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Une romance avec une touche de danger et d'aventure qui vous portera dans le village de Saint Même-les-Carrières.
Dans le dépaysement du village de Saint Même-les-Carrières, et grâce au charme d’un jeune immigré roumain, Alexandru, Lucille grandit en prenant du recul sur son milieu de Parisienne privilégiée. Jusqu’à cette rencontre avec un dealer qui essaie de l’agresser sexuellement et l’insulte sur sa couleur de peau. Quand on a comme mère une Martiniquaise charismatique et commandant de police, on n’a pas envie de se soumettre aux hommes sexistes. La jeune femme, en proie à tous les troubles émotionnels de son âge, cherche à conserver sa dignité dans un contexte de violence faite aux femmes, épaulée par son petit ami avec qui elle vit une amourette de vacances. Et puis il a y a cette tentation de visiter des carrières en partie englouties et interdites au public, dont on raconte qu’elles s’étendent sous terre, immaculées comme une cité perdue. Mais toute quête d’émancipation comporte des risques.
Rémy Lasource décrit avec justesse l'émancipation d'une jeune femme qui cherche au fond d'elle-même qui elle est vraiment.
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Seitenzahl: 147
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Rémy Lasource
Fleur des pierres
Roman Jeunesse
ISBN : 979-10-388-0135-6
Collection Passerelle
ISSN : 2729-2843
Dépôt légal : mai 2021
© couverture François Cheminade pour Ex Æquo
© 2021 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays. Toute modification interdite.
Éditions Ex Æquo
6 rue des Sybilles
88370 Plombières les bains
www.editions-exaequo.com
Pour mon père Roger,
un fils de Saint-Même-les-Carrières
qui nous manque à tous désormais.
Un vent frais disloque le troupeau des nuages qu’il éloigne vers d’autres prairies célestes, et j’ignore pourquoi j’imagine un berger invisible conduire ses moutons dociles durant leur transhumance. Au chaud dans la voiture, quand je soupire contre la vitre je fais d’étranges buées que j’essuie aussitôt, de peur qu’elles ne révèlent mes pensées secrètes et mes rêves confus d’adolescente. Devant, mes parents se taisent après s’être disputés. Étrange silence, comme si leur colère s’était dissipée en même temps que le ciel nuageux, et que le soleil nous apportait un peu de répit, mais pour combien de temps ?
Autour de nous, il y a toutes ces collines recouvertes de vignobles, un paysage étrange que je découvre, moi qui suis une vraie citadine d’île de France, habituée au bruit et à la foule. Ce panorama n’a rien à voir avec les avenues bondées et électrisantes qui font mon chez-moi. Les vignes ondulent sur le dos des coteaux comme un océan vert qui danse sous un ciel à l’azur lumineux. Les feuilles gonflées de jeune sève sonnent définitivement la venue du printemps et la sortie de l’hiver, raison pour laquelle mes parents vont me jeter dans ce coin de campagne paumé, loin des magasins, chez un cousin éloigné qui a accepté de m’accueillir comme une épave perdue, en rade, issue d’une famille en plein naufrage. Si mes vieux veulent se débarrasser de moi, c’est certainement pour mieux se déchirer ensuite, et sans avoir à supporter ma crise existentielle.
Je checke mes réseaux sociaux avec le sentiment résigné d’être bannie loin de mes amies. Le printemps, m’explique mon père, est une saison contrastée ici, où les grêlons s’invitent dans les beaux jours, où le froid et les gelées viennent fouetter les jeunes pousses, et briser les récoltes en même temps que les premières chaleurs. Quatre saisons en un jour, confirme ma mère, où la pluie glacée arrive subitement. Comme sa colère me dis-je, qui nous tombe dessus de façon injuste et sans raison.
Dans la voiture j’ai ma joue toujours collée contre la vitre pour mieux observer le paysage. Parce que regarder ces vignes plantées droites et leur chevelure feuillue se mouvoir dans le vent m’apaise un petit peu. J’imagine des collines en Toscane, mais non, je ne suis que dans un truc désertique où ne restent que des vieux, sur les hauteurs du fleuve Charente, où on fait du cognac, et où le premier hypermarché est à des dizaines de kilomètres. Coincée ici je n’aurai que mon vélo, génial pour mes seize ans. Punition totale.
