Sur la piste de la "Terreur du Texas" - Bill Buffalo - E-Book

Sur la piste de la "Terreur du Texas" E-Book

Bill Buffalo

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Beschreibung

Ralph Duncan, un jeune garçon, est l'homme à tout faire du Juge Dennison. Celui-ci vit avec sa femme et sa fille adoptive, Madge, dans un Rancho. Le Juge n'aime pas beaucoup Ralph, bien que ce dernier ait sauvé la vie de Madge. Après une altercation avec le Juge, Ralph se voit expulsé. Suite à cela Mr Dennison part à cheval et revient quelques instants plus tard touché d'une balle en pleine poitrine. Tout le monde au Rancho pense que c'est l'oeuvre de Ralph. Celui-ci revient au Rancho pour se disculper auprès de Madge, qui n'a aucun doute sur son innocence. Elle l'aide à partir et il lui promet de retrouver le coupable...

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Sur la piste de la "Terreur du Texas"

Pages de titreUn étranger survient.La vie pour enjeu.Le jeune gars bravo.Un cartel et un coup de fusil.L’avertissement de Ralph Duncan.La détresse de Wild Madge.La vie sur une carte.Buffalo Bill n’est pas loin.Horribles Nouvelles du Rancho.Mendez le Mexicain.Lueur d’espérance.Les deux « pards » sur la piste.La bagarre.Le sauveteur.Arrivée d’El Culebra.Un atout dans le jeu.La revanche du jeune « pard ».Conclusion.Page de copyright

BUFFALO BILL

SUR LA PISTE DE LA « TERREUR DU TEXAS »

ou Le brave petit Gars de Buffalo Bill

Fascicule n°4

1906-08

Un étranger survient.

Le cabaret de frontière qui portait pour enseigne « Aux Temps difficiles », le Hard Times Saloon, était le quartier-général de tous ceux qui, dans ces parages des confins du Texas, avaient envie de boire ferme, de jouer un jeu d’enfer ou de se disputer et de se battre à mort.

Le patron s’appelait Tom Lane. C’était un homme qui n’avait peur de rien ; et, en effet, il risquait sa vie jour et nuit pour « faire » de l’argent plus vite et devenir riche.

On l’avait entendu dire :

— Je ne suis pas né pour cette vie-là. Je la hais d’un bout à l’autre, depuis les gens jusqu’aux cartes. Tous ces ignobles individus, voleurs et assassins, me dégoûtent. Mais j’ai besoin d’argent, et je prends des moyens désespérés – je n’en ai pas d’autres à choisir – d’en gagner assez pour penser à moi plus tard. J’y ai mis toute ma braise ; si je perds la partie, eh bien ! J’en aurai couru la chance, et d’avance j’en accepte les résultats.

Tom Lane ne supportait point les sottises, comme tous ceux qui fréquentaient le Hard Times Saloon le savaient parfaitement. C’était, tout comme un autre, – il n’y a pas que les tigres et les ours gris, – un « tueur d’hommes », mais seulement quand il y était forcé. Sa façon tranquille et résolue de faire les choses le faisait redouter des malfaiteurs.

Le Hard Times Saloon était, au moment où commence cette histoire, tout éclatant de lumière, tout bruyant d’une vie affairée et tumultueuse. Situé dans une région de la frontière où les habitations des colons, qu’on appelle ranchos, sont disséminées assez loin les unes des autres, c’était surtout à l’heure du coucher du soleil qu’on y affluait.

Les gens qui s’y trouvaient alors en grand nombre, appartenaient à des races et à des conditions bien diverses : ranchers, bouviers ou cowboys, Mexicains, Indiens, joueurs de profession, soldats et coupe-jarrets.

C’était une cohue fort mêlée ; on y voyait, d’ailleurs, des individus qui, par la naissance et l’éducation, avaient été des gentlemen.

Mais, pris en masse, cela constituait un tas de brutes, prêtes à tuer et à piller au premier signal.

Parmi les plus grossiers, on remarquait un homme dont les paroles faisaient loi, uniquement parce que les autres avaient peur de lui. C’était un gaillard de haute taille, splendidement taillé, avec de longs cheveux, un visage barbu et l’air d’un tigre qui montre les dents.

Il était connu sous les noms de Brazos Bill et de « Tigre du Brazos ».

S’il y avait un homme dans la salle qui n’eût pas peur de lui, celui-là, du moins, se tenait à l’écart, sachant bien ce qu’il s’en suivrait s’il avait l’air de le braver.

Tom Lane était le seul qui eut jamais entravé Brazos Bill dans certaines de ses violences et qui vécût pour raconter l’histoire.

Mais Tom Lane ne s’en vantait pas.

