La Diligence perdue - Bill Buffalo - E-Book

La Diligence perdue E-Book

Bill Buffalo

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Beschreibung

La diligence qui devait emmener la fille du sergent Frank Farrar est portée disparue. Buffalo Bill part pour éclaircir ce mystère. Il découvre que des morceaux de la diligence ont été brulés et le reste jeté dans le torrent. Accompagné de soldats, il suit la piste qui le mène au repère des brigands, commandés par Main-Rouge...

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Seitenzahl: 125




La Diligence perdue

Pages de titreLa Diligence perdue.L’embuscade.Une chasse à l’Homme.Disparu.Les recherches.Sur la piste du Scout.Un prisonnier et une preuve.Ce que vit Buffalo Bill.Étrange aventure.Serré de près.Mensonge ou vérité.La surprise.Advienne que pourra !Le retour du Sergent.Conclusion.Page de copyright

BUFFALO BILL

LA DILIGENCE PERDUE

Fascicule n° 13

1906-08

La Diligence perdue.

De terribles nouvelles avaient été portées à la connaissance du Capitaine Carr, le commandant de Fort Advance ; le coche de Jack Gerrard, qui faisait le service sur la route de l’Overland, avait disparu aussi complètement que s’il avait été englouti par l’un de ces fleuves profonds qu’il devait traverser avant d’atteindre le lointain poste militaire où il se rendait chaque quinzaine.

Il n’était point de meilleur conducteur dans l’Ouest que Jack Gerrard, et personne ne prenait plus de soin que lui de ses bagages et de ses passagers. Tout le monde au fort comprit qu’il lui était arrivé autre chose qu’un de ces accidents qui sont habituels sur la route. Il ne pouvait s’agir que d’une affaire avec les bandits et les Indiens, d’un désastre, d’une vraie catastrophe, par le fait, catastrophe qui les avait englobés tous, lui, sa voiture, l’attelage et les passagers.

Le pire, c’est qu’une femme était mêlée à l’aventure : on savait en effet, que Jack avait une jeune fille parmi ses voyageurs, la fille du sergent Frank Farrar, lequel, bien que simple sous-officier au fort, avait dû connaître des temps meilleurs et méritait bien d’obtenir un brevet d’officier.

C’était un homme de plus de quarante ans, le type accompli du soldat, populaire avec les officiers comme avec les hommes, et l’on disait de lui qu’il était « L’homme du mystère », personne ne semblait avoir jamais rien connu de son passé.

Il avait risqué souvent sa vie pour sauver celle des autres ; il avait, en une occasion, arraché son colonel à la mort, et il avait été porté fréquemment à l’ordre du jour pour d’audacieux exploits.

Un jour, on fut surpris d’apprendre que le sergent avait demandé au colonel s’il pouvait faire venir sa fille au fort, car personne ne savait s’il était marié ou non.

La permission avait été accordée, un logement agréable avait été attribué au sergent, et les femmes des officiers avaient fait tout leur possible pour le convertir en une gaie demeure destinée à la jeune voyageuse.

Et c’était par la diligence de Jack Gerrard que devait arriver la jeune fille, son père lui ayant écrit de venir.

Aussi, quel coup ce fut pour le sergent, quand la diligence manqua et que toutes les recherches faites sur la route ne permirent point d’en retrouver trace !

Buffalo Bill, alors chef des éclaireurs du fort, était parti tout de suite en vue d’éclaircir le mystère, et ce qu’il découvrit l’engagea à envoyer chercher une troupe de cavaliers, qui lui furent immédiatement dépêchés sous les ordres du Lieutenant Walter Worthington, l’un des plus alertes et des plus hardis jeunes officiers du fort.

Le rapport de Buffalo Bill mentionnait que le pont jeté en travers d’un cañon au fond duquel se ruait un torrent écumeux, était tombé dans le gouffre, et que tout semblait indiquer que la diligence avait partagé le même sort.

Mais Buffalo Bill ne pensait point que le cas fut tel, car, comme le coche était porteur d’un précieux chargement en espèces pour le fort, aussi bien que d’une belle passagère et d’un trésorier-payeur, le « scout » imputait sa disparition complète non pas à un plongeon dans la rivière bouillonnante, mais aux entreprises d’une bande de brigands, dont le chef habile avait essayé ainsi de masquer son crime – pillage ou meurtre peut-être.

