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Une investigation corsée en cité corsaire.
Une disparition inquiétante va pousser le lieutenant Phil Bozzi et le capitaine François Le Duigou à se rendre à Saint-Malo.
La célèbre cité corsaire est également en proie à de nombreux vols de moteurs de bateaux… L’enquête s’annonce sombre et les pistes s’entrecroisent. La découverte d’un corps tatoué d’étranges symboles va compliquer un peu plus cette intrigue.
Du Sillon de Saint-Malo aux prés-salés du Mont-Saint-Michel, en passant par les parcs à huîtres de Cancale, nos deux policiers vont devoir jouer serré pour mener leurs investigations, qui les pousseront même jusqu’à Avranches, et du côté de Gruissan, dans l’Aude.
Suivez les deux héros fétiches de Firmin Le Bourhis de la Bretagne à l'Aude dans ce polar passionnant !
EXTRAIT
Cette affectation provisoire dans le nord de l’Ille-et-Vilaine ne motivait aucun d’eux ce matin et ils décidèrent de se rendre à la machine à café où ils retrouvèrent quelques collègues, curieux de connaître l’objet de leur convocation de la veille.
S’efforçant de se maîtriser, car il était inutile d’en rajouter, François répondit :
— Ils avaient peur que la poussière et les toiles d’araignées ne se posent sur nos valises ! Alors ils nous expédient tous les deux à Saint-Malo…
— À Saint-Malo, la fameuse ville corsaire ! réagit l’un d’entre eux. Et c’est pour quand ?
— Nous devons être là-bas lundi prochain, première heure… Remarque, il y a pire comme destination, tenta François comme pour en limiter les conséquences devant les collègues. Mais enfin… un peu ça va, et beaucoup… tu vois ce que je veux dire ! fit-il en esquissant des gestes significatifs de la main. Autrement, quoi de neuf ? leur lança-t-il pour changer de sujet car il ne voulait pas s’étendre sur cette situation.
À PROPOS DE L’AUTEUR
Né à Kernével en 1950, Firmin Le Bourhis vit et écrit à Concarneau en Bretagne. Après une carrière de cadre supérieur de banque, ce passionné de lecture et d’écriture s’est fait connaître en 2000 par un premier ouvrage intitulé Quel jour sommes-nous ?, suivi d’un second, Rendez-vous à Pristina, publié dans le cadre d’une action humanitaire au profit des réfugiés du Kosovo.
Connu et reconnu bien au-delà des frontières bretonnes, Firmin Le Bourhis est aujourd’hui l’un des auteurs de romans policiers bretons les plus appréciés, avec vingt-huit enquêtes déjà publiées. Il est également l’auteur d’essais sur des thèmes médicaux et humanitaires. Ses ouvrages sont tous enregistrés à la bibliothèque sonore de Quimper au service des déficients.
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Seitenzahl: 279
Veröffentlichungsjahr: 2017
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FIRMIN LE BOURHIS
Corsaires de l’Est
éditions du Palémon
Z.I de Kernevez
11B rue Röntgen
29000 Quimper
DU MÊME AUTEUR
Aux éditions Chiron
- Quel jour sommes-nous ? La maladie d’Alzheimer jour après jour
- Rendez-vous à Pristina - récit de l’intervention humanitaire
Aux Éditions du Palémon
n° 1 - La Neige venait de l’Ouest
n° 2 - Les disparues de Quimperlé
n° 3 - La Belle Scaëroise
n° 4 - Étape à Plouay
n° 5 - Lanterne rouge à Châteauneuf-du-Faou
n° 6 - Coup de tabac à Morlaix
n° 7 - Échec et tag à Clohars-Carnoët
n° 8 - Peinture brûlante à Pontivy
n° 9 - En rade à Brest
n° 10 - Drôle de chantier à Saint-Nazaire
n° 11 - Poitiers, l’affaire du Parc
n° 12 - Embrouilles briochines
n° 13 - La demoiselle du Guilvinec
n° 14 - Jeu de quilles en pays guérandais
n° 15 - Concarneau, affaire classée
n° 16 - Faute de carre à Vannes
n° 17 - Gros gnons à Roscoff
n° 18 - Maldonne à Redon
n° 19 - Saint ou Démon à Saint-Brévin-les-Pins
n° 20 - Rennes au galop
n° 21 - Ça se Corse à Lorient
n° 22 - Hors circuit à Châteaulin
n° 23 - Sans Broderie ni Dentelle
n° 24 - Faites vos jeux
n° 25 - Enfumages
n° 26 - Corsaires de l’Est
n° 27 - Zones blanches
n° 28 - Ils sont inattaquables
n° 29 - Dernier Vol Sarlat-Dinan
n° 30 - Hangar 21
n° 31 - L'inconnue de l'archipel
n° 32 - Le retour du Chouan
n° 33 - Le gréement de Camaret
Menaces - Tome 1 - Attaques sur la capitale
Menaces - Tome 2 - Tel le Phénix
Menaces - Tome 3 - Pas de paradis pour les lanceurs d'alerte
Retrouvez tous les ouvrages des Éditions du Palémon sur :
www.palemon.fr
Dépôt légal 2e trimestre 2015
ISBN : 978-2-372600-00-2
NOTE DE L’AUTEUR :
L’auteur s’empare, comme habituellement, d’une véritable affaire criminelle et, au terme d’une étude approfondie des faits et avec l’aide d’officiers de police judiciaire, en donne une version romancée aussi proche que possible de la réalité…
Un fait réel qu’il transpose dans d’autres lieux pour y bâtir une enquête qu’il livre à votre perspicace lecture…
CE LIVRE EST UN ROMAN.
