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La Lilith juive bimillénaire, objet de terreur pour les femmes en couches et les enfants nouveau-nés, fut christianisée par Byzance et adoptée par la superstition musulmane sous divers noms : la Qarina ou encore la goule. L'Occident la découvrit par la seule évocation par le Faust de Goethe qui en fit une héroïne moderne, profane celle-là, incarnant la femme fatale, un succube, la protagoniste de messes noires. L'orientalisme, le spiritualisme et le satanisme fin de siècle mettent à la mode l'antique démone qui inspire les écrivains et les peintres, dans une grande confusion, dans un syncrétisme attrape-tout, qui l'imagine sous les traits du serpent de la Tentation, la confond avec Isis, Astarté et toutes les déesses mères, qui l'associe aux sirènes, stryges et lamies de la mythologie gréco-romaine, qui fait de Mélusine un de ses avatars. Lilith, femme mortifère mais si séduisante, fait aujourd'hui florès dans le Pop Art, les mangas, les jeux vidéo, les films d'horreur. La Lilith avec son parèdre Samaèl fantasmés par Stanislas de Guaita inspirent le satanisme contemporain. Freud l'ignore, Lacan est "embêté" par le troisième sexe, Jung s'interroge sur le sens du mythème Lilith. L'analyse de Lilith reste à faire. Le féminisme s'empare de la première épouse d'Adam pour en faire l'icône de la femme libérée car elle a refusé la position du missionnaire et s'est enfuie pour mener une vie de sexualité transgressive, adultère, inféconde où la femme est l'égale de l'homme, un renversement complet de la culpabilisation de Lilith par la tradition juive comme "la mauvaise épouse". Lilith fait vendre. Des tisanes, des parfums, des vêtements, des vins, des sex-toys.
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Seitenzahl: 476
Veröffentlichungsjahr: 2026
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A Henri Stener, mon père, qui me fit découvrir, adolescent, les arcanes du spiritisme et de l’occultisme
Kenyon COX grava en 1891 (NYPL) cette représentation d’Ève baisant le serpent au-dessus d’une cartouche pastichant la fresque de Michel-Ange pour la chapelle Sixtine.
L’image est titrée « Lilith » et non pas « Ève » comme le sujet l’impose, un des exemples de confusion entretenue par la peinture et la littérature fin de siècle qui est prise pour « vérité d’Evangile » par tant et tant d’articles hâtivement recopiés d’un site sur l’autre et que l’on trouve, malheureusement jusque dans des articles d’universitaires, une confusion que nous nous sommes efforcés, preuves à l’appui, d’éradiquer dans cet ouvrage. La même confusion fait florès sur la fresque.
Figure 1 Michel-Ange, Adam et Eve
INTRODUCTION
SUPERSTITIONS CHRETIENNES
MALEFICES DE LILITH
ANDROGYNE
AVORTEUSE
ANTHROPOPHAGE
CHATIMENT DE L’HOMME MAUVAIS
CONTAGIEUSE
CROQUEUSE D’OS
EPUISANT LE LAIT DES NOURRISSES
ETRANGLEUSE D’ENFANTS
FELLATRICE, MANGEUSE DE SPERME
FEMME FRUSTREE DE MATERNITE
IMPURE
INCESTUEUSE !?
INCUBE OU SUCCUBE ?
INFANTICIDE
INFERTILE
IGNORANTE
LUXURIEUSE
MORTELLE MAIS A LA FIN DES TEMPS SEULEMENT
NOCTURNE
NON MARIEE, PRIVEE DE MATERNITE
PROSTITUEE
REVENANTE
REBELLE ET ANORMALE
STERILE
SUCCUBE
TUEUSE D’ENFANTS
Des nouveau-nés des autres femmes
VAMPIRE
VIERGE
VOLEUSE D’ENFANTS
APPARENCE DE LILITH
DE L’APPARENCE DE « LILITH » LA BIBLE NE DIT RIEN
UNE ICONOGRAPHIE TRES PAUVRE
ANE
CHAT
CHEVEUX LONGS
CHIEN
ESPRIT
EFFRAYANT / FEROCE / TERRIFIANT / CRUELLE
« FEMME AUX FORMES SEXUELLES EXAGEREES, ELLE EST REPRESENTEE AVEC UN VENTRE ENORME RENFERMANT DES TORRENTS DE SPERME »
FLAMBOYANTE DE LA TAILLE AUX PIEDS
MARINE
MI-FEMME MI-ANIMAL
Mi-femme mi-oiseau
NOIRE
OISEAU
Chouette
POULE
LA DEMONE MUSULMANE
ADOPTION DU MYTHE PAR LE MONDE MUSULMAN
OUMM EÇ CIBYAN, « LA MERE DES ENFANTS »
Extrait de Edmond DOUTTÉ
UMMUCS-SUBYAN
TABI’A
L’APPARENCE D’UNE CHOUETTE EFFRAIE
QARINAH, LE DOUBLE MALEFIQUE DE CHACUN
Qarînah, l’ange gardien maléfique
Extraits de Samuel M. ZWEMER
SACRIFICE DU CHAT
LA GOULE / GHOUL / GHUL
LILITH AU MOYEN-ORIENT
BESTIAIRE DE LILITH
DES CREATURES MALEFIQUES EMBLEMATIQUES DE LA DEMONE
ANE
AUTRUCHE
CHIEN
CHAT
CHEVAL
CHOUETTE
IBIS *
LION *
SCORPION
SERPENT
LILITH DANS L’ART ANTIQUE
Rareté et incertitudes de l’iconographie de Lilith
Bols à incantation
La plaque Burney
Antaura, la déesse des migraines
ART CHRETIEN
Lilith, l’inconnue de l’art chrétien
Influence de l’art sumérien sur l’art roman
Lilith représentée intuitu personae dans l’art chrétien
Adam, Seth et le serpent de la Tentation, fresque de Filippino Lippi
Le lignage artistique de Lilith
LILITH ET LE SERPENT DE LA TENTATION
ART PROFANE
Académisme
Préraphaélisme
Académique
Art symboliste et décadent
Peinture moderne
Surréalisme
Hyperréalisme et art kitsch
Deviant Art
Photographie
Sculpture
Galeries
LILITH DANS LA LITTERATURE
METAMORPHOSE DE LA DEMONE JUIVE EN HEROÏNE ROMANESQUE
XVIEME SIECLE
La papesse Juta / Jeanne, petite-fille de Lilith
XIXEME SIECLE
« ENTRE ROMANTISME ET DECADENCE »
Johan Wolfgang von Goethe
Georges Sand
Félix De Belloy
Gérard de Nerval
DANTE Gabrielle Rossetti
Alfred de Vigny
Victor Hugo
Marcel Emants
Anatole France
Joris-Karl Huysmans
Marcel Schwob
Rémy de Gourmont
George MacDonald
Octave Mirbeau
XXE SIECLE
Rachilde
Adolphe Retté
Guillaume Apollinaire
George Bernard Shaw
Maurice Magre
Hayyim Nahman Bialik
Vladimir Nabokov
Laura Riding
Marc Chardourne
André Breton
Boris Vian
Juan Eduardo Cirlot
C. S. Lewis
Anaïs Nin
Primo Lévi
Alina Reyes
XXIEME SIECLE
Littérature hébraïque moderne
José Saramago
Littérature féministe
Littérature occultiste
Littérature rock
LILITH AU CINEMA
LOULOU 1929
LILITH1964
THE EXORCIST 1971
THE MARK OF LILITH, 1986
FATAL ATTRACTION 1987
ENVOL DE LILITH (L'), 1992
LILITH, THE RISE OF THE SUCCUBUS, 1994 DIRECTOR JASON HOUGH
LILITH, THE THIRSTING, 2008
TRUE BLOOD. 2008-2014
CASE 39, 2009
THE TALE OF A MONSTER, 2014
LILITH,→
SIREN, 2016
EVIL ANGEL, 2017
THE TEMPLE OF LILITH, 2017
THE CURSE OF LILITH RATCHET, 2018
LILITH, 2018
LILITH, 2022
LULLABY, 2022
LILITH, 2022
THE AWAKENING OF LILITH, 2022
BORDERLANDS2024
LILITH RISING,2024
LILITH FILMS, SOCIETE DE PRODUCTION FR
LILITH SUR LE DIVAN
INTRODUCTION
THEMATIQUES
Androgyne
Angoisse
Accouchement
Ambivalence
Anti-mère
Bisexualité
Castration
Dépression
Doublure
Fantasme
Féminité inquiétante
Jalousie
Lustgewinn « le plus-de-jouir »
Luxure
Magique
Mythologie
Peurs primordiales ayant trait à la gésine
Phallus
Rébellion
Refus
Refoulement
Rêve érotique
Sperme
Stérilité
Troisième sexe
SOURCES
Sigmund Freud et le fantasme
Karl Jung et l’archétype
Lacan, « le troisième sexe » et Lilith
LILITH, LA SECTAIRE
PENTACLE-PENTALPHE-PENTAGRAMME ET YAHSHUAH – PENGRAMMATON
Définitions et étymologies
Microcosme et macrocosme
Le pentacle des Pythagoriciens
Le pentacle et le nombre d’or
L’homme de Vitruve de Léonard de Vinci
Le pentacle, un symbole de protection pour les Juifs et les Musulmans
Le « Magen David » « Bouclier de David »
L’anneau magique du Testament de Salomon
Un symbole maléfique de la goétie
Baphomet
Le pentacle de Samaël et Lilith inversé, maléfique
Antiochus IV, dit Soter, vainqueur grâce au triple triangle
Symboles chrétiens
L’étoile flamboyante à cinq branches, marquée de la lettre « G », des francs-maçons
Le pentacle Aleister CROWLEY
Clé de Salomon
« ASTARTE, LILITH, NAHEMA, ASTAROTH SONT LES IDOLES DE LA DEBAUCHE ET DE L’AVORTEMENT »
LILITH OCCULTE
La Lilith de la Société de Théosophie
Une pseudo-religion selon René GUÉNON
LILITH SATANISTE
Wicca adore Samaël et Lilith
Satanisme et LGBTQ
MAGIE SEXUELLE
LE SABBAT DES SORCIERES
ALCHIMIE ET ASTROLOGIE
DARK ART ET DEVIANT ART
SUPERSTITION MODERNE MARCHANDISEE
ICONE FEMINISTE CONTEMPORAINE
LA FEMINITE, UNE ANGOISSE MASCULINE EVACUEE PAR LA SOUMISSION D’EVE
LILITH, LA MAUVAISE FEMME
LILITH, LA FEMME LIBEREE
LILITH MAGAZINE
ASSOCIATIONS LESBIENNES
LILITH FUND
RITUELS RELIGIEUX
LE SATANISME ET LILITH COMME LIBERATION LGBTQ
LITTERATURE FEMINISTE
Science-fiction
LES FEMINISTES CONTRE LA BIBLE ?
