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Après Attaques sur la capitale, découvrez la nouvelle intrigue riche en rebondissements de Firmin Le Bourhis !
À la suite de l’attentat du Stade de France s’est créée l’USI, Unité Spéciale Internationale, composée de membres d’élite et dirigée par Jean-Hervé de la Buissonnière, qui a perdu son épouse et leurs deux filles dans le drame. Jean-Hervé est sollicité par la veuve d’un ami de Limoges, chercheur reconnu, dont le corps vient d’être découvert au pied du Sphinx de Gizeh près du Caire. Suicide, accident, assassinat ?
Cette affaire semble concerner un imbroglio international très complexe, mêlant groupes mafieux et extrémistes camouflés derrière des activités médicales liées au clonage humain…
De Paris à Londres, de Naples au Caire et à la Syrie, l’équipe de l’USI va les traquer sans relâche. Mais les puissants commanditaires - dont les liens avec les milieux financiers sont très étroits - restent protégés par une solide organisation qui semble inébranlable… L’USI parviendra-t-elle à la neutraliser et à faire tomber les responsables ? Jean-Hervé réussira-t-il à retrouver goût à la vie au contact de la charmante Marie-Béatrice ?
Cette série, à la fois émouvante et inquiétante, vous plongera au cœur de la lutte anti-criminalité financière, qui va devoir s’adapter aux nouvelles menaces pesant sur les pays occidentaux.
EXTRAIT
Il ne connaissait pas l’Égypte et rien que l’idée de s’y rendre présentait un intérêt indéniable à ses yeux. Il avait le sentiment que tout ce qui fourmillait autour de cette future enquête ne pouvait être totalement étranger à l’affaire qu’il appelait désormais « le but unique de sa vie » : retrouver un jour ou l’autre les hommes qui avaient manipulé de jeunes kamikazes dans un attentat aveugle sur la France, leur faisant sans doute imaginer qu’ils étaient l’instrument de Dieu, jouant avec leur vie pour assouvir leurs propres intérêts…
Ce drame était inscrit dans sa vie et dans son sang et il n’y avait pas un seul jour où il ne pensait à sa famille, entièrement détruite par cet attentat sur la capitale, véritable choc national et international rappelant les attentats de New York en 2001, ou plus tard ceux de Madrid, Londres ou Marrakech.
CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
Ce second opus de la série “Menaces” tient toutes ses promesses sur une base narrative très documentée qui met en évidence des réseaux qui sont rarement évoqués dans les polars français. - Archibald Ploom, Culture Chronique
À PROPOS DE L'AUTEUR
Né à Kernével en 1950 , Firmin Le Bourhis vit et écrit à Concarneau en Bretagne. Après une carrière de cadre supérieur de banque, ce passionné de lecture et d’écriture s’est fait connaître en 2000 par un premier ouvrage intitulé Quel jour sommes-nous ?, suivi d’un second, Rendez-vous à Pristina, publié dans le cadre d’une action humanitaire au profit des réfugiés du Kosovo.
Connu et reconnu bien au-delà des frontières bretonnes, Firmin Le Bourhis est aujourd’hui l’un des auteurs de romans policiers bretons les plus appréciés, avec vingt-huit enquêtes déjà publiées. Il est également l’auteur d’essais sur des thèmes médicaux et humanitaires.
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Seitenzahl: 285
Veröffentlichungsjahr: 2016
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FIRMIN LE BOURHIS
Menaces
2. Tel le Phénix
Z.I de Kernevez
11B rue Röntgen
29000 Quimper
DU MÊME AUTEUR
Auxéditions Chiron
- Quel jour sommes-nous ? La maladie d’Alzheimer jour après jour
- Rendez-vous à Pristina - récit de l’intervention humanitaire
Auxéditions du Palémon
n° 1 - La Neige venait de l’Ouest
n° 2 - Les disparues de Quimperlé
n° 3 - La Belle Scaëroise
n° 4 - Étape à Plouay
n° 5 - Lanterne rouge à Châteauneuf-du-Faou
n° 6 - Coup de tabac à Morlaix
n° 7 - Échec et tag à Clohars-Carnoët
n° 8 - Peinture brûlante à Pontivy
n° 9 - En rade à Brest
n° 10 - Drôle de chantier à Saint-Nazaire
n° 11 - Poitiers, l’affaire du Parc
n° 12 - Embrouilles briochines
n° 13 - La demoiselle du Guilvinec
n° 14 - Jeu de quilles en pays guérandais
n° 15 - Concarneau, affaire classée
n° 16 - Faute de carre à Vannes
n° 17 - Gros gnons à Roscoff
n° 18 - Maldonne à Redon
n° 19 - Saint ou Démon à Saint-Brévin-les-Pins
n° 20 - Rennes au galop
n° 21 - Ça se Corse à Lorient
n° 22 - Hors circuit à Châteaulin
n° 23 - Sans Broderie ni Dentelle
n° 24 - Faites vos jeux
n° 25 - Enfumages
n° 26 - Corsaires de l’Est
n° 27 - Zones blanches
n° 28 - Ils sont inattaquables
n° 29 - Dernier Vol Sarlat-Dinan
n° 30 - Hangar 21
n° 31 - L'inconnue de l'archipel
n° 32 - Le retour du Chouan
n° 33 - Le gréement de Camaret
Menaces - Tome 1 - Attaques sur la capitale
Menaces - Tome 2 - Tel le Phénix
Menaces - Tome 3 - Pas de paradis pour les lanceurs d'alerte
CE LIVRE EST UN ROMAN.