Toute ressemblance avec des personnes, des noms propres, des lieux privés, des noms de firmes, des situations existantou ayant existé, ne saurait être que le fait du hasard.
Aux termes du Code de la propriété intellectuelle, toute reproduction ou représentation, intégrale ou partielle de la présente publication, faite par quelque procédé que ce soit (reprographie, microfilmage, scannérisation, numérisation…) sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335 2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’autorisation d’effectuer des reproductions par reprographie doit être obtenue auprès du Centre Français d’Exploitation du droit de Copie (CFC) - 20, rue des Grands Augustins - 75 006 PARIS - Tél. 01 44 07 47 70 - Fax : 01 46 34 67 19 - © 2015 - Éditions du Palémon.
REMERCIEMENTS
À Pascal Vacher,
commandant de police honoraire de la police judiciaire.
Au commandant de police François Lange,
État-major, Direction départementale de la sécurité
publique du Finistère à Quimper.
Au Docteur Aurélie Fontaine, médecin légiste à Quimper.
Au commandant Jean-Marc Urvois,
Adjoint au commissariat de Saint-Malo.
Au très bon accueil et à la gentillesse
des sympathiques équipes des Offices de Tourisme
de Saint-Malo, Pontorson, Avranches.
À la Brigade de Gendarmerie d’Avranches et,
en particulier,
au gendarme Jean-Marc, passionné par l’histoire.
Je ne considère pas le clochard comme un raté.
Sa vie en marge, la plupart du temps, il l’a voulue.
Georges Simenon.
Il n’y a pas cinquante manières de combattre,
Il n’y en a qu’une, c’est d’être vainqueur.
L’espoir. André Malraux.
Si on essaye de comprendre le crime,
on n’arrive plus à le juger.
Antimémoires. André Malraux.
Chapitre 1
Jeudi 18 septembre.
« Ils ne nous lâcheront jamais les baskets ! Ce n’est plus possible à la fin ! » venait de s’écrier le capitaine François Le Duigou, devant le lieutenant Phil Bozzi, l’air contrit et médusé par les propos et la déambulation incessante de son collègue…
— Ah ! On finira par payer cher notre refus de nomination et de mutation… Le pire c’est qu’on fait notre boulot, on ne leur demande rien et il faut quand même qu’ils nous tombent dessus ! ajouta François d’un ton exaspéré avant de s’asseoir, au grand soulagement de Phil qui commençait vraiment à avoir le tournis.
À peine sortis d’une enquête difficile qui les avait conduits dans la région d’Auray1, voilà qu’une nouvelle fois leur quotidien allait être sérieusement bousculé.
La veille, ils étaient rentrés assez tard de la Direction Interrégionale de la police judiciaire de Rennes où, selon un scénario désormais bien rodé, ils avaient été complimentés sur leurs bons résultats puis invités, en raison de leur compétence, à rejoindre le commissariat de police de Saint-Malo. En effet, celui-ci devait faire face à une situation particulière en matière de pénurie d’effectif, alors que l’on notait une recrudescence de forfaits en tout genre, tandis que se profilait le départ de la prochaine Route du Rhum.
Non seulement, cela n’avait guère enchanté le commissaire Yann Le Godarec qui devrait, malgré lui, se passer quelque temps encore de ses deux OPJ, mais pour une fois, Phil, habituellement d’un tempérament calme et pondéré, était sérieusement irrité.
— S’ils veulent une équipe volante permanente à leur service, il faut le dire, mais on ne peut continuer à être baladés de la sorte ! s’agaça-t-il.
Heureusement, il avait de jolies satisfactions familiales : la rentrée des classes, avec passage en CE1 pour Clémence, s’était très bien déroulée. Cartable neuf en main et vêtements légers car le soleil jouait les prolongations, elle avait affiché une fierté non dissimulée et cette première journée d’école s’était avérée doublement radieuse.
