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L'histoire d'Albator commence au fond d'un magasin. Plutôt mal en point et dans une cage trop petite, il attire l'attention de Marie alors qu'elle rend visite à son amie. Etudiante infirmière, Marie qui n'y connaît rien aux lapins, décide de l'emmener en urgence chez le vétérinaire car elle est touchée par la souffrance qu'il semble endurer. Contre toute attente, elle se prend d'affection pour lui. Le problème, c'est qu'il a déjà une famille... Vous le trouvez mignon, vous aussi, n'est-ce pas?... Et si c'était l'animal de votre ami(e) et qu'il (elle) le maltraitait, que feriez-vous?... Fermeriez-vous les yeux pour garder votre ami(e)?... Ou décideriez-vous de le sauver?... "Albator ou la vie à tout prix..." rappelle que la plus petite de nos actions, relative à la bientraitance animale est importante et représente un acte militant.
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Seitenzahl: 135
Veröffentlichungsjahr: 2022
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À Ma fille, Cassandre, que j'aime de tout mon être,
Ma mère qui s'est évertuée à m'enseigner les prémices des calculs de doses,
Mon père qui m'a transmis la passion de l'écriture et des arts quels qu'ils soient,
Ma sœur, si sensible sous cette carapace,
Mon frère et ma belle-sœur pour leurs conseils et références,
Mon neveu et mes nièces qui me découvriront sous un autre jour,
Koudé et Hélène,
Mme Perez-Cruz, directeur de mon mémoire, qui m'avait conseillée d'écrire et Mme Monsoreau qui m'a défendue comme une lionne pendant ma formation,
Mon vétérinaire pour son soutien, ses conseils décisifs, son implication,
Mes amis Ginou, Hélène, Nicole, Cidallia,
Les désireux de se changer les idées, les amoureux des animaux, les novices en soins animaliers,
Les étudiants en soins infirmiers, en soins vétérinaires,
Et peut-être, mes détracteurs qui me liront, par curiosité et par esprit critique.
Mais avant tout, à Albator, mon patient non-communiquant zéro, pour cette vie qu'il a partagée avec nous, cette richesse qu'il nous a apportée, je lui serai éternellement reconnaissante de m'avoir inspirée à ce point et de m'avoir donnée la force de me lancer dans l'écriture car là où les humains ont échoué à me motiver, lui m'a portée dans cette aventure.
Certains trouveront cette dédicace ridicule mais Albator mérite tout mon respect au même titre que n'importe quel être humain.
À lui et tous les animaux qui souffrent dans ce monde.
Aux Hommes que j'espère plus humains et empathiques et que je souhaite toucher par mes mots.
Prologue
Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III
Chapitre IV
Chapitre V
Chapitre VI
Chapitre VII
Chapitre VIII
Chapitre IX
Chapitre X
Chapitre XI
Chapitre XII
Chapitre XIII
Chapitre XIV
Chapitre XV
Chapitre XVI
Chapitre XVII
Chapitre XVIII
Chapitre XIX
Chapitre XX
Chapitre XXI
Chapitre XXII
Chapitre XXIII
Chapitre XXIV
Chapitre XXV
Chapitre XXVI
Epilogue
Plus jeune, j'avais peur des animaux.
Mon frère , ma sœur et moi avions été élevés dans un univers sans animaux. À part notre petit hamster Capucine et mon escargot Yoggi, nous étions vierges de toute complicité avec tout être poilu à quatre pattes.
Je me souviens que j'avais, alors que j'étais en vacances à la Réunion, refusé de laisser dormir au bout du lit, un petit chaton. Il était malade, atteint du coryza, mais à l'époque j'ignorais le nom de cette infection mortelle pour les chats. Il en était mort deux jours après. Je pense que je n'aurais rien pu faire pour lui. Mais, aujourd'hui, la culpabilité me tenaille toujours lorsque je repense à mon comportement. Aujourd'hui, j'aurais tout fait pour le sauver.
C'est grâce à ma fille, si j'ai changé à ce niveau. C'est elle qui m'a réclamé, à corps et à cri, un chat à ses huit ans. Puis un chat en amenant un autre… nous sommes arrivées à quatre chats. Le quatrième était peut-être de trop mais nous l'aimons.
Je suis devenue la mère Thérèsa des chats. Et toute ma famille est tout aussi charitable envers eux maintenant. Ma sœur a deux chats, mon frère en a eu plusieurs, mes parents qui vivent à la Réunion, en ont une dizaine.
J'aime mes chats mais celui qui a vraiment touché mon cœur, c'est Albator.