Toute ressemblance avec des personnes, des noms propres,
des lieux privés, des noms de firmes, des situations existant
ou ayant existé, ne saurait être que le fait du hasard.
Aux termes du Code de la propriété intellectuelle, toute reproduction ou représentation, intégrale ou partielle de la présente publication, faite par quelque procédé que ce soit (reprographie, microfilmage, scannérisation, numérisation…) sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335 2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’autorisation d’effectuer des reproductions par reprographie doit être obtenue auprès du Centre Français d’Exploitation du droit de Copie (CFC) - 20, rue des Grands Augustins - 75 006 PARIS - Tél. 01 44 07 47 70/Fax : 01 46 34 67 19 - © 2016 - Éditions du Palémon.
Préambule
Cette enquête est le deuxième volet de la série intitulée Menaces dont le premier volet est Attaques sur la capitale. Nous y retrouverons les personnages désormais récurrents.
Jean-Hervé de la Buissonnière est le patron de l’Unité Spéciale Internationale1, organisation informelle créée après les attentats de Paris, Copenhague, Tunis… Elle est capable d’agir dans le monde entier avec l’aval des gouvernements de chaque pays concerné, aussi bien contre le terrorisme que contre toutes les mouvances mafieuses ou fondamentalistes religieuses qui peuvent se placer bien souvent en amont ou en aval des organisations terroristes. La famille de Jean-Hervé a été décimée par l’attentat évoqué dans le premier volet de cette série. À l’instar de Simon Wiesenthal décédé en septembre 2005 après avoir traqué toute sa vie des criminels nazis, Jean-Hervé de la Buissonnière va consacrer aussi le reste de son existence à cette lutte sans merci contre toutes les formes de terrorisme.
Franck Waltersen est l’adjoint de Jean-Hervé de la Buissonnière. Il est l’interlocuteur du patron de la DCPJ2 et du directeur de la DGSI3, de la DGSE4, de la SDAT5 et de toutes les instances policières. Alsacien d’origine, atteint d’une maladie auto-immune, qui ne se montre pas trop invalidante pour l’instant et qu’il cachera, il est totalement dévoué à Jean-Hervé de la Buissonnière qu’il admire profondément. Divorcé, il est resté très proche de sa fille Amélie qui compte pour lui autant que la prunelle de ses yeux.
Frédéric Arthon va entrer en jeu. Toute sa biographie et son passé hors norme sont développés dans l’enquête intitulée Saint ou démon à Saint-Brévin-les-Pins du même auteur publiée également aux éditions du Palémon. Dans cette intrigue, il avait montré ses brillantes qualités alliant la rigueur militaire et un fort sens des négociations commerciales. Il va se donner corps et âme à sa mission et suivre Jean-Hervé de la Buissonnière qui l’a sorti d’un mauvais pas et d’une impasse… Divorcé, il vit avec sa compagne Fabienne Chauvé dont il a un fils.
Le juge Gérard de Kerbonnec de Silijou, issu d’une grande famille de l’ancienne noblesse bretonne, vit à Paris où il conseille les gouvernements successifs. Il est la conscience juridique de l’USI, cette unité très spéciale, et travaille en étroite collaboration avec le TGI6 de Paris, la DCPJ, la DGSI et les différentes instances internationales comme Eurojust à La Haye, ainsi qu’avec le directeur du Centre Européen de Sécurité et de Renseignements Stratégiques.
Pénélope Botz, patronne des services de la sécurité intérieure et du contre-espionnage à Londres7, siège à Thames House. Elle entretient de très bonnes relations avec Franck Waltersen et travaille en étroite collaboration avec lui sur des dossiers communs.
Charles Jones et Georges Brown, deux amis, outre leurs fonctions officielles, collaborent avec Pénélope Botz dans le milieu secret de la lutte contre les nouvelles formes de terrorisme, qui les touche tout particulièrement puisque Charles Jones a perdu sa fille suite à l’attentat du Stade de France8… Bien introduits dans le monde de la finance de la City londonienne, ils offrent une aide précieuse. Ils vivent dans le centre ouest de Londres à Mayfair, une zone résidentielle et cossue de la capitale britannique. À l’instar de Tony Blair, ils aiment la France comme lieu de destination de leurs vacances.
