Le Roi de la frontière - Bill Buffalo - E-Book

Le Roi de la frontière E-Book

Bill Buffalo

0,0
2,49 €

Beschreibung

Fort Advance est cerné par les Indiens. Les soldats n'ont presque plus de munitions lorsque Buffalo Bill arrive...

Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:

EPUB
MOBI

Seitenzahl: 134

Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0



Le Roi de la frontière

Page de TitreQui se dévoue ?Le Roi des Sioux.Le plan de Buffalo Bill.La périlleuse aventure.La Charge des deux Éclaireurs.L’as de Trèfle.La mort bravée.À travers les lignes d’investissement.Le secours en marche.Fuite et combat.Découverte sensationnelle.Les bandits de la Route de l’Overland.Un ami secourable.Un bon tireur.Le val des morts.La Touffe du Scalpe.L’Antilope Blanche.La parole d’une jeune fille.Le chasseur fou.Un coup de fusil de Buffalo Bill.La promesse du Roi de la Frontière.Sur les traces du fou.La fuite.La traîtrise du Renégat.La promesse tenue.Conclusion.Page de copyright

BUFFALO BILL

LE ROI DE LA FRONTIÈRE

Fascicule n° 14

1906-08

Qui se dévoue ?

— Y a-t-il quelqu’un dans vos rangs qui osent affronter la mort pour nous amener du secours ?

Brèves et nettes, ces paroles tombèrent, avec une résonance solennelle, des lèvres du Major Frank Baldwin, le Commandant de Fort Advance, dans le territoire, alors à peu près sans routes frayées, de l’Utah.

Un silence de mort s’appesantit sur tous ceux qui avaient entendu cet appel, si pressant dans sa sévère concision.

Appel qui venait de la bouche d’un homme intrépide, d’un homme qui s’était distingué dans la guerre civile et plus tard, sur la frontière, dans les luttes contre les Indiens.

Il fallait quelqu’un qui voulût risquer une mort presque certaine, pour sauver deux cents de ses semblables au moins, parmi lesquels une vingtaine de femmes et d’enfants, des mains cruelles des sauvages.

Autour du fort, hors de la portée des carabines, mais assez près pour être bien visibles, les guerriers rouges formaient comme une ceinture vivante ; ils étaient en face des défenseurs du fort dans la proportion de cinq contre un.

La situation était désespérée, car Fort Advance se trouvait au cœur même des déserts de l’Ouest, en plein pays indien, et le poste militaire le plus proche, d’où il pût attendre du secours, était éloigné de quarante milles.

Plusieurs soldats pleins de bravoure avaient essayé de franchir cette distance, et ils étaient morts devant les yeux de leurs camarades du fort.

On était étroitement investi et à tout moment on s’attendait à une nouvelle attaque.

Les munitions tiraient à leur fin, il fallait trouver un moyen de sortir de là.

De là l’appel du vaillant commandant.

Serait-il fait en vain ?

Il semblait devoir en être ainsi, car pas un homme ne sortait des rangs pour y répondre.

La mort était trop inévitable ; ce ne serait qu’une vie de plus sacrifiée inutilement.

Mieux valait encore mourir tous ensemble.

— Voyez là !

Ce cri résonna comme un coup de trompette, jeté par un officier du haut de la tour du guet.

Tous les yeux se tendirent dans la direction indiquée.

On aperçut un cavalier qui accourait comme le vent dans la direction du fort.

Il menait avec lui un cheval de somme.

Il montait une bête magnifique, et le cheval de somme qui galopait à son côté, était aussi un coureur de race. Ils bondissaient comme deux daims.

Les Indiens ne paraissaient pas moins surpris que les blancs de l’apparition de ce cavalier.

D’où venait-il ?

Qui était-il ?

Comment avait-il pu traverser presque entièrement les lignes indiennes sans être aperçu.

Et c’était certainement ce qu’il avait fait, car lorsque l’officier de la tour du guet le signala, ni balles, ni flèches, n’avaient été lancées contre lui.

À ce moment on le vit accélérer encore de l’éperon sa course vertigineuse, en droite ligne vers la grande porte du fort.

Il fallait qu’il eût bien choisi son endroit pour passer au travers du cercle de mort des Indiens, car il n’était encore poursuivi que par quelques guerriers, et il apparaissait au sommet d’une hauteur dont la pente se perdait dans une vallée, de l’autre côté de laquelle s’élevait une haute colline boisée où était perché Fort Advance.