LILITH ADULEE, UNE ERREUR DE LECTURE ?
ART FEMINISTE
LILITH DANS LA MUSIQUE
LULU D’ALBAN BERG, PANDORA PAS LILITH
PRIMO LEVI
SINGLE
METAL ET ROCK GOTHIQUE
JEAN-LOUIS MURAT
LILITH FAIR
FOLK
OPERA DE CHAMBRE « LILITH, LUNA NEGRA »
LA DANSE DE LILITH
LA SE DELASSE LILITH. MANIFESTATION D’UN CORPS LIBERTAIRE
ET DIEU CREA… LILITH
LILITH
LILITH
LILITH.AEON
LILITH & CIE
LILITH
LILITH ON AIR
LILITH
LILITH
CIRCE DESLANDES - LILITH
ENVOL DE LILITH (L')
CULTURE POPULAIRE : JEUX VIDEO, MANGAS, SERIE TELE
LILITH CRUCIFIEE !
PANDORA-LILITH
LILITH, LA SIRENE
DIABLO IV, LILITH FILLE DE MEPHISTO
LILITH (MARVEL COMICS)
LAYLA, BD
LILITH MERCHANDISEE
MODE
MUSIQUE
PARFUMS ET COSMETIQUES
PIERRES
SEX TOYS
SITES PORNOGRAPHIQUES
TAPIS
THES ET TISANES
VIN
SOURCES TEXTUELLES
AKKAD, SUMER, BABYLONE
[A]« Le Lilu qui erre dans la plaine. »
[B] Exorcisme pour chasse le lilu, la litu ardat-lili
[C] L’ardat-lili vierge
Texte néo-assyrien, 1er millénaire avant J.-C
[D] Lilith enchaînée
[E] Lilu, Lilitu, Ardat-Lili, Irdu-Lili
[G] Gilgamesh, Lillak et l’arbre huluppu d’Inanna
[H] Une incantation contre le démon femelle Lilitum – Texte sumérien
[I] Labartu
[J] Incantation
SAINTES ECRITURES
Canoniques
Deutérocanoniques
ANTIQUITE 1ER – VEME SIECLES
LITTERATURE GRECQUE
Homère, Odyssée (VIIe av. J.-C.)
Flavius Josèphe, Antiquités judaïques (fin 1er s.)
Philostrate, Vie d’Appolonios de Tyane (IV,25) (217 et 245après J.-C.)
Sappho, Odes (VII-VIe s. av. J.-C.)
PATRISTIQUE
Epiphane de Salamine, Panarion XXVI,13,4-5 (IVe s.)
Augustin, Contre les adversaires de la Loi et des Prophètes, livre II, chap.1, § 2 (419-420 )
TEXTES HEBRAÏQUES
Targoum sur Job 1,15 (0-600)
Targum du pseudo Jonathan sur la Genèse, III.6 (150-250)
TESTAMENT DE SALOMON (II-IVE S.)
BERESHIT / GENESIS RABBA (C. 400 )
17.7
18.2
18.4
20.11
22.7
TALMUD (C.450 – C.550 CE)
Eruvin / Erubin
Niddah
Nedarim, 20a-b du Talmud de Babylone
Shabbat 151b.10
Taanit 27b.7
B. BAT. 73A
MIDRASH TANHOUMA (VE S.)
PIRQE DE RABBI ELEIZER 21.2 C.630 – C.1030 CE
MOYEN-AGE
ALPHABET DU PSEUDO BEN SIRA (700-1000)
RASHI SUR LE SANHEDRIN (C. 1065 – C. 1115)
BAMIDBAR RABBAH (XI-XIIE S.) 16.25
KABBALE
Zohar c. 1280
Traité de l’émanation gauche, 1260
Joseph Angelino (1325-1327) Livnat ha Sappir (Blancheur du Saphir)
Mishnat ha-Zohar / La sagesse du Zohar
MOYEN ÂGE V-XVEMES SIECLES
BAMIDBAR RABBAH (XI-XIIE S.) 16.25
MIDRASHIM TARDIFS
Midrash Abba Gorion (AbGur) c. 1050
Midrash du Livre d’Esther. Notice seulement sur sefaria.org)Texte référencé par Felix PERLES, OrientalischeLiteraturzeitung, XVIII, Leipzig 1915 archive.org p. 180
Midrash Abkir / Avkir (date ?)
CHRONIQUES DE JERAHMEEL / YERAMEEL (XII-XIVE S.)
XIIIEME SIECLE
SEFER RAZIEL(1176-1238)
ALPHABET DU PSEUDO BEN SIRA (VII-XE S.)
DE DAEMINIBUSDU PSEUDO-PSELLUS (C. XIIIE S.)
TEXTES OCCULTISTES
BLAVASTSKY HELENA
La doctrine secrète, synthèse de la science, de la religion et de la philosophie (1888)
RENE GUÉNON
Sur le Théosophisme
ALEISTER CROWLEY
De Arte Magica, ch. XIII, De certaines théories Juives
LE GROUPE LILITH DE FLORENCE
BIBLIOGRAPHIE
ECRITURES
Bible
Ecrits intertestamentaires
OUVRAGES GENERAUX
INTRODUCTION
CONSTRUCTION DU MYTHE
MYTHOLOGIE MESOPOTAMIENNE ET ASSYRIENNE
MYTHOLOGIE EGYPTIENNE
MYTHOLOGIE GRECQUE ET ROMAINE
JUDAISME
CHRISTIANISME
BYZANCE
MANDÉISME
ETHIOPIE
ANDROGYNE
ALCHIMIE
DEMONOLOGIE
GNOSE
LE MYTHE LILITH
LILITH ET LA LUNE
KABBALE
ENCYCLOPEDIES ET DICTIONNAIRES
Langues
TALMUD DE JÉRUSALEM
MIDRASH
Midrach Rabba
TESTAMENT DE SALOMON
LÉGENDES JUIVES
LILITH DANS LA CABALE
Textes
Etudes
ALPHABET DU PSEUDO BEN SIRA
SUPERSTITIONS JUIVES
ISLAM
FOLKLORE ARABE
LILITH DANS LA TRADITION CHRETIENNE
MALEFICES DE LILITH
SAMAËL
GEMATRIE ET NUMEROLOGIE
FOLKLORE
Manuels et dictionnaires
Mélusine
Tsiganes
GEMATRIE
SEXUALITE, POSITIONS SEXUELLES
LILITH A LA LUMIERE DE LA PSYCHANALYSE
SECTES, OCCULTISME, ALCHIMIE
LA DEMONE ARABE
LILITH DANS L’ART
Ouvrages généraux
Art antique
Art byzantin
Art chrétien
Art juif
Art contemporain
CINÉMA
LILITH DANS LA LITTERATURE
Auteurs
Etudes
MUSIQUE
FÉMINISME
BLOGS ET SITES
GLOSSAIRE DES NOMS
TABLE DES ILLUSTRATIONS
SOMMAIRE DU TOME 1 LILITH, UN MYTHE JUIF
Ce tome 2 du Mythe de Lilith présente le mythe moderne qui, de l’évocation de Lilith par le Faust de Goethe, en fit une héroïne profane de la littérature et de l’art occidental au XIXème une femme fatale diabolique dont les tourments faits aux enfants nouveaux nés et aux femmes en couche, qui furent l’origine même du mythe juif, s’estompent, disparaissent même complétement pour céder à la fantasmagorie de l’incube satanique.