Septembre était effectivement très beau et même encore chaud, contrastant par moments avec les perturbations pluvieuses de la mi-août qui avaient un peu gâché cette période généralement consacrée au farniente. Bizarrement, cette année, ce mauvais temps avait sévi dans le sud de la France, habituellement si ensoleillé.
Cette affectation provisoire dans le nord de l’Ille-et-Vilaine ne motivait aucun d’eux ce matin et ils décidèrent de se rendre à la machine à café où ils retrouvèrent quelques collègues, curieux de connaître l’objet de leur convocation de la veille.
S’efforçant de se maîtriser, car il était inutile d’en rajouter, François répondit :
— Ils avaient peur que la poussière et les toiles d’araignées ne se posent sur nos valises ! Alors ils nous expédient tous les deux à Saint-Malo…
— À Saint-Malo, la fameuse ville corsaire ! réagit l’un d’entre eux. Et c’est pour quand ?
— Nous devons être là-bas lundi prochain, première heure… Remarque, il y a pire comme destination, tenta François comme pour en limiter les conséquences devant les collègues. Mais enfin… un peu ça va, et beaucoup… tu vois ce que je veux dire ! fit-il en esquissant des gestes significatifs de la main. Autrement, quoi de neuf ? leur lança-t-il pour changer de sujet car il ne voulait pas s’étendre sur cette situation.
La surprise passée, les commentaires terminés, personne n’eut rien à rajouter ; les conversations reprirent bon train, de la banale info locale aux grandes préoccupations du moment, telle l’intervention de la France dans une nouvelle guerre.
L’été avait été rude en effet, avec l’embrasement de Gaza, le trouble jeu de la Russie en Ukraine et le drame syrien qui s’étendait sauvagement en Irak… On se serait cru dans un jeu vidéo dont on aurait perdu le contrôle.
Une force destructrice agitait le Proche-Orient et celle-ci, d’une violence effrénée, qui se faisait appeler Daesh ou État islamique, était dotée d’un maître qui se voulait calife… chef autoproclamé établi à Mossoul qui massacrait ceux refusant de se soumettre à « sa lecture » du Coran… Ses soldats, tous sunnites, déversaient une haine peu commune qui s’abattait sur tout ce qui bougeait, Chiites, Kurdes, Chrétiens, Yézidis, sans distinction entre les hommes, les femmes et les enfants…
Et cette boule de feu, née des braises de la guerre en Syrie et renforcée par son installation en Irak, devenait désormais une menace globale. Elle inquiétait les grands États de la région, et bien sûr aussi, les capitales occidentales notamment parce que cet État islamique s’était constitué une véritable légion étrangère venue d’Europe et donc induite à intervenir… prête à reprendre la croisade abandonnée par Al-Qaïda. Elle bousculait ainsi les positions acquises, obligeant la France, si bruyamment anti-Téhéran et anti-Damas depuis 2011, à modifier certaines positions comme celle qui consistait à vendre la peau d’Assad au nom de la liberté, et à devoir maintenant frapper ses ennemis, au nom de la sécurité…
Mais il avait fallu attendre les épouvantables assassinats d’un Américain, puis d’un Anglais et d’un Français, pour que le monde enfin se mobilise, tous les pays occidentaux et les pays arabes liés par un même objectif, et que tous les musulmans des pays de l’ouest s’unissent pour crier, haut et fort, que les horreurs commises par ces djihadistes n’étaient pas dignes de représentants de l’Islam, dont ils se réclamaient pourtant…
Sur le plan intérieur, la reprise économique annoncée n’était pas au rendez-vous, tout comme l’inversion de la courbe du chômage pourtant déjà prévue l’année précédente. L’exécutif et les comptables de Bercy continuaient inlassablement à bâtir des budgets bancals et à poursuivre « leur chemin » qui consistait à dépenser plus et à emprunter plus. Malheureusement, qui pouvait penser que les prévisions de croissance établies par Bercy étaient crédibles ? Car la dette franchissait la barre astronomique des deux mille milliards d’euros et la France continuait à s’endetter d’un « petit » milliard par jour…
Parallèlement, un vent de raillerie se levait dans les rangs de la gauche majoritaire. Sans jeu de mots, le Premier ministre choisissait de faire « valser » certains frondeurs et de recomposer son gouvernement alors que des bruits de dissolution de l’Assemblée semblaient vouloir planer avec insistance…
En cette période de commémoration historique, les soixante-dix ans du Débarquement, certains se souvenaient de ce qui s’était passé en Russie, à peine un siècle plus tôt. Le monde était alors en feu. Engagé dans la guerre, le régime russe s’était affaibli et le tsar était hésitant au point que son autorité s’en trouvait contestée et, en février 1917, l’irresponsabilité des acteurs politiques, le carriérisme et les petits calculs de certains avaient eu raison de Nicolas II. Même si la situation était différente, la France de 2014 ferait bien d’y penser, au même titre que les syndicats dont l’attitude pourrait jouer un rôle, si toutefois ils ne décidaient pas de bloquer toute réforme, à l’instar des pilotes d’Air France…
Désormais, il fallait à certains, selon la vieille rhétorique ternaire qui rappelle l’exhortation de Danton « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace… » Alors le Premier ministre continuait à ramer à contre-courant d’une opinion sceptique et sans illusions, il lui fallait donc convaincre, puis convaincre et convaincre encore… Le drame était qu’il y avait urgence, aurait-il le temps de mettre en place certaines réformes devenues obligatoires dans l’intérêt du pays ?
