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Depuis mon accident de voiture, des troubles bizarres viennent perturber ma vie jusque-là paisible. Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive. Plus les mois passent, plus ma santé se dégrade. Mes yeux me jouent des tours, je me sens attirée par le sol, je me cogne souvent, j'éprouve des difficultés à mémoriser, à conduire,... Je ressens comme une instabilité ! Un jour, ces troubles et mon épuisement m'obligent à consulter et la succession des rendez-vous médicaux et des examens commence, sans m'apporter de réponses concrètes ! Autour de moi, je remarque beaucoup d'incompréhension. Je me demande même si cela ne se passe pas dans ma tête, car personne ne le voit ! J'ai peur ! Que m'arrive t -il ? ...
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Seitenzahl: 213
Veröffentlichungsjahr: 2020
1ère partie
: Mon histoire
2ème partie
: L'histoire des vertiges et la rééducation
3ème partie
: Les témoignages,
Conclusion
Je remercie ma famille, mes amis pour leurs soutiens, leurs encouragements et monsieur M. pour son aide depuis de nombreuses années et sa collaboration.
Dans ce livre, vous allez découvrir un récit dans lequel Laëtitia, une jeune femme de 32 ans, raconte son parcours semé d'embûches.
Ce n'est ni un conte de fée, ni un roman d'aventures...
...c'est une histoire vraie et c'est "MON HISTOIRE".
Tout commence un matin d'hiver, le 18 janvier 2010.
C'est un jour semblable aux autres. Le temps est un peu maussade.
Comme chaque matin de la semaine, je prépare mes deux enfants pour partir à l'école. Mon fils est âgé de sept ans et ma fille de quatre ans.
Tout est calme dehors encore à cette heure-ci. L'avantage de vivre dans un village de trois cent cinquante habitants en région parisienne, c'est la sérénité qui y règne. Hormis une mairie et une église, il n'y a aucune commodité sur place. La proximité de grandes villes nous permet d'y trouver ce dont nous avons besoin et cela nous convient.
Il est l'heure de partir, tout le monde monte en voiture. Je dépose d'abord mon fils au périscolaire de la ville voisine.
Je me dirige ensuite vers un hameau à deux kilomètres pour déposer ma fille chez son assistante maternelle. Cette dernière l'emmènera, avec d'autres enfants, à la maternelle pour 9h00.
Je reprends ma voiture.
Avant de me rendre à mon travail, je dois prendre ma mère au passage. Suite au rattachement de son territoire à mon service, le hasard nous a permis de travailler ensemble depuis 2009. Nous faisons du covoiturage quand nous le pouvons.
Sur le chemin, un léger brouillard s'est installé. Je sors du village et m'engage à petite vitesse dans un virage en pente.
Tout d'un coup, la voiture réagit bizarrement. Je me rends compte que la route est glissante.
Je me rapproche sérieusement du champ situé à quelques mètres plus bas. Je cherche par tous les moyens à reprendre le contrôle de mon véhicule et tourne le volant vers la droite. Je réussis à rester sur la route, mais la voiture prend de la vitesse. JE FREINE ! Mon pied appuie à fond sur la pédale, mais les freins ne répondent pas !
J'ai PEUR !
La route est sinueuse. La voiture s'engage dans le dernier virage ! Au bout de la route se trouve un pont. Je veux récupérer ma trajectoire à tout prix.
Tout se passe très vite. Je tourne le volant à fond dans l'autre sens et je freine ENCORE et ENCORE... En fait, je crois bien que je n'ai jamais enlevé mon pied du frein ! Mais rien n'y fait, je n'arrive pas à redresser la direction de ma voiture et je me dirige dangereusement vers le cours d'eau. La panique m'envahit car je sais, à ce moment-là, que ma voiture ne répond plus et qu’elle dérape inextricablement.
Je réalise alors en quelques secondes que soit je percute un arbre, soit je plonge dans la rivière en contrebas !
Je regarde devant moi, le volant tourné à fond. La voiture est maintenant sur l'herbe.
Tout va très vite dans mon esprit. Je me dis que, peut-être, je pourrais quand même m’arrêter ! Je freine encore à fond, comme s'il y avait plusieurs paliers de freinage. Mais je ne fais que glisser, glisser, glisser...
C'EST L'IMPACT !