D’autres interlocuteurs étrangers apparaîtront selon les besoins des enquêtes en cours en Italie, Allemagne, Belgique, Espagne ou dans de nombreux pays du monde, comme en Égypte cette fois…
Note : Le Phénix ou Phoenix est un oiseau légendaire grec qui a le pouvoir de renaître après s’être consumé sous l’effet de sa propre chaleur. Il symbolise aussi le cycle de mort et de résurrection.
1. USI.
2. Direction Centrale de la Police Judiciaire.
3. Direction Générale de la Sécurité Intérieure.
4. Direction Générale des Services Extérieurs.
5. Sous Direction Antiterroriste.
6. Tribunal de Grande Instance.
7. MI5.
8. VoirMenaces, tome I, Attaques sur la capitale, même auteur, même collection.
J’ai vu la science, que j’avais adorée, détruire la civilisation. Je comprends maintenant que la vérité spirituelle est plus nécessaire aux nations que le mortier qui soutient les murs de leurs cités.
Charles Lindbergh
Toute création est, à l’origine, la lutte d’une forme en puissance contre une forme inusitée.
La Voix du silence.
André Malraux
Chapitre 1
Découverte en Égypte.
Le corps sans vie gisait là, au pied du plus grand Sphinx égyptien, ce lion à tête humaine, symbole de la force souveraine et témoin de la civilisation égyptienne antique. Depuis des milliers d’années, il gardait les pyramides de Gizeh, situé face à la vieille ville du Caire dont la périphérie tendait à se rapprocher de plus en plus au fil des années à cause de son urbanisation galopante.
Les taches de sang projetées sur les pierres claires brunissaient aux premiers rayons du soleil. Au niveau de la tête, une petite flaque rouge, plus épaisse, changeait elle aussi de couleur sur le sable blond tandis qu’un léger filet de sang s’échappait de la bouche.
En prenant son service, le gardien des lieux venait de découvrir ce triste spectacle. Choqué, il avait aussitôt alerté sa direction, laquelle avait appelé la police.
Les policiers arrivèrent sur place très rapidement. Après s’être assurés que rien n’avait été touché, ils considérèrent que la mort devait remonter à quelques heures.
L’un des officiers de police remarqua surtout qu’il s’agissait d’un individu de type européen et alerta son supérieur qui missionna aussitôt une équipe de spécialistes de la scientifique. Puis il délimita un périmètre de sécurité, installa des bâches blanches pour masquer la scène et bloqua tout accès à cette zone car les premiers cars de visiteurs déversaient leurs flots de passagers sur le parking.
L’équipe ne tarda pas à se présenter et se mit aussitôt au travail. L’un photographiait l’ensemble des lieux, l’autre examinait le corps, un autre encore tentait de relever le moindre indice…
Des questions se posèrent immédiatement. Mise en scène ou suicide ?
Sur le sol, une arme de poing côtoyait une bible et un coran, interpellant les policiers qui n’ignoraient rien de la rivalité ancestrale et plus vive encore depuis ces dernières années entre Coptes, Chrétiens et Musulmans dans le pays. Cette arme était-elle à l’origine du décès ? La balistique apporterait les réponses. Avait-elle été utilisée par la victime ? Par un autre individu ? À proximité du corps, un étui noir, qui au vu de sa forme et de sa taille avait dû contenir un violon, était ouvert et vide. L’homme tentait-il de fuir des agresseurs ? Les premières traces de pas montraient qu’il avait franchi le grillage qui entourait le site pour venir mourir à quelques mètres de celui-ci. Avait-il été rattrapé et exécuté par des poursuivants ? Pourquoi était-il venu à cet endroit, voulait-il attendre les visiteurs du jour pour se fondre dans un groupe et disparaître ?
Les spécialistes travaillaient très méticuleusement, notant et s’attardant sur le moindre détail, récoltant sous scellés chaque indice. Une fois les photos du corps prises, un premier examen sommaire fut effectué avec précaution, ils fouillèrent les vêtements. Une carte d’identité nationale française, datant de plus de dix ans, leur révéla que l’homme s’appelait Joseph Durand. Cinquante-huit ans, né dans le sud de la France, professeur en médecine. L’unique adresse portée sur le document indiquait qu’il était de Limoges. Mais comment ce médecin Français s’était-il retrouvé à cet endroit pour disparaître de façon aussi sordide ?
Mesurant le caractère délicat de cette affaire, l’officier de police responsable de l’équipe appela aussitôt son patron au Caire pour lui faire part des premiers éléments de la découverte. Après quelques échanges, il demanda aussitôt à ses hommes d’être extrêmement attentifs, de redoubler de prudence dans le relevé de chaque élément et de multiplier les photos car nul doute que le moment venu, il aurait à rendre des comptes d’une façon très précise aux instances judiciaires égyptiennes au Caire, mais aussi à l’ambassade de France et aux autorités françaises. Chacun savait dès lors que le moindre oubli pouvait leur être très préjudiciable.
Aucune affaire n’était simple à gérer en Égypte à ce moment-là mais, le corps étant celui d’un ressortissant français, les complications étaient à craindre.
