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Un livre relatant ma vie Un livre rempli de véracité et d'émotions Un livre qui témoigne de cette famille si particulière, ma famille que j'ai fini par renier.
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Seitenzahl: 96
Veröffentlichungsjahr: 2019
Ce livre a été écrit à l'aide de plusieurs petites notes mises de côté durant toutes ces années pour me souvenir de certains faits, des dates, etc.
Écrit avec mes mots, mon phrasé mon style, mis en page par moi-même, il relate l'histoire de ma vie.
Merci de me lire.
Une vie vécue de mon plus jeune âge jusqu'à ma retraite à l'âge de soixante ans dans les méandres de ce chemin qu'est la vie,une vie remplie d'accidents de toutes sortes, sans amour ni bonheur, une vie solitaire que j'ai fini par choisir.
Mes grands-parents et leurs douze enfants
Mes PARENTS
MA VIE MON DESTIN MES COMBATS MES REGRETS MA FAMILLE
L'APRES ACCIDENT
MES COMBATS JUDICIAIRES
MES REGRETS
MA NOUVELLE VIE
MA FAMILLE
MA FAMILLE
#L'INELUCTABE#
par Raymond Roseren
ma maman à l'âge de vingt-sept ans
mon papa à l'âge de trente et un ans
Mes parents m'ont donné un prénom celui de Raymond.
Mon père est né le vingt-sept novembre dix-neuf cent seize sur la commune des Houches en Haute-Savoie d'une famille de douze enfants.
Un homme d'une parfaite intégrité, honnête, travailleur et aimé de ses amis. Un homme qui à sa jeunesse a connu la guerre et les atrocités nazies, fait prisonnier le deux mai dix-neuf cent quarante, envoyé en Allemagne pour le travail forcé, évadé et repris à plusieurs reprises et fut libéré le quatre avril dix-neuf cent quarante-cinq.
Un homme qui est rentré de cette guerre, marqué, affaiblit, certainement avec un certain dégoût à ce que laisse supposer mon imagination.
Un homme qui durant toute sa vie restera marqué par ce qu'il a vécu se repliant sur lui-même, s'enfermant dans un silence absolu, refoulant au plus profond de lui ces images de guerre dont il ne dévoilera jamais à autrui les meurtrissures de son cœur.
Un homme pudique, réservé et discret, un homme qui quelque part a retrouvé goût à la vie, à donné un sens à sa vie en rencontrant son amour, cette femme que j'appellerai un jour maman.
Un homme qui le vingt-cinq octobre de l'année dix-neuf cent quarante-sept à l'âge de trente et un ans, à l'Église Saint-Jean-Batiste de la Moussière, commune de Saint-Jean-d'Aulps épousait son aimée.
Un homme qui de son nom Lucien, Alphonse Roseren et que j'appellerai un jour papa, était marié à Adèle Favre, une jolie et jeune fille de vingt-sept ans, née sur la commune de Saint-Jean-d'Aulps en Haute-Savoie.
Un homme qui après guerre est entré à la Société Nationale des chemins de fer français et y restera jusqu'à sa retraite à l'âge de cinquante-cinq ans.
Mon père était un homme honnête et droit, gentil mais une personne qui ne se dévoilait pas, quelqu'un de renfermé qui a beaucoup de mal à communiquer, avec une impression qu'il vivait avec ses démons intérieurs, d'où peut-être son penchant pour l'alcool en fin de journée. Je pense qu'il ne lui en fallait pas beaucoup pour se griser car ce n'était pas un gros buveur, mais cette façon de faire était je pense qu'il voulait fuir justement ses démons.
Un homme qui fonda sa famille, une famille de huit enfants où il s'est installé sur la commune d'Annecy avec son épouse et eurent leur premier enfant, une fille dont ils lui donneront le prénom de Berthe.