Le choc dans l'arbre est violent même à 40 km/h. Je ne sais plus où je suis, mais la voiture est enfin arrêtée ! J'enlève mon pied du frein. J'ai mal partout et des difficultés à respirer. Je suis totalement déboussolée.
J'essaie de reprendre mes esprits. En tout cas, ma voiture n’est pas tombée dans l’eau !
Immédiatement, je prends mon téléphone dans mon sac à main pour avertir mon mari. Je me souviens à ce moment-là qu'il me reste moins d'une minute d'appel sur ma carte prépayée. Il décroche et rapidement je lui demande de me rappeler, immédiatement car c'est très urgent. Il le fait dans la seconde qui suit. La première chose qui me vient en tête est de lui dire "je viens de casser la voiture". Il ne s'attendait pas à cette urgence. Je sens de la panique dans sa voix. Il me demande si je vais bien. Je ne me souviens pas de toute la conversation, ni du temps passé au téléphone avec lui. J’ai l’impression d’être un pantin. Une chose est certaine, il se charge d’appeler l’assurance pour faire venir une dépanneuse et quitte son travail pour me rejoindre. Il devrait être à mes côtés dans environ une heure et demie, car il travaille de l'autre côté de Paris.
Il me reste encore un peu de crédit pour prévenir ma mère qui m'attend. Mes parents habitent à proximité. Ils me répondent, je dois faire vite pour ne pas être coupée, j'essaie de leur expliquer où je suis. Mais je bafouille, je n'arrive pas à être claire dans mes propos. Face à mon désarroi et mon affolement, ils me disent qu'ils arrivent sans délai.
Après avoir raccroché, je me rends compte que je suis toujours dans la voiture. Je m'en extirpe pour les attendre, mais je me sens toute disloquée ! Mes yeux se dirigent sur ma voiture, l'arbre et l'eau !
J'ai eu de la chance. Le cours d’eau est gonflé par les pluies importantes tombées ces derniers jours. Ma voiture aurait fait une chute en avant de plus d’un mètre en tombant dans la rivière. Les autres véhicules n’auraient pas pu me voir, ni me secourir ! Cette perspective me fait froid dans le dos !
Je ne peux plus réfléchir, je me sens défaillir, mes jambes ne me portent plus. Je m'adosse contre le muret du pont et m’oblige à m’asseoir. Je tremble de tout mon corps et suis prise d’une crise de spasmophilie. Les larmes me montent aux yeux. Est-ce le choc, la peur, le stress, le contrecoup ou tout à la fois ?
Il commence à y avoir du passage sur la route. Une première voiture arrive doucement, un homme de taille moyenne, aux cheveux bruns en sort pour me venir en aide.
D'autres véhicules le suivent lentement. J'aperçois également la voiture de la nounou de ma fille qui emprunte cette route pour déposer les enfants à l’école. Elle me reconnait, s'arrête et me demande comment je vais. Heureusement, ma fille ne me voit pas, elle regarde de l'autre côté. Je réponds que je vais bien, malgré mes larmes et surtout lui demande de partir rapidement, car je ne veux pas que ma fille me voit ainsi.
Le jeune papa m'aide à monter dans sa voiture au chaud à côté de son fils, âgé d'environ 3 ans. Je tremble de tout mon corps. Je ne me suis pas rendue compte du froid glacial de ce matin d’hiver. Je suis totalement ailleurs. Il me demande s'il faut appeler les pompiers, mais je lui réponds que cela n’est pas nécessaire, je pense que je vais bien et mes proches vont arriver très vite. Il décide de veiller sur moi et de me garder au chaud en attendant.
En fait, le brouillard épais, ce matin-là, est givrant et a gelé toute la route. J'apprendrai plus tard qu'il n'y avait que cette voie verglacée.
Comme je n'ai pas réussi à expliquer à mes parents où j'étais avec précision, ils prennent chacun leur véhicule, mais deux chemins différents pour me retrouver.
Mon père arrive le premier. Il se gare de l'autre côté du pont et sort de sa voiture avec précaution. Il me cherche du regard. Il porte une veste chaude, mais il n'a pas pris le temps de mettre un couvre-chef malgré le froid. J'aperçois ses cheveux blancs sur son crâne dégarni. Je remercie le jeune papa pour avoir veillé sur moi et sors du véhicule pour rejoindre mon père.
