Flair et courage - Bill Buffalo - E-Book

Flair et courage E-Book

Bill Buffalo

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Beschreibung

Lors d'une expédition, Buffalo Bill aperçoit des empreintes en grands nombre : une troupe de bandit déguisée en indiens. D'autres empreintes montrent qu'un convoi composé de plusieurs chariots est également non loin de là. Les bandits attaquent le convoi, tuant 3 hommes, blessant grièvement un vieillard et enlevant deux soeurs. Buffalo Bill entame la poursuite pour délivrer les deux soeurs...

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Flair et courage

Pages de titreTexas Jack découvre une piste.La vengeance d’une femme jalouse.Les deux étrangers.Les renégats blancs.L’attaque du Camp.La fatale Surprise.La Reine de la tente.Lutte terrible.Les signaux de Texas Jack.À la rescousse.Dans le cañon.La tactique de Buffalo Bill.Cyclone terrible.Une armée de guerriers.Perfidie.Encore sur la Piste.Les Voleurs de chevaux.Carter surpris.Les dernières paroles de Snap Carter.Une autre Trêve.La grotte du Diable.Sous la mitraille.Conclusion.Page de copyright

BUFFALO BILL

FLAIR ET COURAGE

ou La victoire bien gagnée 

Fascicule n° 12

1906

Texas Jack découvre une piste.

— Cody, vous allez prendre une escorte, un convoi de vivres, et quarante chevaux, que le gardien du corral vous remettra, et vous vous rendrez au camp de la Queue Mouchetée où vous offrirez ces présents au chef, en lui disant qu’ils viennent du Grand’Père de Washington, afin de lui prouver que nous sommes ses amis et de l’engager à gagner la concession qui leur a été attribuée à lui et aux siens. Faites-lui bien remarquer qu’il devra retenir ses jeunes guerriers dans les limites de la réserve et que nous autres, les soldats du Grand’Père de Washington, nous veillerons à ce qu’aucun colon ne s’installe sur ses terres, à ce qu’aucun chasseur ne tue son gibier et à ce qu’aucune tribu ennemie ne rompe la paix que nous venons de signer. Si des coquins blancs ou rouges envahissent son territoire pour lui faire la guerre ou le léser dans ses intérêts, nous les chasserons et les châtierons. Telles sont mes instructions verbales, que vous trouverez consignées du reste dans le parchemin qu’on va vous remettre à l’État-major.

Buffalo Bill, Chef des Éclaireurs, avait écouté attentivement ces paroles du vaillant officier qui commandait le district voisin de son domaine.

— Mon Colonel, répondit-il avec un sourire, je serai en selle d’ici une heure. Mais permettez-moi de vous dire deux mots au sujet de ces Peaux-Rouges ? La Queue Mouchetée est un brave vieillard. Il m’a engagé sa parole, lorsque je lui ai rendu le service de délivrer sa fille tombée au pouvoir de l’Ours brun. Mais la Queue Mouchetée n’a plus bien longtemps à vivre, et il existe des sous-ordres dans sa bande qui ne respecteront pas ses engagements.

— Possible, fit l’officier. Mais nous devons obéir aux ordres qui nous sont donnés et notre responsabilité ne va pas au-delà. J’aurais dû vous dire aussi qu’un des chariots est chargé de présents supplémentaires, couvertures et autres babioles, destinés à mettre le chef et sa bande en bonne humeur.

— Merci, mon Colonel. Puis-je vous demander une faveur ? Je serais heureux de pouvoir emmener avec moi Texas Jack et mon escouade d’éclaireurs.

— Accordé, Cody ! Et prenez tout le temps qu’il vous plaira pour rentrer. À vrai dire, j’aimerais assez que vous exploriez une zone importante du pays, car je crains une nouvelle insurrection générale des Indiens. Vous savez à quelle époque on aura besoin de vous pour l’expédition de Yellowstone. D’ici là je vous laisse toute liberté.

— Merci, mon Colonel. Je n’abuserai pas de votre bonté.

Le vaillant éclaireur salua et s’en alla.

Une heure plus tard, il galopait, avec un cheval de rechange habitué à le suivre partout où il allait. Le fidèle Texas Jack et son escouade de hardis éclaireurs l’accompagnaient.

Ils rejoignirent l’escorte de cavaliers qui attendaient le convoi non loin des portes du fort et se mirent en route avec les chevaux du corral vers le champ du chef des Sioux du Big Horn.

— Notre départ s’est effectué un peu tard, dit Buffalo Bill à Texas Jack, qui marchait de front avec lui, en tête de la colonne, mais nous atteindrons la petite rivière Elmo ce soir, et comme il y aura de l’eau, nous camperons à cet endroit.

