Au-delà des tempêtes - Pierrette Champon - Chirac - E-Book

Au-delà des tempêtes E-Book

Pierrette Champon - Chirac

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Beschreibung

Pendant une hospitalisation brève, mais marquante, Delphine croise le chemin de Menhira, une infirmière âgée qui partage avec elle l'histoire passionnée de son amour pour Sacha, ainsi que les raisons déchirantes de leur séparation. Captivée par ces récits, Delphine décide de se rendre dans le Lauragais où elle rencontre Sacha, un quinquagénaire tourmenté par une vie marquée par les épreuves, mais qui aspire à une nouvelle chance. Les jours de Sacha sont obsédés par le souvenir de Menhira, l'amour de sa vie qu'il pense perdue à jamais. À travers cette rencontre, Delphine espère non seulement écrire un nouveau roman, mais aussi découvrir l'amour passionnel qu'elle ne trouve pas avec Frank. Ce voyage révélera des vérités inattendues qui ébranleront profondément sa vision de la passion et du destin.

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Seitenzahl: 118

Veröffentlichungsjahr: 2025

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Toute ressemblance avec des personnes ayant existé ne serait que pur hasard.

à mon ami Alexandre

Table des chapitres

Chapitre 1 - La rencontre

Chapitre 2 - Sur la piste d’un nouveau roman

Chapitre 3 - Le château

Chapitre 4 - Le chêne

Chapitre 5 - Les recherches se poursuivent

Chapitre 6 - Le récit de Sacha

Chapitre 7 - La scolarité

Chapitre 8 - L’accident

Chapitre 9 - Nouvel accident

Chapitre 10 - Delphine s’interroge

Chapitre 11 - Retour vers Sacha

Chapitre 12 – Menhira

Chapitre 13 - La fin tragique

Chapitre 14 - Le choix de Delphine

Chapitre 15 - La chambre N°20

Chapitre 1

La rencontre

Delphine ouvre lentement les yeux, prenant conscience de l'inconnu des lieux qui l'entourent. Allongée sur un lit d'hôpital, elle explore son environnement avec étonnement. Une sensation de faiblesse l'envahit alors qu'elle tente de se redresser, mais son bras gauche est retenu par une perfusion. Bientôt, un pas résonne dans le couloir, et une infirmière entre dans la chambre.

– Vous voilà enfin réveillée ! À la bonne heure ! Je vous apporte une collation, annonce-t-elle en faisant mine de se retirer, mais Delphine la retient d'une voix anxieuse :

– Pourquoi suis-je ici ? Que m'est-il arrivé ?

– Vous ne vous souvenez de rien, c'est normal. On vous a trouvée inanimée dans votre appartement, un ami selon ce qu'il nous a dit, explique l'infirmière d'un ton rassurant.

– Un ami ? Ah, ça doit être Frank. Où est-il maintenant ? demande Delphine avec une pointe d'inquiétude.

– Il a dit qu'il passerait vers midi, une fois que vous seriez réveillée.

– Est-ce que je vais devoir rester longtemps ici ? interroge-t-elle, cherchant des réponses.

– Cela dépendra. Le médecin devra vous voir et décider, répond-elle avec un sourire encourageant.

Delphine laisse échapper un soupir, absorbant lentement les informations tout en l’observant quand elle ajuste doucement sa perfusion.

– Je me sens si faible... murmure-t-elle…

– Prenez votre temps pour récupérer. Vous avez eu un moment difficile, répond doucement l'infirmière en disposant la collation sur une tablette à portée de sa main.

– Merci... murmure Delphine, ses pensées se bousculant alors qu'elle prend une bouchée distraitement.

L'infirmière s'apprête à partir, mais s'arrête, regardant Delphine avec sollicitude.

– Si vous avez besoin de quelque chose d'autre, n'hésitez pas à appuyer sur le bouton d'appel. Je suis là pour vous aider à traverser cela.

Delphine hoche légèrement la tête, une lueur d'incertitude dans ses yeux.

– Je ne comprends pas comment j'ai pu en arriver là...

– Parfois, la vie nous réserve des surprises. L'important est que vous soyez maintenant entre de bonnes mains, assure l'infirmière avec douceur avant de quitter la chambre en fredonnant un air connu « Belle que j’aime tant… je t’attendais, depuis longtemps… puis, elle laisse Delphine seule avec ses pensées troublées, mais un léger sourire naît sur ses lèvres à l’évocation de ce film fabuleux qui a bercé son enfance et du grand amour qui réunissait l’enfant et l’animal dans un cadre magnifique.