L’occultisme s’entiche de la Lilith bimillénaire et par un syncrétisme empreint de démonologie et d’orientalisme facile conduit à un culte satanique confus où Lilith-Isis-Astarté deviennent une même et unique déesse parèdre de Satan-Samaël-Azazel-Asmodée-Lucifer dans des messes noires propres à épater le bourgeois avide de sensations fortes. Alors que le christianisme s’obstine à mépriser le mythe de Lilith « première épouse d’Adam », et à bonne exégèse, car, littéralement, rien de cela n’est dans les Saintes Ecritures, la créature prospère, prenant des apparences aussi imaginaires que l’activité de la démone.
La fascination de la fin du XIXème siècle pour le satanisme, la sorcellerie et l’occultisme source la Lilith, icône du Pop Art, celle des mangas, des jeux vidéo et des films d’horreur de série B. La toile abonde en blogs mettant Lilith en tête de gondole pour attirer le chaland. Ève, la seule épouse selon le dogme chrétien d’Adam, est, son corps défendant, embarquée dans cette déferlante de fausse culture. Lilith est le serpent de la Tentation affirment, sans preuve, maints auteurs.
Lilith fait vendre car elle sent le soufre, servant de pavillon provocant à des produits de beauté, des vins, des godemichés…
La tradition juive a inventé que Lilith s’est rebellé contre Adam qui voulait la soumettre dans l’acte vénérien en lui imposant la position dite du missionnaire. Il n’en fallut pas plus pour que la re et contre lecture féministe de la Bible en fasse une icône, la première femme libérée de l’oppression masculiniste. Par une complète inversion de la dénonciation rabbinique faisant de Lilith « la mauvaise Eve » et de la seconde « l’Eve » condamnée par YHWH, pour avoir croqué la pomme, à subir la loi d’Adam selon l’apocope biblique : « Ton désir te poussera vers ton homme et lui te dominera » (Genèse 3,16b), le féminisme réhabilite Lilith, l’hagiographie comme la première femme libre, refusant la maternité obligée, le carcan du mariage, une femme sans homme même.
Nous présentons également dans ce second tome la représentation de Lilith dans la littérature, l’art, le cinéma ainsi qu’une introduction à une analyse, au sens psychanalytique, de Lilith.
Les sources textuelles ainsi que la bibliographie de l’ensemble de l’ouvrage figurent également dans ce volume.
Figure 2 Goya, Messe de relevailles Francisco de GOYA, La Messe des relevailles (1808, musée d’Agen)
VAN GENNEP rapporte des pratiques folkloriques françaises contemporaines (1943) qui font écho avec celles judaïques qui interdisent à un lecteur chrétien de les considérer comme naïves. Nous surlignons les passages essentiels.
«§ 1. La grossesse, l’accouchement et les relevailles. Chez les peuples de l’antiquité et chez les peuples dits primitifs, la grossesse – Note 2 : Présages de grossesse : SÉBILLOT, Folklore de France, n° 233, t. III coucou (p. 197), chat-huant, hibou, effray (p.200) - ROCAL, Dévotions du Périgord : chouette – DERGNY, Savoie : chouette – constitue l’un de ces stades de marge dont il vient d’être parlé, la femme enceinte et souvent le mari sont entachés d’impureté, très sensibles aux influences surnaturelles et en quelque sorte extraits de la vie sociale ordinaire. D’où toute une série de coutumes, habitation spéciale à l’écart, tabous alimentaires, rites de purification et de protection, etc. […] Les pratiques populaires ont pour objet de garantir non seulement la mère, mais aussi l’enfant. […] Il existe beaucoup de moyens pour assurer des couches faciles et heureuses - Note 3 : […] influence de la lune - Porter sur soi une ceinture bénie comme celle de Notre-Dame-de-la-Daurade à Toulouse […] Le port de certains talismans et amulettes et diverses pratiques de magie par contact ou imitative. Il y a des pèlerinages spéciaux pour les femmes enceintes ou en travail. […] [S’agissant du sexe de l’enfant] si l’enfant a été conçu ou si la mère accouche en lune croissante, ce sera un garçon, en lune décroissante, une fille ; ou le contraire. […] La période de marge se continue chez tous les peuples plus ou moins longtemps après l’accouchement jusqu’au rite de passage destiné à réintégrer la mère dans la société normale. Le christianisme a emprunté aux Hébreux le scénario de la Purification au Temple, auquel se soumit la sainte Vierge, qui par commémoration constitue un rite calendaire, le jour de la chandeleur. Il est naturel que le cierge béni ce jour-là soit utilisé pour garantir la femme enceinte et l’accouchée. La commémoration individuelle de la purification se nomme relevailles. Elles comprennent le jour où théoriquement la mère se lève pour la première fois […] un arrêt sur le seuil du temple et une bénédiction par le prêtre qui lève l’impureté et exorcise le mal. […] C’est seulement après les relevailles que le mari a de nouveau accès à sa femme (crainte très répandue de la pollution magique) […] qu’elle peut de nouveau assister à la messe, etc. […] Dans la région de Toulon, la cérémonie des relevailles présentait populairement une si grande importance qu’on l’exécutait même si la mère était morte en couches ou après la naissance de l’enfant. […] On nomme la couvade la coutume selon laquelle le mari prend dans son lit la place de l’accouchée, se fait soigner à sa place et joue ce rôle pendant un laps de temps variable. Assez répandue chez divers peuples, cette coutume n’est guère certifiée en France. […]
§ 2. La naissance et les premiers jours de la vie. Ce qui précède ne concernait que la mère ; l’enfant est, lui aussi, biologiquement, socialement et magiquement en état de moindre défense ; d’où toute une série de rites prophylactiques et dynamiques destinés à assurer sa survie. […] La médecine pratique prend le pas sur la magie, bien que pendant les premiers jours jusqu’au baptême l’enfant soit extrêmement vulnérable aux influences malignes. […] L’enfant se trouve déjà un peu mieux garanti dès son baptême qu’il faut considérer, dans les coutumes populaires, non pas seulement comme une agrégation au monde des chrétiens, mais aussi comme une sauvegarde magique puisque le rituel par l’eau et le sel comprend un exorcisme de caractère très primitif. […] Tout enfant qui meurt pendant la période de marge, donc dans les civilisations chrétiennes avant le baptême, ne peut être situé dans le monde d’outre-tombe que dans une catégorie intermédiaire – Note 2 : celui des limbes – pour peu, du moins, qu’il ait été sinon conçu, du moins mis au monde consécutivement au sacrement précédent, celui du mariage. […] Les sanctuaire dits à répit où l’on portait les enfants mort-nés ou morts avant toute possibilité normale d’onction ou de baptême. 1 […] Talismans et amulettes pour garantir les petits enfants […] pour leur éviter les coliques, les chutes, les accidents, le mauvais œil. […] Après le baptême, du moins en principe, l’influence des puissances dangereuses est affaiblie ; mais traditionnellement, on laisse souvent les talismans aux enfants jusqu’au moment de la première dent, ou de la première sortie, et même plus tard encore, jusqu’à la première communion. – Note 4. Le port d’un scapulaire, d’une petite croix, d’une médaille était général en France autrefois -. 2»
1 STENER Christophe, Les enfants morts face au péché originel, 2023 academia.edu
2 GENNEP Arnold Van, Manuel de folklore français contemporain, T. 1, Introduction – Du berceau à la tombe. Paris. Picard, 1943, p. 114-147
Figure 3 Mammen, la tueuse d’enfants
Die Kindsmörderin (La tueuse d’enfants) de Jeanne MAMMEN (1890-1976), daté de 1910-1914 au Stadt Museum Berlin (SM 2018-01313) exprime l’horreur des matricides dont Médée est l’icône 3
Lilith, de démon(e) très mineure de la horde maléfique sumérienne, va, dans l’imaginaire juif, syncrétiser la personnalité et les activités de plusieurs esprits malfaisants puissants des mythologies orientales, mésopotamiennes et gréco-romaines, s’enrichir encore de traits inspirés par la littérature intertestamentaire et les pseudépigraphes, ainsi que la gnose antique, dans un personnage composite dont les malfaisances sont, au gré des variantes du mythe, contradictoires parfois : vierge et prostituée, infertile et génitrice d’une ribambelle de petits démons, mère frustrée et mère infanticide… mais toujours mauvaise, des hommes qu’elle séduit, des accouchées qu’elle tue et des nouveau-nés qu’elle étrangle et, parfois, croque.