Le portable de François sonna, le patron les convoquait tous les deux dans son bureau afin de faire le point sur les dossiers en cours avant leur départ…
1. Voir Enfumages, précédente enquête, même auteur, même collection.
Chapitre 2
Lundi 22 septembre.
Rennes et Saint-Grégoire passés, la voie express les conduisait à présent vers Saint-Malo. Le beau temps persistait et François, côté passager, laissait son esprit vagabonder, bercé par le ronronnement régulier de la voiture. Il se revoyait durant la super grande marée au coefficient de 115 du 10 septembre dernier, qu’il n’aurait manquée pour rien au monde et il avait été trop heureux d’avoir pu prendre quelques jours de congé à cette période, faussant compagnie à Phil, resté, lui, au travail. Il avait été comblé… temps exceptionnel et excellente pêche. Et déjà il avait noté pour 2015 la grande marée des 21 et 22 mars au coefficient de 118 ! Tout à ses divagations qui le menaient du côté des Glénan, il demanda soudain à Phil :
— Tu penses qu’on pourra rentrer, ne serait-ce que deux ou trois jours, vers le 9 octobre ?
Très surpris par la question, d’autant qu’à cet instant il pensait à tout autre chose et plus particulièrement à sa famille, ce dernier répliqua :
— J’en sais fichtre rien ! Pourquoi cette question ?
— Ben, la marée… Il y a un coefficient de 111 !
— Ah ! Tu sais… contrairement à toi, je n’aime pas trop aller en mer…
— Et pourquoi ?
— Je n’aime guère son côté imprévisible, et me retrouver au milieu de nulle part avec cette sensation de ne pas pouvoir m’échapper quand je veux…
— Eh bien, il me paraît plus dangereux d’être sur terre où les gens ont parfois un comportement incompréhensible et inattendu figure-toi, ils sont capables de faire des tas de choses auxquelles on ne s’attend pas du tout… En mer, il faut toujours anticiper tout ce que tu dois faire pour ta sécurité et si tu ne respectes pas les règles de façon précise, c’est elle qui t’emporte !
— Remarque, je comprends et je respecte ceux qui aiment la mer. Je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis, mais moi… désolé, ce n’est vraiment pas mon truc.
Ils venaient de passer la grande zone commerciale de Saint-Jouan-des-Guérêts et prenaient la direction de Saint-Malo centre. La voix mélodieuse du GPS s’activait de plus en plus pour donner les directions à suivre afin de se rendre à l’hôtel de police, selon l’adresse programmée. Ils longèrent l’hippodrome, bien connu des amateurs de courses de chevaux puis passèrent devant la gare très moderne depuis qu’elle recevait le TGV.
Enfin, ils ralentirent devant un supermarché à l’enseigne des mousquetaires, et découvrirent dans le prolongement, à l’angle des rues du Calvaire et Théodore Botrel, le commissariat de police repérable également à son drapeau de la police nationale.
C’était un bâtiment contemporain mariant les pierres jointoyées au rez-de-chaussée, le verre et un bardage marron pour les autres étages…
Ils se garèrent le long de la rue, franchirent les deux portes automatiques vitrées pour entrer dans un hall spacieux et y être accueillis par le franc sourire de l’hôtesse en civil, assise derrière son comptoir. Après s’être présentés, ils furent invités à prendre l’ascenseur sur leur droite et montèrent au troisième étage. Les locaux étaient résolument clairs et modernes.
Ils furent reçus par le commissaire qui leur souhaita la bienvenue et leur présenta l’organisation de l’hôtel de police, doté d’un effectif de cent trente à cent quarante personnes, auxquelles s’ajoutaient les renforts en saison. Il avait la charge d’un territoire relativement vaste rayonnant sur les deux tiers de la population de la communauté d’agglomération qui s’étendait jusqu’à Cancale, notamment en secteur gendarmerie ; la commune de Saint-Malo représentait à elle seule une population de près de cinquante mille habitants.
Cet homme faisait partie de ceux dont la prestance traduit naturellement la confiance en soi et le désir de réussite. Il s’exprimait avec autorité et leur exposa le contexte, notamment la recrudescence d’une certaine délinquance et c’était la raison pour laquelle il avait fait appel à eux.