Très vite, Delphine se laisse submerger par les questions qui tourbillonnent dans son esprit. Attendre l'arrivée de Frank à midi semble être son seul repère dans cet océan d'incertitudes hospitalières.

Le médecin entre bientôt accompagné de quatre ou cinq jeunes internes, tous attentifs. Il s'adresse à Delphine d'une voix calme, mais professionnelle :

– Comment allez-vous ?

– Que m'est-il arrivé ? Vais-je sortir bientôt ? demande-t-elle d'une voix anxieuse, cherchant des réponses claires.

– Pas plus d'une question à la fois, répond le médecin avec un léger sourire. Des examens sont en cours, et nous vous répondrons après.

Il prend son pouls, vérifie sa tension, puis sort sans ajouter d'autres détails, laissant Delphine consternée et inquiète.

L'infirmière revient peu après, remarquant l'expression préoccupée de Delphine.

– Je ne peux pas en dire plus pour le moment, explique-t-elle doucement. Je suis ici pour veiller sur vous. Patience, ça ira.

À ce moment-là, quelqu'un frappe à la porte et un homme d'une cinquantaine d'années entre timidement. C'est Frank. Delphine tend les bras et ils se serrent longuement dans un câlin réconfortant, tandis que l'infirmière, respectueuse de leur intimité, se retire discrètement.

– Que s'est-il passé ? interroge Delphine dès qu'ils sont seuls, cherchant des réponses auprès de Frank.

Frank serre Delphine dans ses bras, ses yeux exprimant à la fois soulagement et inquiétude. Il s'assoit près du lit, prenant doucement la main de Delphine dans la sienne.

– Il s'est passé tant de choses... commence-t-il doucement, choisissant ses mots avec précaution. Je t'ai trouvée inconsciente chez toi. Tu ne répondais pas, et j'ai paniqué. J'ai appelé une ambulance.

Delphine hoche lentement la tête, essayant de rassembler ses souvenirs fragmentaires.

– Je ne me souviens de rien...

– Ils ont dit que tu as fait un malaise. Les médecins font des tests pour comprendre ce qui s'est passé. Ils vont te surveiller encore un peu pour être sûrs que tout va bien, explique Frank, tentant de la rassurer malgré ses propres inquiétudes.

Delphine soupire, se sentant submergée par les événements.

– Je ne m'attendais pas à ça...

– Je sais, répond Frank. Mais tu es ici maintenant, et nous allons traverser ça ensemble.

Ils restent silencieux un moment, chacun absorbé par ses pensées. Puis, Delphine brise le silence avec une question qu'elle craint de poser :

– Tu es resté avec moi tout ce temps ?

Frank sourit doucement.

– Oui, je ne voulais pas te laisser seule. Je voulais être là quand tu te réveillerais.

Delphine lui serre la main avec reconnaissance, sentant une bouffée de chaleur dans son cœur.

– Merci d'être là, Frank.

– Je serai toujours là pour toi, promet-il doucement.

Ils restent ensemble, se soutenant mutuellement alors que l'incertitude de la situation plane autour d'eux. L'infirmière revient discrètement pour vérifier les signes vitaux de Delphine, respectant leur moment de connexion silencieuse.

– Je dois m’absenter durant une semaine pour mon travail, mais je t’appellerai chaque jour pour prendre de tes nouvelles.

Le regard de Delphine se voile de tristesse à l'idée de voir Frank s'éloigner pour quelques jours. C’est son ami depuis quelques mois et il ne s’est rien passé encore entre eux pour transformer l’amitié en amour, mais ils se sentent bien ensemble. Elle retient ses émotions, mais ses yeux reflètent une profonde préoccupation et un sentiment de solitude imminente. Frank, attentif à ses expressions, ressent le poids de cette séparation sur elle.

Il s'approche doucement, caressant tendrement sa joue pour essuyer une larme qui s'échappe discrètement.

– Je serai de retour avant que tu ne le réalises, murmure-t-il avec douceur, cherchant à apaiser ses inquiétudes.