La méchanceté de Lilith n’est pas fortuite, elle est le fléau de Dieu qui punit les hommes infidèles, compromet les coïts luxurieux, ramène les épouses à leur devoir de soumission conjugale et effraie les enfants comme une croquemitaine. Une Lilith d’ “utilité publique“ en somme…
Dictionnaire des méfaits de la démone :
L’androgynéité de Lilith et sa séparation d’Adam est un déclencheur du mythe de la séparation et de l’hostilité ultérieure de Lilith à l’égard d’Ève et des enfants. Voir Lilith, androgyne
Dans la tradition judaïque, Lilith menace les enfants nouveau-nés, elle ne les tue pas in utero, elle n’est pas une avorteuse. On trouve pourtant une association entre Lilith et les foetus mort-nés dans la Mishna d’où cet attribut d’avorteuse que lui prêtent certains auteurs 4. En soutien de cette activité de ‘faiseuse d’anges’ de Lilith, le fait qu’elle emprunte ses attributs à Lamashtu Lilith emprunte beaucoup, on l’a dit, de ses traits à Lamashu ou Labartu dont le rituel apotropaïque comportait la fabrication d’une pierre it-ta-mir que l’on posait ou attachait à diverses parties du corps avec récitation d’incantations pour préserver la femme d’un avortement, rites expliqués par THUREAU-DANGIN qui reproduit et commente les diverses représentations connues de Labartu 5.
A rapprocher des rites très similaires de protection contre les tentatives infanticides de Lamashtu décrits par SCURLOCK 6.
Ce rite babylonien a directement inspiré les pratiques juives cf. infra.
« Lilith, dévoreuse d’enfants, symbole de l’avortement 7» s’insurge le site catholique intégriste belge Le Salon Beige vouant aux flammes de l’enfer l’organisation américaine Lilith Fund8 qui milite pour le droit à l’avortement.
Par rapprochement avec l’empuse, la goule, la Lamia était la reine des Lestrygons, peuple anthropophage selon Homère.
Lilith dans la tradition juive harcelle l’humanité, c’est une démone maléfique, mais elle agit non pas contre Dieu mais comme le glaive de Dieu. C’est parce que Adam et Eve ont fauté qu’elle peut agir pour châtier l’humanité pécheresse. Selon la cabale, c’est parce qu’Israël a fauté qu’elle l’emporte sur la Matronit. Cette idée de faute originelle et de transgression de la Loi vient expliquer pourquoi Yhwh donne licence à Lilith dans ses criminelles entreprises. La fusion entre la démone païenne sumérienne et le dogme chrétien du péché originel qui influence le judaïsme tardif connote les maléfices de Lilith comme une vengeance divine.
La superstition populaire, depuis l’antiquité, imagina que les maladies étaient causées par des esprits malfaisants. L’expression le “vent mauvais“ conserve cette conviction que le vent rendait les gens malades. Lilith, étymologiquement et historiquement, un esprit maléficieux du vent est donc tenue pour responsable de la maladie infantile. Selon les traducteurs, et les textes, cette maladie est désignée comme : le croup (Taanit 27b.7), la diphtérie (Rachi 9), l’épilepsie (Zohar 19b). L’hypothèse qui nous paraît la plus probable est le croup parce que c’est une maladie infantile, parfois mortelle et dont le symptôme est une sensation d’étouffement causé par l’encombrement des voies respiratoires or une des épithètes de Lilith est l’ « étrangleuse ». La diphtérie n’est pas une maladie spécifiquement infantile mais se manifeste notamment par un gonflement des voies respiratoires et reste donc “candidate“ comme la maladie causée par Lilith.
« Rabbi Moshe Di Leon parle de « Lilith de la culpabilité », qu'il appelle « Askara », d'après la maladie qui a autrefois causé la mort de nombreux nourrissons. Porteuse de cette maladie, Lilith joue un rôle « positif » dans l'eschatologie : la maladie d'Askara qu'elle apportera provoquera la chute de l' Empire romain de la culpabilité, et Lilith apportera 10 » indique SCHOLEM où le terme « askara » semble désigner non une maladie spécifique la diphtérie tandis que Patai le prend au sens générique d’ « étranglement » 11 . L’épilepsie du nourrisson est rare.
Il y a d’autres mauvais esprits du vent, notamment Antoura, celle qui apporte la migraine mais c’est une divinité distincte de Lilith.
L’idée que Lilith, démone infanticide, frappe les enfants de maladie mortelle est un trait emprunté à Lamashtu qui signale : « La corrélation frappante entre d'autres symptômes attribués à Lamaštu et une maladie spécifique, la fièvre typhoïde, qui est à ce jour une cause importante de mortalité infantile en Irak. […] L'éruption cutanée initiale se compose de six à dix de ces « taches roses ». Selon une ancienne incantation mésopotamienne, Lamaštu aurait saisi le bébé par l'abdomen à sept reprises avec ses longs ongles en forme de griffes, produisant ainsi vraisemblablement sept (ou trente-cinq ?) taches rouges sur cette partie de son anatomie. […] De plus, certains éléments suggèrent que Lamaštu était responsable de crises d'épilepsie ou de délire, de problèmes hépatiques et/ou d'ictère. […] Cela a sans aucun doute renforcé les conclusions de l'exorciste selon lesquelles un bébé atteint de typhoïde présentait une perte d'appétit et une distension abdominale prévisibles s'il était allaité secrètement avec le lait empoisonné de Lamaštu 12 » L’infection des enfants de maladie mortelle est imputée également à Oumm eç Cibyan, l’avatar musulman de Lilith, qui répand croup et convulsions. Cf. La démone musulmane
Un papyrus 3027 de Berlin qualifie la créature voleuse d’enfant comme une « briseuse d’os 13 ». « Voleuse (d’enfants), croqueuse d’os, va-t-en ! 14» enjoint la plaque de Tarslan Tash.
Il s’agit plus probablement de Lamashtu que de Lilith car comme l’indique SCURLOCK : « La plus grande menace était la démone Lamaštu. C'était une divinité mineure, fille du dieu du ciel Anu. Elle était certainement une menace, en particulier pour les nouveau-nés : « Elle touche le ventre de la femme en couches, elle arrache l’enfant à la nourrice », et elle avait un goût détestable pour la chair et le sang humains : « Elle boit continuellement le sang séché des hommes, une chair qu’il ne faut pas manger, des os qu’il ne faut pas casser. 15 »
Lilith mort au sein les femmes allaitante et/ou instille du poison dans le lait maternel 16 . Oumm eç Cibyan, l’avatar musulman de Lilith, use d’un procédé tout aussi pernicieux, elle donne la tétée au bébé qui ensuite refuse le lait maternel et meurt d’inanition. Voir La démone musulmane ;
Cette accusation des incantations araméennes 1718 est réitérée par le Testament de Salomon : « On m'appelle parmi les hommes Obizuth, et la nuit je ne dors pas, mais je parcours le monde entier et je visite les femmes en couches. Et, devinant l'heure, je me tiens debout, et si j'ai de la chance, j'étrangle l'enfant ».
« « Lilith est une déesse de la prostitution et de l’onanisme. L’érotisme et le plaisir animent ses sens au détriment d’enfants jamais conçus 17». L’auteure pose l’hypothèse que Lilith est, non seulement prostituée, mais vierge, l’identifiant en ceci à l’Ardat-Lili, « qu’aucun mâle n’a imprégnée 18». Mais parce qu’elle a des relations sexuelles sans coït, donc orales, on peut la qualifier de tueuse et de dévoreuse d’enfants, ceux qui, autrement, auraient pu naître. Selon l’auteure, elle engloutit le sperme des hommes jusqu’à son tarissement complet. Elle fait de sa bouche l’outil du péché puisque le sperme répandu lors du rapport sexuel l’est hors de la voie vaginale ; c’est ainsi que les démons seraient mis au monde. Cela rejoint l’interdiction ou le conseil, pour un homme, de ne jamais se trouver seul dans une maison, de peur que Lilith ne le prenne. 19» Dans le même sens : « « Et pourtant, même réduite a silence, la fellatrice peut rester sublime […] Elle devient « mangeuse » d’homme, notre nouvelle mère. Lilith réincarnée, pour qu’enfin nous puissions sucer sans nous avilir20 » une tirade en mode programmatique mais de la fellation de Lilith les textes ne disent rien tandis que c’est une pratique imputée à Oumm eç Cibyan, la démone du monde musulman qui confesse à Soleiman ben Daoud (Salomon, fils de David) : ensuite je vais vers l’homme, je bois son sperme épais et je ne lui laisse qu’une liqueur sans force et sans épaisseur qui ne féconde point, et l’ion dit : « Un Tel est impuissant » ». Voir La démone musulmane
S. LACKENBACHER compare le destin de l’Ardat-lilî à celui des « femmes mortes en couches [ou] célibataires mortes sans enfant tou[tes celles] qui ont "manqué" leur vie ou leur mort 21».