Il était grand, athlétique sans graisse superflue, ses cheveux bruns tirant sur le gris étaient taillés très court ; il paraissait décidé, avec un regard franc que l’on pressentait pouvoir devenir froid et impassible en certaines circonstances, un regard d’homme habitué à interroger les êtres humains et à les écouter…
Phil et François s’étaient renseignés sur ce dernier et il était considéré comme quelqu’un qui assumait totalement la direction de ses équipes avec toute l’autorité que lui conféraient ses longues années de pratique dans différents commissariats.
Tous deux étaient restés immobiles, silencieux, plongés dans leurs pensées en l’écoutant.
Il poursuivit :
— Toute la région est victime de vols répétés de moteurs de bateaux qui, selon une filière bien rodée, partent en fonction des commandes sur la côte ouest de la Mer Noire…
— Je croyais que ces groupes avaient été arrêtés puis incarcérés, répondit François, sur le ton de la réflexion.
— Oui, il y en a eu effectivement et on en parle moins, volontairement, mais le problème demeure latent. En ce moment, nous sommes avertis d’actions commises par des groupes venus de Géorgie pour la plupart. Ce sont des organisations criminelles pyramidales russophones ; ces réseaux mafieux sont très actifs…
— Quelles difficultés posent-ils très concrètement ici et dans la région ? demanda Phil.
— Plusieurs. L’une, c’est d’abord de déceler leur présence et notre défi est de tenter de détecter les signaux car ces voleurs agissent vite et discrètement et il est difficile de réunir des preuves, surtout lorsque les biens volés sont recelés à l’étranger. L’autre, grosse difficulté celle-là, c’est de trouver le moyen de regrouper des affaires et des procédures pour remonter le plus haut possible dans l’échelle de commandement.
— J’étais persuadé qu’on avait mis un coup d’arrêt à cette nouvelle forme de criminalité ces derniers temps, remarqua François, toujours perplexe suite aux propos du commissaire.
— Le fait est que ce n’est pas parce que l’on a récemment mis à mal un groupe à Rennes que tout est stoppé. De nouvelles communautés surgissent à Lyon ou ailleurs, avec un nouveau réseau mafieux issu des pays de l’Est, essentiellement moldave…
— La Moldavie ! s’exclama François, interloqué. Quand on pense que c’est un tout petit pays de trois millions cinq cent mille habitants et sans doute le plus pauvre d’Europe, coincé entre l’Ukraine et la Roumanie !
— Oui, c’est tout à fait exact… mais continuons : ils mettent à chaque fois un nouveau chef à la tête du réseau et nous devons rester sur le qui-vive, les traquer, les harceler au point qu’ils n’aient plus envie d’agir en France ! Récemment, le chef de l’OCLDI2 m’a averti qu’il fallait être sur le pied de guerre de Cherbourg à Saint-Brieuc… d’où votre présence ici à Saint-Malo… car les vols de moteurs de bateaux ont toujours existé, certes, mais ils sont de plus en plus fréquents, et vous savez très bien que ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas qu’ils ont cessé…
— Oui, nous avons suivi récemment quelques procès, dont celui de Saint-Brieuc, ajouta François.
— La justice, dans ces derniers cas, travaille désormais avec d’autres cartes, celles de la criminalité internationale organisée, car cela nous coûte très cher, le préjudice direct porte sur des milliers de moteurs à l’année soit l’équivalent de plusieurs millions d’euros, sans compter les tentatives ratées, les dégâts et les surprimes d’assurance…
— Et qui sont les premières victimes ? interrogea Phil qui notait au fur et à mesure ce que disait le commissaire.
— Des chantiers navals, des concessionnaires, des pêcheurs, ou des professionnels des métiers de la mer, très nombreux dans la région, des particuliers bien sûr aussi, dont les bateaux sont simplement amarrés. Parfois, tout y passe. Dernièrement, ils ont emporté à la fois le moteur, la remorque et le 4x4 !
— Mais quelle est la raison de notre présence à Saint-Malo ?
— En ce moment, au sein de la JIRS3, seuls deux magistrats instructeurs, submergés, se partagent les affaires de criminalité organisée pour le grand ouest… La lutte est inégale et même si nous avons en permanence des équipes qui parcourent des milliers de kilomètres par semaine, le rayon d’action de la plupart des services reste limité au département alors que la menace, elle, vient de plusieurs pays : Géorgie, Moldavie, Arménie, Mongolie, Roumanie, Bulgarie… C’est une véritable invasion. La France est littéralement pillée par ces groupes criminels et, pour cette raison, nous voulons renforcer notre dispositif à Saint-Malo pour parer à cette éventualité sur le terrain ainsi que sur les circuits empruntés par ces filières…
— C’est-à-dire ?