Certains se demanderont pourquoi, en tant qu'infirmière, je parle de la mort d'un lapin.
Le récit,que vous allez lire, dénonce la maltraitance. Là où elle est présente, elle est implicitement liée aux enjeux qui se jouent entre vulnérabilité de la victime et pouvoir du donneur de soins.
La volonté de celui qui a le pouvoir est déterminante : c'est à lui de maintenir de manière perpétuelle une relation symétrique (d'égalité) entre le soigné et le soignant sous peine de laisser place à une relation dominant-dominé et à un risque de maltraitance aiguë.
Pour exemple, sur Instagram (vous pouvez suivre mes pensées et expériences sur mon compte : marie.souton), j'ai raconté mon deuxième stage réalisé en crèche lors de ma première année.
Les enfants que nous avions à charge étaient âgés de deux à douze mois. Biberons, changes, repas et siestes rythmaient leurs journées et les nôtres.
Parmi mes collègues, j'en avais remarqué une que le non-respect de la planification des soins ne dérangeait pas : nous l'appellerons Gothel.
Avec elle, un enfant pouvait avoir son premier change à huit heures le matin et le deuxième à dix-huit heures, un peu avant l'arrivée de ses parents. Oui... un enfant pouvait passer douze heures de suite avec la même protection souillée, sans que ça dérange Gothel !
Ayant remarqué cela, je décidais de remédier au problème en jouant les stagiaires zélées et en lui demandant, avant le repas de midi, si je pouvais changer ses enfants à charge. Avec dédain, puisque j'étais étudiante, elle acceptait à chaque fois. Je me retrouvais donc à faire son travail. Mais peu m'importait : les enfants étaient changés.
Plus tard, je remarquais qu'elle avait ses "chouchous" et cela se ressentait sur les repas. Ils mangeaient toujours en premier. Je proposais donc, régulièrement, de l'aider dans les repas. De cette manière, les préférences étaient gommées.
Plus je l'aidais et plus elle me prenait pour une niaise...
Gothel ne supportait que les pleurs de ses chouchous. Une fois, je l'avais vue ramener de force au coin repas, une enfant épuisée de sa journée, présente depuis 7h (il était alors environ 18h30), qui pleurnichait. Elle lui avait donné son repas, enchaînant cuillère après cuillère, ne lui laissant aucun répit entre chaque bouchée.
Elle la gavait littéralement.
J'avais remarqué que les collègues détournaient le regard à chaque maltraitance. Gothel était bien vue par les différentes équipes et faisait partie d'un groupe de "grandes gueules". Personne n'osait la contredire, ni la reprendre lors de ses écarts.
Certains collègues me regardaient d'un air entendu lorsqu'elle agissait mal. Ma conscience commençait à me torturer et peu à peu, je perdais le sommeil. Lorsque le pire était arrivé, ne me laissant pas le choix…
J'étais au coin repas en train de réchauffer un biberon. De là où j'étais, je pouvais continuer à surveiller les enfants dans l'aire de jeux. C, une enfant de 11 mois, qui commençait à se tenir debout, essayait d'escalader un petit fauteuil en mousse, à bascule. Craignant qu'elle puisse se faire mal et voulant attirer l'attention de mes collègues sur le risque de chute, j'avais interpellé l'enfant. Elle s'était retournée puis avait repris son ascension. Deux de mes collègues étaient en train de donner à manger aux enfants. Restait Gothel qui s'occupait entièrement d'un de ses chouchous, en lui faisant régulièrement des câlins.
Elle négligeait complètement les autres enfants. Elle avait soudain réalisé qu'elle allait devoir laisser momentanément son chouchou.
Elle s'était levée d'un bond, décidée.
Je l'avais vue saisir C sous les bras, par derrière et la mettre violemment assise sur le tapis. Puis, à plusieurs reprises, elle avait tapé les fesses de l'enfant contre le sol. La tête de C avait suivi les secousses. Lorsque Gothel avait arrêté de la secouer, l'enfant était restée prostrée quelques instants, le regard dans le vide, puis avait recommencé à jouer.
J'étais sidérée. Je pensais, immédiatement, au "syndrome du bébé secoué". Je regardais C en train de jouer tranquillement dans un coin. Elle était calme.
Cette fois, ma conscience me torturait réellement. Je savais qu'il fallait que je dénonce les faits mais je tenais à contacter ma référente pédagogique avant de faire quoique ce soit. Lors de mon premier stage qui avait été très éprouvant, je ne l'avais pas fait et je m'étais sentie plus que vulnérable. De retour à l'institut de formation, ma référente m'avait d'ailleurs conseillée de ne pas faire la même erreur par la suite.
