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J'aimais rêver au bord de l'eau, une chose brillait dans l'herbe. Quelqu'un viendrait-il comme moi au bord de l'eau méditer, une femme et récemment ? La barrette était à peine rouillée, je posais un petit mot à peine dissimulé dans les herbes, me répondra-t-elle ?
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Seitenzahl: 26
Veröffentlichungsjahr: 2019
A tous ceux qui ont été importuné par des corbeaux, pas par mes amis volatils, mais par ceux qui dans l’ombre, sans courage macèrent leur fiel.
Egalement aux emmerdeurs qui téléphonent n’importe quand, prenant du plaisir à distance, sans se rendre compte du mal qu’ils peuvent faire, également à ceux qui vendent n’importe quoi à n’importe quelle heure.
Après ma longue maladie, je retrouvais enfin la liberté, l’équilibre et un peu de sérénité. Les noirs moments s’étaient estompés laissant un ciel moins gris se découvrir à l’aube d’une vie qui ne serait plus jamais comme avant.
La prison, mon corps l’avait tissée dans sa propre fibre nerveuse, tout en moi, me dévorant. Il m’avait joué un vilain tour, et c’est avec force et volonté que je dus contrecarrer ses dessins et accepter que l’homme en blanc me libère de son scalpel.
Je retrouvais, d’un pas chancellent, la nature, l’odeur de la mousse, de l’eau stagnante, l’herbe libre de se secouer en tremblant d’émotion, un indéfini frisson après les furtives ombres de la nuit.
Je cheminais le long de l’eau, l’esprit en paix, retrouvant mes sensations, ma terre, mes joies, la folle liberté des sens, le mouvement, les pensées débridées. La terre humide fouillée par les animaux, digérée par une foule d’insectes, travaillée par le dégel, la sécheresse du vent, le pas des bêtes recevait mon désir d’émotion et de vie. Je jubilais, mon âme flottait heureuse. Je retrouvais mon marais ses herbes folles, le carex caressant les ombres des grands arbres, seigneurs de la sylve la force des êtres que l’on dit inanimés, et pourtant ils dressaient leurs branches décharnées désirant plus que jamais le bleu du ciel. Les brumes de leur manteau laiteux apaisaient la douleur de leurs écorces torturées par le gel hivernal. Tout s’animait, la faune et ses amis, les immobiles gardiens de l’âme sylvestre se penchaient sur l’onde tranquille des sources phréatiques qui alimentaient les vieux bras morts du Rhin. Témoins d’un passé oublié, ils coulaient d’une eau limpide et tranquille. Les âmes s’élevaient de l’onde et pulsaient leurs soupirs cristallins, les premières feuilles se défroissaient, quelques petites gelées sans danger, et l’hiver enfin serait vaincu. Les premiers canards sortaient de leur torpeur hivernale le plumage ébouriffé en s’essayant de se redonner un peu d’allure. Chevaliers des marais, se faire beau, mériter sa belle, choisir une touffe et installer son nid pour pérenniser sa descendance. Le cri d’un héron me fit tressaillir. J’étais heureux de ressentir à nouveau toutes ces émotions. Les odeurs mouillées émanaient de la terre, la mère nourricière riche et féconde promettant aux graines de pousser dans la calmante glaise ou des pattes meurtries avaient trouvé un baume apaisant, moi j’y avais laissé ma trace d’humain. Je communiais avec ces éléments. Je m’étais échappé des griffes du mal, de la douleur biologique qui m’avait atteint tout au fond de moi jusqu’à mon âme de poète. Mais ces moments grandioses allaient contribuer à évincer les dernières pensées noires et me faire à nouveau rêver.