Il y avait une heure qu’ils avaient fait une courte halte auprès de quelques « mares aux buffles » où les bêtes avaient pu s’abreuver, et ils étaient en vue des saules de la rivière désignée par Buffalo Bill, quand Texas Jack, qui avait gagné une éminence située vers la gauche, sauta de cheval et se pencha sur le sol, puis s’avança à pied en conduisant sa bête par la bride et en continuant à examiner de près le terrain.

— Voilà notre ami Jack sur une piste ! dit Buffalo Bill. Pas de limier plus fin que lui !

Texas Jack remonta en selle et rejoignit rapidement la tête de la colonne.

— Qu’avez-vous donc vu ? lui demanda le chef des éclaireurs.

— Des empreintes. Non pas quelques empreintes disséminées çà et là, mais des quantités d’empreintes rangées en une seule ligne, formant une large piste et semblant se diriger vers l’endroit où nous sommes.

— En ce cas, nous saurons qui les a faites quand nous bivouaquerons, dit Bill. Prenez une douzaine de nos lapins avec vous et déployez-vous sur un front d’un mille environ, à une distance de deux longues portées de carabine, de manière qu’on ne nous tende point une embuscade derrière l’une de ces hauteurs.

Texas Jack choisit ses hommes et s’en fut avec eux, tandis que Buffalo Bill lui-même allait examiner la piste.

Au retour, le chef des éclaireurs dit simplement :

— Jack ne se trompe pas. On dirait bien d’une piste de guerre. Mais elle date d’un jour au moins.

La colonne poursuivit sa route, atteignit un bouquet de saules et une source, et au coucher du soleil bivouaqua sans autre incident.

La vengeance d’une femme jalouse.

Le grand chef Queue Mouchetée était dans sa tente, la tête penchée, contemplant le petit feu de brindilles qui pétillait au centre et que Intowee, sa plus jeune épouse, alimentait de temps en temps.

Natolah, l’aînée des deux squaws et la mère d’Œil de Colombe, couvait l’autre femme d’un regard de suprême dédain, car Intowee n’était encore qu’une enfant, pour ainsi dire, et elle était infiniment plus belle que son aînée. Cela suffisait pour que l’autre lui eût voué une véritable haine.

Tranquille, nonchalante, Œil de Colombe reposait sur une pile de fourrures soyeuses, regardant la photographie de Buffalo Bill qu’elle avait en sa possession.

C’était un tableau bizarre que celui qu’offrait l’intérieur de cette immense tente, formée de peaux de buffles, ornées d’images grossières et soutenues par des perches qui se rejoignaient au sommet : le vieux chef, triste, usé par les soucis, se penchait sur le feu ; la jeune et jolie squaw entretenait le brasier avec le fagot qu’elle était allée chercher ; la vieille femme, assise près de là, dardait ses prunelles haineuses sur sa compagne.

— La Queue Mouchetée rêvasse-t-elle aux présents que les Visages Pâles ont promis de lui envoyer et qui n’arrivent jamais ? ricana Natolah.

— Que la femme à la langue trop bien pendue reste donc tranquille quand le cœur du Grand Chef est triste ! fit Intowee d’un ton de reproche.

— Tiens-toi tranquille toi-même, répondit l’autre. Je suis plus âgée et je vaux mieux que toi.

— Tu es plus âgée et plus laide, mais pour valoir mieux que moi, non ! dit Intowee.

Comme une tigresse, Natolah bondit, saisit le couteau placé dans la ceinture de la Queue Mouchetée et le plongea jusqu’à la garde dans le sein d’Intowee.

La jeune femme battit l’air de ses bras et roula par terre, aux pieds du chef, avec un râle d’agonie.

Le visage de ce dernier s’assombrit de fureur ; mais il se contint, car il savait se dominer avec cette volonté qui est le propre du caractère indien.

Œil de Colombe s’élança de sa couche et vint contempler le cadavre avec horreur ; Natolah elle-même sembla atterrée lorsque le chef se dressa devant elle, les bras croisés sur la poitrine, les yeux attachés aux siens. Elle tenait encore le couteau à la main et elle tremblait.

Durant quelques minutes, le regard du chef la pénétra comme une lame, puis il s’écria :

— Depuis bien des lunes Natolah règne dans ma tente. Elle est la mère d’Œil de Colombe, l’étoile de mon âme. Mais voici que Natolah s’est permis de détruire l’œuvre du Grand Esprit. Natolah mourra ! Elle mourra de la main même qui a tué Intowee, ou alors l’Ours Rouge, frère d’Intowee, vengera la mort de sa sœur. J’ai dit.

— Bien ! fit Natolah.