« Gello, selon des auteurs grecs cités par Suidas, était une mère passionnée qui morte avant son temps / prématurément, apparaît aux enfants et à ceux qui meurent prématurément 22 », dans le même sens, « une scholie de THÉOCRITE [c. 300-250 av. J.-C.] 23 dit que Gellô « qui ayant eu le malheur de perdre ses enfants décida de tuer les enfants des autres mères 24 » ce qui la rapproche de la Lamie.
Sur la Plaque des enfers, Lamashtu : « Entre ses jambes est incisé un scorpion à peine visible, symbole de ses dangereux désirs de maternité 25» 26. Le scorpion-pubis a aussi la même valeur symbolique de les crapauds-cache sexe du diable dans l’iconographie médiévale.
Un trait à rapprocher des légendes faisant de Lilith une femme privée de maternité par sa répudiation par Adam.
L’idée que la jalousie, l’envie nourrit la haine infanticide de Lilith est à rapprocher du « sémel de la jalousie » de II Baruch.cf. Samaël, parèdre de Lilith
Selon une des versions du mythe, Adam rejette Lilith qui lui apparaît lors de sa création ensanglanté et couverte d’humeurs, ce qui est une évidente évocation du foetus à la naissance. De cette légende et plus généralement de l’association entre le mal et la saleté, l’apparence de Lilith est celle d’une femme sale, les cheveux en désordre. Les animaux qu’on lui attache parfois, le chien, l’âne sont impurs. Les latrines sont propices aux copulations démoniques… L’impureté des corps dénonce celle des âmes. « Les démons et l’impureté semblent avoir beaucoup en commun 27» relève BLIDSTEIN. On retrouve cette idée de saleté, d’animalité, dans la description de la reine de Saba poilue.
« En sa compagnie, les étreintes sont étouffantes, les baisers dévorations, et l’inceste, objet de désir et d’effroi, n’est jamais bien loin » écrit de manière hasardeuse Bril en 4e de couverture de son livre, or et le rapprochement que fait Bril de Lilith avec le Sphinx au motif qu’Hésiode raconte dans sa Théogonie 28 que la Sphinx était issue de l’union incestueuse d’Échidna et de son fils Orthos, le chien bicéphale de Géryon 29, ne démontre rien car, rien, dans le mythe Lilith, qui est pourtant fort polysémique, n’ajoute l’inceste au cortège des méfaits de la démone. cf. Démonologie lilithienne
« La copulation des hommes avec les démons succubes, des femmes avec les démons incubes. 30» PÉLADAN
« Rome n'ignore point cependant l'effroyable développement qu'a pris de nos jours l'incubat dans les cloîtres. 31 » HUYSMANS
« Le démon babylonien Lilû, Lillû, dont le nom dérive du mot sumérien lil, « le vent » « le vent-démon » a le peu enviable et funeste rôle d’être l’esprit de la luxure, séduisant les femmes dans leur sommeil. Sa contrepartie [parèdre], la démone Lilîtu, ou Ardat Lilî, « la servante de Lilû » exerce la même activité pernicieuse à l’encontre des hommes 32» indique Langdon car le lil non sexué originel s’est sexué et ‘spécialisé’.
« Faire de Lilith une succube est étymologiquement contradictoire avec la légende de Ben Sira : en effet, le préfixe sub signifie dessous alors que Lilith a justement refusé de se coucher dessous ; ce qui fait qu’elle ferait plutôt partie de la classe des incubes, à cause du préfixe in, signifiant sur. Ce qui cause une autre erreur, sémantique cette fois, puisque les classes des incubes/succubes sont genrées. Les succubes sont supposés être des démons-femelles et les incubes, des démons-mâles. 33 » écrit par erreur Tremblay.
Le terme « succube », masculin, dérive du « succuba » (concubine) du verbe « succubo » (sub/cubo) (être couché sous ».
L’ « incube », masculin, dérive de « incubo » (être couché dans/sur) « incubratrix » (celui qui se couche dessus) dont dérive aussi incubateur par analogue avec la couvaison des poules… indique le Gaffiot 34
Le succube est un « Démon qui prend l'apparence d'une femme pour avoir des relations sexuelles avec un homme » indique le CNRTL 35 le terme dérive du latin « succuba » qui désigne une concubine
L’incube est un « Démon masculin, supposé abuser des femmes durant leur sommeil indique le CNRTL 36 qui fait dériver le mot du latin « incubus » qui, en bas latin, signifiera « cauchemar, satyre ».
Les deux termes « incube » et « succube » sont masculins car ils désignent des apparences prises par un démon masculin.
Au sens strict donc, le terme ne devrait pas être employée pour une démone comme Lilith mais l’usage s’en en est généralisé et nous le conservons dans cet ouvrage.
Lilith succube qui tue les enfants et supplante la femme légitime, l’étonnante histoire d’un bol mandéen. Cf. Superstition
Pour une description des incubes et succubes, voir Messes noires de Gengenbach 37.
Selon une des versions du mythe, Lilith accepte de voir ses enfants mourir pour assurer sa propre survie, un geste qui en fait une infanticide par défaut. Selon un midrash tardif (XI-XIIe s.) et assez isolé Bamidbar Rabbah 16.25 : «Il (YHWH) les extermine, comme cette Lilith, qui ne trouve rien et se retourne contre ses enfants ». Cf. Sources textuelles
Figure 4 Petit journal, Infanticide
Cette illustration du Petit journal de 1908 montre toute l’horreur qu’inspire l’infanticide. Celle de Médée, celle de Lilith qui sacrifie ses propres enfants pour se sauver.
« Dieu menace également de tuer chaque jour un des enfants-démons, probablement conçus avec Samaël, [NON, confusion chronologique] « avec lequel elle forme un couple démoniaque187 ». Insoumise188, elle souffrit la sanction et accepta de sacrifier ses enfants pour prix de sa liberté. Le fait d’accepter ce châtiment sans broncher pourrait renforcer son caractère infanticide, puisqu’elle laisse mourir ses enfants. Une tradition ashkénaze189 introduit la hargne d’Adam face au départ de Lilith, qui augmente sa virilité au lieu de le laisser pantois, n’ayant d’autre choix que de faire appel à Dieu pour lui demander de lui ramener sa femme. Dans cette même tradition, si Lilith ne revient pas auprès d’Adam, c’est qu’elle a déjà été emportée par le grand démon, identifié à Sammaël. [dito] Cela expliquerait par ailleurs que Dieu puisse la punir en tuant ses fils, point que la légende originelle ne développe pas. Références : 187 Michèle BITTON, « Lilith et Adam. […] », p. 41-42. 188 Vanessa ROUSSEAU, « Ève et Lilith […] », p. 111. 189 Michèle BITTON, « Lilith et Adam. […] », p. 42. 38» écrit Tremblay.
Restées vierges faute de maris, femmes ayant échoué à procréer ou à nourrir au sein leurs enfants, sont damnées et condamnées à tuer leurs propres enfants à défaut de ceux des autres, la malédiction sociale des femmes infertiles et/ou des enfants morts en bas-âge prend une forme symbolique ; c mythème traverse le mythe Lilith et se retrouve dans le folklore grec antique Cf. Démonologie lilithienne, Mormo.
Selon une liste royale sumérienne de 2400 av. J.-C. « Elle était incapable d'avoir des enfants et n'avait pas de lait dans ses seins. 39» Cf. Mythologie orientale La contre-lecture féministe fait de l’infertilité de Lilith le symbole de sa libération.
« Dans le Talmud de Jérusalem Lilith est évoquée comme une des quatre mères des démons Naama, Lilith, Aguerat et Mahala » Selon Schwab traducteur du Talmud de Jérusalem la dogmatique talmudique entend par démons les vices qui cherchent continuellement à nuire à l’état moral de homme Ces vices sont attribués à quatre causes principales : le plaisir physique, l’égarement de esprit, la superstition et ignorance, ignorance représentée par Lilith qui ne se plait que dans les ténèbres et qui est l’ennemi mortel de enfance 40 ».
