathilde approcha son oreille du plus petit. C’était une clovisse. Elle s’ouvrit, laissant s’échapper un conte musical qui la charma. Elle s’assoupit quelques instants sur un très étroit banc de sable fin. Mais les courants d’air la réveillèrent. Soudain, des herbes hautes qui venaient de pousser devant elle, frôlèrent sa peau, chatouillèrent ses chevilles et ses pieds nus. Ses cheveux commencèrent à s’ébouriffer, les volants de sa robe en organdi se soulevèrent. Elle eut d’étranges visions. Elle distingua une multitude de petits visages qui la scrutaient.

Ce furent alors de minuscules robots aux yeux jaunes, des ailes blanches accrochés à leurs vêtements translucides, qui l’encerclèrent en dansant tout autour de son lit improvisé.

Peut-être inventait-elle toute cette histoire, tous ces paysages et tous ces personnages inouïs qui naissaient et s’évaporaient comme dans un souffle surnaturel. Elle était si haut perchée dans cette nouvelle aventure abracadabrante, aussi surprenante qu’inattendue, qu’elle en oublia son passé insignifiant et ne vit que ce présent idyllique. De là-haut, sur le sommet du Monde, elle pencha sa tête dans le vide pour regarder d’où elle venait. Sous un océan de nuages, elle devina un immense ascenseur revêtu de dentelles en acier, relié à une minuscule boule noire éclairée par les couleurs de l'arc-en-ciel. Elle sut que c’était la Terre qu’elle voyait. Mais elle n’éprouva aucun remord de l’avoir quittée. En immersion totale dans ce panorama d’une étrange beauté, elle ressentit un immense bien être. Détendus, son corps et son esprit flottèrent au milieu de ce gigantesque Univers fantastique. Loin des hommes et de tous les ennuis de la vie, elle se laissa envahir par la magie surnaturelle de cet Empire aux mille facettes étonnantes. Elle devina que sa vie ne serait plus jamais la même.

Un nouvel élan merveilleux et prometteur s’éveillait, étouffait la sonorité du silence de ces longs mois si ternes.

Blottie dans l’étendue d’un royaume fictif mais extraordinaire, Mathilde se laissa emporter toujours plus loin, vers tous ses espoirs les plus fous.

Chapitre 4 :L’apparition

Il avait neigé sur sa vie, sur ses jours sans espoir. Mathilde, transie de froid, sentit son corps se dérober et sa tête vaciller. Elle voulait pouvoir se réchauffer, réveiller la morosité de sa lassitude par un éternel soleil. Encore gelés, les premiers bourgeons pressés d’éclore lui rappelèrent que le printemps lui aussi était très impatient de renaître. La jeune femme le sut : quelque chose d’important s’annonçait. Sa vie était en train de changer. Elle s’endormit dans un sommeil profond, s’enroula à l’espoir qu’elle entrevoyait. Elle respira doucement, souleva légèrement les draps. Elle était somnambule. Elle se leva pour faire le tour de la maison. Elle longea le couloir principal tout noir, fit un tour dans la cuisine, toucha de ses doigts fébriles la tasse à thé qu’elle caressa délicatement. Lentement, elle remonta les escaliers jusqu’au premier étage. Sur le palier, ses mains s’accrochèrent un instant à la douceur d’une tenture avant de pénétrer dans la chambre à coucher. Sur le lit douillet qui l’appelait à nouveau, elle s’étendit, s’assoupit et continua à rêver.

Mathilde disparu à nouveau sur les plus hauts sommets ; il faisait soleil dans les allées immenses de ce grand Eldorado délicieux qui venait illuminer son sommeil de rayons éblouissants. Il n’y avait pas un souffle de vent, juste des grillons champêtres qui chantaient, le toc-toc des piverts dans les arbres, des sauterelles, des criquets qui dansaient sur la crête des collines en fleurs qui s’éveillaient. Au milieu des roseaux, sur les berges d’une rivière, le souffle musical d’une flûte aux tonalités orientales semblait sortir d’une source au flot enchanteur. La vie se mit à chanter. Le ciel se para de nuances vert tendre. Puis la nuit tomba doucement sur le panorama qui se rétrécissait, dessinant un long chemin de nacre, baigné de reflets tamisés. Soudain, sorti de l’ombre, un halo de lumière illumina le paysage tout entier. Les lucioles du ciel éclairèrent de mille feux le ciel tout entier.