Delphine hoche la tête, essayant de sourire malgré l'émotion qui lui serre le cœur. Elle prend sa main dans la sienne, reconnaissante de son soutien constant.

– Je sais, mais ça ne rend pas les « au revoir » plus faciles...

Ils restent ensemble un instant, se soutenant silencieusement alors que le temps semble suspendu autour d'eux. Frank finit par se lever, déterminé à revenir au plus vite.

– Je te promets de t'appeler chaque jour. Tu n'es pas seule, Delphine.

Avec un dernier regard chargé de tendresse, Frank quitte la chambre, laissant Delphine avec ses pensées.

Après le départ de Frank, l'infirmière revient près de Delphine.

– C'est dur de se séparer de celui qu'on aime, soupire-t-elle doucement.

Delphine, intriguée par ses paroles, lui demande avec curiosité :

– Vous avez déjà vécu cette situation ?

– Oui, bien sûr. C'était il y a deux ans, commence l'infirmière d'une voix empreinte de nostalgie. J'étais amoureuse d'un homme de 30 ans mon cadet. Notre amour semblait impossible, mais il m'aimait aussi. Nous passions des moments merveilleux ensemble, nous étions faits l'un pour l'autre malgré la différence d'âge, nous nous complétions. Ce bonheur inimaginable fut de courte durée, car, un jour, j'ai décidé de mettre fin à tout cela.

– Pourquoi ? demande Delphine, captivée par cette histoire personnelle.

– Je ne voulais pas que Sacha manque l'opportunité de construire une famille et d'avoir des enfants. Il était si jeune, et moi, presque à la fin de ma vie, explique l'infirmière avec une tristesse contenue. Vous comprenez ?

Delphine hoche lentement la tête, émue par le sacrifice qu'elle a fait pour le bien de son amour.

– Oui, je vous comprends. Mais comment avez-vous brisé cet amour ?

– J'ai disparu brusquement de sa vie, faisant en sorte qu'il me croie morte pour qu'il ne me recherche pas. Afin de brouiller les pistes, j’ai demandé à une de mes connaissances de me trouver cet emploi à l’hôpital. Malgré mon âge avancé, je me sens capable d’être encore utile. Je ne suis chargée que de deux chambres, la vôtre N° 20 et la chambre voisine N° 21.

– Et où cela s'est-il passé ? interroge Delphine, curieuse de connaître les détails de cette histoire poignante.

– Ici, en Occitanie, pas très loin, exactement dans le Lauragais... commence l'infirmière, interrompue soudainement par un appel.

– Excusez-moi, on m'appelle. Je reviendrai plus tard.

Les révélations de l'infirmière suscitent en elle une curiosité mêlée d’admiration pour cette femme qui a sacrifié son amour passionnel pour le bien-être de l'autre. « Comme elle devait l’aimer ! » pense-t-elle, quelle abnégation !

Assise sur son lit d'hôpital, absorbée par les mots poignants de l'infirmière, elle réfléchit à la complexité des relations humaines et à la profondeur des sacrifices que certaines personnes sont prêtes à faire par amour. Elle se demande comment une telle histoire peut être vraie, et si elle-même serait capable d'un tel sacrifice.

Les minutes passent lentement, et Delphine se retrouve plongée dans une introspection profonde. Elle pense à Frank et à leur relation naissante. Son cœur se serre à l'idée de son absence prochaine, mais elle se rappelle ses paroles rassurantes.

Lorsque l'infirmière revient, elle s'approche doucement et pose une main réconfortante sur l’épaule de Delphine.

– Je suis désolée d'avoir dû m'absenter. Comment vous sentez-vous ? demande l'infirmière avec gentillesse.

Delphine relève les yeux, reconnaissante pour cette présence aimante.

– Je réfléchissais à ce que vous avez partagé. Votre histoire m'a profondément touchée.

L'infirmière sourit doucement, appréciant la sincérité de Delphine.

– Parfois, l'amour nous connecte à une personne sans savoir pourquoi et nous pousse à faire des choix difficiles. J’ai souvent souhaité avoir trente ans de moins… ajoute-t-elle avec tristesse. Je remercie le destin qui m’a fait vivre un amour exceptionnel, même contraire aux lois de la nature… Je suis reconnaissante, Delphine, d'avoir pu partager ce secret avec vous, je ne l’avais fait avec personne d’autre.

– Quel est votre nom ?