Notre voiture franchit le panneau Saint-Même-les-Carrières, tu parles d’un nom. Papa m’a déjà dit que le village a eu son heure de gloire à la fin du XIXe siècle jusque dans les années 1950, où l’on extrayait des blocs de pierre blanche dite « de taille », qu’on a exportés dans le monde entier. Mais je découvre une commune figée dans le silence, qu’on m’explique être creuse comme un gruyère, rognée par des galeries souterraines aujourd’hui toutes condamnées. Le long de la route, je vois de gros trous qui sont d’anciennes entrées, béantes comme des bouches vides et noires, ouvertes sur des ténèbres, et toutes barrées par des grilles envahies de ronces. Des arbres ont poussé de façon anarchique en travers de ces gueules, preuve que ces carrières ont été laissées à l’abandon. Genre, j’imagine dire ça à mes copines, #lieupaumé, #endroitdangereux, plein de trous noirs vers des souterrains sales, quelle horreur. Mais les hirondelles sont déjà là dans les rues en coupant le silence de leurs cris joyeux, et j’observe leurs silhouettes noires fendre le ciel bleu, seul mouvement vif dans l’immobilisme local.
Mes parents cherchent leur chemin dans le bourg, la direction pour aller chez mes cousins François et Agnès. On longe une grande place aux magasins fermés, pas loin un monument aux morts, quand subitement on tourne à angle droit sur une route étroite entre deux grands bâtiments, et j’ai l’impression qu’on se faufile entre des contreforts par une issue secrète. Puis, au bout du chemin, c’est le cul-de-sac, mais nous tournons sur la droite pour découvrir un lieu caché, comme une clairière dans cette forêt de pierre. Alors on rentre dans un jardin fleuri au fond duquel une jolie chaumière s’est lovée, invisible de tous, dans un refuge de verdure.
On descend, nos portes claquent, et je cligne des yeux comme à la sortie d’un long rêve. De grands arbres ont déployé des couronnes de verdure, et ouvrent leur bras comme des prieurs lèvent leurs bras aux cieux, ce qui confère une étrange paix à l’endroit. Les murs qui encerclent le jardin sont faits d’une pierre noble toute recouverte de mousse, avec entre les jointures de petits bouquets de violettes qui ont poussé sauvagement, et à mieux y regarder on dirait un manteau de lichen serti de bijoux fragiles et précieux. Je respire cette odeur qui sent quelque chose de champêtre, de sous-bois ou de fleuve, enfin je ne sais pas… Ce coin ainsi retiré du village pourrait ressembler à un conte de fées. Bon, ne t’emballe pas ma fille, j’imagine que ce trou humide est rempli de moustiques l’été. J’étire mon dos, pose mon casque, et regarde un vieux chien Fox Terrier avancer joyeusement vers moi en tordant de douloureuses articulations rouillées.
— Elle s’appelle Camelle, me lance un homme charpenté aux cheveux poivre et sel.
Je ne l’avais pas vu sortir. Il s’avance et embrasse mon père. Je m’accroupis pour présenter ma main au vieux toutou qui me lèche le bout des doigts de sa langue râpeuse. Je frissonne et ris en même temps. L’animal remue son arrière-train en grognant d’excitation. Une femme sort de la maison à son tour et se dirige vers maman. Pas loin, sous le tilleul, une antique balançoire est suspendue à une branche maîtresse, elle est toute patinée par les ans et a dû recueillir la joie de pas mal de gosses tout en les élevant dans les airs, peut-être même se souvient-elle des éclats de rire de François. Je me lève et me présente à ce cousin éloigné.
L’homme, un colosse aux yeux doux, a le regard rempli de bonnes ondes, comme un lac lumineux. Dans cet endroit singulier, il a l‘air comme sorti d’une légende, avec ses grosses épaules et cette douceur qui lui impose des gestes lents et mesurés. Si on me disait que je rentrais dans une fable et qu’il était un enfant des carrières, un être sorti de ce pays sauvage, que son squelette était en réalité un assemblage de pierres et que ses muscles et tendons étaient faits de branches et de lierre, je pourrais le croire. Je dois être trop émotive en ce moment pour être autant impressionnée. À mon avis ça me vient de ces lieux. Pourtant je vois bien que François ne ressemble pas aux Parisiens que je connais, il est à la fois trop fort et trop gentil, trop équilibré, mais avec quelque chose en plus, une sagesse qui doit lui venir du silence, et j’ai l’impression de plonger dans les histoires d’autrefois. Et de me trouver en face d’un être de la forêt, aux os de calcaire et à la chair d’écorce, avec cette limpidité des sources dans le regard.
Je me sens immédiatement bien, « Om-Aum » ferait la prof de Yoga, presque en harmonie ici, ce qui pourtant ressemble à un tableau cauchemardesque en comparaison de ma vie parisienne. François s‘approche pour me faire la bise, en se présentant sa femme et lui. Elle qui a un sourire spontané a l’air beaucoup plus dynamique que lui, et cette directrice d’école a en quelques secondes analysé qui j’étais et où j’en étais, ce que je suis bien incapable de faire. Papa sort mes valises, et une caisse de vin en cadeau pour héberger une ado polluée comme moi. Il y a une atmosphère que je n’ai pas l’habitude de rencontrer dans cet endroit, et qui a l’air de parler à une partie de moi dont j’ignorais l’existence.