— Que la direction générale de la police nationale à Paris s’est dotée d’un bureau national de liaison consacré à cette délinquance et c’est à ce niveau que vous serez intégrés car il leur faut le soutien des services territoriaux de la police et de la gendarmerie.
— Très bien… Et, concrètement, on connaît leur façon de procéder ? demanda Phil.
— Oui, le plus souvent, ils commettent les vols le mercredi et le jeudi, puis remontent vers la région parisienne et rejoignent des camps de gens du voyage du Val-de-Marne, notamment, où les moteurs sont démontés dès leur arrivée ; des fourgons et microbus les récupèrent et entament un long périple de deux mille six cents kilomètres, parcourus en deux jours, pour atteindre la Moldavie ou d’autres pays riverains, sur les bords de la Mer Noire. Là-bas, les moteurs sont remontés et vendus entre quinze et vingt euros par cheval environ, ce qui fait à peu près mille euros pour un moteur de cinquante chevaux qui en vaut dix fois plus. Voilà l’enjeu et le travail… Je vais vous laisser prendre connaissance dans le détail de ce type de dossier, en voici un pour chacun, et vous présenter aux équipes puis vous conduire dans le bureau où vous vous installerez. Il est suffisamment spacieux pour vous deux, vous y serez très à l’aise, même si vous n’avez pas la vue sur mer…
— Nous ne sommes pas venus ici pour rechercher du confort mais pour agir et, au travers de ce que vous venez de nous décrire brièvement, nous sommes impatients de passer à l’action sur le terrain, lui répondit Phil, en marchant à ses côtés dans le couloir d’un pas décidé.
— Vous aurez de quoi faire. En attendant, vous prendrez part aux opérations courantes du commissariat, question de saisir la température du quotidien afin d’être prêts le moment venu. Vous serez en liaison permanente avec mon adjoint qui, lui, est commandant fonctionnel.
Souriant et d’un abord sympathique, l’homme était grand, brun et portait parfaitement le costume cravate.
Tout se fit ensuite au pas de charge et nul doute qu’ils ne retiendraient pas la plupart des noms des personnes qu’ils venaient de rencontrer… Enfin, ils posèrent leurs affaires dans un bureau effectivement plutôt grand et bien éclairé. Comme bien souvent, le dossier était purement technique et professionnel et ne comportait pas le b.a.-ba des lieux, c’est-à-dire une carte détaillée de la ville et des environs, des informations pratiques locales leur permettant de s’approprier rapidement leur nouvel environnement et ainsi de mieux se repérer.
Ils se rendirent chez le commandant pour l’avertir qu’ils se mettaient enquête des renseignements qu’il leur manquait. Il leur répondit :
— Le plus simple et le plus direct c’est l’office de tourisme, il est situé sur une place juste devant l’entrée de la ville intra-muros. Pour vous y rendre d’ici, vous remontez la rue du Calvaire pour rejoindre la chaussée du Sillon, ce qui vous permettra de longer la plage et de profiter du superbe cadre… Pour vous procurer une carte d’état-major de la région, vous trouverez une librairie intra-muros…
Ils suivirent ses conseils. La mer était basse et des milliers de troncs d’arbres s’alignaient sur deux ou trois rangées, plantés dans le sable à même la plage, au pied de la digue, servant de brise-lames pour la protéger de la force des vagues. Un décor à couper le souffle.
En suivant le Sillon, ils passèrent devant le casino, d’architecture très contemporaine, sur leur gauche, et aperçurent sur leur droite le Fort National fortifié, visitable à pied sec à marée basse, mais uniquement lorsque le drapeau était hissé sur le mât qui dominait le fort.
Juste après, ils apercevaient le Grand Bé où repose Chateaubriand dans la sépulture qu’il s’était choisie, puis, un peu plus loin encore, le fort du Petit Bé, tandis que les fortifications majestueuses de la ville s’imposaient à leur regard ; au premier plan, le donjon et, plus à gauche, la porte Saint-Vincent, entrée principale de la ville avec, au-dessus des arcades, les armoiries de Bretagne et de Saint-Malo.
Impossible de ne pas remarquer l’office de tourisme installé juste avant, dans un bâtiment moderne, en forme de vague, où le verre dominait et dont les poteaux en bois rappelaient ceux piqués dans le sable de la plage toute proche.
L’équipe leur réserva un accueil particulièrement sympathique et leur remit ce dont ils avaient besoin en leur indiquant, sur un plan de la ville intra-muros, où trouver une librairie.
En quittant l’office de tourisme, ils entrèrent dans la ville fortifiée où l’on se serait cru en plein été, les terrasses étaient bondées et les promeneurs nombreux et très cosmopolites.
Profitant des derniers moments d’une liberté relative, ils musardèrent encore un peu sur le chemin du retour, tournant le dos au fort et découvrant l’autre longueur de la plage jusqu’à la pointe de la Varde.