Une étymologie fallacieuse de Lilith fait dériver son nom de l’assyrien lulti et loulou « luxure ». Cf. Etymologie « Sous des traits de « luxurieuse », Lilith est en effet l’incarnation du mal sexuel, comme du mâle sexuel : elle est capable de « changer de sexe pour séduire hommes ou femmes 41» selon HALPERN et BITTON.
Lilith est, dans la représentation juive, la femme qui s’abandonne à sa sensualité et détourne l’homme de ses obligations de fidélité conjugale et du détournement infertile de son sperme dans des pratiques onanistes.
L’immortalité de Lilith est, selon Anatole France la malédiction de Leila, la fille de Lilith qui s’exclame : Mon Dieu, promettez-moi la mort, afin que je goûte ma vie 42 ». Lilith créature démonique est-elle immortelle, la question interpella les auteurs juifs qui imaginèrent que puisque Lilith n’avait pas été tuée par les trois anges lancés à sa poursuite pour la ramener à Adam, et parce qu’elle connaissait le nom secret de Dieu, était donc un mal “nécessaire“ mais qu’à la fin du monde, au retour à l’unité initiale, elle serait enfermée dans les enfers, un sort à rapprocher de celui des anges déchus. Cette fin ultime de la démone associée à la venue du Messie est notamment développée par la Kabbale.
Negotium perambulans in tenebris (Vulgate clementine 1595) Ps 91,6a5Tu ne craindras ni la terreur de la nuit, ni la flèche qui vole au grand jour, 6ni la peste qui rôde dans l'ombre, ni le fléau qui ravage en plein midi. (TOB) Ps 91,5-6
La superstition juive fit, à tort, dériver le mot sumérien Lilith de l’hébreu layl(ah « nocturne », une paronomase mais qui, par agrégation à l’esprit du vent, non pas des ailes car les démons mésopotamiens étaient tous ailés, une activité nocturne, en fit un oiseau de nuit, chouette, chat-huant…
Le rapprochement entre Lilith et « la terreur de la nuit » du Psaume 91 est un rapprochement de sens, d’une peur, qui ne supporte pas une assimilation. 43
L’idée que Lilith défoule sa frustration d’avoir été privée de maternité est inspiré directement de Lamashtu dont SCURLOCK dit qu’ « Anu entendit les gémissements de Lamaštu, qui demandait à allaiter des enfants humains ; Aruru-Bēlet-ilī, la déesse de la naissance, entendit ses larmes couler et dit : « Pourquoi devrions-nous détruire ce que nous avons créé et pourquoi le vent emporterait-il ce que nous avons créé ? Emportez-la et… (la) jetez-la dans la mer. Attachez-la à un tamaris placé à côté ou à une tige de roseau solitaire. » Tout comme un cadavre n’a plus de vie et que l’enfant mort-né n’a jamais tété le lait de sa mère, ainsi la fille d’Anu, telle une fumée, doit s’envoler vers le ciel sans pouvoir en revenir. 44 »
On trouve des traces de cette interprétation dans des plaques sumériennes étudiées par LACKENBACHER dont l’une parle de « La jeune fille qui n’a pas eu de maris et ne mit pas d’enfants au monde, la jeune fille qui n’a pas eu de mari et n’éleva pas d’enfant, la jeune fille qui n’a pas eu de mari et ne garda pas d’enfant » et interprète un rituel de mariage comme « une tentative de séduction d’une femme par un démon […] l’etlu, devenu démon, exerce son action dans le domaine où il a été frustré, il tente d’ « épouser sa victime » […] l’ ardat-lilî devrait elle aussi, nuire dans le domaine du mariage pour les mêmes raisons » indiquant que « il semble que les termes ardat-lilî et lilû soient des termes génériques, désignant une catégorie de démons « par destin » et non pas deux démons uniques 45».
À Sumer, au IIIème millénaire avant J.-C., Lilitu, la prostituée sacrée d’Inini, est envoyée superbement parée, éblouir et hypnotiser les hommes. Stephen LANGDON qualifie les premières mentions de cette déesse et de sa servante, sur des tablettes d’argile, de « première évocation de la lascivité féminine46». Ishtar supplantera Inini comme déesse de la fertilité.
Une légende fait de Lilith et Nahama ou Agrat les deux prostituées se disputant auprès de Salomon un enfant.
La représentation de Lilith comme une prostituée sacrée dérive de la confusion entre Lilith et Ishtar dont le culte comportait cette pratique. L’histoire des prostituées qui se lavèrent dans le sang d’Akab (1 R 12,38) qui avait adopté le culte de Molok et de Baal a peut-être contribué à cette association de Lilith et de la prostitution.
Γελλώ, Gello Gyllou, Gylou, Gillo ou Gelu dérive probablement du démon mésopotamien Gallû porteur de maladie et de mort, un nom dont dérive la goule du folklore arabe 47 une créature mi- homme mi-animale (chameau, oiseau…) séduisant les hommes isolés sous forme d’une prostituée pour les dévorer 48. Le simple fait pour Lilith de séduire les hommes isolés en fait, dans la tradition juive, une prostituée et les rabbins enjoignent aux hommes de ne pas dormir seuls. Le Zohar 1.148b et le Sitrei Torah 49 font une description terrifiante de Lilith prenant l’apparence d’une prostituée pour séduire et tuer les hommes. Cf.Kabbale
Voir Vampire
Lilith « la rebelle et l’anormale 50» formule TREMBLAY pour synthétiser le rapprochement de la « Représentation sociale » (RS) de Lilith et des « femmes volontairement sans enfants » car « Pour ces femmes également, leur rébellion, même sans être qualifiée comme telle dans les sources ou leurs propos, mène souvent à leur anormalité : « Lilith, affublée des représentations que lui prêtent le désir et la peur, a quelque chose à voir avec les images suscitées par la non-maternité. Confrontées aux modèles traditionnels, les femmes qui ne veulent pas d’enfant inquiètent. Elles semblent pouvoir se prêter aux désirs interdits puisque sans projets de procréation ; on se demande si ce sont vraiment des femmes à ne pas chercher leur réalisation personnelle dans la maternité. À cause de leur choix, elle se retrouvent avec les mêmes oripeaux culturels que Lilith 51 » 52»
« Lilith va de l’autre côté de la maternité. Elle [...] va aussi donner la mort 53 » écrit Vallée.
Contradictoire avec la légende de la prolifération de démons engendrés par Lilith du sperme des hommes endormis, celle de sa stérilité pour expliquer sa haine des enfants des autres femmes car : « Elle était incapable d'avoir des enfants et n'avait pas de lait dans ses seins 54» indique PATAI, référençant une liste royale sumérienne de 2400 av. J.-C., qui ajoute « Dans un autre texte kabbalistique du XVe ou XVIe siècle, l'affirmation midrashique, selon laquelle Dieu aurait « refroidi » la femelle Léviathan, est réinterprétée comme signifiant que Dieu aurait rendu Lilith stérile, de sorte qu'elle ne pouvait plus avoir de descendance, « mais n'était qu'une fornicatrice ». 55»
Selon le Zohar 1.19b : « Naama parcourt le monde durant la nuit (note 2 : d’après une variante, lire « en compagnie de Lilith » à la place de « durant la nuit ») ; elle se pare et excite les hommes au point de provoquer chez ceux-ci une perte séminale. Partout où un homme dort seul dans une maison, elle s’attache à lui ; les désirs coupables constituent pour elle la matière fécondante. Elle s’attache également aux hommes pendant la maladie. Tout cela a lieu quand la lune est en décroissance. » (PATAI p.221) « WIERUS 56 et plusieurs autres démonomanes font de Lilith le prince ou la princesse des démons succubes. Les démons soumis à Lilith portent le même nom que leur chef, et, comme les Lamies, cherchent à faire périr les nouveau-nés ; ce qui fait que les Juifs, pour les écarter, ont coutume d’écrire aux quatre coins de la chambre d’une femme nouvellement accouchée : « Adam, Ève : hors d’ici Lilith 57 ». Voir incube.
Lilith tue les enfants des autres femmes par vengeance et frustration d’avoir, selon les versions du mythe, été privé de maternité par sa répudiation par Adam, d’avoir sacrifié ses enfants pour se sauver des anges de dieu. Le mythe rapporte divers modus operandi : elle les tue en leur apportant des maladies, en les étranglant, en brisant leurs os.