Je regarde les parterres envahis de fleurs, et j’écoute ce bourdonnement d’abeilles. Je remarque juste que mon pantalon est tout recouvert de pollen. Tout semble très vivant ici, je m’en rends compte, bienvenue dans un autre monde, me dis-je. À côté, le tilleul a un tronc noueux, avec un trou où rentrent et sortent des insectes.
— Tu es allergique aux abeilles ? me demande Agnès qui semble décidément tout comprendre chez moi, et bien avant moi.
— Non, pas à ma connaissance.
— À la bonne heure, me confie-t-elle. Il y a des essaims dans la cheminée et dans le tilleul. Si on ne joue pas au ballon, on n’est pas piquée.
Je regarde autour de moi et réalise me trouver dans un îlot de verdure, et je n’imaginais pas que ça pouvait exister ailleurs que dans les films. Et puis je souris pour moi-même.
— Dis-moi, ça te change, hein ? me demande Agnès avec malice.
— Oui, sacrément.
— Alors, c’est ce qu’il faut. Un endroit calme et dépaysant, pour se découvrir, surtout à ton âge.
Je regarde autour avec une onde de chair de poule qui envahit mes avant-bras, et je comprends alors que ma cousine a raison, mais je souris heureuse, sans trop comprendre pourquoi.
À table, j’apprends avec effarement que François et Agnès ont vécu à Paris. Il était cuistot dans les années 1980, une belle époque, bien payé, et ils ont eu une vie de patachon. Alors là, moi qui les imaginais comme des ploucs pur jus, je tombe sur les fesses (heureusement que je suis assise dessus d’ailleurs). Je remarque juste au dos de la porte que se trouve accroché à une patère un blouson « bombers » avec le nom d’un restaurant parisien au dos, le Chicago Pizza Pie Factory, rue de Berri, Paris 8. Je suis soulagée, les cousins adorent Paris, ma ville lumière, je serai donc en bonne compagnie bien qu’exilée au bout du monde, enfin entourée de gens civilisés je veux dire.
***
L’après-midi, je suis mes parents chez un vigneron, Sylvain Lascaux, au logis du Renfermis. Le domaine fait aussi camping à la ferme, et quand on arrive les toitures des bâtiments surgissent au milieu des vignes, comme une île dans un océan vert. On longe une piscine et des camping-cars posés au milieu de l’herbe, avec un jardin d’enfants. Papa nous gare au milieu de l’enceinte de la cour, où se trouve la maison charentaise entourée de ses chais. Des cactus ont poussé au milieu du parking, et je pense à une hacienda dans les vignobles. Des voitures immatriculées en Roumanie sont garées en périphérie, dont les occupants louent visiblement des chambres du gîte. Des hommes de l’est jouent aux boules dans un terrain adjacent à la cour. Ma mère, toujours avec sa finesse légendaire, nous le fait remarquer. En descendant, elle fixe les locataires, des étrangers qu’elle a l’habitude de côtoyer dans son travail, en les dévisageant un peu trop à mon goût. Toujours à me foutre la honte, ma mère. Mais mon père, qui ne fait plus attention aux attitudes de sa femme sonne déjà à l’entrée du chai. Rapidement un grand bonhomme sort de la maison, une chemise ouverte sur un large poitrail grisonnant. Il tend sa grosse main à chacun d’entre nous et nous invite à rentrer au frais dans le chai, dans une salle de vente avec de gros lampadaires orange et ronds, trop stylés années 1970, où sont exposées sur une table toutes les catégories de bouteilles.
Quand le vigneron propose une dégustation, mon père lui répond du tac au tac par l’affirmative.
— Qui conduit ? On rentre sur Paris ce soir, demande aussitôt ma mère avec son ton renfrogné.
— Eh bien on se relaiera, lui répond papa placidement.
M. Lascaux sort de petits verres en forme de tulipe. Et il me regarde. Je m’apprête à dire non, quand mon père conclut avec un hochement de tête :
— Un fond de pineau pour la demoiselle !
Ma mère, qui boude toujours son mari, souffle pour manifester à tout le monde son caractère affirmé.
— Vous n’avez pas de problèmes avec vos touristes ? commence-t-elle au sujet des Roumains.
M. Lascaux, avec un air affable, rentre légèrement les épaules, surpris qu’on l’entreprenne sur la nationalité de ses résidants.
— Non, aucun, ce sont mes salariés.
— Ah bon ? déclare maman sur un ton de surprise.
— Oui, ils sont très volontaires. Je n’arrive à garder aucun chômeur, vous savez ils viennent à peine dix jours et restent couchés dans leur canapé. Alors que cette main-d’œuvre européenne est beaucoup plus travailleuse que les ouvriers agricoles de la région, je suis désolé de le dire aussi crûment.