Ils sont restés cinq bonnes années sur cette commune et eurent deux autres enfants que sont un garçon au prénom de Gaston, et une fille au prénom de Reine et mon père fut muté sur la commune de Chamonix où il restera en poste jusqu'à sa retraite étant logé aux cités SNCF.
Nous sommes à l'année dix-neuf cent cinquante-trois et vint leurs quatrième enfant, une fille au prénom de Nicole suivi de son frère René et enfin moi Raymond né le vingt neuf décembre mille neuf-cent cinquante-six à Chamonix.
Ma mère est née le vingt-six novembre mille neuf-cent vingt sur la commune de Saint-Jean-d'Aulps en Haute-Savoie d'une famille de deux enfants.
Une femme méritante que le travail ne rebutait pas, courageuse, débordante d'énergie et de volonté.
Une femme qui plus que tout, aimait ses enfants tous ses enfants sans aucune distinction.
Une femme à qui la vie n'a pas fait de cadeaux, vivant avec son père habité d'une absolue cruauté, un père n'hésitant pas à frapper sa femme et très sévère envers sa fille, lui demandant d'exécuter des tâches de la maison comme celles des champs qui ne sont pas dignes de demander à une très jeune fille, soignant sa mère tombée très malade gardant le lit en plus des taches qu'on lui imposait.
A ce que j'ai compris de son père, ce tyran du nom de Marie Alphonse Favre âgé de cinquante-trois ans épousait une jeune fille de vingt-deux ans au nom de Marie-Louise Gaydon venue chez lui pour l'aider dans ses travaux, et cette femme a vécu le calvaire de sa vie sous l'empreinte de cet homme brutal qui fit vivre à sa famille une telle vie d'enfer de sorte que ni ma mère ni son frère n'aborderont et ne dévoileront cet épisode de leur vie.
Une femme à qui l'enfance a été volée, allant tous les jours de son plus jeune âge, dimanche compris aux travaux des champs sans oublier ceux de la maison qui l'attendaient en rentrant, et en ce temps là tout se faisait à la main.
Une femme, une très jeune fille qui à l'âge de treize ans devenait orpheline et se retrouvait seule dans la vie. Nous sommes en dix-neuf cent trente-trois, six années avant le début de la seconde guerre mondiale.
Une femme, une très jeune fille son baluchon sur l'épaule allant à la conquête du monde, traversant de ville en ville pour trouver du travaille dans les « maisons bourgeoises » afin de survivre à cette vie qui lui était imposée.
Je ne sais pas et je ne connais pas tous les chemins suivis par cette jeune fille, jusqu'à la rencontre de cet homme qui deviendra son mari en l'année dix-neuf cent quarante-sept.
Une jeune fille à une jeunesse misérable, une jeunesse sans amour ni joie, qui jusqu'à la fin de sa vie souffrira de ce manque d'amour qui lui a été interdit.
Cette femme que j'appellerai maman et à qui j'ai oublié de dire « maman je t'aime » à chaque fois que je l'à quittais...
Une femme aux bons soins pour ses enfants et son mari, débordante d'amour où même nous, n'avons été capable de le lui rendre. « pardon maman » ! il ne nous reste que nos yeux pour pleurer...
Une femme généreuse et gaie avec un sourire toujours prononcé, une élégante personne qui habillait ses enfants toujours de blanc.
Le suivi de l'année dix-neuf cent cinquante-six celle de ma naissance, fut la venue de ma sœur Lucienne un an et demi après avoir vu le jour en ce monde, suivi de mon frère Jean-Paul en l'année dix-neuf cent soixante-deux.
Nous voilà tous réunis.
Nous habitions aux cités SNCF et toute mon enfance fut heureuse, à l'extérieur nous avions un bel espace pour jouer et courir se dépenser. A la maison maman préparait ces bons repas de tous les jours où notre insouciance de notre jeune âge ne nous permettait pas d'avoir une idée du travail que ma mère abattait chaque jour pour notre bien-être. Ses huit enfants dont elle donna tout son amour à chacun de nous sans aucune préférence et que l'on lui a si peu rendus. Elle m'a quitté le huit avril deux mille quinze.