C’est pourquoi il avait demandé du renfort ; et, avec le Lieutenant Worthington et ses soldats, parmi lesquels se trouvait le sergent Frank Farrar, sévère, silencieux et inquiet du sort de sa fille, les recherches avaient commencé.

Une semaine s’était passée, et alors le chef des éclaireurs était revenu avant le détachement, pour faire son rapport au Colonel Carr.

Loin du pont détruit, on avait trouvé les cendres d’un grand feu de bivouac, malgré tous les efforts faits pour effacer la piste qui y conduisait.

Dans les cendres, on avait découvert les ferrures de la diligence, qui avait été brûlée ; les pièces les plus volumineuses seulement avaient été retirées et jetées dans le torrent.

Alors, la piste avait été reprise de là, quelque peu visible qu’elle fût, et suivie jusqu’au lieu de refuge de la bande des brigands, où l’on avait retrouvé Jack Gerrard, le trésorier-payeur et la fille du sergent, – prisonniers du chef de la bande, Main-Rouge, comme on le nommait.

Quoique aidés par les Indiens, les bandits avaient été battus, leurs prisonniers délivrés et l’on était rentré en possession de l’argent du Gouvernement. La femme du terrible Main-Rouge fut découverte dans la cabane qui lui servait de demeure, s’occupant avec bonté de Lu Farrar, la fille du sergent. Main-Rouge lui-même et quelques-uns de ses hommes, absents au moment de l’affaire, avaient échappé aux soldats.

Telle est l’histoire que Buffalo Bill avait à raconter de la délivrance des captifs et du raid contre le repaire des bandits. Il était venu aussi demander des secours pour retourner repousser un fort parti d’Indiens, commandés par le chef, Visage de Fer, grand ami et allié de Main-Rouge.

— Le lieutenant Worthington et sa troupe arriveront demain soir, mon Colonel, conclut Buffalo Bill, à moins qu’ils n’aient à faire volte-face et à contenir Visage de Fer et ses guerriers ; car ce démon de Main-Rouge est avec celui-ci et le presse de marcher. Il est très désireux de reprendre ses prisonniers et son butin et de délivrer sa femme.

Mais nous pouvons les attaquer bientôt, mon Colonel, et protéger le détachement en retraite. Nous pouvons rendre la chose très intéressante pour Visage de Fer, et, je l’espère, vous ramener Main-Rouge prisonnier,… ou le tuer, dit Buffalo Bill, et il se retira dans ses quartiers afin de se préparer pour la route, complètement inconscient d’avoir passé des jours et des nuits en rudes chevauchées, presque sans repos.

Deux heures plus tard, en exécution des ordres du Colonel Carr, le Capitaine Taylor et deux détachements de cavalerie quittaient le fort, avec Buffalo Bill en tête comme guide et éclaireur – ce qui remplissait de confiance les officiers et les hommes.

L’embuscade.

Le Capitaine Taylor était fier de ses gens lorsqu’il sortit du fort avec eux, au nombre de soixante-quinze.

C’étaient des hommes et des chevaux triés sur le volet, qui emportaient dix jours de vivres et des munitions en abondance et qui étaient munis des meilleures armes.

Une demi-douzaine de bêtes de somme transportaient le matériel de campement, et les hommes chevauchaient légèrement, prêts pour une bataille rapide et chaude.

Buffalo Bill et dix éclaireurs accompagnaient l’expédition, portant ainsi le nombre des combattants à quatre-vingt-six, tout compris.

Le chef des « scouts » ouvrait la voie. Quand ils furent tous en pleine marche, le Capitaine Taylor d’un temps de galop le rejoignit.

Le Capitaine était un chaleureux ami du brave éclaireur et il avait dit à ses lieutenants et au chirurgien major avant de partir :

— Le fait que Buffalo Bill va nous servir de guide et que nous allons exécuter un de ses plans, nous assure le succès.

Lorsqu’il rejoignit le « scout » il dit :

— Vous savez, Bill, que le Colonel m’a seulement donné l’ordre de faire préparer mes hommes et de partir pour une expédition dont vous m’expliquerez le thème, et de m’en rapporter à mon propre jugement pour décider ce qu’il y aura de mieux à faire.

— Oui, Capitaine, et je vous expliquerai la chose en peu de mots.

— Vous êtes tout juste de retour de votre expédition avec le lieutenant Worthington ?

— Oui, Capitaine.

— Et vous avez réussi ?