— Pardonnez-moi. Je suis flic sur Paris, et j’ai l’habitude de travailler sur des Roms qui sont très durs.
— Les miens sont des Roumains slaves, ne leur dites pas qu’ils sont roms, ils n’aiment pas cette comparaison. Ils travaillent et ne savent jamais comment faire plus afin que je sois satisfait. Ils ont l’esprit de famille avec moi. Ce n’est pas la même population que vous devez croiser en bande dans le métro, enfin j’imagine.
Voilà un problème dissipé et je regarde mon dragon de mère. Maman est une belle femme. Volontaire, sportive, elle porte souvent des jeans moulants et une chemise ouverte. On peut dire qu’elle est sacrément sexy, et qu’elle fait tourner la tête à pas mal de mecs, avec ses cheveux noirs et sa peau « café au lait, léger, au lait mélangé » comme chante Laurent Voulzy. Elle a de longs cheveux lisses et épais, un bout de nez tout juste épaté et des lèvres voluptueuses, de magnifiques yeux noisette et je ne parle pas de sa silhouette qui rend folle la gent masculine. Il suffit de faire les soldes à Paris avec elle pour voir les hommes se retourner dans la rue ; une des raisons qui me font la détester, enfin je crois. Je suis bien sa fille, avec la peau un peu plus claire qu’elle. Parfois je déteste son assurance, sa force de flic et la vision dure qu’elle porte sur le monde. C’est comme si elle était un guerrier, et qu’à ses yeux je n’étais qu’une mollassonne. Même si elle ne me le dit pas, je sais bien que c’est ce qu’elle pense de moi. J’aimerais juste que papa lui rentre un peu plus dans les plumes et lui rabatte son caquet. D’où elle vient, de Martinique, on boit du rhum, et rien n’égale le JM, ou le Bologne à la rigueur, le HSE aussi. Alors elle goûte un cognac en fixant involontairement Sylvain Lascaux comme s’il était suspect de quelque chose, mais lui, en géant placide, la regarde amusé comme un cyclone des Caraïbes qui a déboulé chez lui. Mon père qui a déjà terminé son verre fait des bruits de langues satisfaits et regarde les bouteilles tout en réfléchissant à sa commande. Finalement, tout le monde s’assoit dans des fauteuils confortables découpés dans des tonneaux. Et le vigneron ressert mes parents.
Je sors de la salle, une odeur d’alcool et de bois émane du couloir, ça vient des grands tonneaux de chêne à côté. Je sors dans la cour ensoleillée où les Roumains jouent aux boules. Parmi eux, un adolescent de mon âge m’a remarqué. Il est plus grand que moi, d’un brun corbeau avec des yeux bleus, et un visage coupé à la serpe. Et puis le regard volontaire de celui qui a connu des temps durs. Je ferme les yeux au soleil, pour essayer mon pouvoir de séduction. Les hommes restent à distance pour ne pas gêner les clients et jouent en parlant moins fort. J’ouvre la voiture pour en sortir mon smartphone. Pas loin d’eux, il y a un banc en pierre où je vais m’asseoir à l’ombre. L’ado fait comme s’il ne m’avait pas vue. Il est un peu mince, mais bien musclé. Tout juste quinze ans peut-être, et un bon mètre quatre-vingt. Et puis quels yeux, bon sang. Alors que les hommes ramassent les boules à l’issue de la partie, je verrouille mon smartphone et me dirige vers lui. Je n’ai peur de rien ici, je suis la Parisienne et après tout personne ne sera témoin si je me paye une honte ; malgré tout je dois être rouge quand je m’adresse à lui, mais qu’importe, sur ma peau ça se voit moins que sur la sienne, parce qu’il rougit vraiment beaucoup à mon approche :
— Dis-moi, je suis coincée dans ce bled pour plusieurs jours. On fait quoi ici le soir, à part déprimer ?
Il est paralysé quelques secondes, ce qui me donne une assurance dont je ne me savais pas capable. Il me répond avec un accent haché roulant les R :
— Pas grrand de chose.
Je lui montre mon smartphone :
— Snapchat ?
— Oui.
— Passe ton Snap.
Il sort un antique smartphone, honte pour lui, mais bon. Il me donne son profil, et me partage sa localisation, je vérifie sur mon écran. Il est bien coiffé, avec une mèche sur le côté qui luit de reflets bleus au soleil, et il porte des habits propres et repassés, bien qu’usés. Les autres hommes sont partis sans bruit. J’ai toujours les commandes de notre relation. Quelle audace j’ai ! Finalement je suis aussi forte que ma mère.
— On reste en contact, on se checke ? dis-je toujours aussi glamour.