Il nota sur une fiche personnelle : Joseph Durand, un mètre quatre-vingt, peau mate, brun, tempes grisonnantes avec une nette calvitie dégageant le front, portant des vêtements de marques françaises, datant de plusieurs années. Ses mains étaient soignées et fines…
La main droite se situait proche de l’arme. L’avait-elle tenue ? Avait-elle été aidée par une main étrangère ? Il appartiendrait aux spécialistes de le vérifier.
Une fois le travail du légiste terminé, le corps fut enlevé et dirigé vers le service du médecin légiste du Caire.
Au fil des heures, les rayons du soleil accentuèrent rapidement la chaleur tandis que non loin d’eux les visiteurs, moins nombreux qu’avant les événements du printemps arabe, défilaient en direction des différents centres d’intérêt du site.
Au loin, la capitale paraissait enveloppée d’un voile pâle duquel émergeaient les minarets et quelques grands immeubles, dans l’air vicié de la ville. Au Caire, la pollution rendait souvent l’atmosphère suffocante. Les rumeurs de la ville ne parvenaient pas jusqu’à eux. Tout à côté, les trois principales pyramides classées parmi les sept merveilles du monde, Khéops, Khéphren et Mykérinos, connues et admirées dans le monde entier, recevaient elles aussi leurs flots de touristes, au rythme des vagues déversées essentiellement par les cars, les voitures particulières s’étant faites plus rares dans les environs.
L’officier de police n’était pas sensible au spectacle, ses préoccupations étaient ailleurs. Il cherchait les caméras installées sur tout le site qui servaient à surveiller certains vandales n’hésitant pas à inscrire leur passage dans la pierre de mastaba et autres vestiges encore visibles. Avec une partie de son équipe, il se dirigea vers le centre névralgique de la sécurité du lieu pour se procurer les enregistrements.
Sans doute ignorait-il que c’était du pied de ces pyramides que Bonaparte, lors de la campagne d’Égypte, le 21 juillet 1798, à la veille d’une bataille décisive, aurait prononcé le célèbre « Soldats, songez que du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent ». Le Sphinx demeurait la sculpture monumentale monolithe la plus grande du monde. Pourtant sa signification restait encore une énigme pour de nombreux égyptologues, car plusieurs théories entouraient sa construction, entraînant une belle querelle d’experts…
Aujourd’hui Gizeh était devenue un chef-lieu de province et faisait désormais partie de la grande métropole cairote.
Chapitre 2
Limoges, quelques semaines plus tard.
Une femme et un homme parlaient dans le vaste salon feutré d’une luxueuse maison bourgeoise des années trente, située dans un quartier résidentiel de la ville de Limoges. Cette femme, Marie-Béatrice Durand, expliquait avec force conviction les raisons de son appel faisant suite aux multiples questions qu’elle se posait.
Confortablement installée dans un fauteuil en cuir blanc, cette femme était belle, la quarantaine épanouie, blonde, cheveux mi-longs, souples, les yeux bleus, un visage plutôt rond, une peau couleur pêche. Elle découvrait des dents éclatantes de blancheur lors de ses sourires francs et très agréables, malgré les événements qui venaient de l’affecter.
Elle se leva pour demander à son employée de maison de servir le café. Avec son mètre soixante-dix et son allure plutôt sportive et décidée, il se dégageait d’elle un certain tonus, un sens de l’action. Ses mains longues et fines mais froides au contact avaient un peu surpris Jean-Hervé de la Buissonnière, responsable en chef de l’USI, mise en place après les attentats sanglants qui avaient frappé la France et les multiples prises d’otages en Afrique dont certaines s’étaient terminées par une décapitation qui avait horrifié le monde occidental tout entier.
En réalité, Jean-Hervé de la Buissonnière était ce jour-là présent à double titre. Bien entendu pour l’engagement qu’il avait pris de jouer un rôle prépondérant dans cette cellule mais aussi à titre personnel car pendant de longues années, il avait été très proche de l’époux de cette femme qui se tenait en face de lui. À plusieurs reprises, il avait été son banquier d’affaires, finançant une partie de la clinique dans laquelle son ami Joseph Durand était actionnaire, puis plus tard lorsqu’il avait trouvé et financé les repreneurs de ses parts.
Ses compétences de banquier d’affaires et sa volonté de s’investir dans certains milieux sur le plan international faisaient de lui l’interlocuteur privilégié auquel Marie-Béatrice Durand avait immédiatement pensé, sans compter qu’il lui avait également été recommandé par un ami de la famille.
Épouse légitime de Joseph Durand, découvert mort à Gizeh près du Caire, au pied du Sphinx.
Songeuse, elle buvait par petites gorgées le café qui venait d’être servi. Les présentations terminées, ils rentrèrent dans le vif du sujet.
Jean-Hervé de la Buissonnière lui demanda d’abord l’autorisation d’enregistrer toute la conversation et de prendre parallèlement des notes, ce qu’elle accepta sans hésiter.