Mes parents ayant eu, ayant vécu chacun une jeunesse misérable, pitoyable, ayant vécu et survécu à cette guerre, néanmoins reste pour moi des personnes que je connais peu, que je connais mal.
Ils sont mes parents et pourtant une partie d'eux-mêmes me reste étrangère. Cette impression en moi qu'il me manque une moitié de mes deux parents que je ne connais pas et qu'il m'est difficile de vivre avec çà même encore aujourd'hui. Ce manque de connaissances, ne pas savoir leur vie, ne pas connaître ses origines restera en moi une blessure ouverte et profonde. Quant à mon père il m'a quitté un peu trop tôt le huit septembre dix-neuf cent quatre-vingt-trois.
Quant à mes grands-parents je ne les ai pas connus que ce soit du côté de mon père comme de ma mère.
Je me souviens très bien de mon enfance, de mon plus jeune âge. Je suis allé à l'école comme tous les petits où il fallait affronter ces grands froids de l'hiver où il faisait jusqu'à moins vingt degrés bien au chaud sous mon anorak, coiffé d'un bonnet recouvert par le capuchon et une grosse écharpe enroulée autour du cou. C'était certainement les plus beaux jours de ma vie.
Puis je rentrais à la grande école comme on disait dans le temps. J'ai obtenu mon certificat de fin d'études et mon brevet sportif, je suis allé au « CET » d'Annemasse où j'étais interne pour y apprendre le métier d'ébénisterie. Au bout de la troisième année j'acquis « mon CAP ». J'étais très fier de moi, mes parents aussi. Là, on me propose de rentrer à l'école « BOULLE » à Paris, mais mes parents ne pouvaient me payer des études aussi coûteuses et mon père ne voulait pas entendre parler de bourses d'études, certainement par fierté. Il me semble encore l'entendre disant : {je vais pas faire l'aumône pour élever mes gamins!}.
C'est ainsi que je rentrais dans la vie active. Certes à cette époque on trouvait facilement du travail, naturellement à mon tour il fallait aider mes parents à faire vivre cette grande famille.
Nous sommes en dix-neuf cent soixante-treize, j'ai dix-sept ans.
Cette année là j'ai commencé à exercer mon métier chez monsieur Moyna ébéniste au Plateau d'Assy, je l'ai quitté un an plus tard pour les entreprises Bufflier à Bonneville. Vint l'année soixante-quinze où j'ai effectué mon service militaire, j'étais de la 74/12 appelé aux 4° régiments du génie à la Valbonne près de Lyon, là aussi c'était la bonne époque. Je fus libéré le vingt-huit novembre dix-neuf cent soixante-quinze '' la quille !'' avec en poche mes permis VL. PL.
De retour dans le civil je me suis engagé dans le terrassement chez monsieur Le Breton aux Houches comme chauffeur PL, mais j'étais toujours attiré par mon métier, le besoin de créer, le désir, la passion de travailler le bois. Un week-end à la terrasse d'un café j'ai rencontré monsieur Amoudruz (menuisier ébéniste), il me demanda quand je voulais venir travailler pour lui, ma réponse fut immédiate, tout de suite lui ai-je dit, dès lundi matin ! Il faut dire qu'à cette époque il était absurde de donner son mois de préavis, c'est ainsi que je suis rentré dans son entreprise à Chamonix.
Nous étions treize employés, l’ambiance était très bonne et nous formions une très bonne équipe, le matin on commençait à sept heures trente, à neuf heures, la pose casse-croûte (quelquefois elle durait jusqu'à une heure de temps) on se faisait engueuler car le temps légal était de trente minutes, midi, puis treize heures trente, dix-huit heures. Je suis resté cinq ans chez lui jusqu'en dix-neuf cent quatre-vingt-un. Durant cette période nous étions une bande de copains du même âge ou presque, la semaine on ne sortait pas c'était le travail.