Alors, j'attendais le "signal" de Mme M.
Les heures passaient et je n'avais aucune nouvelle. J'étais rentrée chez moi, complètement traumatisée par cette journée. J'étais comme un zombie...
Cette nuit là, je n'avais pas dormi. J'avais vu sur internet, les complications du syndrome du bébé secoué. En sortant de mon lit, ce matin, j'étais décidée à aller voir les cadres.
En arrivant à la crèche, j'avais confié à une des auxiliaires avec qui j'étais complice, ce que j'allais faire. Elle décidait de m'accompagner car elle culpabilisait de ne rien dire et craignait d'être considérée comme complice. Le fait de ne pas aller voir les cadres, seule, me rassurait.
Arrivées dans le bureau de la cadre de service, nous constations que la cadre supérieure était aussi présente. Ma collègue et moi avions, toutes deux, relaté la scène de la veille. À la fin de notre récit, les cadres avaient remercié ma collègue et lui avaient ensuite demandé de retourner auprès des enfants. Moi, par contre, on m'avait priée de rester.
Seule face à elles, les cadres m'avaient demandé si j'étais bien sûr de ce que j'avançais. Je ne comprenais pas qu'elles puissent douter de mon discours. Ma collègue avait dénoncé les mêmes faits. Au bout de quelques minutes, alors qu'elles m'annonçaient qu'elles voulaient me confronter à Gothel, tout devenait clair pour moi : elles tentaient de m'intimider. À vrai dire, l'initiative semblait plus venir de la cadre supérieure, dans la mesure où elle menait "l'interrogatoire". Elle ne cessait de me demander si j'étais sûre de vouloir la confrontation.
J'étais sûre de moi, je ne craignais pas de me retrouver face à Gothel et je ne supportais pas qu'on essaye de taire la vérité. Ça me mettait hors de moi. On parlait d'enfants en crèche...
Devant ma détermination, la cadre de proximité avait appelé Gothel. Elle s'était présentée quelques minutes plus tard, l'air hautain et confiante. Elle ne m'avait pas adressé un seul regard. Pourtant, moi, je la dévisageais, cherchant la moindre émotion qui pourrait la trahir.
Alors que la cadre supérieure lui exposait les faits dont je l'accusais, elle écoutait, impassible.
Puis, silence. Nous étions trois à la regarder et à attendre une réaction.
Très calme et sans me jeter un regard, elle avait annoncé que tout ce que j'avais dit était faux, que je mentais.
J'étais hors de moi. Elle avait un tel aplomb. Je ne tenais plus en place. J'avais alors repris les faits, avec un ton bien plus haut que je ne l'aurais voulu et je la sommais de me regarder droit dans les yeux et de réaffirmer que tout était faux. Ce qu'elle avait fait. J'avais fini en disant que, de toute façon, il y avait des témoins.
L'entretien s'était terminé. Les cadres m'avaient dit qu'elles me tiendraient au courant de la suite des événements.
J'étais retournée dans mon service.
Pour je ne sais quelle raison, j'étais plutôt gênée. Mais, j'avais pu compter sur le soutien de l'auxiliaire qui avait tenu à m'accompagner.
Elle avait été horrifiée de savoir qu'on n'avait douté de ma parole et que Gothel n'avait pas été inquiétée. En l'absence de ma tutrice, c'était elle qui prenait le relais et ce jour-là, elle avait largement rempli sa mission. Elle était restée à mes côtés dans toutes les actions que j'entreprenais, comme pour me protéger. Je commençais à croire que les choses allaient en rester là et que j'avais fait tout çà pour rien. Je me disais qu'au moins, j'avais ma conscience pour moi. Je n'avais plus vu Gothel de la matinée. Et c'était bien mieux comme ça.
En début d'après-midi, en allant au vestiaire, je m'étais rendue compte que certaines personnes ne me parlaient plus.
Mais, à mon grand étonnement, des auxiliaires à qui je n'avais jamais parlé, étaient venues me dire que j'avais bien fait de parler et que ça faisait longtemps que ce genre de choses arrivait.
J'avais compris que beaucoup n'osaient pas parlé parce qu'elles craignaient les retombées, en l'occurrence la pression qu'aurait pu exercer un petit groupe de "grandes gueules". On m'avait confié des histoires d'enfants brûlés par la nourriture trop chaude, rabaissés verbalement… Comment était-ce possible?!!!