Moins d’une heure plus tard, ils avaient regagné leur bureau, les mains chargées de documents précieux pour prendre la bonne mesure de la ville qui les accueillait.
Le commandant les y rejoignit pour s’assurer qu’ils étaient bien installés et les invita à déjeuner, non loin de là, dans un restaurant à l’enseigne du prénom d’un roi, dont la salle avec vue panoramique surplombait la chaussée…
À table, les échanges furent très conviviaux et, rapidement, la conversation se porta sur leurs violons d’Ingres… Le commandant évoqua sa passion : la poésie et les poètes qu’il évoquait en écrivant des articles pour certaines revues, le tout dernier portant sur Charles Le Quintrec4.
Puis il eut à cœur de leur parler de Saint-Malo. Ils apprirent à cette occasion que la ville devait son nom au moine gallois Mac Low qui, vers le sixième siècle, devint évêque d’Alet, berceau de la ville actuelle, fondée au milieu du douzième siècle sur un îlot rocheux voisin. Un des grands personnages qui marqua la ville fut Jacques Cartier qui doubla la route de Terre-Neuve et découvrit le Canada…
Grâce à ses navigateurs et à ses marchands qui armaient pour les Indes, la Chine, l’Afrique et les Amériques, la prospérité de la cité était prodigieuse aux XVIIe et XVIIIe siècles. On estime que pendant les années 1705-1715, sans compter le montant des fraudes et des dissimulations, les navires malouins pourraient avoir importé le quart du numéraire qui existait en France ! Chateaubriand, Lamennais et surtout les corsaires Surcouf et Duguay-Trouin - ce dernier s’empara de Rio de Janeiro - conférèrent à la ville un prestige considérable.
Après le déjeuner, en regagnant leur bureau, ils annoncèrent à l’accueil qu’ils étaient prêts pour traiter les affaires courantes de l’hôtel de police et reçurent les premières personnes, confirmant ainsi leur réelle prise de fonction. Ils établirent leurs premiers procès-verbaux, tâche un peu routinière mais nécessaire, ne serait-ce que pour soulager les collègues.
2. Office Central de Lutte contre la Délinquance Itinérante.
3. Juridiction Interrégionale spécialisée.
4. Charles Le Quintrec, écrivain et poète français, né le 14 mars 1926 à Plescop (56) et décédé le 14 novembre 2008 à Lorient (56).
Chapitre 3
Mardi 23 septembre.
Ils arrivèrent tous les deux au commissariat en pleine forme et, comme de coutume, un peu en avance.
Les premiers contacts s’établissaient avec les collègues et ils apprécièrent de pouvoir faire connaissance auprès de la machine à café…
Les discussions étaient bien engagées lorsque la jeune femme gardien de la paix, installée dans un petit bureau vitré près de l’accueil, vint à eux en riant :
— J’ai du lourd pour vous à l’entrée ! Qui prend le bébé ? demanda-t-elle.
Tous se regardèrent, pensant à une blague. Puis elle leur précisa que c’était un marginal bien connu de leurs services qui demandait à voir quelqu’un pour une affaire grave… selon lui. Les collègues se mirent à rire à leur tour, lançant quelques boutades sur ce personnage et son petit groupe et tous les yeux se tournèrent vers Phil et François qui n’eurent vraiment pas le choix !
— Bon, ça va, on prend ! répondit François, ce sera notre bonne action d’arrivée ! Vous vous en souviendrez j’espère ?
Ils applaudirent le fair-play des deux nouveaux OPJ, appréciant l’élégance de leur geste.
Ils regagnèrent leur bureau et la jeune femme alla chercher le marginal pour l’accompagner et le faire entrer.
— Prenez place ! l’invita François tout en lui désignant un fauteuil de la main.
Difficile de donner l’âge de cet homme, marqué par sa condition et une mauvaise hygiène de vie ; les cheveux longs, hirsutes, une barbe mal entretenue et le teint basané de celui qui vit le plus souvent dehors par tous les temps, il portait une tenue paramilitaire, de grosses chaussures qui ressemblaient fort à des rangers, et un sac douteux en bandoulière sur une épaule. Une odeur de tabac et d’alcool le précéda, au moment où il s’assit. Machinalement, Phil ouvrit la fenêtre à l’espagnolette et s’installa à son ordinateur.
François lui demanda :
— Alors, qu’est-ce qui vous arrive ? Que pouvons-nous faire pour vous ?
— Pour moi rien, c’est pour Tony… On est inquiets, c’est pas normal…
— Qu’est-ce qui n’est pas normal ?
— Ben, Tony a disparu et c’est pas son genre. On est cinq potes, unis comme les doigts de la main, précisa-t-il en montrant sa main ouverte, d’une propreté douteuse avec des ongles assez longs et en deuil.
— Comment ça… disparu ?