Peu après, ma mère arrive par la même route que j'ai empruntée. Elle roule doucement, mais tout d'un coup, son véhicule se met à glisser également. Elle s'arrête, in extremis, juste au bord de la voie. Heureusement, car plus loin sa voiture aurait pu tomber dans le fossé. Passé ce moment de stress, elle reprend ses esprits, recule et nous rejoint plus bas. Elle porte un manteau long et sa chevelure brune tombe sur ses épaules. En me voyant debout, rassurée elle m’enlace. Toutefois, elle s’inquiète de la pâleur de mon visage.
Après s’être assurée que cela allait mieux, ma mère part à son travail et se charge d’avertir ma chef de service pour mon accident. Mon père reste à mes côtés jusqu’à l’arrivée de mon mari.
La mairie, avertie par un postier, a mandaté la police municipale pour dresser un procès-verbal de l'accident. La route est une vraie patinoire.
Quand l'agent de police sort de son véhicule, il glisse et se rattrape en se retenant à la poignée de la porte. Il ne s'y attendait pas.
Un échange s’engage afin de relater les circonstances de l’accident et je m’efforce d’expliquer les faits le plus clairement possible, malgré mon état. Cela me demande une énergie folle et m’épuise.
A son départ, je regarde autour de moi. Tout est plus calme, plus personne dans les environs. Le temps est triste et plus froid. De la buée sort de ma bouche. Je tremble toujours, tout est embrouillé. Je suis encore sous le choc. Je dois réagir. Je demande à mon père de m'aider à vider ma voiture et tout mettre dans la sienne.
Au fur et à mesure que les minutes passent, j'ai de plus en plus mal au cou, au dos, aux genoux. C'est normal, car j’ai cramponné mon volant, appuyé sur le frein pendant toute la descente et je me suis crispée pendant l'impact.
Un certain temps s'écoule avant l'arrivée de la dépanneuse. Un homme en sort et vient à notre rencontre. Il ne m’est pas possible de le décrire physiquement, car mes yeux sont fixés sur ma voiture. Je suis pensive et me demande ce qu'elle va devenir. Le dépanneur attache les sangles et appuie sur un bouton pour l'extirper de l'arbre. Il s'y reprend à plusieurs reprises. J'entends le bruit de la tôle froissée, c'est horrible ! Cela résonne dans ma tête. J'aperçois l’avant qui a percuté l’arbre, il est tout enfoncé. Par réflexe, je porte mes mains à mon visage comme si je voyais une image d'horreur. J'en ai les larmes aux yeux. A mon grand étonnement, l'arbre, lui, n'a rien !
Le dépanneur a réussi à mettre mon véhicule sur la remorque. Il l'attache. Avant de repartir, il nous donne des indications, mais je suis incapable de retenir quoi que ce soit, heureusement mon père est là et prend le relais.
Mon mari arrive enfin ! Il s’est passé une heure et demie depuis l'accident dans ce froid et ce brouillard. Il sort précipitamment et me rejoint. Je le regarde intensément et me sens soulagée. Je fixe ses grands yeux verts jusqu'à ce qu'il me prenne dans ses bras. J'essaie de plaisanter pour lui montrer que ça va. Mais il me connait bien et me fait comprendre que je suis choquée par ce que je viens de vivre. Il discute ensuite avec mon père, mais moi je suis ailleurs, à des milliers de kilomètres.
J'ai l'impression d'être en plein cauchemar. Je vais peut-être me réveiller ! Mais non, c'est la réalité, l’accident s'est réellement passé !
Je souffre de plus en plus. Les douleurs occasionnées par l’impact se font ressentir de plus en plus, les contractures augmentent.
Mon père repart et mon mari m’installe dans sa voiture pour m’emmener à mon travail, afin que je remplisse les documents d'accident de trajet avec ma chef de service.
Quand j'arrive, une collègue se précipite vers moi, elle m'attendait très inquiète. Ma mère l'avait informée de mon accident. Je reste peu de temps avec elle et me rend dans le bureau de ma responsable qui m'attend pour déclarer mon accident du travail. C'est un petit bout de femme d'une cinquantaine d'années. Elle est blonde avec les cheveux attachés en queue de cheval. Elle me propose de m'asseoir et me tend les papiers. Je saisis le stylo mais je tremble tellement que je n'arrive pas à écrire. Elle me propose de le faire à ma place ce que j'accepte volontiers. Elle me pose au fur et à mesure les questions et j'essaie d’y répondre le plus précisément possible, mais c'est compliqué et douloureux pour moi. Elle voit que je suis toute retournée. Elle me remet les documents nécessaires pour me rendre aux urgences et me demande de la tenir informée de mon état de santé.