J'appréciais de voir qu'il y avait encore de bons éléments mais j'étais triste pour ces enfants.
Je me disais qu'ils étaient confiés par leurs parents, en toute confiance, au personnel de cette crèche.
J'étais toute à mes pensées lorsque j'avais entendu la voix de ma référente. Elle était venue en personne sur le lieu de stage.
J'étais tellement heureuse de la voir.
À demi-mot, elle m'avait demandé de l'attendre à l'extérieur.
Avec un ton sec et cassant, elle s'était présentée aux cadres, surprises de la voir et plutôt mal à l'aise.
J'avais juste eu le temps de les voir rentrer dans le bureau, avant de sortir…
Pendant que j'attendais à l'extérieur, l'étudiante qui était sur le même lieu de stage que moi, m'avait raconté que Gothel était passée à son étage pour mettre sa "bande" au courant de mes agissements.
C'était ainsi qu'elle avait eu connaissance de mon intervention auprès des cadres.
D'après ce qu'elle disait, elles étaient loin d'être bienveillantes envers moi.
Certaines avaient même évoqué la possibilité de m'attendre à la sortie. Toutes considéraient que je n'aurais pas dû dénoncer les faits et que ça ne se faisait pas. J'écoutais sans mot dire, toujours persuadée du bien fondé de mes actions.
Mais j'étais quand même atterrée de voir que l'on considérait Gothel comme une victime. J'avais relaté la scène du bébé secoué à l'étudiante. Elle comprenait ma décision mais avait insisté pour que je sois sur mes gardes car selon ses dires, elles semblaient mauvaises.
J'essayais de la rassurer en disant que c'était des paroles en l'air. En vain.
Ma référente était enfin sortie. Sur un ton ironique, elle m'avait dit que je m'étais encore faite remarquer. Elle avait, apparemment, été sèche et ferme et les avait prévenues qu'il était hors de question qu'il y ait de quelconques retombées.
Pas de non acquis sur ma feuille de stage, pas d'intimidation à mon encontre car elles auraient affaire à elle.
Elle avait souligné que son étudiante avait mis, au grand jour, des faits dont elles avaient connaissance et qu'elles taisaient sciemment.
Les jours suivants avaient été compliqués pour moi, mais pas autant que pour l'autre étudiante qui subissait des pressions et des railleries à cause de moi. Pourtant, aucune des auxiliaires n'était venue me voir. Sur les conseils de ma référente, j'avais dû me mettre sur liste rouge et déposer une main courante.
Pour ce faire, j'avais dû récupérer le nom de famille de Gothel auprès de la crèche. Ayant eu vent de cette demande, la cadre supérieure m'avait rappelée pour savoir ce que je voulais en faire.
Je lui avais donc parlé des menaces qui avaient été faites à mon encontre.
Elle avait essayé de me dissuader d'aller porter plainte.
J'en avais parlé à ma référente qui m'avait dit de ne pas m'inquiéter et que l'affaire suivrait son cours.
Par la suite, j'avais su qu'un signalement avait été fait à l'ARS et qu'il avait été inévitable de renvoyer Gothel.
Ma feuille de stage ne portait aucune trace des événements passés. Pour mon bilan de fin de stage, j'avais eu une infirmière que je connaissais à peine, mais très agréable.
À la fin de mon stage, la cadre de proximité m'avait proposé de venir travailler au sein de la crèche !!!!... J'avais alors eu l'impression qu'elle se moquait de moi.
Quel étudiant aurait eu envie de revenir travailler sur ce lieu de stage ?...
C'était une goutte d'eau dans l'océan, mais j'avais ma conscience pour moi, en tout cas…
Cinq ans après, cet épisode fait toujours écho en moi et a, sûrement, eu une influence profonde dans les actions que j'ai entreprises pour sauver Albator.
Tout est lié car quand on est soignant, on l'est au travail, dans sa vie de tous les jours et dans sa chair.
Samedi 21 Septembre 2019, 10h35.
La maison, ou plutôt l'appartement, et étrangement, là, maintenant, j'avais une réflexion sur le mot "maison", utilisé ici, comme synonyme de refuge affectif, de foyer chaleureux… donc, notre maison était calme.
Seuls les bruits de la ville au loin, comme le klaxon des voitures et les sirènes de camions de pompiers, venaient perturber le silence ambiant.
"Sirène", c'était joli pour un bruit aussi tonitruant, bien que le chant d'une de ces créatures ne m'était jamais parvenu aux oreilles…