— Ben, il est pas rentré dimanche de notre virée, le soir on s’est pas trop inquiétés, c’est déjà arrivé qu’il traîne, mais il revient toujours dans la nuit, sauf lorsqu’il décroche un petit boulot. On est allés le chercher toute la journée d’hier. On est repassés partout où on va habituellement et rien… Il est pas revenu cette nuit non plus, alors ce matin on s’est dit qu’il fallait aller le signaler, il a certainement eu quelque chose… Il nous est arrivé une fois d’avoir affaire à un petit groupe de jeunes extrémistes, y avait même eu la bagarre, et ça avait failli mal se terminer ; heureusement, des habitants du quartier ont prévenu la police et nos attaquants ont filé. Mais ces jours derniers, on a pas le souvenir d’avoir fait de mauvaises rencontres… Rien à faire, aucune trace de Tony et le pire c’est que personne l’a vu non plus parmi les personnes qu’on connaît et qu’on a interrogées.
L’homme paraissait visiblement peiné par cette situation. François lui proposa néanmoins d’attendre encore un peu, peut-être s’inquiétait-il pour rien… Tony allait revenir, devant son air soucieux et la crainte du pire qui le tenaillait visiblement, François reprit :
— Bien, nous allons noter son identité. Tony c’est son surnom, je suppose…
— Oui, il s’appelle Anthony Simon, je sais qu’il est né en mai 1970, mais c’est tout, ne me demandez pas d’où il est originaire. Je sais qu’il a vécu dans la région parisienne. Je pense qu’entre nous tous nous arriverons à reconstituer son état civil…
— C’est bien maigre comme informations. Bon, Phil, tu peux voir avec un collègue pour vérifier s’il est éventuellement à l’hôpital et qu’il appelle aussi les pompiers, on ne sait jamais…
— D’accord, je m’en occupe…
Ce dernier se leva, un papier à la main, et quitta le bureau.
— J’imagine que vous n’avez pas de photo non plus ? demanda alors François au marginal.
— Non, les photos, vous savez… moi j’ai mes papiers sur moi et puis c’est tout, lui ça doit être pareil et on a rien d’autre… expliqua-t-il d’une voix rauque, entre deux de quintes de toux.
— Je comprends, vous habitez tous au même endroit ?
— Oui.
— Le mieux c’est de s’y rendre et de réunir l’équipe.
— Ce serait bien, oui. Merci…
Véritablement accablé, il paraissait soulagé d’avoir été entendu et surtout que sa demande soit prise en compte.
Phil revenait et regagna sa place.
— Puisque vous avez vos papiers sur vous, nous allons déjà enregistrer votre déposition, ce sera au moins une chose de faite.
Il s’appelait Thierry Bouvet et avait cinquante-six ans. Il se détendit progressivement, l’air soudain sérieux et grave. Il leur apprit qu’il avait travaillé pendant une trentaine d’années dans divers boulots de manutention. À chaque fois que l’entreprise qui l’employait fermait ou se faisait racheter en modernisant ses installations, il se retrouvait au chômage, contraint de chercher un autre job et il réussissait toujours à repartir… Jusqu’au jour où il n’avait plus trouvé de boulot du tout, longue période sans activité, fin de droits, un peu trop d’alcool… et c’est ainsi qu’avait commencé sa dérive… Son épouse l’avait laissé tomber et s’ensuivit la grande et très rapide descente… pour finalement échouer dans la rue, impossible de se raccrocher et de remonter dans le train… Triste parcours, hélas trop classique chez des individus comme lui, sans qualification, parfois mal ou pas du tout accompagnés.
— C’est là qu’il y a quatre ou cinq ans, j’ai rejoint mes copains de galère, on est en réalité cinq hommes et deux femmes… Là-bas on m’appelle le doyen, je suis en effet le plus âgé, ajouta-t-il en baissant le ton et la tête.
Ils restèrent quelques instants silencieux. En l’observant, François se dit que le nombre de marginaux augmentait malheureusement, avec des profils qui n’étaient plus du tout les mêmes au fil des années… davantage de jeunes et de femmes… La misère se cachait de moins en moins, sans doute grâce aux associations, comme la banque alimentaire ou autres, mais, jusqu’à quand cela serait-il possible ? Car le monde associatif commençait à son tour à souffrir d’un manque d’aide financière et d’une diminution régulière des bénévoles…
Les formalités accomplies et enregistrées par Phil, François l’invita à les attendre dehors, devant l’hôtel de police, tandis qu’ils prévenaient le commissaire et prenaient leur voiture.
— Où habitez-vous ?
— À Saint-Servan, c’est pas très loin, je vais vous indiquer.
Cette situation leur fit un peu penser à leur précédente affaire à Auray5, avec les marginaux de la gare, mais ici, le contexte semblait encore différent.