De son côté, Brazos Bill ne s’aventurait pas trop loin avec Tom Lane ; non pas, disait-il, parce qu’il avait peur de lui, mais parce qu’il était le seul homme dans le pays qui sût tenir un saloon proprement et dans les règles.

Ce soir-là, en entrant au Hard Times, Brazos Bill était fort maussade.

Il y avait sûrement quelque chose qui n’allait pas ; et Tom Lane dit à un étranger qui, dès son entrée dans la taverne, avait entamé une causette avec le patron :

— Brazos Bill est d’une humeur massacrante, ce soir ; et à moins que quelqu’un ne perde la forte somme à son profit, il ajoutera une fosse ou deux à son cimetière avant le lever du jour.

— Lequel est-ce, Brazos Bill ? demanda l’étranger, qui était assis avec Tom Lane dans la cuisine honorée du nom de « bureau », et où personne n’entrait sans être invité.

Cuisine ou bureau, le lieu ressemblait plus à un arsenal qu’à tout autre chose, car il y avait le long des murs des carabines, des revolvers, deux fusils d’ordonnance avec la baïonnette au canon, des arcs et des flèches, plusieurs lances mexicaines, des sabres et des épées de différentes sortes, avec une hache, deux hachettes et quantité de couteaux.

C’étaient les armes des « hôtes » du Hard Times qui avaient eu des malheurs, qui avaient fait trop de tapage, ou qui avaient essayé de se comporter à l’encontre des idées de Tom Lane.

Et toutes étaient prêtes pour un service immédiat aussi bien que mortel.

Acculé dans son « bureau », Tom Lane pouvait tenir tête à toute une salle d’ennemis, disait-on.

Il avait accueilli l’étranger cordialement et même comme un vieil ami ; il lui avait servi un souper soigné, et il lui réservait la meilleure chambre de la taverne, ce qui ne veut pas dire qu’elle fût très confortable.

En attendant, il l’avait invité à s’asseoir dans le bureau pour se distraire par le spectacle de la foule grouillant dans le Saloon.

— Jouez-vous ? lui demanda-t-il.

— Quelquefois, mais je ne suis pas en train, ce soir.

Et l’étranger reprit :

— Quel est celui qui est Brazos Bill, m’avez-vous dit ?

— Ce garçon de belle mine, à cette table là-bas. Oh ! il a une laide expression, ce soir.

— S’il cherche des ennuis, il les trouvera, j’imagine, fit tranquillement l’étranger.

— Oui ; c’est toujours ce qui arrive.

— Quel est son vrai nom ?

— Personne ici ne le sait.

— Que fait-il ?

— Il joue, boit ou tue, l’un ou l’autre, ça lui est égal.

— Ici depuis longtemps ?

— Environ deux ans. Il a son terrain à lui, dans le cimetière, où il enterre ses morts ; et il n’y a plus beaucoup de place.

— Personnage intéressant.

— Oui, surtout qu’il a reçu de l’éducation et qu’il a été élevé en gentleman, tout brutal et grossier qu’il soit maintenant.

— Oui, ce sont ceux-là qui font les plus terribles brutes, lorsqu’ils se sont une fois déclarés comme vauriens. Oh ! il va dire quelque chose.

— Un défi au jeu pour la forte somme, j’imagine.

Brazos Bill s’était levé, et raclait rudement la table avec la crosse de son fusil pour obtenir de l’attention.

Des Chut ! partirent de tous les points de la salle, et le silence se fit.

— Les gars ! j’ai à dire que je veux jouer gros jeu. Il y a mille dollars pour le premier capon qui ose les tenir.

Et il jeta l’argent sur la table. Un silence de mort suivit ce geste. Personne ne semblait disposé à répondre.

Tout le monde savait que celui qui jouait avec Brazos Bill pouvait faire d’avance le sacrifice de son argent ou de sa vie.

À la stupéfaction de Tom Lane, l’étranger se leva, alla tranquillement à la table devant laquelle Brazos Bill était debout, et, tous les yeux fixés sur lui, dit d’une voix qui pénétra les points les plus reculés de ce vaste Saloon :

— On vous appelle Brazos Bill, je crois ?

— En effet. Mais vous, qui diable êtes-vous ? rugit le desperado.

— On m’appelle Buffalo Bill, et j’accepte votre défi, mais pas avec l’enjeu que vous indiquez.

Tout le monde vit que le desperado avait sursauté au nom de Buffalo Bill ; mais il cria :

— Quel est donc l’enjeu que vous ne craindrez pas de mettre sur une partie ?