Une navette spatiale atterrit tout doucement. L’immense carlingue se posa sur la pelouse d’un jardin sans barrières, éblouissant la jeune femme. À l’intérieur, sur un siège de velours grenat était assis un jeune homme à la chevelure longue et blonde. Il caressa de ses douces mains claires le hublot. Mathilde distingua son visage fin et radieux. Il semblait détendu et heureux. Majestueux, il descendit lentement les marches de son long planeur hypersonique.Sa silhouette élancée apparut à la lumière. Son visage de Prince plana au-dessus d’elle. Des émotions fortes jamais ressenties la bouleversèrent. De ses yeux émerveillés, elle contempla sa haute enveloppe altière qui resplendissait comme un astre dans tout l’Univers. En totale immersion avec cette rencontre surnaturelle, dans la beauté de ce paysage, elle en oublia tout et qui elle était. Son corps tout entier trembla de bonheur et d’impatience. Son esprit fut en alerte. Pour se rapprocher de lui, elle se revêtit d’une bulle d’émotion, essaya de franchir la barrière des deux univers qui semblait les séparer. Elle était bouleversée par cette apparition saisissante. Sa curiosité la poussa à observer le jeune homme. Celui qu’elle allait vénérer entrait en scène. Il était beau comme un Dieu mais c’était un Prince. Il paraissait tendre et romantique. Souple et léger il marchait maintenant vers elle. Sa voix semblant venir d’une autre galaxie la fit sursauter, lui murmura à voix basse :

— Bonjour douce Fleur, je suis Majid. Et toi, comment t’appelles-tu ?

Encore immergée dans la douceur d’un coussin de brume, la jeune femme essaya en vain de se ressaisir pour lui parler. Ses jambes engourdies ne la portaient plus, elle n’avait plus de force. Sa tête se mit à tourner. Incapable de lui répondre, elle resta immobile. Il lui sourit et continua à lui parler comme on parle à une enfant :

— N’aie pas peur, Fleur. Je ne te ferai aucun mal. Je suis irréel et inoffensif. Des frontières intemporelles nous séparent, mais nous saurons les rapprocher.

Péniblement, elle fit quelques pas incertains vers lui. Elle avait du mal à comprendre ce qu’il lui disait et ce qui lui arrivait.

Surmontant son appréhension, elle lui répondit en se penchant vers l’énorme cratère sans fond qu’elle apercevait en contre-bas :

— Bonjour Prince ! Je m’appelle Mathilde. J’habite la Terre. J’ai peut-être rêvé, je me sens si légère ! Il faudrait que je revienne chez moi, ajouta-t-elle.
— Que fais-tu sur la Terre, Mathilde ?
— Je suis la messagère des mots, celle que tu attendais peut-être. J’écris des poèmes. Mais je ne sais pas s’ils vont te plaire.
— Efflorescence divine, ton parfum est si délicat ! J’ai deviné que tu es arrivée jusqu’à moi le cœur rempli de poésie. Veux-tu me suivre ?
— Prince, je voudrais bien. Mais comment vais-je pouvoir rester éternellement dans ton Royaume ?

Le Prince allumait des braises dans son cœur. Elles se consumaient dans le feu intérieur de tout son être. Ses paroles venues d’ailleurs la réjouissaient. Telle la Saint-Exupéry de ces hauts lieux, le souffle léger, elle savourait avec délice ce dialogue qui l’enchantait. Timidement, elle lui confia :

— Les hommes que je côtoie tous les jours sont bien trop terre-à-terre. Je suis tellement lasse. Je voudrais m’enfuir et rester auprès de Toi.
— Ne sois pas inquiète, Mathilde ! Donne-moi la main, laisse-toi guider, lui dit-il. Je peux te sauver de la folie des hommes !

La voix De Majid l’envoûtait.

Délicates, ses lèvres s’entrouvrirent, laissant échapper leur nouveau message :

— Mon souhait le plus cher serait de te faire découvrir mon humble Empire. Veux-tu que je te fasse visiter mon Palais des nuages ?