Sans ralentir son allure, il tirait des coups de carabine autour de lui, épaulant avec autant de facilité à droite qu’à gauche.

Chaque fois qu’il pressait la détente sa balle frappait le but visé.

Le bruit de sa carabine était comme un glas de mort ; et lorsqu’elle ne tuait pas, elle mettait hors de combat.

Les poneys des Indiens paissaient dans la vallée, sous la garde de quelques hommes dispersés çà et là ; mais il n’y avait point de guerriers pour l’entourer ou lui barrer le passage.

Écoutez ! Les cris poussés par les Indiens en voyant cet audacieux sur le point de leur échapper, étaient effrayants et affolants.

Ce cavalier, qui les bravait avec tant de hardiesse et de résolution, leur inspirait une rage frénétique.

Ils déchargeaient sur lui leurs carabines et leurs arcs, mais à trop longue distance.

S’il était touché, il n’y paraissait pas.

Ses chevaux continuaient leur roulement de tonnerre sur le sol rocheux.

La crête franchie, il dévala la pente avec la même aveugle impétuosité qu’un buffle.

— Il n’arrivera jamais !

— Les gardiens des chevaux poussent leurs bêtes en avant pour lui barrer le passage.

— Qui est-ce ?

— Comme il va !

— Dieu garde le brave compagnon !

Telles étaient les exclamations des officiers du fort.

Les hommes poussaient des cris d’encouragement ou de crainte.

Les femmes étaient tombées à genoux sur la terre, et priaient Dieu d’épargner l’admirable garçon qui affrontait si vaillamment la mort.

Il montrait à la garnison du fort qu’il osait ce qui les avait fait reculer, lorsqu’on avait fait appel aux volontaires.

— Pourquoi n’abandonne-t-il pas son cheval de somme ? demandait un officier.

À ce moment, le Commandant éleva la voix.

— Capitaine Keyes, dit-il, prenez votre escadron pour dégager ce brave garçon.

— Avec plaisir, monsieur. J’allais le demander, répondit le Capitaine fort satisfait.

Le clairon sonna, et ses notes éclatantes se perdirent dans l’acclamation retentissante et farouche de deux cents voix, qui suivit ces mots d’un officier, une lorgnette aux yeux :

— C’est Buffalo Bill, le Roi de la Frontière !

Ce furent des hourras frénétiques qui accueillirent le nom de Buffalo Bill, des hourras où les voix flutées des enfants, les accents aigus des femmes et la basse profonde des hommes se gonflait et se mêlait en un chœur grandiose et émouvant.

Le Roi de la Frontière, comme on venait de l’appeler, entendit cette grande vague sonore.

Il comprit que c’était pour lui, et il agita son large sombrero, sans ralentir sa folle allure.

Buffalo Bill, le Roi de la Frontière, était le chef des éclaireurs du fort, et il était aussi un héros pour tous ceux qui le connaissaient.

Comme chef des éclaireurs de la place, il était toujours en reconnaissance aux alentours pour découvrir et signaler le danger.

Une semaine auparavant, il était parti pour Denver avec des dépêches importantes, mais il était revenu quelques heures après pour rapporter que les Indiens en grandes bandes battaient le pays.

Puis, il avait repris son chemin.

Le péril qu’il était venu signaler n’était que trop réel. On le vit, lorsque quelques jours plus tard, le fort fut investi.

On avait expédié des éclaireurs pour chercher du secours, mais pas un n’avait pu percer la ceinture de mort dont le fort était entouré.

Cette ceinture d’ennemis impitoyables se resserrait à chaque heure, les munitions étaient épuisées et tout le monde comprenait que c’était la fin s’il ne venait pas du secours.

Et voilà qu’arrivait Buffalo Bill, le Roi de la Frontière !

On pouvait dire qu’il venait de l’éclat ensoleillé de la vie pour entrer dans l’ombre de la mort.

Pourquoi le faisait-il ?

Question à laquelle nul ne pouvait répondre.

Mais le fait seul de sa venue était comme un rayon d’espoir.

Tous savaient ce que ce grand homme des plaines de l’Ouest américain avait accompli pour gagner son nom de Roi parmi ces hommes de la frontière, qui sont eux-mêmes des héros du type le plus noble.

Que pourrait-il faire à cette heure pour les aider dans leur grand besoin ?

C’était là le problème.

Mais tous espéraient qu’il pourrait faire beaucoup.

Tous éprouvaient en le voyant, un sentiment de soulagement, de délivrance anticipée.

Le Major Frank Baldwin eut lui-même un front moins sévère.