Nous reprenons la voiture et partons en direction de la clinique située à 5 minutes de mon travail.
Arrivée aux urgences, je dois patienter. Même si j’ai été victime d’un accident de la circulation, je suis arrivée par mes propres moyens et debout, je dois attendre mon tour !
Le temps me parait très long et mes douleurs s'intensifient encore et encore. J'ai l'impression d'être en feu, tout mon cou et mon dos me brûlent.
Enfin, un interne m'installe dans une chambre. Le médecin arrive pour m'ausculter. Après une batterie de questions, il me fait passer une radio du rachis-cervico-dorsal : une entorse cervicale est diagnostiquée. Il me demande de prendre rendez-vous rapidement avec mon médecin traitant pour les suites. En sortant, j'appelle immédiatement le cabinet et obtiens un rendez-vous le 21 janvier.
En fin d'après-midi, je suis enfin chez moi !
Je monte dans ma chambre et prend une douche. Je souhaite me laver de cette horrible journée, mais également me débarrasser de l'odeur de l'hôpital sur moi.
Malgré l'eau bien chaude, j'ai toujours très froid. Je m'habille chaudement et m’installe ensuite confortablement sur le canapé pour me détendre et soulager mes douleurs.
Mon mari est parti récupérer les enfants. Quand ils rentrent, ils sont inquiets en me voyant toute affaiblie, pâle et avec le cou coincé. Je ne veux pas qu'ils s’affolent, alors je les prends dans mes bras et les embrasse fort en leur parlant avec douceur pour les rassurer.
Je n'ai plus de voiture !
Il faut que je pense à organiser la dépose des enfants à l'école pour le reste de la semaine. Je demande donc à mon père retraité de passer les prendre le matin. Mon mari se chargera de les reprendre le soir.
Je suis soulagée, mais qu'en partie. Je ne me sens pas capable de reconduire, j'ai trop PEUR. Pourtant, il va bien falloir que je le fasse un jour. Mais pas maintenant, c'est beaucoup trop tôt !
Le 21 janvier, mon père m'emmène chez mon médecin traitant, une femme d'une petite quarantaine d'années, dynamique et toujours de bonne humeur. Quand je rentre dans son cabinet, elle s’aperçoit tout de suite que quelque chose ne va pas. Je lui relate mon accident de voiture. Elle m'ausculte de la tête aux pieds et prend ma tension. J'ai des bleus sur les deux genoux et des douleurs importantes au cou et au dos. Nous remplissons les papiers d’accident du travail et notons avec précision les blessures constatées. Ensuite, elle me prescrit des antalgiques, un collier cervical, des séances de kinésithérapie et décide dans un premier temps de me faire un arrêt de travail de trois semaines. Un nouveau rendez-vous est prévu afin de poursuivre le bilan de l’évolution de mon état.
La vie continue et j’essaye d’adapter mon quotidien à mes problèmes de santé.
Fin janvier, pour me changer les idées, mon mari décide de m’inviter au restaurant pour fêter nos deux anniversaires. Le mien a eu lieu quatre jours avant mon accident et celui de mon mari est dans les jours à venir.
Il faut bien passer à autre chose. Nous avons confié les enfants à mes parents. La soirée fut agréable, mais difficile à supporter compte tenu de mes douleurs. J'ai eu, à plusieurs reprises pendant le repas, envie de m'allonger et chauffer mon cou pour atténuer la douleur. Mon traitement antalgique ne m’a pas longtemps soulagée !
Quelques jours plus tard, nous devons nous rendre au garage pour l’expertise de ma voiture. Sera-t'elle réparable ou devrons nous en racheter une autre ?
Au moment de partir et contre toute attente, mon mari me tend les clefs. Je refuse avec un mouvement de recul, je n’ai pas reconduit depuis mon accident ! Mais il ne me laisse pas le choix, je dois me faire violence. A peine assise derrière le volant, je me mets à pleurer et à trembler. Le moteur est en route. Je commence à avancer, mais je suis EFFRAYEE. Les larmes coulent et je n'arrive pas à me calmer. Je roule tout doucement. Je sors du village et me dirige vers une route départementale. Mon mari m'encourage avec beaucoup de douceur et de calme. J'ai très PEUR et je suis tellement STRESSEE que mes mains se crispent sur le volant et mes douleurs s'intensifient.