Il paraissait irréel. Mais ses mots étaient si doux ! Personne ne lui avait jamais parlé ainsi. Elle était sous le charme. De ses petites mains elle chercha à s’agripper à l’arbuste qui venait de pousser devant elle comme par magie. La sensation de vaciller la gagna à nouveau. Sur ce parterre instable, ses pieds ne trouvaient pas l’équilibre. Majid vint à son secours. D’une main aérienne il la souleva jusqu’à lui avec l’élégance d’une créature divine. Il la fit s’asseoir sur un coussin de fleurs. Elle n’osait plus parler. Pourtant, elle aurait voulu lui dire qu’il était le Maître de l’Univers, de ses rêves et de ses écrits. Elle avait envie de se confier à lui, de lui révéler tous les secrets de sa triste vie. Mais elle se sentait très fatiguée par ce si long voyage.

La magie la gagna ; il habitait le Ciel, au milieu des étoiles dans un petit cabanon au toit immense. Elle vivait sur la Terre, sous la grisaille, dans une grande maison aux tuiles en ardoise. Leur vie venait de se croiser. Elle prit conscience qu’il était celui qui pouvait la délivrer, adoucir tous ses maux, mettre l’accent sur ses rimes désuètes. Lui seul saurait illuminer ses jours de cette couleur violette spirituelle qu’elle aimait tant.

C’était clair de lune. Mathilde ouvrit grand les yeux pour ne rien perdre de la féerie de ce nouvel espoir qui la réchauffait. Elle voulait contempler la lumière et se laisser guider. Une belle alchimie naquit entre eux. L’effervescence du ciel embrasa la couleur de leur peau, les enveloppa d’un duvet de plume, d’une tulle transparente, sous un horizon de braise. Dans un souffle inaudible, leurs deux âmes se rejoignirent dans la valse effrénée d’un Amour pur et absolu. Le frôlementde leurs caresses se maria à l’éclat des promesses de l’été. Des ailes magnétiques les soulevèrent. Toutes les barrières s’évaporèrent. Les mauvais sorts se volatilisèrent dans les brises aériennes de l’Amour. Majid l’emmena très loin, là où elle avait toujours voulu aller, sur un beau chemin paisible bien au-delà de toutes ses espérances. Ce pays aux mille rayonnements chassa la tempête de sa triste vie. Il n'y eut plus alors que la beauté de cette apparition qui vint la bercer et la libérer. Hypnotisée par l’existence du Prince, timidement elle déposa un baiser imaginaire sur ses lèvres. Elle effleura sa longue silhouette, flotta avec elle, dans la grâce et avec passion atteignit les sommets d'un Amour platonique qu’elle enlaça fiévreusement. Elle pénétra doucement dans sa vie et tout s’éclaira. Un hymne séducteur, des moments de grâce les emportèrent dans un royaume où nul autre qu’eux ne pouvait pénétrer.

Il était celui qui, par son aura, allait embraser sa vie. Une extraordinaire histoire d’amour naquit entre eux. Dans ses yeux, elle lut de l’admiration. Lui, connut le soleil et le bleu de la mer au fond de son regard. Les mots venus de l’au-delà les bercèrent comme des enfants dans le flot incessant de leurs délires amoureux. Leur Amour résonna en cascade dans le ciel, souleva un océan de vagues impétueuses où vinrent se baigner tous leurs plus jolis rêves, dans la folle étreinte d’un baiser qu’ils voulurent éternel. Suite à cette belle rencontre, de jolis mots restés silencieux s’éveillèrent, fous et généreux. La plume de Mathilde s’anima, se mit à nu, partit à la recherche de la beauté et de l’Amour. Sous la brume azurée, elle contempla la splendeur du couchant, l’esquisse de son aquarelle intemporelle le long des sentiers éclairés par les astres de la nuit. Lorsque le ciel, dans son immense berceau, se noya au fond d’une nuit de lune, des perles d'éternité firent danser l'infini. Dans le gris de l'hiver, au fond de son lit nacré, le Prince s’étendit souverain au cœur de son palais divin baigné d'étoiles.