Elle jeta un regard de haine et de mépris sur le corps inerte de sa rivale, se retourna vers la Queue Mouchetée, releva sa robe sur son visage et, sans hésiter, elle s’enfonça le couteau dans le cœur et tomba comme une masse, morte aussi.

Œil de Colombe sanglotait, mais son père lui dit d’un air sévère :

— Silence ! Ce qui est arrivé est arrivé par la volonté du Grand Esprit.

Puis il gagna un coin de la tente où feue l’épouse-reine serrait ses parures, et atteignit une belle couronne de plumes coloriées.

Il la plaça sur la tête de sa fille en disant :

— À partir de ce jour et jusqu’à celui de ma mort – écoutez mon serment, que le Grand Esprit entend, Œil de Colombe ! – aucune autre squaw n’entrera ici. Œil de Colombe sera désormais la reine de ma tente.

Levant les yeux il ajouta :

— Donne-lui longue vie, ô Grand Esprit ! Fais qu’elle soit respectée de son peuple, et noble, et brave, et sage !

Œil de Colombe s’inclina pour recevoir la bénédiction paternelle et quitta la tente.

La Queue Mouchetée sortit derrière elle et son cri de ralliement fit accourir tout le village.

En deux mots, il mit son peuple au courant de l’évènement et, lui montrant Œil de Colombe, il déclara que dorénavant elle seule entrerait dans sa tente et préparerait ses aliments.

Puis il pria l’Ours Rouge de transporter les deux mortes dehors et de confier leurs cadavres aux matrones de la tribu pour les apprêts funéraires, afin de ne point violer le serment qu’il avait fait de ne pas recevoir chez lui d’autre femme que sa fille.

Cela fait, il rentra et appela Œil de Colombe.

Quand elle accourut, elle trouva son père accroupi à l’endroit même où Intowee venait de mourir. Il cachait son visage sous une couverture. Il ne voulait pas que personne, même son enfant, pût être témoin de son chagrin.

Les deux étrangers.

À moins d’un jour de marche en avant de la colonne conduite par Buffalo Bill et presque sur la même route, on pouvait voir un convoi de trois lourds chariots recouverts de bâches. Ils étaient traînés chacun par un attelage de six mules et sous la surveillance d’un vieillard à la barbe blanche, à l’air vénérable et à la belle prestance, qui paraissait fort et vigoureux malgré son grand âge. Deux jeunes gens l’accompagnaient, âgés l’un de vingt-cinq à vingt-huit ans, l’autre d’une couple d’années en moins.

Les deux wagons de tête étaient conduits par de vieux nègres dont les physionomies révélaient leur qualité d’anciens esclaves, et le chariot de queue par l’un de ces lymphatiques Hollandais, qui peuvent passer toute leur vie en Amérique sans perdre ni l’air ni les manières propres à leur race.

Deux jeunes filles occupaient le premier chariot. L’une approchait de la quinzaine, l’autre ne comptait guère que deux ou trois ans de plus, et l’on voyait, à leur air, qu’elles étaient les sœurs des jeunes gens et les filles du vieillard.

Leurs sièges, abrités par la bâche, étaient confortablement tapissés d’effets et de couvertures.

Mais l’idée leur venait-elle de voyager différemment ? – Deux gentils poneys tout sellés et attachés derrière les chariots, leur servaient de montures.

Ce convoi appartenait à Frank Herbeson, le vieillard, qui se rendait du Missouri Oriental au Montana avec toute sa famille – sa femme était morte – et ses anciens esclaves, qui l’aimaient trop pour le quitter.

L’herbe de la plaine n’était pas encore touffue à cause des retours de froid, et les bêtes, obligées de se contenter de maigres rations de graines, n’étaient point dans l’état qu’il aurait fallu et donnaient des signes de lassitude.

— Père, dit Harry, le fils aîné, au lieu de chercher à atteindre un couvert, ne ferions-nous pas mieux de camper à la première mare à buffles où il y aurait de l’eau en quantité suffisante ?

— Soit, mon garçon !

— Massa !… Là !… là ! cria dans son jargon le conducteur nègre du premier chariot, qui, de son perchoir, apercevait sur la droite un de ces petits étangs dits mares à buffles.

En un clin d’œil les wagons furent rangés de manière à former une sorte de corral triangulaire, et les conducteurs se hâtèrent de déharnacher les mules pour les laisser brouter l’herbe rare.

Les deux sœurs, agréables de visage et de formes, s’occupèrent de préparer le souper dès qu’Harry eut fait du feu ; et quand la tente fut dressée, le lard et les galettes de blé étaient grillés.

Leur travail achevé, les conducteurs, qui avaient graissé les roues des chariots, à grand renfort d’huile, se débarbouillèrent et vinrent partager le repas.