Quelques minutes plus tard, qui m’ont parues interminables, je me gare sur un parking et rends le volant à mon mari.
Je suis soulagée mais également fière de moi. J’ai pu dépasser mon angoisse de reconduire. Cette expérience m’a demandé un effort monumental comme si j’avais couru à toute vitesse ! Le premier pas est fait, maintenant je dois petit à petit reprendre l’assurance que j’avais avant mon accident !
Mon mari est fier de moi. Pour lui, il était indispensable que je reconduise rapidement pour éviter un blocage. Même si cela a été une terrible épreuve pour moi, je le remercie de m’y avoir poussée.
Nous arrivons au garage. A la vue de ma voiture accidentée, je me remets à pleurer.
Mon mari découvre les dégâts. Moi, je revis mon cauchemar !
Les images de mon accident me reviennent de plein fouet et je ne peux pas m’empêcher de me dire que j'aurai dû faire comme ceci ou comme cela. Toutefois, avec le recul, je conclus que je n'aurai pas pu agir autrement sur une route verglacée et mon mari me le confirme.
Cela ne me console pas ! Que va devenir ma voiture ? Nous finissons de la vider. Maintenant, elle est dans les mains de l'expert automobile. Quelle décision sera prise ?
Début février comme prévu, mon père m'emmène de nouveau voir mon médecin. Nous faisons le point sur mes douleurs. Je lui parle de mon genou gauche qui me fait souffrir. Après m'avoir auscultée, elle me prescrit des examens complémentaires et me prépare une ordonnance pour passer une IRM, plutôt qu’une simple radiographie qui ne suffirait pas à détecter une lésion en profondeur. Une fois rentrée, j'appelle le service IRM qui me fixe un rendez-vous pour le 22 février 2010 seulement. Il va falloir que je patiente ! Je suis inquiète. Mais qu'est-ce que j'ai ?
Je vais bientôt reprendre mon travail. Il va falloir trouver une solution pour m’y rendre en attendant les résultats de l'expertise. L'assurance peut prendre en charge la location d'une voiture pour une dizaine de jours. Nous louons donc une voiture. Je m'installe et la conduis tout doucement pour repartir. Je n'ai pas trop confiance en moi et ne suis pas très rassurée.
Le jour de ma reprise, je roule avec beaucoup de prudence. Je suis secrétaire depuis huit ans dans une institution. Nous sommes cinq secrétaires dans une même pièce. Je m'installe à mon bureau, mais l'accueil est froid et sans mot de sympathie, comme si rien ne m'était arrivé. Elles m'ignorent. Je m'y attendais, car elle ne m'ont jamais montré d'empathie et la convivialité n'a jamais été réellement présente. J'essaie de ne pas y faire attention. J'allume mon ordinateur et regarde mon courrier. Le service se remplit. Je vais voir d'autres collègues. Elles sont ravies de me revoir, me témoignent de la bienveillance et me posent de multiples questions. Le premier jour a été très dur émotionnellement et physiquement. Il faut que je reprenne mes marques !
L'expert automobile a rendu son rapport. Le montant des réparations possibles équivaut à la valeur de ma voiture. Après réflexion, nous décidons d'en racheter une autre et par chance, nous en trouvons une rapidement.
22 février, je passe l'IRM de mon genou. Je stresse un peu, j'ai peur de ce que le docteur va découvrir. Je me présente au secrétariat pour constituer mon dossier et je patiente. Le médecin m'appelle, je me déshabille et enfile une blouse stérile. Je suis impressionnée par la grosseur de la machine qui parait remplir la totalité de la pièce. Je m'allonge sur une table les pieds en avant. Le radiologue m'attache la jambe et la couvre d’un poids pour ne pas bouger. Après m'avoir donné les consignes, il m'installe un casque sur les oreilles pour écouter de la musique et couvrir ainsi le bruit de la machine.
L’examen commence. La table rentre dans le tunnel jusqu'au niveau de la poitrine. C’est impressionnant ! La table se stabilise, la machine vibre et tambourine tel un marteau piqueur. Les instructions données dans le casque m’ordonnent de ne plus bouger. L'examen s’achève après un long moment puis je retourne en salle d'attente. J'appréhende le diagnostic final. Le médecin m'appelle enfin. Je rentre dans son cabinet. Il me questionne puis m'annonce que je présente une fissuration de la corne postérieure du ménisque interne, ainsi qu’un kyste méniscal. Je suis toute retournée ! Même si je sentais que quelque chose n’allait pas, je ne pensais pas que le problème serait si important.