— Je vais peut-être vous surprendre, mais je souhaiterais que vous me racontiez votre vie dans les grandes lignes, avant de parler des événements récents concernant la découverte de votre époux. Est-ce que cela vous gêne ?
— Non, non, pas du tout, répondit-elle en le fixant d’un regard perplexe. Voulez-vous depuis le début… Je veux dire, depuis ma naissance ?
— Heu, non… Disons à partir de votre rencontre avec Joseph, donc avant de vous marier, est-ce possible ?
— D’accord…
Elle rassembla ses idées pour tenter d’ordonner ce qu’elle allait lui dire car son état d’esprit du moment était très embrouillé. Après réflexion, elle se lança :
— Un peu avant mes vingt ans, passionnée de sport, je rêvais de devenir professeur d’éducation physique. Mes parents, fortunés sur la place, n’imaginaient rien d’autre que des études de médecine. Limoges est bien dotée en fac de médecine, de même qu’en hôpital et cliniques. J’étais fille unique, ils promettaient même, pour m’installer, de me prendre quelques participations dans l’une des grandes cliniques réputées de la ville, dès que mes études seraient terminées et qu’une opportunité se présenterait.
— Votre famille gravitait-elle dans le monde médical ?
— Non. Pas du tout ! Notre fortune provenait de l’industrie porcelainière du début du siècle précédent.
— Mais pour quelle raison vouloir à tout prix vous orienter de la sorte ?
— L’image, le prestige, que sais-je ? Et l’industrie porcelainière, avec la concurrence internationale notamment chinoise, de nos jours…
— Très bien, continuez.
— Alors, par crainte de déplaire à mes parents très autoritaires, mon Bac en poche, j’entrais en Fac de médecine, mais à contrecœur. Après deux années d’études brillantes, tout en ne négligeant pas un sport intensif de haut niveau, j’effectuais un stage obligatoire dans une clinique fort réputée pour son département maternité. Je rencontrais pour la première fois celui qui était encore pour moi le professeur Joseph Durand, qui était aussi votre ami.
— Quel était son rôle vis-à-vis de vous ?
— Il avait été désigné pour être mon maître de stage. Célibataire, la quarantaine, travailleur acharné, il offrait le charme indéfinissable que donne l’union des tempes grises et d’un visage toujours jeune. Il ne s’intéressait nullement à moi et ne cherchait pas du tout à me courtiser, contrairement à certains de ses confrères qui ne se gênaient pas. Il savait par contre si bien parler… Il m’expliquait d’une façon simple et pourtant extraordinaire les mystères de la vie, me parlait de ses recherches sur l’insémination artificielle, de la fécondation in vitro et de tout ce qu’il voulait développer mais qui restait interdit en France, notamment en matière de recherches sur les cellules-souches embryonnaires… Bref, je tombai immédiatement amoureuse de lui.
Un silence suivit. Une expression heureuse passa sur son visage, donnant un charme supplémentaire à ce visage angélique. Jean-Hervé comprit à ce moment qu’elle éprouvait un véritable sentiment de bonheur à l’évocation de ce passé. Il ne laissa rien paraître. Il se dit simplement que son ami avait eu de la chance d’être aimé par une aussi jolie femme.
— Il faut dire qu’aucun homme ne m’avait attirée jusque-là. J’étais trop prise par le sport et mes études. Couvée dans un cocon familial, je dois reconnaître que je ne connaissais pas grand-chose à la vie… Je me souviens avoir fait le premier pas. J’avais ressenti à plusieurs occasions qu’il n’était pas indifférent à ma présence. Pendant ses pauses, je lui proposais de prendre un café ou de lui rapporter quelque chose à grignoter s’il ne voulait pas quitter son bureau, simplement pour être avec lui et lui parler en tête-à-tête. Il s’arrangeait toujours pour décliner l’offre poliment en prétextant à chaque fois une bonne raison. Je me souviens, cela me faisait bouillir intérieurement.
Jean-Hervé cessa de prendre des notes quelques instants. Il écoutait Marie-Béatrice Durand s’exprimer, pour ne pas rompre le charme qui l’envahissait. Il était important qu’elle se laissât aller mais il restait pour autant attentif au moindre détail.
— Mon stage se terminait. J’allais bientôt rejoindre la Fac. Il ne s’était toujours rien passé entre nous. Je devais discuter avec lui de mon rapport de stage. Je venais de plus en plus souvent le voir, pour un oui ou pour un non. Nous avons parlé du travail réalisé. Un peu avant que je parte, je l’ai senti troublé, tout autant que moi d’ailleurs. Et tandis qu’il s’apprêtait à m’ouvrir la porte, je n’ai pas résisté à l’envie de l’embrasser. Il n’offrit aucune résistance, bien au contraire. Paniquée, je quittai précipitamment son bureau mais les deux derniers jours de mon stage confirmèrent cette volonté réciproque de nous revoir. Dès lors, nous nous sommes retrouvés aussi souvent que possible. Puis je suis tombée enceinte. C’était il y a vingt ans, j’avais vingt-deux ans.