Au beau milieu de cette plaisante occupation, le hennissement d’un des chevaux, auquel répondit un autre hennissement éloigné, obligea chacun à s’inquiéter de ce qui pouvait bien se passer.

C’étaient deux cavaliers venant vers le camp.

L’un était un homme de haute taille, très bien bâti, à barbe et à cheveux gris, aux yeux vert sombre, au regard sournois, et au visage répulsif dans son ensemble. Quoiqu’il eût largement dépassé la cinquantaine, il était encore dans toute sa force musculaire.

Le second, plus jeune de dix ans au moins, avait meilleur air, bien que sa chevelure et sa barbe embroussaillées fussent d’un rouge ardent.

Tous les deux étaient vêtus, à la mode indienne, de peaux de daim à longues franges, et portaient des pistolets et un couteau dans leur ceinture et une longue carabine à la main. Ils montaient des mustangs de petite taille, mais robustes et intelligents.

— Bonjour ! dit celui qui tenait la tête, en s’avançant vers la tente devant laquelle se trouvaient Mr. Herbeson et ses enfants. Voilà une bien mauvaise place pour camper si l’orage éclate, comme c’est bien probable. Vous feriez mieux de nous suivre jusqu’au bois, qui se trouve à dix milles environ d’ici.

— Nos bêtes sont trop fatiguées pour aller plus loin, dit Harry Herbeson. Bast ! nous saurons toujours bien nous arranger, d’ailleurs.

— Évidemment, fit le plus jeune des inconnus, en regardant fixement les deux filles. Mais si les Indiens fondent sur vous, la perspective est belle !

— Les Indiens ! dit Mr. Herbeson senior. Je n’en connais point dans ces plaines qui fassent mauvais ménage avec les blancs.

— Vous êtes drôlement informé, dit l’aîné des étrangers, d’un ton sarcastique. Je sais bien qu’aujourd’hui les Sioux ne parlent plus que de paix. Mais ce sont des paroles, rien de plus, et ils tueront, pilleront, scalperont à la première occasion. Du reste, les bandes nomades de Cherokees, de Chickasaws et même de Creeks ne se gênent pas pour mettre la main à la pâte, sachant bien que si l’écho de leurs exploits franchit la frontière on ne manquera pas de les imputer aux Sioux.

— Êtes-vous sûr de ce que vous avancez ? demanda anxieusement Marmion Herbeson, le fils cadet.

— Parbleu ! Vous dirais-je tout cela autrement ? Je connais les oiseaux. Prairie et montagnes sont mon domaine, à moi !

— Mais vous, vous voyagez bien tout seuls, sans crainte, dit le vieil Herbeson.

— Tiens ! les reptiles rouges sont trop madrés pour s’attaquer à nous. Qu’est-ce que ça leur donnerait ? Deux scalpes. Assaisonnés de pas mal de pruneaux, encore ! Mais vous, vous avez des bêtes, des munitions, des couvertures et des provisions en quantité, et peut-être même un bon magot.

Il y avait comme une interrogation dans ces derniers mots ; en tout cas les prunelles de l’homme brillèrent de curiosité à ce moment.

— Vous avez pris avec vous ce dont les Indiens raffolent le plus, dit le plus jeune des étrangers.

— Autrement dit ? fit Harry Herbeson.

— De jolies femmes. Ils feraient des milliers de milles pour en avoir comme celles-ci.

Et l’inconnu montra les deux jeunes filles qui tressaillirent, gênées par l’éclat de ses prunelles.

— Ils n’auront jamais mes sœurs vivantes ! s’écria Marmion Herbeson.

— Jamais ! répéta Harry. Nous les tuerions plutôt que de les laisser tomber aux mains de bandits rouges ou blancs.

Et il regarda d’un air irrité le jeune étranger qui avait dévisagé ses sœurs avec tant d’insistance.

— C’est parler pour ne rien dire, fit celui-ci en s’adressant à son compagnon. Venez donc, Bill Deekin.

— Oui, répondit le plus âgé des étrangers. Bonsoir, la compagnie ! Si vous ouvrez l’œil, peut-être bien que vous nous reverrez d’ici Noël. Allons ! Carter, en route, ou nous serons surpris par la nuit.

L’autre ne répondit pas, mais il lança un dernier regard aux jeunes filles frissonnantes, et se mit à rire d’un rire étrange en s’éloignant.

Les renégats blancs.

La nuit venait de tomber, une nuit sombre, fuligineuse.

Dans une cuvette profonde, formée par un cirque de dunes, où quelques saules indiquaient l’existence d’une source, à trois lieues environ au nord-est de l’endroit où la famille Herbeson était campée, un groupe d’une vingtaine d’individus faisaient cercle autour d’un petit feu de bivouac.