Je revois de nouveau mon médecin le 26 février pour lui transmettre mes résultats. Elle m'oriente vers un chirurgien orthopédiste pour avoir son avis. Je réussis à obtenir un rendez-vous rapidement dans la même clinique. Je suis reçue par un chirurgien en blouse blanche, grand et élancé. Je rentre dans son bureau composé d’un mobilier moderne. Je m'installe, lui remet le courrier de mon médecin et mon dossier médical. Le chirurgien me pose quelques questions sur mes antécédents médicaux, mes douleurs et leur durée. Après notre échange, il m'annonce : "il faut opérer en faisant une résection méniscale ". Après réflexion et surtout compte tenu de la douleur quotidienne, j'accepte.
Le 15 mars, mon mari et mes enfants m'emmènent à la clinique. Je dois me préparer pour l'opération. Un brancardier vient me chercher pour me descendre au bloc opératoire.
L'intervention terminée, je suis installée en salle de réveil. Je ne sens pas encore mes membres inférieurs. Je dois donc attendre que l'anesthésie se dissipe pour pouvoir bouger de nouveau mes orteils. Un peu plus tard, une aide soignante m'annonce que l'opération s'est bien passée et qu'après auscultation, je peux maintenant remonter dans ma chambre.
Le lendemain matin, une infirmière vient me voir pour faire le point avant mon départ. Elle me demande de marcher. Seulement, je n’arrive pas à prendre appui sur ma jambe. Même sur la pointe du pied, c'est très douloureux. Je dois poser mon pied entièrement et y mettre tout mon poids. En fin de matinée, ma mère vient me chercher. Heureusement, j'ai prévu des béquilles sinon je pense que je serais partie à cloche-pied !
De retour chez moi, je contacte le kinésithérapeute qui me suit depuis mon accident pour que, dans un premier temps, ma rééducation se fasse à mon domicile. Pour mes soins, une infirmière passe tous les jours pour me faire une piqûre afin d’éviter une phlébite et changer mon pansement.
Mon quotidien n'est pas évident. Je n'arrive toujours pas à prendre appui sur ma jambe. Les déplacements dans la maison sont limités. Le matin au lever, je fais un maximum de choses à l'étage avant de prendre mon petit déjeuner. Je descends l'escalier sur les fesses. Une fois en bas, j'espère ne rien avoir oublié, car je ne remonterai que le soir pour aller me coucher !
Quelques jours s'écoulent et je peux enfin poser mon pied et me déplacer plus facilement grâce à la rééducation.
Les semaines passent, je reste fatiguée. J’ai du mal à récupérer. Toutes les personnes autour de moi me disent "c'est normal, il faut que ton corps digère l'anesthésie". Je pense la même chose, mais je veux que cela s'arrange vite !
Mon objectif est de retrouver l'aisance de mon genou et de reprendre rapidement le travail. Je ne comprends pas pourquoi je n'arrive pas à le plier. La douleur est moins intense, mais je sens comme un blocage à l'intérieur. J'en parle au kiné pour qu'il me rassure. Pour certaines personnes la récupération peut être plus longue, il faut être patiente. J'en informe également mon médecin lors d'un rendez-vous, elle me répond la même chose. Mon arrêt de travail est prolongé. Je n'arrive toujours pas à conduire puisque ma jambe est raide. Je poursuis ma rééducation avec entrain et espère une amélioration prochaine.
De plus en plus, je ressens le besoin de me changer les idées et de voir du monde. Chez moi je tourne en rond, je suis seule toute la journée. Le temps est maussade, il fait froid et il pleut souvent. Cela ne remonte pas mon moral. J'attends patiemment le soir pour parler avec mes enfants et mon mari. Cela me distrait un peu car, pour ma part, je n'ai pas grand chose à raconter.
Après plusieurs semaines d'arrêt, enfin une amélioration, je peux plier mon genou à environ 40°. Même si ma fatigue est toujours là, je vais pouvoir reprendre le travail. Heureusement que ma nouvelle voiture a une boite automatique, je n'ai pas besoin de solliciter ma jambe gauche pour appuyer sur l'embrayage.