– Menhira, un nom issu du breton qui a un rapport avec Pierre.

– Très joli et rare prénom, je m’en souviendrai.

Elles échangent un regard empreint de compréhension mutuelle. Delphine se sent plus proche de cette femme qu'elle connaît à peine, mais dont l'histoire résonne avec son propre voyage émotionnel.

– Merci de vous être confiée, murmure Delphine avec reconnaissance.

Menhira serre légèrement l'épaule de Delphine.

– Tout ira bien, vous verrez et Frank sera de retour avant que vous ne le réalisiez.

Delphine hoche doucement la tête, sentant un peu de paix revenir dans son cœur. Elle sait qu'elle peut surmonter l’épreuve de la séparation avec le soutien de ceux qui se soucient d'elle. Mais la tristesse causée par le départ de Frank serait-elle un signe du passage de l’amitié en amour ? Le récit de l’infirmière semble avoir éveillé des sentiments nouveaux dans le cœur de Delphine.

Elles continuent à discuter doucement, partageant des moments de réconfort et de connexion humaine au milieu de l'incertitude de l'hôpital.

Chapitre 2

Sur la piste d’un nouveau roman

Après avoir arpenté des contrées lointaines – l’Afrique envoûtante, vibrante, les immensités du Sahara, la Guadeloupe colorée, les pyramides d’Égypte, ou les brumes d’Angleterre – Delphine avait fini par éprouver le besoin de revenir à l’essentiel. Elle s’était offert une année de pause, loin des salons littéraires et des délais d’édition, pour reprendre souffle et retrouver, quelque part sur les chemins de France, ce frisson d’inspiration qui parfois surgit au détour d’un sentier, d’un regard ou d’une légende.

Ce jour-là, c’est le Lauragais qui avait attiré son attention. Mais comment en était-elle arrivée là ? Pourquoi avoir choisi cette contrée d’Occitanie ? Qu’est-ce qui l’avait poussée à venir jusqu’ici ? N’avait-elle pas eu l’envie de percer le secret de Menhira rencontrée lors de son séjour à l’Hôpital ? Oui, c’était bien cela, peut-être était-elle à l’affût de l’inspiration pour un nouveau roman ? Une histoire d’amour exceptionnelle.

Au fil des kilomètres, elle s’émerveillait de ce coin de pays doucement vallonné, aux accents du Sud et baigné de lumière. Confortablement installée dans son 4x4, elle murmurait, comme une évidence :

« Pourquoi aller chercher ailleurs ce qui est ici à notre portée ? »

Delphine, romancière, la cinquantaine, paraissant bien plus jeune, évoluait dans le monde des mots avec une curiosité insatiable et un appétit pour la vie jamais comblé. Son dernier roman, « Divergence », avait été salué positivement par la critique. Ce succès n’avait pas d’importance pour elle qui écrivait surtout pour son plaisir, pour un besoin de s’évader du quotidien avec les personnages qu’elle créait.

Deux jours auparavant, après son séjour à l’hôpital, elle avait éprouvé le besoin de tout lâcher pour partir au gré du vent qui l’emporterait loin du monde et surtout loin de son ami Frank qui l’avait profondément déçue à son retour alors qu’elle croyait à son amour plus qu’à son amitié. Un désir profond de silence et de retrait pour une mise au point sur ses sentiments l’avait contrainte à s’isoler dans cette partie inconnue d’Occitanie où elle se retrouvait sur une nouvelle piste de roman.

Cette décision faisait suite à la déception qui avait ébranlé sa sensibilité et semé le doute à l'égard de ceux qui l'approchaient. C'est toujours ainsi après une blessure amoureuse.

Elle avait ressenti le besoin impérieux de prendre du recul, de s'éloigner de son cercle habituel, de ces lieux familiers qui ne feraient qu'accentuer le vide laissé par l'être aimé et le bonheur envolé. Pourtant, elle se rappelait ses mots, répétés si souvent :

« Je t'aime », des mots qu’elle croyait chargés de sincérité et de passion, mais qui n’étaient que des banalités.

« Tant qu'il y a de la vie, aime sans retenue », lui avait-il dit un jour, « serre dans tes bras cette personne qui fait battre ton cœur plus fort. Dis-lui combien elle compte pour toi, car nul ne sait combien de soleils il reste à voir. Chaque instant partagé est un trésor. »