Il connaissait bien et depuis longtemps William F. Cody, l’Éclaireur, le « Scout » par excellence.

Il savait tout ce dont il était capable.

Enfant de la frontière, élevé on peut le dire, à l’ombre de la mort, combattant les Indiens depuis l’âge de dix ans, héros d’actes d’audace, d’aventures passionnantes, d’évasions inouïes qui se comptaient par centaines, doux comme une femme, mais sauvage dans le combat comme un lion des montagnes, il méritait le titre que ses camarades lui avaient conféré, et son arrivée dans la place investie valait une compagnie de renfort.

— Ce n’est pas la peine, Keyes, c’est Cody. Il passera, cria le Major Baldwin au Capitaine Keyes, comme ses hommes montaient à cheval.

Le Capitaine Edward L. Keyes était un magnifique type d’officier de cavalerie, toujours prêt à une rencontre corps à corps avec les Peaux-Rouges.

Le contre-ordre le désappointa.

Mais du moment qu’il était constaté que c’était Buffalo Bill, il tombait d’accord avec le Major Baldwin qu’« il passerait ».

De fait, le Roi de la Frontière avait tourné sa carabine à répétition vers les gardiens qui essayaient de pousser en avant de lui, la masse des poneys, pour obstruer son chemin.

Vif, sautillant, mais mortel était l’air qu’il jouait sur cet instrument. La justesse de son tir était merveilleuse pour un cavalier lancé à fond de train.

Sa carabine vidée, il la rejeta sur son dos, et un revolver dans chaque main, le hardi « scout » commença à se faucher littéralement un passage à travers le troupeau de poneys, qui ne tarda pas à s’ouvrir et à se précipiter à la débandade devant lui.

Les soldats poussèrent un nouveau hourra. Cette multitude de chevaux que poussaient maintenant le « scout » et sa bête de somme, arrivaient en « stampede » dans la direction des grandes portes du fort.

— Sortez et faites la haie !

Ouvrez les portes ! commanda le major Baldwin.

Les soldats obéirent ; le Capitaine Keyes et sa troupe s’allongèrent en deux lignes pour canaliser et recevoir les chevaux.

Les gardiens des Peaux-Rouges s’efforçaient de devancer le « stampede » pour l’arrêter ou le détourner ; mais vainement.

En conduisant leurs poneys dans la vallée, parce que l’herbe y était abondante, ils ne se doutaient guère qu’ils y trouveraient un piège improvisé par Buffalo Bill, qui, une fois de plus, se montra plus fin qu’eux.

Des centaines de poneys s’engouffrèrent dans le fort où on les parqua.

Immédiatement derrière eux arrivait le Roi de la Frontière, avec sa bête de charge.

— Attention tous ! cria-t-il d’une voix qui parvint à toutes les oreilles. Les Indiens chargent à pied pour essayer de pénétrer en même temps que leurs poneys.

Le Major Baldwin fit aussitôt placer tous les hommes à leur poste, et le Roi de la Frontière continua par ces mots qu’accueillit une joyeuse acclamation :

— Déchargez mon cheval de main. Je vous apporte des munitions.

— Que Dieu vous bénisse pour ces paroles, Cody !… Vous nous sauvez ! s’écria le Major Baldwin ; et il y eut un tremblement dans la voix du brave officier pendant que son regard se tournait vers le groupe des femmes et des enfants.

Puis, serrant vigoureusement la main du « scout », il dit :

— Mais, par le nom des Montagnes Rocheuses, où avez-vous pris ces munitions ?

— Là où je les avais cachées il y a plus d’un an, monsieur. Il y en a assez pour durer jusqu’à ce qu’il vous vienne du secours, car vous en avez envoyé chercher, naturellement ?

— Envoyé, hélas ! Il n’est mort que cinq hommes en essayant d’y aller, répondit tristement le Major.

Le visage de Buffalo Bill exprima l’anxiété et c’était une expression qu’on n’y voyait pas souvent.

— Je demandais un autre volontaire quand nous vous avons aperçu venir. C’est une trouée superbe et d’une audace désespérée, Cody.

— Je la referai, monsieur, car il nous faut du secours ! répondit le Roi de la Frontière d’un ton résolu.

Le Roi des Sioux.

Buffalo Bill avait à peine prononcé cette promesse d’aller affronter la mort et chercher du secours, qui fit vibrer d’espoir le cœur de tous ceux qui l’entendirent, que des cris d’alarme s’élevèrent : les Indiens arrivaient en grande force et dans toutes les directions : tous à pied, à part quelques chefs qui avaient mis la main sur des poneys égarés du troupeau.