— J’accepte le défi, vous dis-je, et je joue trois coups avec, pour enjeux, votre vie et la mienne ; et vous êtes un lâche si vous refusez, repartit froidement Buffalo Bill.

La vie pour enjeu.

Les habitués du Hard Times Saloon se sentirent brusquement arrachés au train-train ordinaire des choses en découvrant qu’un homme existait capable, non seulement d’affronter sans peur Brazos Bill, le desperado, mais de lui lancer au visage des paroles qui sonnaient clair.

Une autre cause de surprise et d’émotion, c’était le nom donné modestement par l’étranger.

— On m’appelle Buffalo Bill, avait-il dit.

Or, il n’y avait pas dans la salle un homme auquel ce nom ne fût familier.

Il y en avait quelques-uns qui connaissaient personnellement, ou tout au moins de vue, le grand batteur d’estrade.

Mais tous avaient entendu parler de l’homme et de ses exploits.

On racontait cent étranges histoires sur Buffalo Bill et ses audaces, sur les périls où il s’en était fallu de l’épaisseur d’un cheveu qu’il ne succombât, et sur ce qu’il avait fait pour le bien de la frontière, depuis les sources du Missouri jusqu’à la région du Rio Grande.

Ce qu’il était, tous le savaient. Mais lui, sûrement, il ne pouvait pas savoir ce qu’aucun d’eux n’ignorait, que Brazos Bill était un tireur infaillible, un géant pour la force, un joueur constamment heureux, un terrible manieur de bowie-knife, et un gaillard qui jamais ne reculait devant un adversaire.

Non certes, il ne le savait pas ; comment supposer qu’il aurait, le sachant, si audacieusement relevé le défi du Tigre du Brazos ?

Quant à Tom Lane, il ignorait qui son hôte était, jusqu’à ce que celui-ci eût déclaré son nom.

Il avait bien senti que ce n’était pas un homme ordinaire, qu’il y avait, dans ses manières calmes et distinguées, quelque chose qui commandait le respect.

Mais maintenant il pensait que, si c’était véritablement Buffalo Bill, c’était un homme à ne pas fâcher.

Il pressentait que Brazos Bill aurait du fil à retordre ; mais en se représentant tout ce qu’était cet individu, l’effroi du Texas, il se disait, lui aussi, que Buffalo Bill avait commis une erreur en se découvrant comme il l’avait fait.

Il voulut essayer de donner à entendre plus clairement à l’éclaireur militaire, au « scout » comme disent les Américains, ce que valait le desperado, quel homme de violence et de crime c’était, et il se dirigea vers la table où tous deux étaient debout l’un devant l’autre.

Mais Brazos Bill ne lui en laissa pas le temps ; Tom Lane était encore loin de la table, qu’il avait déjà répondu à Buffalo Bill.

Le silence qui avait suivi les paroles de celui-ci ne dura qu’une demi-minute à peine.

— Je n’ai jamais joué des enjeux semblables ; de l’argent, voilà ce que je joue, avait déclaré Brazos Bill.

— Vous mentez quand vous dites cela, Brazos Bill ; car, vous connaissant comme je vous connais, j’ai le droit de dire que vous jouez journellement votre vie, et vous gagnez, tandis que beaucoup de pauvres garçons perdent.

Les mots se succédaient rapidement. Ils montraient que Buffalo Bill connaissait son homme.

Brazos Bill jeta vivement un coup d’œil autour de lui.

Il put lire l’expression des visages. Il y vit qu’il était engagé dans une mauvaise affaire et qu’il pourrait bien avoir à payer la musique. Il cherchait une échappatoire, et il parvint à dire :

— Si vous venez ici pour me chercher querelle, il vaudrait autant convenir de régler cela demain dans un meilleur endroit.

— Non ; c’est maintenant l’heure. Demain vous ne seriez plus ici. Je suis venu pour vous, Brazos Bill, pour vous arrêter comme déserteur de l’armée, assassin et voleur, et je trouve que c’est maintenant le temps et le lieu ; je vous offre une chance de vivre, en jouant, comme je le fais, ma vie contre la vôtre.

Brazos Bill était livide. Il aurait volontiers tiré son revolver pour en finir sur le champ.

Mais Buffalo Bill avait la main sur son arme, et il savait que d’autres étaient prêts à prendre le parti de celui qui l’accusait.

À tout hasard, il cria :

— Camarades, je connais bien Buffalo Bill, et ce n’est pas cet homme.

— Parfait ! J’accepte les risques de le représenter dans ce jeu.

Et les yeux rivés sur son antagoniste, il continua :

— Maintenant, Buffalo Bill ou non, je suis un officier de l’armée en service commandé, je vous préviens donc de ne pas vous mettre en révolte contre la loi.