« Selon les premières versions de cette légende dans la littérature juive, Lilith, la première femme d’Adam, le quitta après une dispute. A la demande d’Adam, Dieu envoya trois anges pour la faire revenir mais elle refusa, en conséquence de quoi, cent de ses enfants furent condamnés à mourir quotidiennement. « Laissez-moi ! » commanda-t-elle aux anges quand ils se saisirent d’elle. « J’ai été créée seulement pour affaiblir les enfants, les garçons jusqu’à leur huitième jour (i.e. jusqu’à leur circoncision), les filles jusqu’à leur vingtième jour (peut-être une réminiscence d’une cérémonie initiatrice).58 » « On attendrait plutôt quarantième jour, jour où la femme accouchée redevient pure. Ne serait-ce le premier témoignage d’une cérémonie dont la fille serait l’héroïne trois semaines après sa naissance et qui aurait les mêmes effets que le rite de la circoncision ? 59»
Selon une liste royale sumérienne de 2400 av. J.-C. 60, par rapprochement avec l’empuse, la lamie, les harpies, les stryges.
Pourtant, selon nous, Lilith n’est au regard des textes par un vampire, pas plus qu’une divinité chtonienne, et, dans la litanie des démons asservis par Salomon selon son pseudo Testament, c’est un autre démon, Ornias, distinct d’Obizuth-Lilith qui est désigné comme un vampire.
C’est donc à tort qu’on attache cette épithète à Lilith mais cela est si tentant que les films d’horreurs lilithiens font de Lilith un vampire, un mort-vivant.
Cette idée trouve son origine dans la mythologie babylonienne et assyrienne : Selon la légende de Gilgamesh et de l’arbre Huluppu : « au milieu de l’arbre d’Innaa la jeune vierge/fille Lillake a construit sa maison ». 61» et selon un texte néo-assyrien du 1er millénaire avant J.-C. : « L’ardat-lilî qui, par la fenêtre de la maison, a voleté vers l’homme, la jeune fille que, telle une [femme (normale)], aucun mâle n’a imprég[née]… ». Cf. Sources textuelles Dans le même sens 62.
Une idée renforcée par le rapprochement de Lilith avec Gello 63 Artémis 64.
Un papyrus 3027 de Berlin qualifie la créature voleuse d’enfant comme une « briseuse d’os 65 ». « Voleuse (d’enfants), croqueuse d’os, va-t-en ! 66» enjoint la plaque de Tarslan Tash. « Dans la mythologie mandéenne, il y avait des Lîlîth, Zahriel étant le nom de cette Lîlith qui surveillait les lits des femmes en travail afin de voler l'enfant 67 » un trait prêté également à Gello 68 mais il est plus de la pratique de Lilith de tuer les enfants plutôt que de les ravir.
3Eva und die Zukunft, Hamburger Kunsthalle, Ed. Prestel, 1986, reproduit l’aquarelle de MAMMEN Abb. 6. p. 225 et présente une galerie de mères infanticides et de représentations de Médée p.246-248
4 DREY John, Lilith. 2016. Academia edu
5 THUREAU-DANGIN F., Rituel et amulettes contre Labartu. Revue d’Assyriologie et d’archéologie Orientale, vol. 18, no. 4, 1921, pp. 161–98. JSTOR http://www.jstor.org/stable/23283951.
6 SCURLOCK J.A., Baby-snatching demons, restless souls and the dangers of childbirth: medico-magical means of dealing with some of the perils of motherhood in ancient Mesopotamia, INCOGNITA VOL. 2 (1991), p. 137-185 academia.edu
7 JANVA Michel, Lilith, dévoreuse d’enfants, symbole de l’avortement, 2010 lesalonbeige.fr
8 Lilith Fund https://www.lilithfund.org/
9Bible du rabbinat commentée par RACHI sefarim.fr
10 SCHOLEM Gershom, New Chapters in the Story of Ashmedai and Lilith / ם יקרפם שי דחי נ יינעמי אדמשאת ילילו.” Tarbiz / ץ בי רת, vol. י "ט, no. ג /’ד,’1948 , pp. 160–75. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/23585831. Accessed 12 Aug. 2025. Hébreu Référencé par Référencé par he.wikipedia Lilith11PATAI p.230
12 SCURLOCK J.A., Baby-snatching demons, restless souls and the dangers of childbirth: medico-magical means of dealing with some of the perils of motherhood in ancient Mesopotamia, INCOGNITA VOL. 2 (1991), p. 157-158 academia.edu
13Zaubersprüche für Mutter und Kindaus dem Papyrus 3027 des Berliner Museums, Erman 1901; printed in Pritchard 1950 :328 archive.org)
14 GASTER Theodor H., A Canaanite Magical Text. Orientalia, vol. 11, 1942, pp. 41– 79. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/43581388.
15 SCURLOCK J.A., op. cit.
16 REMINGTON WILLET Elizabeth Ann, Women and Household Shrines in ancient Israel, PHD Thesis, 1999, U. Arizona Demonic Personifications of the Evil Eye—Lamashtu and Lilith pp. 349
17 SCHOLEM G., La kabbale, Lilith, Gallimard, Folio, 1998, ch. 13, p. 541
18 REMINGTON WILLET op. cit.
17 ROUSSEAU Vanessa, « Ève et Lilith. [...] », p. 111
18 LACKENBACHER Sylvie, op. cit., p. 139-140
19 TREMBLAY Marie-Noëlle, Une critique de l'essentialisme à partir des représentations sociales de lilith et des femmes qui ont fait le choix positif de ne pas avoir d'enfant, Mémoire présenté Au Centre d’études du religieux contemporain, 1921 usherbrooke.scholaris.ca p. 47
20 GIARD Agnès, La fellation, acte rebelle, Blog « Les 400 culs » 24/08/2009 Voir Maléfices
21 LACKENBACHER Sylvie, Note sur l’ardat-lilî. Revue d’Assyriologie et d’archéologie Orientale, vol. 65, no. 2, 1971, pp. 119–54. JSTOR, ici p. 150 http://www.jstor.org/stable/23283434.
22 LANGDON op. cit., p.365 archive.org
23 WENDEL Carl, Scholia in Theocritum vetera, 1914 archive.org
24 LANGDON op. cit., p.366 archive.org
25 MASSON Robert, La plaque « des Enfers » du musée du Louvre : Etude d’une typologie particulière d’amulettes de conjuration contre la démone Lamaštu du Ier millénaire av. J.-C., 2014, Academia.edu
26 LANGDON op. cit. p.367 archive.org
27 BLIDSTEIN Moshe. Demons and Pollution in the Ancient Mediterranean: Early Christian Perspectives. Purity and Purification in the Ancient Greek World. Texts, Rituals, and Norms, édité par Jan-Mathieu Carbon et Saskia Peels-Matthey, Presses universitaires de Liège, 2018, https://doi.org/10.4000/books.pulg.18066.