Les munitions apportées sur le cheval de somme conduit par Buffalo Bill furent distribuées en hâte entre les défenseurs, avec ordre de ne point gaspiller la poudre, – de ne tirer que pour tuer.

C’est qu’en effet, pour cette troupe dévouée, la poudre était devenue aussi précieuse que de la poudre d’or, et les balles avaient pris la valeur des diamants.

Le Major Baldwin se posta dans la tour du guet, avec Buffalo Bill à ses côtés ; près d’eux se tenaient deux jeunes officiers pour leur servir d’aides de camp, et le clairon.

Tous étaient armés de carabines, et toutes les armes en surplus étaient chargées et prêtes à servir.

Les femmes formaient deux groupes, l’un destiné à recharger les armes, l’autre à aider le chirurgien auprès des blessés.

Le grouillement des Indiens s’avançant de la vallée ressemblait à l’énorme vague montante d’une mer rouge.

Ils rapprochaient leur arc de cercle, et prenaient leurs mesures pour enlever l’enceinte palissadée dans une charge violente et rapide comme un cyclone.

À mesure qu’ils avançaient, ils activaient le pas. Bientôt retentirent leurs sauvages, sinistres, épouvantables cris de guerre, et ils se précipitèrent en bonds fantastiques, s’annonçant par une pluie de flèches et une grêle de balles.

Cette charge était grandiose à voir.

Il semblait que rien ne fut capable de réfréner cet élan furieux.

Les soldats avaient leurs ordres et s’y conformèrent.

Pas une carabine ne partit avant que les quatre canons eussent vomi, avec un sourd grondement, la décharge tonnante de leur mitraille meurtrière. Ce fut le signal des volées de fusils, carabines et mousquets.

La fusillade devint incessante, dominée, de minute en minute, par la voix puissante et farouche des gros canons.

Les hourras des défenseurs du fort, le renâclement sauvage des poneys parqués et les hurlements démoralisants des Peaux-Rouges faisaient de ce coin de terre un véritable enfer.

Au-dessus de tout s’élevaient les notes du clairon transmettant les ordres du Major Baldwin, et par intervalle, le farouche et puissant cri de guerre du Roi de la Frontière, rappelant aux assaillants la présence du chef blanc redouté qu’ils appelaient Pae-has-ka, « La Longue Chevelure ».

Mais le naturel indien n’était pas capable de soutenir longtemps cette grêle mortelle de plomb et de fer ; la vague rouge se brisa contre les flancs de la colline, se tordit un moment comme en des convulsions d’agonie, puis se redressa en un mouvement de recul lent d’abord, mais qui ne tarda pas à s’accélérer jusqu’à devenir une folle débandade.

Toute cette puissante marée rouge était donc venue mourir sur les brisants d’acier, de fer et de plomb dont s’était entouré le fort.

Elle se retira, laissant dans son retrait, aux pentes des deux collines, un grand nombre de morts, quelques braves blessés et un chef à cheval.

C’était Cœur de Chêne, le grand chef de guerre, monté sur un puissant cheval de cavalerie, à robe blanche, qu’il avait capturé quelques mois auparavant.

Le cheval s’était mis en tête de rejoindre les blancs, et il emportait son cavalier vers le fort.

Le chef Cœur de Chêne, faisait de vains efforts pour l’arrêter.

Il se serait jeté à bas de sa selle, s’il avait pu le faire.

Mais il s’était pris lui-même en se passant autour du corps son lasso et en l’attachant à la selle d’ordonnance de son cheval, de telle sorte qu’il ne tombât pas sur le champ de bataille s’il était blessé ou tué.

Il avait perdu son couteau à scalper, et ne pouvait couper le lasso de cuir cru qui le retenait.

Il se tordait, jurait, sans doute, les jurons les mieux choisis de son jargon indien, hurlait comme un coyote blessé, en tirant sur les rênes et sur le lasso, et s’épuisait inutilement. Ni le cheval ne s’arrêtait, ni les liens ne se dénouaient.

Ses braves virent la position terrible où il se déballait et se précipitèrent pour le délivrer.

Mais Buffalo Bill avait remarqué avant eux le traquenard dans lequel le chef s’était fourré lui-même. Il était descendu en courant de la tour du guet, s’était jeté sur le dos de son cheval de bataille, couleur gris d’argile, Buckskin, avait réclamé l’ouverture de la porte et s’était élancé vers Cœur de Chêne.