— Oh ! oui, nous avons coupé la retraite aux bandits, délivré leurs captifs, fait en revanche des prisonniers parmi la bande de Main-Rouge, et mis la main sur une grande quantité de butin, – bétail et chevaux.

— Bon, ça !… Et ils avaient bien avec eux la diligence de Jack Gerrard et de ses voyageurs ?

— Oui.

— Et la fille du Sergent ?

— C’est une beauté, Capitaine, si c’est cela que vous désirez savoir, fit Buffalo Bill d’un air fin.

— Ce n’était pas ce que je vous demandais, Bill, et je suis fâché que ce soit une beauté.

— Fâché, Capitaine ? dit l’éclaireur avec surprise.

— Oui, car elle n’est que la fille d’un sergent et je crains qu’elle ne souffre, pour cette raison, de certains manques d’égards et, d’un autre côté, qu’elle ne soit l’objet d’une attention déplacée de la part de quelques officiers qui pourraient ne pas se conduire très bien envers elle.

— Capitaine Taylor, quand vous verrez Miss Farrar, la fille du Sergent, vous reconnaîtrez que c’est précisément une jeune fille qui sait se protéger elle-même, de celles que personne ne rudoiera, et qui ne se placeront jamais dans une situation où elles auraient à souffrir d’un manque d’égards auquel leur rang peut parfois les exposer.

— J’en suis heureux, Bill. Il est vrai que le Sergent est un gentleman, un homme dont l’autorité morale et la discrétion commandent le respect aux officiers et l’imposent aux subalternes.

— Mon opinion est que cet homme a une histoire secrète qui ferait un récit joliment intéressant si on la connaissait.

Ce qu’il fut autrefois, Capitaine, il en fait soigneusement mystère. Et je suis sûr que la venue de sa fille a été pour lui une surprise à laquelle il ne s’attendait pas ; mais il en prend bien son parti.

— Ma foi ! j’ai hâte de voir ce qui sortira de tout cela. Mais voyons ! Bill, qu’est-ce que nous allons faire ?

— Vous vous rappelez, Capitaine, que Main-Rouge n’était pas dans son repaire, mais en visite chez le vieux Visage de Fer, de sorte que nous l’avons manqué.

Il a appris notre raid, sans aucun doute, et nous a poursuivis, selon toute probabilité, avec le chef Visage de Fer et sa bande. Il se peut qu’il en soit venu aux mains avec les nôtres après mon départ.

J’ai donc pensé qu’en prenant par ce chemin au sortir du fort nous pourrions les dépasser, leur tendre une embuscade et peut-être capturer le chef des bandits, en même temps que nous infligerions une nouvelle et sévère leçon aux Peaux-Rouges.

— Splendide idée !

— Je m’en suis ouvert au Lieutenant Worthington, et il m’a dit de partir en avant et de la suggérer au Colonel, en lui faisant entendre que ce serait une non moins bonne idée de vous envoyer, vous, Capitaine ; parce qu’il sait bien que vous mènerez l’affaire tambour battant.

— Je ferai de mon mieux et je suis reconnaissant de l’avis qui m’a valu cette chance ; mais cela va briser le cœur de Worthington de ne pas en être aussi cette fois.

— Oui, car ce n’est pas d’hier qu’il est soldat et il conduit ses troupes comme un vétéran.

— Il s’est couvert de gloire dans cette expédition et il obtiendra les galons de capitaine en récompense, ou je me trompe fort.

— Il a bien commandé, Capitaine, et il se fera une grande réputation dans les luttes avec les Indiens ; car il aimerait mieux se battre que de manger.

— Eh bien ! il faut soutenir ce qu’il a déjà fait en remportant, nous aussi, un succès.

— C’est ce que nous ferons.

— Jusqu’où devons-nous aller ?

— Je compte tendre l’embuscade au gué de la rivière, et les prendre au moment où ils s’engageront dans le défilé ; car, avec quelques hommes sur l’autre rive, nous pourrons leur barrer la voie s’ils battent en retraite et les tenir en un lieu où ils sentiront nos coups.

— Combien sont-ils, Cody ?

— Autant que j’ai pu en juger pendant la poursuite et l’attaque, trois cents guerriers environ ; mais, bien entendu, il se peut qu’ils aient envoyé chercher du renfort, ce que nous pouvons vérifier.

— C’est parfait.

— Oui, c’est la raison pour laquelle j’ai amené tant d’éclaireurs avec moi, car ils veilleront pendant que nous attendrons l’ennemi, et signaleront toute troupe venant des villages indiens.