28 HÉSIODE, Théogonie, § 29Remacle
29 GRIMAL, op. cit., Orthros, p.334 : « Les descriptions d’Orthros varient : on lui attribue parfois plusieurs têtes, d’autres fois un corps de serpent, etc. »
30 PÉLADAN, Le vice suprême : roman. Préface de Jules BARBEY D'AUREVILLY, Frontispice de Félicien ROPS, 1884 p.66, 1986, … Ed. 1926 sur Gallica
31 HUYMANS J. K., Là-bas, 1891 p. 224, Ed. 1895 wikimedia.org
32 LANGDON, op cit.361
33 TREMBLAY Marie-Noëlle, Une critique de l'essentialisme à partir des représentations sociales de lilith et des femmes qui ont fait le choix positif de ne pas avoir d'enfant, Mémoire présenté Au Centre d’études du religieux contemporain, 1921 usherbrooke.scholaris.ca p.19 n. 73
34 GAFFIOT, succuba, succubo incubo
35 CNRTL succube
36 CNRTL incube
37 SYLVIUS Jehan (alias de GENGENBACH Ernest de), Messes noires, Satanistes et Lucifériens, 1929. Réédiré et commenté par STENER Christophe, BoD, 2022
38 TREMBLAY Marie-Noëlle, Une critique de l'essentialisme à partir des représentations sociales de lilith et des femmes qui ont fait le choix positif de ne pas avoir d'enfant, Mémoire présenté Au Centre d’études du religieux contemporain, 1921 usherbrooke.scholaris.ca p.45
39 PATAI Rafael. The Hebrew Goddess. VII. Lilith New York Ktav Press 1967. p.207
40Le Talmud de Jérusalem. Paris Maisonneuve et Larose 1960 traduit et annoté pour la première fois en français par Moise SCHWAB cité par BITTON
41 ROUCOUX Guillaume, Catherine HALPERN, Michèle BITTON, Lilith, l’épouse de Satan, Paris, Larousse, coll. « Dieux, Mythes et Héros », 2010, 191 p. », Genre & Histoire [En ligne], 8 | Printemps 2011, mis en ligne le 28 octobre 2011, consulté le 03 août 2025. URL : http://journals.openedition.org/genrehistoire/1159 ; DOI : https://doi.org/10.4000/genrehistoire.1159 référençant la page 136
42 FRANCE Anatole, Balthasar, La fille de Lilith, 1889, Wikisource
43 PENN University, Isis, Lilith, Gello: Three Ladies of Darknesshttps://jewishchristianlit.com/lilisisgylu/
44 SCURLOCK J.A., Baby-snatching demons, restless souls and the dangers of childbirth: medico-magical means of dealing with some of the perils of motherhood in ancient Mesopotamia, INCOGNITA VOL. 2 (1991), p. 137-185 ici p. 155 academia.edu
45 LACKENBACHER, Note sur l’ardat-lilî. Revue d’Assyriologie et d’archéologie Orientale, vol. 65, no. 2, 1971, pp. 119–54. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/23283434. p. 153-154 et n. 8
46 LANGDON, op. cit., p. 12 cité par TREMBLAY p.92
47Wikipedia (en) Gello
48 ALI Adam, Demons, Djinns, and Devils of the Medieval Islamic World medievalists.net/2020/10/demons-djinns-devils/
49 ABULAFIA Rabbi Abraham, Sitrei Torah, Les mystères de la Torah, 1280. Providence University, 2009
50 TREMBLAY op. cit. p. 81
51 VALLÉE Édith, Pas d’enfant dit-elle, Paris, Tierce, 1981 - Pas d'enfant dit-elle... Les refus de la maternité, Paris, Imago, 2005 Cité par TREMBLAY p. 82
52 TREMBLAY op. cit. p. 47
53 VALLÉE Édith, op. cit. p. 84
54 PATAI Rafael. The Hebrew Goddess. VII. Lilith New York Ktav Press 1967. p.207
55 PATAI, op. cit., 11. Lilith and Samael, p. 233
56 WIER Jean / WIERUS Joannes, De Praestigiis daemonum et incantationibus ac venificiis libri V, publié en 1563, dans lequel il s'oppose au Malleus Maleficarum
57 COLLIN DE PLANCY Jacques Albin Simon. Dictionnaire Infernal. Lilith, p. 409 Paris : E. Plon, 1863 Gallica
58 TRACHTENBERG Joshua: Jewish magic and superstition: a study in folk religion, New York: Behrman's Jewish Book House, 1939 p.36
59 LÉVI Israël Lilit et Lilin. In: Revue des études juives, tome 68, n°135, juillet-septembre 1914. pp. 15-36. Ici p.18 DOI : https://doi.org/10.3406/rjuiv.1914.5232www.persee.fr/doc/rjuiv_0484-8616_1914_num_68_135_5232
60 PATAI Rafael. The Hebrew Goddess. VII. Lilith New York Ktav Press 1967. p.207
61 PENN University, Isis, Lilith, Gello: Three Ladies of Darknesshttps://jewishchristianlit.com/lilisisgylu/
62 Lilu archeologie.culture.gouv.fr/
63 SAPPHO, Odes, Traduction par Renée Vivien. Sapho : Traduction nouvelle avec le texte grec, Alphonse LEMERRE, éditeur, 1903 (p. 1-129) ici p. 102 Wikisource
64 GRIMAL Pierre, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Artémis, PUF, 1969, p.52
65Zaubersprüche für Mutter und Kindaus dem Papyrus 3027 des Berliner Museums, Erman 1901; printed in Pritchard 1950 :328 archive.org)
66 GASTER Theodor H., A Canaanite Magical Text. Orientalia, vol. 11, 1942, pp. 41– 79. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/43581388.
67 LANGDON op. cit. p. 112-114 archive.org
68 Ibidem
Figure 5 Coupe magique, Lilith
Coupe magique, V-VIIe siècle, Figeac, musée Champollion 02.05.1 « L’inscription judéo-araméenne se déploie sur 20 lignes concentriques, depuis le fond de la coupe jusqu’au bord. Les incantations et formules magiques implorent la guérison de Gušnazduk : « Qu’elle soit arrachée par les cinq eaux de cette amulette […] au mauvais démon (femelle) et au dewâ (démon) et […] et à tous les démons rafales et aux mauvais destructeurs qui l’oppriment… ». Au centre, la démone Lilith, dont le nom est mentionné dans la Bible, est surchargée de liens et capturée par les formules et la force magique de l’écriture. »
Les multiples transpositions du mot sumérien hébraïsé en « lamie », « onocentaure », les étymologies diverses, celle exacte : « volant », comme celle erronée : « nocturne » sans parler des fantaisistes : « croqueuse » « luxurieuse », les rapprochements avec d’autres créatures effrayantes des mythologies antiques ont doté, dans l’imaginaire superstitieux, cette « Lilith » d’ailes, de serres, d’une queue de poisson…
La figuration de la Lilith biblique est encore plus incertaine que celle du serpent de la Tentation car, de lui, la Bible nous dit qu’il était un serpent qui se tenait debout et parlait et qui fut condamné pour avoir mal conseillé Ève à ramper sur son ventre mais le serpent aussi fut doté d’ailes, couronné, sexué d’une tête voire d’un corps de femme. 69
Il est très peu d’artefacts dont on sait de manière certaine, par les textes y présents, qu’ils représentent Lilith. Les seuls, à vrai dire, sont les bols à incantation sassanides et des intailles byzantines. Les amulettes et autres grimoires de la Renaissance jusqu’à l’époque moderne le plus souvent écrivent son nom, ajoutent des images d’ « œil magique » « de main » « de poisson » mais ne figurent plus la démone.
Il faut écarter les fallacieuses dénominations de la Plaque des enfers, du Bas-relief Burton, et de toutes les déesses antiques détournées au motif qu’elles étaient nues et donc érotiques et donc maléfiques… à l’exemple d’Ishtar/Isis et tant d’autres. Encore plus fausse et sans aucun fondement documenté, la confusion avec le serpent du Jardin d’Eden, avec Ève. La tentation est forte mais tout aussi inexacte de voir Lilith sous les traits d’une sirène, d’un sphinx…
Toutes abusives qu’elles soient ces assimilations ont forgé les représentations effrayantes de la démone antique dans l’occultisme et l’art populaire.
Nous ne citons ici que les traits physiques sourcés dans des textes cités au détour de cet ouvrage.
L’âne est un animal néfaste dans la mythologie antique :
Qui est un des attributs de Lamashtu
Dont la queue désigne Asmodée
Dont le bas du corps est celui de l’onocentaure
Dont le pied dénonce le démon chez la reine de Saba (
Sourate 27, Les fourmis)
, chez l’empuse, chez la goule
Cette association de l’âne avec les démons se prolonge, malgré une revalorisation, parfois, par le christianisme, dans la superstition comme animal du sabbat. 70
« Dans les écrits de Hayyim VITAL 71, Lilith apparaît parfois sous la forme d'un chat, d'une oie, ou autre créature, et elle règne non pas seulement pendant huit jours pour un enfant de sexe masculin et vingt jours pour une fille (comme le rapporte l'Alphabet de Ben Sira), mais respectivement pendant quarante et soixante jours. 72 » Anecdotiquement, Mallarmé appelait « Lilith » son vieux chat pour lequel il avait une grande affection 73. On le sait, le chat est un des animaux des sorcières.
La chevelure longue est symbole de lascivité, en particulier lorsque la femme la porte lâchée, un topos commun aux sirènes, à Marie de Madgala repentante assimilée à la prostituée protégée par Jésus. Selon le Talmud, Traité Erubin 100b26 : « Eve, pour sa faute, est condamnée à se laisser pousser les cheveux longs, comme Lilith, à uriner assise et à servir d’oreiller à son mari dans les rapports sexuels. »
Le De daeminibus du Pseudo-Psellus composée vers la fin du XIIIe s. évoque une « femme échevelée » qui vient harceler une jeune mère et qu’un « arménien » vient exorciser dans une langue étrangère en la menaçant de son épée et en l’insultant jusqu’à ce qu’elle se soumette. 74
Le chien est dans la culture judaïque, ainsi qu’arabe, un animal maléfique. Cette prévention est très ancienne, comme en atteste la présence d’un chien et d’un cochon sur la Plaque des Enfers.
Il est l’attribut de mauvais esprits. « Animal domestique, fort connu, déclaré impur par la loi, et fort méprisé parmi les Juifs 75» résume CALMET.
Parmi les épisodes bibliques associant le chien à des personnages impies, le sang d’Achab léché par les chiens (1 R 12,38), Jézabel dévorée par les chiens (2 R 9,33). Luca GIORDANO (1632-1705), Jézabel dévorée par les chiens, Gand
« Les Hébreux détestaient les chiens et leur refusaient la pitié et la protection qu’ils accordaient volontiers aux autres animaux. Ce mépris pour la gent canine existe d’ailleurs également chez les Arabes pour qui la plus grave injure est d’être traité de « chien » 76»77. « Ainsi, dans l'histoire de Joseph della Reina, 78