Plus tard, dans un poème qu’elle laissa s’envoler dans le ciel, elle lui avoua :

“Prince, j’écris tous ces mots pour toi ; tu es celui que j’attendais. Je veux me serrer tout contre toi pour réchauffer mes rêves les plus fous. Je prie pour que mon âme emprisonnée sur la Terre rejoigne le soleil de ton Royaume. Je veux me laisser emporter par le vent et briser les chaînes de ce temple de lassitude. L’espoir me tient éveillée. Croiser ton regard de Prince me ravit. Envoyons le souffle de notre Amour dans tout l’Univers et envolons-nous à tout jamais. Que les dunes de sable nous recouvrent de leur robe de soie. Que les secrets enfouis dans nos cœurs s'éparpillent pour toujours dans l’éternité. J’ai demandé à la lune d'éclairer ton Royaume pour que tu puisses danser avec moi. J'ai supplié le vent de chasser la brume, imploré l'astre solaire d'illuminer ta vie silencieuse. Au bout de ces terres blanches et lointaines, viendras-tu me chercher pour m’emmener très loin lorsque, pour la première fois, tu liras ce roman que je te dédie ? Connaitras-tu cet élan irrépressible que parfois la tempête fait tituber ? Aimeras-tu la force qui me pousse vers Toi. J’ai balayé d’un un grand souffle les mauvaises ondes terriennes, libéré la folle ivresse du trop-plein de mon cœur éperdu. Ouvrons toutes les portes closes. Sous ce nouvel horizon ensoleillé, je mets à nu ce que mes lèvres voudraient te murmurer aujourd’hui. Ma plume brûlante parle à tes rimes, dessine un poème et vient frôler ton âme assoupie. La couleur de mes mots enflamme le renouveau du printemps prêt à éclore ? Prince, libère-moi !”

Depuis cette apparition, Mathilde n’eut de cesse de rêver à Majid, de dessiner de ses doigts fiévreux son sourire, son doux visage, son corps de Prince. Il illumina son nouvel espoir, fit chanter le silence sous la douceur de ses mots. Mille-et-une Nuits magiques s’ouvraient enfin à elle.Face à la dure réalité de la vie, Mathilde tomba follement amoureuse de lui. Il fut son Prince, celui qui, la nuit, vint la hanter dans son sommeil et embellir ses journées les plus maussades. Il fut son Dieu, elle devint sa Déesse des temps modernes.

Chapitre 5 :San Antonio

Sous les lumières bleutées de la nuit, la lune violette posa son regard poétique dans la boîte à souvenirs bien rangés au fond du vieux grenier. Dans le désordre des jours, des mois et des années, au milieu des joies et des pleurs, des bruits et des silences, des blessures jamais refermées, des amours déçues, de tout ce que la vie avait pu lui accorder de bon ou de mauvais, Mathilde sentit la nostalgie la gagner. Sa mémoire perça le silence dessiné par les ombres, posa ses lourdes valises sur le grand chemin à parcourir encore, le long des allées inconnues d’une vie, de la vie à découvrir. Éparpillés sur la commode acajou, quelques colliers fantaisie attendaient silencieux dans la chambre rose. C’était tout juste si un rayon de lune pénétrait l'obscurité, éclairant imperceptiblement les secrets de la nuit lorsque le vent vint s'évanouir contre la vieille bâtisse aux murailles lézardées. Les boiseries vermoulues confessèrent leurs murmures secrets paisiblement bercés par l'âme du grenier sous les vieilleries du passé. Un air précieux et tendre souffla sur la pile de livres poussiéreux d'où s'échappèrent des lettres jaunies enrubannées dans le courrier de son cœur et de ses réminiscences émues. Mathilde se revit adolescente, quelques années en arrière, aux aurores, dans cette région montagneuse, chère à son cœur où elle aimait bien aller se promener. Elle se souvint de ce paysage grandiose, de ces hauts plateaux sauvages, de ces nombreux volcans, surtout du plus impressionnant, le Santiaguito, toujours en éruption. Elle se souvint d’une certaine journée ; ce jour-là, la pluie tombait sur les eaux du lac Attillano, appelé aussi le lac du “Petit Prince”. Des reflets émeraude descendaient sur les barques blanches des pêcheurs. Le vent commença à se lever, vint chahuter les flots, transperça les profondeurs de leurs petits soupirs transparents.