— Eh bien ! avec mes soixante-quatorze vaillants compagnons, vous et vos braves éclaireurs, je ne crains aucune force inférieure à mille hommes, quand bien même nous devrions livrer une bataille rangée. Je suppose que vous êtes d’avis d’aller bon train ?

— Oui, Capitaine, car s’ils viennent plus vite que je ne le crois, nous arriverons juste à temps pour prendre nos positions.

Dans tous les cas, les chevaux auront la possibilité de se reposer un peu.

La soirée était avancée quand la troupe campa pour souper et prendre quelques heures de repos. À la première lueur de l’aube, ils étaient déjà en route depuis plus d’une heure.

À midi ils avaient atteint le défilé, et une heure après ils étaient embusqués. Les Indiens n’avaient pas encore passé par là, dans leur poursuite du lieutenant Worthington et de son détachement.

Le site choisi par Buffalo Bill comme le bon endroit où tendre une embuscade aux Peaux-Rouges, avait, en effet, été disposé par la Nature de manière à satisfaire exactement aux besoins du « scout ».

La rivière était large, profonde à y enfoncer jusqu’aux sangles des selles, semée de rochers qui formaient des rapides, et d’un courant impétueux.

La partie guéable n’avait pas plus de cent mètres, et, en amont et en aval, la profondeur des eaux était beaucoup plus grande.

Le sentier de la rive opposée dévalait la pente d’une colline rapide et raboteuse jusqu’à la rivière. Sur la berge que les soldats occupaient, il y avait une bande de terrain plate et rocailleuse, large de deux cents mètres environ, et ensuite le chemin conduisait, par un étroit cañon long de plusieurs milles, à une vallée sise au-delà.

L’éclaireur et les soldats avaient franchi le cours d’eau à un gué situé plus bas, et rebroussé chemin le long de la bande rocailleuse jusqu’au cañon, ne laissant ainsi aucune trace de leur passage.

Les chevaux avaient été parqués dans un creux herbu, au-delà d’une haie de rochers et de saules qui les dissimulaient entièrement, avec plusieurs soldats pour les garder et en prendre soin.

Une demi-douzaine d’éclaireurs et deux fois autant de soldats étaient passés de l’autre côté de l’eau, sur leur chevaux, qu’ils avaient renvoyés ensuite, et ces hommes, sous le commandement d’un lieutenant avaient pris position de manière à s’avancer quand le combat s’engagerait et à arrêter les Peaux-Rouges, au moins dans une certaine mesure s’ils battaient en retraite. Leur retraite, d’ailleurs, ne pouvait être coupée tout-à-fait, car il existait un autre gué à douze milles en amont.

Le reste des éclaireurs fut envoyé dans le cañon, avec consigne de prévenir la troupe à temps si un détachement survenait dans cette direction, éventualité peu probable, le village indien ne se trouvant pas sur cette rive.

Ceci laissait le capitaine Taylor, Buffalo Bill et environ soixante soldats en embuscade au débouché de la passe, position d’où ils commandaient le gué.

Le piège n’avait pas été tendu un instant trop tôt, car un des éclaireurs de la rive opposée signala tout de suite les Indiens en vue.

L’éclaireur était posté au sommet d’une colline d’où il avait vu sur le sentier jusqu’à une douzaine de milles au-delà de la crête.

— Ils arrivent plus tôt que je ne le pensais, Capitaine, dit Buffalo Bill.

— Eh bien ! nous sommes prêts à les recevoir, ou peu s’en faut, répondit le Capitaine Taylor ; et il ordonna à ses hommes d’occuper leurs cachettes respectives, éparpillées parmi les rochers sur la pente raide de la colline que le cañon, ou défilé, coupait en deux.

— Ils vont traverser la rivière et laisser reposer un instant leurs chevaux droit devant nous, dit Buffalo Bill.

— Ils n’iront pas jusque-là, si cela dépend de nous, Bill.

— Bien, Capitaine. J’espère seulement que Main-Rouge est avec eux.

— Je l’espère. J’ai prescrit à mes hommes de ne pas tirer sur lui, car il faut le prendre vivant pour le pendre.

Buffalo Bill approuva d’un signe de tête, puis il gagna son poste, car c’était lui qui devait donner le signal d’ouvrir le feu.

Il se plaça au milieu des rochers, en un point d’où il voyait très bien le gué et les approches du défilé.