— Vos parents connaissaient-ils cette relation ?
— Pas au début. Mais mon ventre a fini par me trahir et je leur ai dit.
— Comment ont-ils réagi à l’annonce de cette information ?
— Bien. Très bien même ! Médecin ou pas, j’allais entrer dans le monde qu’ils avaient tant souhaité pour moi. Il fut décidé, d’un commun accord avec mes parents et Joseph, de suspendre définitivement mes études. La naissance approchant, ils organisèrent un mariage en grande pompe, suivi de notre installation dans cette maison. Mes parents aveuglés firent un achat en communauté malgré le contrat de séparation de biens qui nous unissait. Une donation au dernier vivant fut établie simultanément. Joseph restait propriétaire d’une grande partie des parts de la clinique et surtout de la maternité dans laquelle il exerçait.
Les yeux emplis de nostalgie, parfois troublés par quelques larmes, Marie-Béatrice Durand évoqua les quelques belles années vécues auprès de son époux, la naissance d’un fils superbe, Antoine, la reprise du sport, son quotidien sans nuages. Mais après quelques années, Joseph accentua le rythme de son travail et devint quasiment invisible à la maison. Doutant de sa sincérité, elle décida de le faire suivre par un détective privé mais celui-ci ne fit que lui confirmer qu’il se consacrait exclusivement à son travail et notamment à des recherches qu’il réalisait dans un laboratoire qu’il s’était fait aménager dans la clinique.
— En plus de son travail, il assistait à de nombreux colloques à travers le monde. Il y rencontra un chercheur et un professeur spécialisés dans la procréation assistée. Tous deux travaillaient dans une maternité très réputée de Nice ainsi que dans un laboratoire de recherche à Naples. Joseph décida de devenir leur associé. Je ne le voyais presque plus, car il se rendait souvent là-bas.
— À Nice et à Naples ?
— Oui. À Naples, tous trois travaillaient au LBR, Laboratoire de Biologie de la Reproduction, je vous le dis en français car la dénomination réelle est anglaise. C’est un laboratoire où il est possible de choisir le sexe du bébé, la couleur des yeux ou même d’enfanter après la ménopause. Le responsable de ce labo est un homme très charismatique. Vous l’avez certainement vu car il est très présent dans les médias du monde entier.
— Effectivement. Y avait-il un lien entre lui, votre époux et son associé de Nice ?
— Je pense que oui car ils se rencontraient pour échanger sur leurs travaux mais je n’en sais pas plus.
— À quelle époque était-ce ?
— Un peu avant la fin des années quatre-vingt-dix. Quelques années plus tard, mon mari décida brutalement de vendre ses parts de Limoges et de Nice. Marié sous le régime de la séparation de biens, il disposait librement de ce qui lui appartenait.
— Vous avait-il consultée avant de prendre cette décision ?
— Non, pas du tout ! Malgré mes nombreuses questions, il se bornait à me répondre que ses recherches progressaient et qu’ils allaient devenir des scientifiques incontournables dans le monde ! Il ne savait pas encore précisément où il allait s’installer mais il quittait la France.
— Vous a-t-il demandé de le suivre ?
— Non, jamais. Il savait de toute façon que je ne voulais pas aller vivre à l’étranger.
— Et votre fils ?
— Il ne s’en occupait jamais, comme s’il n’existait pas pour lui.
— Vous a-t-il proposé une séparation ?
— Non. Il ne voulait aucunement divorcer. Il me disait sans cesse que j’étais le plus beau cadeau de sa vie. Il faut dire qu’il n’a pas eu de chance. Ses parents sont décédés très tôt, juste avant la fin de ses études. Sa sœur, dernier lien familial, s’est tuée peu de temps après dans un accident de voiture. Il vivait seul, sans famille ni amis et s’était réfugié dans le travail, auquel s’ajoutait un acharnement passionnel pour la recherche. Ses yeux se brouillèrent. Elle contrôlait mal ses émotions, prit son mouchoir, s’essuya les yeux et reprit sa respiration en tentant de se maîtriser.
— Ses dernières confidences me faisaient penser à des adieux. Je percevais ses propos comme des engagements testamentaires. J’étais très troublée mais il m’avait rassurée de moult sourires.
— À quoi vous faisait-il penser à ce moment-là ?
— À quelqu’un qui va disparaître.
— Disparaître ?
— Oui… Je ne parle pas de suicide, il tenait trop à la vie et surtout à ses recherches, non… Mais c’était comme s’il partait pour longtemps, pour une retraite confessionnelle, vous voyez ce que je veux dire ?
— Oui… Qu’a-t-il décidé ?