Ces mots eurent un grand effet, et Tom Lane cria :

— Dites-moi, Brazos Bill ! Vous avez lancé un défi, et ce gentleman l’a accepté ; donc, arrière, comme un roquet battu, ou relevez-le !

— Je vais le relever, et vivement, si nous jouons avec des cartes qui ne sont pas marquées, riposta Brazos Bill dans son grossier jargon de frontière, que son émotion lui avait fait oublier tout à l’heure.

— Je vous prierai de fournir les cartes, monsieur, dit Buffalo Bill en s’adressant au patron. Il ajouta :

— En trois coups, sec ; le perdant subira une fois le feu du gagnant ; s’il est manqué, tous deux tireront à volonté. Est-ce bon jeu ?

Une acclamation répondit oui, et en moins d’un instant Brazos Bill se vit dans l’impasse.

Tom Lane fit venir un jeu de cartes neuf ; les deux hommes s’assirent l’un en face de l’autre à une table au milieu de la salle, et tous les autres les entourèrent debout, dans une attente muette.

Brazos Bill sentait parfaitement qu’il y allait, cette fois, de sa réputation et de sa vie.

Buffalo Bill alluma un cigare, battit et coupa, donna les cartes, et le jeu commença.

Buffalo Bill gagna la première partie.

Une rumeur de voix assourdies flottait dans toute la salle.

Chacun des assistants était pâle et semblait plus ému que les joueurs.

Buffalo Bill se montrait parfaitement indifférent.

Quant à Brazos Bill, il avait l’air d’être en fer ; ses yeux flambants et le mouvement de ses mains faisaient, seuls, voir qu’il était en vie.

Il venait de gagner la seconde marche, et il donnait pour la dernière partie.

— Si vous essayez de tricher, je vous tue sans avertissement. Tenez vos mains sur la table, monsieur, et s’il sort une carte de votre manche, c’est votre arrêt de mort.

Un silence suivit ces mots dits avec calme.

Brazos Bill le rompit pour dire d’un ton qu’il voulait rendre sarcastique :

— Je ne veux pas me quereller avec un homme aussi près de la mort que vous.

Buffalo Bill sourit à cette preuve que Brazos Bill dominait encore ses nerfs.

À la façon dont la partie fut jouée, on sentait qu’à chaque carte était suspendue une vie humaine.

En même temps que Buffalo Bill jetait sa dernière carte, il allongeait le bras gauche, un pistolet de Derringer au poing, disant :

— Non, ne tirez pas, et avalez votre médicine comme un homme !

Tout le monde vit qu’il n’avait fait que prévenir le geste de Brazos Bill, lequel avait un revolver tout prêt sur les genoux.

— J’ai gagné, et votre vie est l’enjeu. Je ne la prendrai pas ; je laisse cela à la justice militaire. Vous êtes mon prisonnier, Brazos Bill.

Un hurlement monta de la foule, moitié acclamation pour la victoire de Buffalo Bill, moitié grognement d’espoir déçu en se voyant frustrée du spectacle sur quoi elle comptait.

— Patron Lane, voulez-vous mettre les fers à cet homme ? reprit Buffalo Bill en tendant une paire de menottes d’acier.

Comme Tom Lane s’avançait pour le faire, Brazos Bill tendit les mains, mais l’une d’elles tenait un revolver dirigé contre Buffalo Bill.

Il y eut une brève détonation, suivie d’une autre, comme d’un écho.

La balle de Brazos Bill avait percé le bord du sombrero de Buffalo Bill.

En réponse, celle du « scout » fracassa le crâne du desperado.

Et alors Buffalo Bill resta sur ses gardes, immobile s’attendant à une attaque des camarades de Brazos Bill.

— Je suis venu par ordre m’assurer de cet homme… J’ai dû le tuer, dit-il en regardant la foule, prêt à faire face à tout ennemi.

Le jeune gars bravo.

Le jeune gars bravo.

C’était midi. Le soleil tombait d’aplomb sur le Brazos.

Coupant la plaine du nord-ouest au sud-est, le fleuve suivait sa luisante route d’argent, tandis que, sur chaque rive, s’étendait la vaste prairie que marquaient çà et là, comme des points noirs mouvants, d’immenses troupeaux de bétail, les uns errant à leur caprice, les autres suivis de gardiens qui, montés sur des mustangs rapides, poussaient dans la direction voulue les bœufs aux longues cornes, à l’œil farouche, en faisant claquer, sur les échines ou dans l’air, leurs grands fouets de lanières tressées.

À un demi-mille du fleuve se trouvait le rancho de Thomas Dennison, mieux connu parmi ses voisins sous le nom de « Juge Tom Dennison ».