Ses pas foulèrent le petit sentier bordé par les pentes abruptes des collines où les belles-de-nuit, les hibiscus et les amaryllis encerclés par les volcans fleurissaient dès le printemps au milieu de la grande plaine et les champs de cannes à sucre. Dans son élan, elle grimpa bien plus haut,vers ces terres chaudes et humides pour se ressourcer. Ses yeux se posèrent un instant sur la ville basse, en contre-bas, puis sur le clocher de la cathédrale de San Maria qui sonnait toutes les heures. De là-haut, l’on dominait les toits des maisons et la sierra Madelana qui se dressait sur l'horizon. Elle s’imprégna de ce beau tableau haut en couleurs que lui offrait la nature. Ensuite, elle continua sur le petit sentier pour aller se recueillir sur cette tombe qu’elle connaissait si bien, dans le minuscule cimetière coloré de Terango qui surplombait la vallée, à l'ombre des ceibas, ces arbres gigantesques en forme de parapluie. La pierre tombale, selon la coutume, avait été décorée peu de temps avant le décès de son oncle, mort des suites d’une maladie, dans des teintes chaudes orangées qu’il avait choisi de peindre lui-même. Il partit sans que personne ne s’y attende, un matin d’automne ensoleillé. Toute la famille l’avait accompagné jusqu’à ce haut plateau où il reposait désormais au milieu des coquillages que Mathilde lui avait ramenés et qu’elle avait collés à même la pierre en lui chantonnant ses airs préférés. Avec dévotion, elle déposa un gros bouquet de petites fleurs exotiques dans l’urne en porcelaine bleue. Ensuite, silencieuse, elle rejoignit le bord du lac fleuri d’orchidées sauvages ce mois-là et admira depuis le belvédère l’étendue des champs de maïs. Le volcan Chiquimula s’élevait vers le ciel, au milieu de ces hautes et belles terres escarpées. Sous une forêt de nuages, dans l’humidité des bois, les cimes enneigées dominaient le paysage. Elle poursuivit son chemin, grimpa les marches du monumental escalier de pierre jusqu’au majestueux édifice de la basilique d’Espulas. Elle pénétra à l’intérieur par l’immense porte sculptée, impressionnée par la beauté de la statue du christ noir abritée dans un tout petit sanctuaire à l’entrée de l’édifice. Parmi les lueurs des flammes qui vacillaient dans les courants d’air de la cathédrale, au milieu d’une rangée de cierges blancs, religieusement, elle s’agenouilla pour prier, implorant Notre-Dame Carmelito.

Enfin sereine, elle continua son périple et s’arrêta devant les fortifications d’un vieux château en ruine. Pour ne rien oublier de la magie de ces hauts lieux chargés d’histoire et immortaliser ces instants de recueillement, elle resta ainsi, immobile et admirative pendant de longues minutes. Au détour d’un sentier rocailleux, elle pénétra dans une immense jungle luxuriante jusqu’à ce qu’elle fasse la découverte d’un souterrain, dont l’entrée ensevelie sous les branchages et la boue semblait s’étendre sur plusieurs kilomètres, pour y cacher de nombreuses grottes, difficiles d’accès. Plus bas, une petite rivière coulait, descendait vers la vallée, jetait ses eaux tièdes en direction des cascades pour finir sa course dans un bassin naturel bleu turquoise. L’endroit était magnifique et se prêtait à la baignade. Une envie irrépressible la gagna, l’incita à se plonger dans l’eau. C’était une source naturellement chaude. Elle se déshabilla entièrement et se glissa avec délice dans ce bain aux vertus relaxantes. La jeune fille savoura la douceur de ce pur bonheur de détente pendant une bonne partie de l’après-midi. Pressée de poursuivre sa promenade avant la tombée de la nuit, elle se dirigea ensuite vers un vieux pont en pierre qui enjambait un ruisseau, le franchit d’un pas décidé, les poches pleines de mies de pain qu’elle éparpilla au loin vers les oies et les canards sauvages. Dans ce décor exceptionnel et féérique, elle croisa un couple de promeneurs qui lui dirent :

— Bonjour Mademoiselle ! Quel beau temps ! Bonne promenade !

Elle les salua d’un sourire puis sans un mot fila de son côté.