— D’abord de vendre ses parts, ce qui fut fait rapidement grâce notamment à l’intervention de votre banque d’affaires ; vous y avez contribué largement et sans doute vous doit-il beaucoup…
— Je n’ai fait que mon métier à cette époque. Il avait souhaité que je m’occupe personnellement et au mieux de ses actions et des parts qu’il possédait dans plusieurs cliniques et laboratoires, et c’est ce que j’ai fait. Ce monde est très fermé et ne peut être qu’affaire de spécialistes, mais autant que je m’en souvienne, il ne s’était guère montré bavard quant aux décisions qu’il avait prises. Avant de venir, j’ai ressorti son dossier et il disposait à ce moment-là d’un peu plus de cent millions de francs soit aujourd’hui quinze millions cinq cent mille euros…
— Oui, c’est ce qu’il m’avait dit. Il avait viré l’équivalent de trois cent mille euros sur mon compte personnel, afin que je ne manque de rien, disait-il… Il ne comprenait pas que ce n’était pas l’argent que je voulais, mais son amour et sa présence pour élever ensemble notre petit garçon, Antoine.
Elle s’interrompit encore quelques instants pour contrôler ses émotions.
— Il a également versé un million cinq cent mille euros sur un compte séquestre ouvert au nom de notre fils et bloqué jusqu’à sa majorité…
Pensive, elle garda longuement le silence. Jean-Hervé l’observait, troublé, puis elle s’éclaircit la gorge et reprit la parole :
— Un soir, ce que je redoutais tant se produisit : il m’annonça qu’il s’en allait. Il ne me laissa pas d’adresse et me demanda de ne pas m’inquiéter et de ne pas chercher à avoir de ses nouvelles. Il me répéta qu’il m’aimait, qu’il m’aimerait toujours et qu’un jour, il reviendrait. Après son départ, j’ai su qu’il avait transféré ses avoirs en Suisse. Après avoir payé tout ce qu’il devait au fisc, il devait lui rester sept à huit millions d’euros au moins, peut-être un peu plus.
— Oui, c’est à peu près cela… Qu’avez-vous fait alors ?
— Que vouliez-vous que je fasse… Rien ! De tout ce qu’il m’avait dit, je retenais juste qu’il reviendrait. Après quelques mois d’errements, j’ai intensifié mes activités sportives et j’ai décidé de préparer le CREPS. Diplôme en poche, je suis actuellement professeur de sport à temps partiel, ce qui répond à mes attentes. Je donne également des cours dans un club huppé de la ville.
— Avez-vous eu des nouvelles de votre époux ensuite ?
— Non…
Elle se montra confuse et hésita quelques instants avant de poursuivre :
— J’ai su qu’il habitait au Caire et qu’il exerçait dans une maternité de réputation mondiale, spécialisée dans la procréation assistée pour une clientèle très haut de gamme. Cet établissement fait aussi de la transplantation d’organes et développe la recherche dans le domaine des cellules-souches embryonnaires. C’est tout…
— Ce qui n’est pas rien, poursuivit Jean-Hervé, car la recherche sur les cellules-souches embryonnaires était interdite en France jusqu’au dernier projet de loi du 10 juillet 2013, donc très récemment. Il pouvait donc développer ses recherches tranquillement et en toute légalité.
— Je me suis toujours demandé à quoi étaient destinées ses recherches…
— On peut penser que l’idée était de constituer un réservoir de cellules pouvant réparer les organes endommagés ou malades, afin d’éviter une greffe d’organe.
Ils demeurèrent immobiles et silencieux, plongés dans leurs pensées respectives.
— Qu’attendez-vous de moi ? demanda enfin Jean-Hervé.
— Tout d’abord, de comprendre ce qu’il s’est passé. Ensuite, de reconstituer aussi fidèlement que possible le parcours de mon époux depuis qu’il a quitté Limoges. Enfin de me faire un point sur ses activités récentes et sa situation financière. L’Égypte est en proie à de fortes turbulences depuis le printemps arabe et je ne vois que vous, avec votre implication dans cette cellule de recherches internationales, pour obtenir ce que j’aimerais savoir. Que faisait-il ? Pourquoi l’Égypte alors qu’il m’avait surtout parlé de Naples dans un premier temps ? Pourquoi cette mort, dans ces conditions et à cet endroit particulier ? Enfin, vous imaginez les milliers de questions que je peux me poser…
— Disposez-vous de quelques informations sur son activité au Caire ?
— Je ne dispose que des informations que la police a bien voulu me confier, sachant que l’officier que j’ai rencontré m’a fait part d’une enquête en cours dans le cadre de disparitions inquiétantes.
— Sur quel plan ?
— Il semblerait qu’il existe des affaires troubles autour de cet établissement hospitalier à la fois maternité hors norme, centre de chirurgie et de transplantation d’organes et surtout de recherches génétiques…
— Instinctivement, pencheriez-vous pour la thèse du meurtre ou celle du suicide ?
— Sans la moindre hésitation, du meurtre !
— Pourquoi ?
— Mon époux donnait la vie, pas la mort, et c’était contraire à ses convictions. Je vous ai confié tout à l’heure qu’il tenait à la vie et qu’il croyait à toutes les recherches qu’il menait.
— Les polices française et égyptienne ont-elles une idée sur l’identité du meurtrier si cette hypothèse devait être retenue ?
— Aucune.
— Concernant les affaires troubles que vous venez d’évoquer autour de la maternité, vous ont-ils laissé entrevoir une hypothèse ?
— Non. Je ne sais vraiment rien, si ce n’est qu’il y aurait des intérêts supérieurs autour de ces cliniques et des recherches réalisées, des projets quasi-secrets…
— Connaissez-vous les raisons de son installation en Égypte ?
— Non, je les ignore totalement.
Elle donna l’impression de réfléchir, haussa les épaules, puis suggéra en riant :
— Il m’avait dit une fois qu’il n’était plus à la recherche de la pierre philosophale, car il l’avait trouvée ! Je me souviens avoir été troublée par cette réflexion.
— Lui aviez-vous demandé de préciser ?
— Non, j’ai bien regretté par la suite de ne pas l’avoir fait, mais j’étais tellement perturbée par son comportement et son départ, je pensais surtout à notre fils… Ce que j’attends de vous est sans doute très compliqué à l’heure actuelle mais je veux tout savoir sur sa situation professionnelle, personnelle, ses contacts, ses déplacements. Je vous demande de tout tenter pour comprendre ce qui s’est passé… Je n’ai rien pu faire de tout cela quand je suis allée là-bas pour reconnaître le corps et le faire rapatrier. J’étais encadrée par deux officiers de police français, un représentant de l’ambassade de France au Caire et quatre militaires ou policiers égyptiens. Je n’ai rien vu, rien pu dire ni demander… Le Caire me faisait peur et je ne m’y sentais pas en sécurité. Je suis intimement convaincue qu’au-delà des réponses à mes questions personnelles, vous découvrirez d’autres choses qui relèvent davantage de l’intérêt national…
— Je vous promets de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour découvrir la vérité sur la mort de Joseph, votre époux et mon ami. Je crois pouvoir mettre des membres de mon équipe sur cette affaire pour en savoir un peu plus sur les activités dites « troubles » de cet établissement hospitalier.
— Je vous en prie. Je vous en serai éternellement reconnaissante, et même si vos démarches ne devaient pas aboutir, sachez que j’apprécie votre venue à Limoges et votre sens de l’écoute. Si vous n’arrivez pas à faire quelque chose, personne ne le pourra…
Jean-Hervé ressentit à cet instant tant d’angoisse et de tension dans la voix de Marie-Béatrice qu’il voulut se montrer rassurant :
— Je vais faire le maximum, je vous le jure…
Un silence s’installa puis Jean-Hervé lui demanda :
— Où est-il enterré ?
— À Limoges. Il est né dans le Sud de la France, mais comme je vous le disais il n’a plus de famille. Il est toujours mon mari et le père de notre enfant. Il se trouve au cimetière de Louyat, qui est aussi celui de notre famille. C’est l’unique cimetière municipal de Limoges. Créé en 1806, il est réputé pour être parmi les plus grands de France et de nombreuses personnalités y sont enterrées…
— Je l’ignorais.
Chacun replongea à nouveau dans ses pensées. Jean-Hervé de la Buissonnière songeait à la façon dont il allait procéder et Marie-Béatrice Durand aux espoirs qu’elle mettait en lui pour en apprendre davantage sur les dernières années de son époux et les raisons de sa disparition brutale.
— Comment allez-vous me tenir informée de l’avancement de votre enquête ?
— Je vous ferai un rapport hebdomadaire, soit par téléphone, soit par e-mail si vous préférez, d’autant que je travaille sur ordinateur portable et que j’exploite bien souvent le temps de mes déplacements pour rédiger mes courriels.
— Très bien. Voici mon e-mail.
Ils se quittèrent après que Jean-Hervé ait récupéré ce qu’il pouvait auprès de Marie-Béatrice Durand, mais cela représentait assez peu de documents et d’informations. Il lui restait juste assez de temps pour prendre un taxi et rejoindre l’aéroport de Limoges-Bellegarde.
Le taxi traversait la ville dont Jean-Hervé n’avait pas le temps d’apprécier les charmes, déjà préoccupé par cette nouvelle affaire. Toutes ses enquêtes étaient très différentes. Celle-ci ne ménageait pas le mystère et il supputait bien des interventions occultes et ténébreuses.
L’avion venait à peine de décoller au-dessus de la campagne limousine qu’il listait les contacts à établir sur Paris. Il chargerait Franck Waltersen de cette coordination avec ses appuis à la DCPJ9 et la DGSE10, sans oublier le service de coopération technique internationale de police. Il demanderait à Frédéric Arthon, qu’il nommait désormais affectueusement « le baroudeur », de creuser les activités parallèles de Joseph Durand avec l’aide des instances précédentes et de la DGSI11
